Skip to main content

Full text of "Nouveau recueil des inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au VIIIe siècle"

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automatcd qucrying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send aulomated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project andhelping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep il légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search mcans it can bc used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite seveie. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while hclping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http : //books . google . com/| 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public cl de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //books .google. com| 





^^^^^^^MRlJ KECli^lL 


^ 


■ 




^^WhlPTIUN.'S (JlHÉTlEiN 


^^H 




^^H 


1 




^^^P ANTÉItlKlllll> 


1 




^^H| 


1 




1 .W" 








^^^b lui'RiuRiiiE ^^TIo^tl,K. 




J 



* ■« 



V- s\:r ^ 



V 



COLLECTION 



DE 



DOCUMENTS INÉDITS 

SUR L'HISTOIRE DE FRANCE, 



PDBLliS PAB LES SOIRS 



DU MINISTRE DE UINSTRUGTION PUBLIQUE 



Par arrête en daUt du 99 mai 1889, le Ministre de riiistruction publique et 
des beaux-arts a ordonne la publication, dans la Collection des Docunieuls int^its 
relatifs à Tbistoire de France, du Nouveau recueil des inscriptions chrétiennes de Ui 
(iauhy par M. Edmomd Le Blant, membre de rinstitat et du Comitë des travaux 
historiques et scientifiques. 

M. K. DE Lastkyrik, membre de Tlnstitut et du Comitt^, a été chnrg($ de suivre 
cette publication comme commissaire res|)onsable. 



SE TROUVE k PARIS, 

CHEZ 

HACHETTE ET C", LIBRAIRES-ÉDITEURS 

BOULEVARD SAIMT-GRRMAIN, 79. 



NOUVEAU RECUEIL 

DES 

INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES 

DE LA GAULE 
ANTÉRIEURES AD Vlir SIÈCLE, 

PAR 

EDMOND LE BLANT, 




PARIS. 
IMPRIMERIE NATIONALE. 



M DCCC XCIL 






• • • • 

• • • • • 



• • «•• • 

z • • • • 

• • _• • • 






• • 



• • 












• -•• 



• •■ 






•-• 



• • • • • 
■ •• • 

• • • • 

• • • • • 

• • • • 









• • • 



• • < 



• • • • • 

• • • 
•• • 



,• • • • • • 






• • • 



• • • 

• • • 

• • • • , 
•• • • 

• • • 









• • 



133951 



PRÉFACE. 



I 

Les quelques mots d'introduction que je place en tête de ce 
volume constateront tout d'abord l'identité des résultats fournis 
par la nouvelle série de nos inscriptions chrétiennes avec ceux 
qu'avaient apportés les monuments compris dans ma première 
publication. 

Les découvertes récentes n'apportent aucun changement dans le 
classement chronologique des diverses formules usitées depuis les 
anciens âges jusqu'à la fin du vii*^ siècle ^^K 

Il en est à peu près de même en ce qui touche les signes et 
symboles qui accompagnent les légendes lapidaires ^^l En voici le 
nouveau relevé, complété au vu des quatre cent cinquante marbres 
exhumés depuis vingt-sept ans et qui pourra permettre d'estimer 
l'âge des inscriptions dépourvues de dates. 

' Inscriptions chrétiennes de la Gaule, préface, p. v et siiivanles. — ^*' Ibid,, p. xir. 



t«Pai«KtlK RAtl*SALt. 



Il 



PREFACE. 



SIGNES ET SYMBOLES. 


Â(;k. 


•H- ■ 


Marbres sans date, mais très antiques (^). 


* 


De Tan U-j à Tan ûgS ^'\ 


AU) 


De 377 à 547(3). 


^ 


De 378 à63i(*). 


f 


De ioo environ a SaS ou ofto (^*). 


î 


Épitapbe sans date d'une femme baptisée par 


t 


saint Martin ^^\ 


(Au début de la première ligne des 
inscriptions monumentales.) 


De &65 à G81 ou 689 ('). 


t 




(Dans les épitaphcs.) 


Do 668 à une dale postérieure à 586 ^^\ 




t 

(Au début do la première ligne 
des épitaphes. ) 



De 65o environ à 563 ^^^ 
De 676 à 63 i(»'». 



De 5o3 à 680 environ (^^^ 



I 



t<) ImcripHon» cMtiennêi de la Gaule, n~ 5&8', 55 1\ cf. n"" 533. Voir ci-après, n** Aâ5, pour 
la marque probable d*un emploi de ce symbole vers la iin du v* siècle. 

(*) Ci-après, n** 997, et Irueriptioni chHtienneê de la Gaule, n** 77. 

^') Inscripiioni ehrétietmei de la Gaule, n*^* 369 et 667. 

*(*) Ibid., n' 7 ; et ci-après, n"* 1 36. 

^*) Itucripîionê chrétiennee de la GauU, n°* 61 si et 55. 

<•' Ihid., n'kii, 

î'J /6m/., n~ 617 et 91. Cf. ci-après, p. 657. 

(••) /6m/., n-68 et 507. 

(») /6t</.,n-5i5et46a. 

^^*) Ci-après, n*^ 336 cl i36. Le symbole du poisson qui |>arall si tardivement sur notre sol, 
est, je le rappelle des plus antiques à Rome (voir Ifucr. chrét, de la Gaule, préface, p. xn). 

(^*' hâcr. chHt, de la Gaule, n"* 70- et 199. Inutile sans doute de noter que postérieurement 
à Fépoque dont je m'occupe , le signe de la croix se rencontre fréquemment aans les inscriptions. 



PRÉFACE. 



Il 

Ainsi que l'indiquent les titres de tna double publication, c'esl 
à la fin du vii'^ siècle que s'arrêtent mes recherches. Dans la sérii- 
de monumenis dale's qu'elles mettent sous les yeux du lecteur, le 
IV' siècle, vers le milieu duquel je rencontre pour la première 
fois une ^pitapbe à marque chronologique, ne nous fournil que 
quatre marbres; le v' siècle on compte cinquanle-quatre; le vi'^ 
cent trente et un; il n'en est que vingt pour le vu''. On |)eul 
donc penser que les plus nombreuses d'entre nos inscriptions 
chrétiennes, je veux dire celles qui n'ont point de dates, se répar- 
tissent dans les àjjes d'a[)rès une proporlion semblable et (|iie la 
plupart d'entre elles doivent appartenir au vt' siècle'''. 

III 

Le ji;roupemenl géographique des inscriptions contenues dans 
mes premiers volumes nous a fait voir le christianisme apparaissant 
tout d'abord dans la partie de la Provence qui confine à la TMédl- 
terrane'e. Comme fe Bétis en Espagne, lo Rh(ine devient, pour notre 
pays, la voie naturelle qui aide à la propagation de ia foi nou- 
velle'"^'. Ainsi que le montre ma carte épigraphique, c'est sur les 
bords de ce dernier lleuve que les marbres des Gdéles se trouvent le 
plus nombreux '''. Plus l'on s'éloigne de la mer, moins ces monii- 



'' NnEona ici qu'b Home les inscriplioiis 
chréliennes dBt<!es sont cii namlii-e h peu 
près ^gal, nu iï* el ou v* siècle; qu'en 
lifrique celles du v* Biècl>.- litniient de beau- 
coup le premier rang; qu'en Ëspngne. ces 
monumenis se jiartagenl cotre le vi* et le 
vu* siècle, la plus grande part île nos 
marbres ii mentions chrtmoloipques se 



dasseril ilotir, ilniis l'ordre du temps, eiitrr 
ceuv dp ces deu\ depiiïèfes rônlH%s,' ' '" 

<■' Jo>ir,ml,U-»Sav.,nl^,m6\ iflyS.p.Siô. 
Cf. la carte joinle par M. Ifnbner ii son inl^- 
ressaut i-erucîl des fnicriptmnet Ilispnnîir 
ehritliana. 

■'' Inseripliom ehrétîemct dr In Gaule, 
1.1-33. ■ •■ ■ ■ 



iT PRÉFACE. 

ments sont anciens et la sërie de nos sarcophages chrétiens nous 
apporte sur ce point des donn(5es identiques à celles que fournissent 
les inscriptions ^*l L'antiquité, comme le nombre, s'abaisse à me- 
sure que Ton monte vers le nord ou que Ton s'écarte vers l'ouest. 
De cette distribution matérielle de nos plus vieux monuments 
chrétiens, j'ai dû conclure que les textes historiques, les écrits do 
Sulpice Sévère, ceux de Grégoire de Tours, des Actes célèbres 
de saint Saturnin ^^^ disent vrai, alors qu'ils nous montrent, contrai- 
rement à ce que quelques-uns vont répétant, la foi se répandant 
peu à peu et tardivement dans la Gaule '^'. La seconde série de nos 
inscriptions ne change rien à l'économie de leur répartition sur 
notre sol. C'est toujours la Viennoise, c'est-à-dire la province où 
coule le Rhône, qui nous fournit les plus anciennes, les plus nom- 
breuses. Sur nos quatre cent cinquante monuments nouveaux, plus 
d'une centaine appartient à cette seule contrée. Il nous faut, à 
coup sûr, noter comme un fait digne de remarque, l'apparition à 
Maguelone, où rien d'aussi antique ne s'était encore montré, d'une 
épitaphe du plus vieux style '^^, la belle découverte d'un hypogée à 
inscriptions aux portes de Poitiers'^' où l'on n'avait encore signalé 
que des sarcophages chrétiens peut-être venus d'une autre pro- 
vince ^^l En résumé, les grands traits de notre carte épigraphique 
chrétienne resteraient les mêmes pour le regard, si je la com- 
plétais d'après les découvertes nouvelles, et je ne pense pas que 
l'avenir doive, au point de vue spécial dont je parle, y apporter 
de notables changements. Trêves, dont je dirai plus loin quelques 
mots, nous offre, comme par le passé, en ce qui touche ses 

^'^ Les sarcophages ckréUeiu de la Gaule , ^'^ Inscriptions clwétiennes de la Gaule, 

0* ai 5. prëface, p. xxxix et suiv. 

'*^ Voir sur ce texte ce que j ni note dans ^*^ Ci-après, n" 3a4. 

mon mémoire iutitulë Les Actes des nuirtyrs, ^^^ N" a^5 à aSS. 

supplément aux Acta sincera de Ruinart, ^*) Les sof'cophages chrétiens de la Gauie , 

p. 7. p. 81. 



PRÉFACE. ▼ 

marbres funëraires, l'aspect d'un centre chrétien isolé dans le 
nord-est, créé par le séjour temporaire de la cour impériale, el 
que devait disperser l'invasion d'un peuple barbare ^*^. 

J'ai signalé autrefois à Nimes une anomalie digne de remarque : 
l'absence d'inscriptions laissées par les fidèles dans une cité où 
les monuments de l'épigraphie païenne se montrent en si grand 
nombre ^^'. Une épitaphe cbrétienne de basse époque y a été trouvée 
dans ces dernières années ^^^, seule et dès lors insuffisante pour 
infirmer la conclusion que j'avais tirée de ce fait, c'est-à-dire une 
prédominance presque absolue à Nimes de l'élément païen, alors 
que nos autres grandes villes avaient si largement reçu la semence 
évangélique. 

IV 

Je viens de dire quelques mots de la propagation chrétienne 
en Gaule. Il est un moyen d'en étudier le développement et la 
forme. Les épitaphes, je l'ai noté ailleurs, reproduisent souvent, 
dans leur contexte, des formules empruntées aux prières que le 
prêtre prononçait sur les tombes, et l'examen de ces formules peut 
mener à savoir quelle liturgie était autrefois en usage sur telle 
ou telle partie de notre sol. Etait-elle grecque, était-elle latine, 
en d'autres termes par quelles mains l'évangélisation avait-elle été 
apportée? Six inscriptions de la Viennoise dont^l'Eglise eut pour 
premiers évêques des disciples de saint Poly carpe, les grecs saint 
Pothin et saint Irénée, nous montrent le mort reposant, selon 
une expression particulière aux prières de l'Orient, IN JPE REJVR- 
RECTIONi; MIJERICORDIAE CHRIJTI W. Les données de l'épigraphie 
s'accordent donc entièrement, sur ce point, avec les enseigne- 

^^^ Inscriptions chrétiennes de la Gauk, '^^^ Ci-dessous, 11*999. 

préCeice, p. xlv et suiv. ^*) Manuel d'êpigraphie chrétienne , d'après 

^^ Ihid,, p. Lvui. les marbres de la Gaule, p. o3, 9^1. 



51 PRÉFACE. 

uieiits (Je rbistoire. Ailleurs, et quand l'evangélisuiion avait élé le 
fruit de Taposloiat romain, c'est d'une prière latine, de la Mémom' 
des morts, que sont tir(5s les mots gravés sur les marbres funé- 
raires'*^; nous lavons vu pour ceux de FAfrique, pour une inscrip- 
tion de Trêves et pour d'autres encore; il en est de môme d'une 
é|)itaphe du v^ siècle trouvée dans la Première AquiUûne et qui 
donne, comme l'antique ^f(nnenlOy la formule ÛIYI PRAECE^'^IT ''^ 

V 

Le relevé des inscriptions contenues dans mon premier recueil 
montre que, dès la fin du v*" siècle, alors que les royautés barbares 
se partagent la (laule, les indications chronologiques prennent 
sur nos marbres deux fornxîs diverses. A la gauche du Rhône, 
c'est-à-dire dans la partie tombée aux mains des Bourguignons, 
encore pénétrés de (pirdcjue respect pour la majesté du vieil empire, 
on continue à dater par les consuls, selon l'usage romain. Sur 
la droite* du fleuve, au contraire, dans le domaine échu aux rois 
Francs, c'est [)ar les années de leurs règnes que sont datées les 
épita|>hes. La nouvelle série de nos monuments ne change rien 
à ce mode de distribution des mentions chronologiques. Quand 
commence le vf siècle, à Vichv, à Vol vie, à Lezoux, à Clermonl, 
à(lhamalières,à Saintes, à Bordeaux, à Auch,à Peyrebert, nousne 
trouvons que des dates royales, tandis que les noms des consuls 
continuent h se montrer à Saint-Vallier, à Genève, à Lyon, à 
IiUc-en-l)iois, à Saint-Sixte, à Saiut-Bomaio-d'Albon, à Bourgoin, 
à Bourg-lès-Valence, a Vienne, à Arles, à Parnaus, à Saint-Albon- 
de-Bron, à Bruis, à Clérieu, à Andance et à T^ept, en un mot, 

dans l'étendue de la Première Lvonnaise et de la Viennoise. Cette 

•i 

'' Manuel H'rfrigmpkie ekrélwiM d'après Inn marbre* de la Gaule, \k 89. — "^ Ci-après, 
n' 964. 



PRÉFACE. vu 

disscmblaDce si neltement accusée se montre comme une marque 
matërielle de Tatlitude prise en face du vieil empire par les Francs 
et les Bourguignons vainqueurs ^*l 

J'avais également noté que, vers le iinlieu du v® siècle, la Pre- 
mière Lyonnaise et la Viennoise présentent, au point de vue du 
système chronologique, une différence dont la raison m échappe. 
A Lyon et dans ses alentours, c'est par les postconsulats de Justin, 
consul en l'an 54o, que Ton date les marbres; dans la Viennoise, 
au contraire, les supputations ont pour base les postconsulals de 
Basile qui reçut les faisceaux Tannée suivante. En relevant c«tte 
dissemblance j'ai fait remarquer que la seule exception à noter se 
rapportait à une localité très voisine de la Lyonnaise, mais que 
nos cartes comprennent dans la Viennoise, Saint-Laurent-de- 
Mûres : une inscription s'y trouve portant la date d'un postconsulat 
de Justin ^'^\ Les monuments reparus depuis lors ne modifient en 
rien cet état de choses. Un seul d'entre eux, compris dans le péri- 
mètre que Ton assigne à la Viennoise, donne une date calculée 
d'après les postconsulats de Justin; il se trouve à Trept, vers le 
nord de l'arrondissement de Saint-Jean-de-Bournay, c'est-à-dire 
dans un lieu aussi voisin que l'est Saint-Laurent-de-Mûres du ter- 
ritoire considéré comme appartenant à la Première Lyonnaise ^^^ 
Plus au sud, à Andance, à Arles ^''\ les inscriptions de notre nou- 
velle série sont, comme celles de la première, datées des post- 
consulats de Basile. 

VI 

Quarante ans se sont écoulés depuis que j'ai parcouru les bords 
du Rhin pour y relever les inscriptions des premiers fidèles. 
Les publications allemandes et d'obligeantes communications de 

<*^ Inser. ekriu de la Gaule , préface , p. lx. ^^^ Ci-après , n' i o i . 

« /W., p. Lxxi. i^ï N- i3i et 168. 



I PRÉFACE. 

Les formules initiales usitées au iv* et au v* siècle : HIC lACET, HIC 
FAYATi sont fréquentes dans les nouveaux textes , ainsi que 1 an- 
tique mention de ceux qui ont fait faire la tombe ^'); il en est de 
même pour les noms de forme latine, antérieurs, sur nos marbres 
chrétiens, aux vocables germaniques qui ne s y montrent point 
avant 1 an &55 ^^K Les inscriptions tréviroises ne sont pas précédées 
du signe de la croix dont la présence en tête de la première ligne 
accuse une basse époque^). Je les estime plus anciennes, pour le 
plus grand nombre, que celles des autres parties de la contrée; 
avec une prédominance de noms barbares, je remarque en effet 
dans ces dernières, une exécution plus rustique, l'expression bonae 
memoriaê, qui est de la fin du v* siècle, et la croix placée en tête de 
la première ligne. 

Dans cette nouvelle série, comme dans les autres, et plus sou- 
vent qu'ailleurs en notre pays, je trouve ï épilhèle JideH$ qui dé- 
signe le chrétien baptisé et parfois, comme on le faisait dans les 
siècles anciens, baptisé à l'heure dernière ^^^. 

Une seule épitaphe grecque, vient s'ajouter au très petit nombre 
de celles qu'on avait jusqu'ici trouvées & Trêves. 

La masse des inscriptions rhénanes est d'une latinité moins bar- 
bare et dès lors moins intéressante, au point de vue philologique, 
que celles d'une grande partie de la Gaule. Sauf les échanges or- 
dinaires entre l'i et Te, l'o et t'u, je n'y verrais guère rien è relever 
k cet égard si l'orthographe du nom OYKIHNOC et de la formule 
IH FACAE n'attestait que le, comme ailleurs dans notre pays, on 
n avait pas encore atteint l'époque, jusqu'à cette heure je crois 
non constatée, où, devant IV non suivi d'une voyelle et devant l'e, 
la lettre c a pris le son d'une sifflante ^^^ 

^'^ Imêmfiimm tMtkmm ée k CmI*, ^^' Voir ct-demiM, p. ii. 

prAci, p. ?n •! nt. ^^ Cf. n' «Ai. 

^ /ML, p. ttin. '*> Ohuprèi, p. rmt, x». 



parmi les moniimenU nriLiqucs exhumés à Trêves dany ces der- 
nières années, il en esf ut) crinlérèl ca|)iljil. C'est la !<épiiUiire 
souterraine duii fies preniiers (^éijiies de la contrée, saint Pnnlin. 
ci-vpte déjà visitée an débnl du xv" siècle et que l'on a ronvei-tf 
en i883. Je parlerai plus loin du cei'cueil de cjprès où lurent 
déposés les restes (In s^iint prélat, des plaques d'ar|);ent â inscrif)- 
lions, des figures qui décorent eeMe caisse vénérable, des ricliei? 
tissus qui l'enveloppaient, (l'est là, tnalfjré les injures dn toni|i« 
et la disparition d'objets enlevés par les premiers visiteurs, l'une 
des plus riches épavei? que nous ail laissées Tantiquité chrétienne. 

VII 

Quelque accessoires que paraissent être, sur nos marbres épt- 
grapfiiqnes, les signes et les symboles qui y figurent, la présence 
n'en doit pas moins être notée, cai' ils viennent prendre place 
à côté de ceux qui décorent les monuments de l'art chrétien, 
peintures, gravures et bas-reliefs. Ce sont, avec la oroix et les 
monogrammes du Christ, l'ancre, la brebis ou l'agneau, te poiti- 
soii, l'arbre, la colombe et le vase isolés, ta colotnbe buvant dans 
le vase, sujet peu commun chez les fidèles et rjui est une rémi- 
ni&rence de types plus anciens, la vigne, le dauphin, les défunU 
en prière, ligures aussi rares dans les épîlaphes qu'elles sont Tré- 
queniment représentées par les sculpteurs des sarcophages. Tnic*'es 
sur le marbre d'une humble tombe, ces images v prennent parfois 
un intérêt nouveau par la présence des dates certaines qui per- 
mettent lie reconoaîtie l'époque de leur apparition première, de 
leur multiplication, de leur déclin, partant d'en tirer des éléments 
d'appréciations clironologi<|iies. Souvent même les épitaphes nous 
offrent des images étrangères à celles que reproduisaient couram- 
ment les premiers sculpteurs chrétiens, le cheval, l'olivier symbo- 




XII PRÉFACE. 

lisant le Christ, i aigle, figure de la rësurrection , et cet autre type 
de la renaissance attendue que met sous nos yeux Topposition de 
Tarbre dëpouillë par Thiver et de Farbre retrouvant son feuillage. 
Que si, joignant à la série des pierres sépulcrales d'autres 
objets de même époque, nous jetons les yeux sur nos agrafes his- 
toriées, nos verres gravés ou peints qui portent également des 
inscriptions, le cercle des figurations s'étend. On y rencontre les 
images d'Adam, et d'Eve, d'Habacuc, de Daniel entre les lions, 
du sacrifice d'Abraham, de Job et de sa femme, de la vision d'Ëzé- 
chiel, des Anges, du Christ, de la Vierge, de Lazare ressuscité. 
Conservés alors que tant de bas- reliefs, de fresques rappelant 
celles des catacombes romaines^*', ont disparu de notre sol, ces 
monuments du vulgaire accusent, par un témoignage indéniable, 
l'unité dans la diffusion des types artistiques et symboliques créés 
au temps de là primitive Eglise. 

VIII 

Ignorants des mystères de la foi nouvelle, les païens de race 
latine la confondaient avec le judaïsme, et les fidèles, repoussant 
de toutes leurs forces une telle assimilation, s'efforçaient d'y 
échapper. De là, m'a-t-il paru, l'extrême rareté chez les vieux 
chrétiens de l'occident des noms empruntés à ceux des juifs et dont 
l'adoption aurait pu affermir les gentils dans leur pensée. Un 
Abraham, une Suzanne, ensevelis l'un en Gaule et la seconde à 
Rome, étaient, nous disent leurs inscriptions, des personnages 
venus de l'Orient où il ne répugnait pas à d'adopter des noms d'ori- 
gine sémitique P'. Les marbres publiés dans ce volume confirment 
mon observation. Sur quatre cent cinquante épitaphes chrétiennes 
où se montrent des vocables de toute sorte, une seule présente 

^^ hêcripl. chrét. de la Gaule, n* 384^ — <•' /*«., préface, p. cxiii, el t. I, p. i46. 



.'<• 



Tl •■ 



PRÉFACE. XIII 

un nom israëlite, celui d'une Lazara dont la patrie ne nous est 
pas connue et qui peut-être, comme TAbraham et la Suzanne dont 
je viens de parler, était nëe en Asie. 

IX 

Des termes empruntés à la phraséologie païenne se retrouvent 
dans notre nouvelle série, comme ils s'étaient montrés dans la 
première ^^\ Ainsi qu'au code Théodosien et dans plusieurs inscrip- 
tions chrétiennes, le dimanche est désigné sur l'un de nos marbres 
par tes mots dies solis^^^; dans une épitaphe métrique, le Seigneur 
est appelé, comme l'était Jupiter, «le souverain de l'Olympe ^^^tj; 
une autre place aux Champs-Elysées l'âme d'une jeune femme dont 
on déplore la mort ^^K 

Il est des marques plus sérieuses de l'influence exercée aux 
temps du moyen âge par l'antique idolâtrie, wcet héritage qu'à 
t'aide du diable, écrivait-on alors, les pères transmettent à leurs 
enfants ^^^75. Les pénitentiels du ix* au xi* siècle parlent, ainsi qu'on 
l'avait fait en 689 au concile de Narbonne, du jeudi célébré en 
l'honneur du maître des dieux ^^^. On préparait, à de certaines 
époques, des repas destinés aux Parques ^^; malgré les adjurations 
de l'Eglise, la foule continuait à pousser d'assourdissantes clameurs 
pour secourir la Lune en travail; des chrétiennes invoquaient Mi- 
nerve ^^^; un grand apôtre de la Gaule croyait à la puissance mal- 
faisante des dieux de l'Olympe ^^\ Les fouilles que M. Frédéric 

^*^ Inscriptions ckrétiennei de la Gaule ^ Pseudo-Gregorii III, c. xxxin; Corrector 

préface, p. xci. Burchardi, c. lxxx; Pœnitentiale Medwlor- 

**^ Ci-après, n* 377. iwiw^. (Wasser8cUleben,p.543, 648,706.) 

^'^ N' 33 1. *'^ Corrector Btirchardi, c. cxxxix, cf. 

^*^ N* 3 11. c. cxLi. (WasserscUeben, p. 667, 658.) 

^*> Corrector BtfrcWA, c. LUI. (Wasser- ^'^ FitoS./i/<^V,Ln,c. i3;cf.S.Maxiin. 

flchieben. Die Bussordnungen , p. 643.) Taurin. , ffomt/m C> De defectione lunœ. 

^•^ CbuctV. Ifarbon., can. xv; Pœnitentiale ^'^ Sidpit Sever. De vita Martini, cxxiv. 



HT 



PRÉFACE. 



Moreau poursuit avec tant de zèle et de succès dans quelques loca** 
litësde la Seconde Belgique, semblent permettre d'ajouter un trait 
nouveau à ces (^trangetës. An village de Ghouy, près de Neuiliy- 
Saint-Front (Aisne), on a ouvert une tombe antique, chrëtienne 
si Ion en juge par un anneau reste au doigt du mort et qui porte 
des symboles adoptes par les premiers fidèles : une colombe avec 
le rameau, une palme, un agneau, un cerf. Dans la bouche du 
dëfunl ëtait une monnaie d argent de Fempereur Valentinien II. 
C'était, selon toute apparence, Tobole i Gbaron qui devait long- 
temps encore être placée dans les tombes, car Tabbë Lebeuf par- 
lait, au siècle dernier, de paysans des environs d'Auxerre munis- 
sant encore de ce tribut les cadavres qu'ils ensevelissaient^^'. 



Si, comme je viens de le rappeler, TinQuence de la littérature 
antique dont les saints Pères de l'Occident regrettaient et condam- 
naient rëtude'^', se montre dans les monuments de Tépigraphie 
chrétienne, on y trouve avant tout la marque de la connaissance 
des Livres saints. Des passages tirés de leurs textes s'inscrivaient sur 
les parois des églises, rappelant sans cesse aux fidèles les préceptes 
qui devaient les guider ^^^ Les manuscrits où nos ancêtres ont réuni 
les documents relatifs à la vie de saint Martin reproduisent plus 
d'une de ces légendes murales ^^' et le sol de l'Afrique nous en 
a gardé une importante série (^). Sur une Iransenna découverte i 



*'' Ci-après, n* 50. 

^^) Intcr, «Ar. de la Gaub , prëfiMe , p. xci ; 
S. Gregor. magn. Begest, , iih. XI , e pist. lit, 
l>esiderio episeopo GalUn. 

^^' On connaît ces vers qui terminent 
IVpitaphe de Tëvéque Ennodiiis : TEMFkA 
DEO fÂClEN; HYMHi; DECORAVIT ET AVRO 
ET parie; fVNCTI WMATA HVHC WQYITYR 
(Sirmnnd. Viia S. Etmodii), Dans ton livre 



De virginis iapsu, saint Ambroise reproche 
à une religieuse coupable de -ne 8*éire pat 
souvenue d'une parole de saint Paul qa*iUM 
inscription dVglisc mettait sous ses yeux 

(C. VI ). 

^*^ iMcnptioM chritiemes de la Gaule ^ 
n** 173, 177. 179. 

^'^ CorpuM ÎHScript, latin. , 1. VI If , n*' 706 « 
9ai8, 79^<i. 86ao, 8694, 8696, etc. 



PRÉFACE. XY 

Wasserbillig, près de Trêves, et dont je parlerai plus loin, étaient 
gravées les paroles de Samuel : Docebo vos viam bonam^^K Les ré- 
dacteurs des inscriptions s'inspiraient également des écrits dus 
aux grands docteurs de TËglise. Parmi ces derniers, j ai cité saint 
Cyprien, saint Maxime de Turin (^^). Il en est de même en ce qui 
touche les monuments compris dans ce nouveau travail; nous le 
voyons par Tadage gravé sur une pierre découverte à Poitiers : 

me^y; e;t enim in MAi^EfACTi; hyme^; coNrE;;io giyam in 

boni; XYPERYA CxI^ORIACIO. Je ne saurais désigner le maître auquel 
est emprunté ce précepte; au moins savons-nous, par un livre 
attribué à saint Prosper, par les Scinlillœ du moine Defensor, par 
un traité de saint Bernard , qu'il est dû à quelque docteur célèbre 
et que les anciens se plaisaient à le répéter *'l Je demeure plus 
embarrassé encore devant la légende : SYÏ AYTEM DE^'IDERJYM 
N. . . ^** inscrite sur un débris trouvé àCobern, près de Goblentz, 
et qui doit, selon toute apparence, provenir aussi de quelque 
texte connu. 

XI 

Avec les saints des anciens jours, Job, Daniel ^^), les monuments 
dont je vais parler nomment ceux de la foi nouvelle : saint Pierre, 
saint Paul, saint Jean, saint Mathieu ^^^, saint Loup qui sauva 
Troyes de la fureur des barbares ^'^\ saint Lupercus d'Ëlusa dont 
une inscription vient de faire revivre la mémoire^®', saint Gervais, 
saint Protais ^^^, saint Hippolyte, saint Sixte ''^, saint Laurent, 
saint Hilaire de Poitiers, saint Aignan d'Orléans, saint Martin 



i»> Ci-oprès, n* 4i8. '*> W 8«. 85, i8a, «54. 

(*» Inter.ehr.delaGauk,l,d^TM,6oS. ^^ N' 33. 

'*) Gi-oprès, n* a 55. f> W ag*. 

" N" 45. 83, 93. i»*> W83. 



I 

3 



f 
f 



XVI PRÉFACE. 

de Tours ''\ saint Simëon qui, du haut de la colonne ou il passa 
près de quarante années, envoyait un salut à noire sainte Gene- 
viève en se recommandant à ses prières'*^'. A côté de ces noms 
illustres nous voyons inscrits ceux des anges Raphaël, Ariel, 
Raguel. C'est là, pour les deux derniers, la marque d'un culte 
bizarre, vivant encore aux temps carolingiens et dont on pouvait 
retrouver, il y a cent cinquante ans, un souvenir dans les formu- 
laires de la sorcellerie^^', héritière à la fois de l'idolâtrie antique 
et des vieilles superstitions chrétiennes ^^'. 

L'Eglise dut intervenir et condamner cette dévotion singulière. 
On connaît le fait relatif au faux évéque Aldebert ou Adalbert qui 
s'éleva, en Allemagne, contre l'autorité de Rome. Dans un concile 
tenu en "jkb^ sous le pape Zacharie, on donna lecture d'une prière 
dont Aldebert était l'auteur et qui se terminait par ces mots : 
(fPrecor vos et conjuro vos et supplico me ad vos, angele Uriel, 
angele Raguel , angele Tubuel , angele Michael , angele Inias, angele 
Tubuas, angele Sabaos, angele Simiel.?) Invités par le souverain 
pontife à se prononcer sur cette oraison, les membres du concile 
répondirent: ^çQue peut-on faire, si ce n'est d'ordonner qu'elle 
soit livrée aux flammes? A l'exception de saint Michel, tous ceux 
qu'Aldebert y a invoqués sont des démons et non pas des anges. 
Instruits par vos saints enseignements et selon l'autorité divine, 
nous ne reconnaissons que trois noms d'anges: Michel, Gabriel 
et Raphaël ^^^T' Un canon publié par Burchardt avec cette men- 
tion «tEx Concilie Aureliano, c. III 75, nous montre qu'en France, 

'^ N* aSii. insensibles dans la torture, des noms 

'*' N* Q5a, voir Vita S. Genovefœ, c. vi, d*angC8 inconnus. (Eymericus, Directorium 

S 96. (Bolland., 3 jan., t. I, p. i&o.) inqyisitorum , ëdition de 1607, p. A83.) 
^'^ Voir ci-après , n* 9 54 , et J.-B. Tliiers , ^^^ Cf. Cancoilieri , De secrtUaiis Vaticani , 

Traité des superstitionê , 5* édition, (. Il, p. 1000 et 1800. 

p. 1 88 et 1 9 1 , &o 9. Au dëbul du ini* siècle , ^*^ (jonciL Honum, 11 , Actio terlia 

les accuses invoquaient encore, pour être (a* y/jS). 



I.. - . 



PRÉFACE. ivii 

comme en Italie, l'autoritë ecclësiastîque ne reconnaissait que les 
trois anges vënérës par l'Eglise romaine '^>. 

Ainsi qu'un texte donné par Mabillon, et dans lequel Raguel, 
Uriel et Tubiel sont invoques avec le Seigneur, la Vierge et les 
saints ^^\ deux de nos monuments joignent aux images du Christ 
et des évangëlistes , celle de deux de ces anges dont le Concile de 
Rome avait réprouve le culte, Ariel et Raguel^^^ 

Là n'est pas, h mes yeux, la seule marque des croyances su- 
perstitieuses que présentent les inscriptions de notre patrie. Je 
crois en retrouver une autre dans le libellé d'une légende lapidaire 
découverte à Poitiers et qui porte, comme tant de phylactères, 
une série de mots bizarres et dépourvus de sens^*'. 

XII 

(tQuel contentement, écrivait Montaigne, me seroit-ce d'ouir 
quelqu'un qui me récitast les mœurs, le visage, les coutumes, les 
plus communes paroles de nos ancestres ^^l d Ce vœu se réalise en 
partie pour qui veut lire nos premières inscriptions chrétiennes. 
Je viens de parler des superstitions où s'égarait l'esprit de nos 
pères. Leurs façons de dire, leurs erreurs de langage, leur pro- 
nonciation même se retrouvent sur les pierres de leurs tombes. 
Quand Grégoire de Tours s'accuse de ne pas distinguer exactement 
le masculin du féminin, l'ablatif de l'accusatif '^), il nous laisse 
entrevoir ce que devait être de son temps le parler vulgaire. Peu 
de gens devaient s'étonner alors de rencontrer, même sous la 

(^^ Deeret or u m Ubri XX, c. cxcviii, ëdit. ora. Sancte Tobiliel, ora pro nobis.» {Li- 
ée Paria, 1669, p. 108; cf. Baluze, Ca- tmiiœ CaroUnœ. Vetera analecta, p. 170.) 
pituLregum Fnmeantm, 1. 1 y f, ùùo^Eib, ^'^ N*' Sa etâSA. 
707, 887, 1287; t. II, p. 708, iiaS. De ^*^ N* aSo; cf. p. 45i. 
Roaai, BuUett. ai areh. eriiU, 1869, p. 6a. ^^^ Livre U, ch. xvm. 

^ fr Sancte Orihel, ora. Sancte Ragubel, ^'^ De gtaria eonfesMorum, Prœfatio. 



ni»»ia>wi aATieiAiB. 



XVIII préfa(;e. 

plume d'im homme, qui so piquait de poésie, des constructions de 
cette sorte : 



COHDITA OC TYMYUX REaVIE^CIT OSSk ;EPYI,CHRYM 



0) 



L'heure n'était pas encore venue où un grand prince devait, en 
invoquant Fautoritë de TÉvangile, compter au nombre des actes 
méritoires le souci de bien dire^''^ Plus sûrement que ne le feraient 
d'autres textes, trop souvent altérés par la main des copistes, nos 
inscriptions nous apprennent ce que furent, aux âges mérovin- 
giens, certaines formes du langage. Parfois alors le / et Vm dis- 
paraissent à la (in des mots : on dit BA^'EIJCA, CREPEN au lieu do 
basiltcamy crepent^^^; ?0S pour post, comme quelques anciens h» 
prononçaient par élégance ^^l Us final du nominatif de la deuxième 
déclinaison s atrophie, en même temps que lu qui le précède est 
remplacé par un o : on dit PYER NOMEHE YAI^ENTIAHO pour pw^r 
namine Valentinianus^^K Nombreux sont les exemples de nom, de 
mots qui conservent au génitif la forme nominative (^, annonçant 
ainsi la venue des langues sans flexions. Par une tendance qui 
va s accentuant de plus en plus. In médial disparaît, comme le 
montrent les noms MA/YETY^, TRAIEMYDY;, les mots DOI^IE;, 
MUIS et d autres encore'^'. Je viens de noter des nominatifs de la 
seconde déclinaison que Ton termine par un o; entre cette lettre 
et tu, IV bref et Te, le 6 et le v, la prononciation vacille à ce point 
que Ton écrit OMHEYOI pour amnibtis et YOCAVETOR pour voca- 
bitur^^\ Dans la bouche de nos pères, le c demeure ce qu'il était 
aux temps antiques : même devant IV et IV, il garde le son du k, 

^•^ Ci-après, u* 77. ï*> Imct. ehrét. de la Gaule, n* 355. 

'*' balïiie^CapituhriaregumFrancorum, ^*^ Ci-après, n* â 6 4. 

I. I, p. aoi. t'^ Ci-^près. n* 438. 

') N*** i8a, 9 9^1. (*> Ituer. ehr. de la Gaule, o* 383 et ci- 

<*J N* t84. après, n' 33t. 



\IK 



PRÉFACE. 

à moins quune seconde voyelle ne soive cette derrjière, coinme 
en témoigne l'orthographe des mots negotiat&Ty statiù, ofaiio gravés 
sur un tnârbre de Fannëe 601 ^'l Sauf une seule exception que 
je crois sans valeur, rien, dans la longue série de nos inscriptions 
antérieures au viu® siècle, ne nous montre que la prononciation ait 
été alors modifiée; pour ne rappeler ici qu'un seul exemple, on 
écrit chez nous IH PAFE, IN PACAE, comme dans les épitaphes des 
catacombes romaines ^^\ 

On disait, en Gaule, I^PEIyV HCQIyA , comme on disait i«p?Wfti«^^^. 
A l'expression courante bonœ mevioriœ nous voyons substituer l'ad- 
jectif bonemeniorius^^^; ad suivi d'un accusatif remplace le génitif 
dans les mois membra ad duos Jràtres^^^; on dit trimla et quar- 
ranta^^^; mquid pour mqûe^l Au mépris de l'enseignement des 
vieux maîtres, un défunt de vingt-trois ans est qualifié infansy un 
enfant de quatre ans adolescens ^^^ ; la date du mtm s'énonce sou- 
vent par la formule quo^ quod^ ubi fedt, mm Jtceril ménsis • . . 
dies. . . ^^^; l'âge par les mots egît, feett, gessit, tulit^ porlartl 
annas. . . '^^'; recessio rempkce Iransitus^^^^ comme dans la région 
du Rhin tituhis se dit pour sepulckmm ^'^^ et patres pour parmtes^^^K 
Puis viennent des façons de parler nées avec le christianisme : le 



'^ Intcriptions chrétiennes de la Gaule, 
n* 17. 

^*^ Gwaprès, n* 876; cf. Bosio, Roma 
sotterranea, p. 5o6 : KAMNATIV^ IN PACAE; 
Maruccln, // cimitero di S, Valentmo, p. 90 : 
...ARIA IH PACAE; Fabrelli, Inneript., 
f. T, p. a5o : <t»lKlT IN TfAK^, etc. 

f*^ Inser, ckrit, de la Gaule, n* 267. 

^*' Gi-après, n" 107, 091, 996. 

'' Iwer, chr. de la Gaule, n" 878. La 
même façon de dire se retrouve dans ces 
mots d'un jugement rendu, vers l'annëe 
7&1, par Pépin, maire du palais : «rPro sti- 
pendia ad ipsos fratres^. (Tardif, Archives 



de l'Empire , Monuments historiques, p. &5.) 
^*î Ci-après, n" 66, Q95. 
•^"> N*«i/i7. 
•") y 106, 107. 
^•> N''fk38,Q45, 379. 
^'^ iS** 66,334, 336, 383. 397. 
^"^ N"* 379. Le même mot parait se 
trouver avec la forme REQYE^IO dans une 
(^pita[)lie de Rome. (Maniccbi, // cimitero di 
S, Valenlino, p. 108.) Pour la prononcia- 
tion gutturale de la lettre c, voir ci-après, 
n* 87/i. 

»*' N'"74,78. 
^''> N-»65,877. 



c. 



é 



XI 



PRÉFACE. 



pécheur est qualifié par la rare épithète reus Christi^^^; on proclame 
sur une tombe que le défunt a ce perdu la mort, trouvé la vie (^) 79; 
Texpression credulitas, qui désigne chez les païens une faiblesse de 
Tâme, devient, dans la langue des fidèles, le nom de la plus haute 
vertu ^^K 

Xllt 

Les monuments de cette seconde série évoquent souvent encore 
pour nous, sous d'autres formes, le souvenir de ce que furent la 
vie, les usages des anciens. £n même temps que leurs tombes 
de marbre, de pierre, de tuiles, de terre cuite, de plâtre moulé, 
nous retrouvons les légendes des fontaines de leurs sanctuaires ^^\ 
leurs coupes de verre peint et gravé ^^\ leurs bijoux à légendes 
pieuses '^^ et, chose nouvelle, leurs inscriptions incrustées de ver- 
roteries^^) comme Tétaient les agrafes de leurs vêtements ^^^ Nous 
les voyons, si je puis parler ainsi, penser, écrire et se mouvoir. 
Des provinciaux, plus heureux, semble- t-il, que tant de leurs 
contemporains, font graver sur une lame de bronze lexpression 
de leur gratitude pour un consulaire qui les a gouvernés ^^l Plus 
d'un marbre nous garde le type barbare des quasivergus que Ton 
écrivait aux temps mérovingiens ^^^^ et de Temploi fait par les epù- 
taphistœ des formulaires composés pour leur usage ('^'. Un évêque 
est élu par le vote populaire, tenu alors pour la voix même de 



^'^ N* a66. Je n'ai eocore trouve cette 
expression que dans les vers de Prudence : 

Aodi benifiHif tapplieem 
Chritti raum Pradeotium. 



{ O^mm ., U, Y. (Si, 589.) 
f'> N* l3o. 

^•ï N*3ii. 

<•> N* 396. 

<*» V43, W, 48, 48% 91, 9a. 

^•J N- 50,59, >87. 



«'> N- «54, a5A% 3a6. 

(*) Je retrouve eette dëeoration rare au 
xnr* siècle sur le bas-relief eentral du jubë 
de la cathédrale de Bourges, acquis par 
la Société des Antiquaires du Centre. 

*} N* a86; Sidon. ApoUiu., EfisU, I, 
vu; c£ Plin., EpUu, 11, xi; III, u. 

<*•> N-77, io3, i3o, a3s. 

^^^^ L'existence et la diffusion de ces mo- 
dèles dont je me suis oocnpë aillears (/»- 



1 
/ 



S 



XII 



PRÉFACE. 

Dieu^'^; d'autres fondeot des sanctuaires^^) ou dotent leurs églises 
de pièces d'orfèvrerie dont les inscriptions ont survécu: calices, 
lampadaires, patères, candélabres, tabernacles en forme de tour 
comme Tétait, disail^on alors, le sépulcre du Christ. crGe sont là, 
écrit un ancien, les joyaux dont Tévêque pare son épouse ^^l?) 
Une reine relève un monastère autrefois fondé en Thonneur des 
douze Apôtres'^'; les cités reposent confiantes sous la garde des 
saints martyrs'^); un magistrat constate Taccomplissement d'un 
vœu fait à un bienheureux '^); un prêtre de Narbonne réunit les 
reliques de quatre saints africains et donne à une basilique une 
maison dont le revenu sera affecté à Tentretien des lampes qui 
doivent brûler dans ce sanctuaire ^^. 

On multiplie sur les tombeaux la marque d'une foi profonde 
en la résurrection promise ^^', les adjurations, les anathèmes qui 
doivent, espère-l>on du moins, les protéger contre les violateurs ^^), 
comme le voisinage des corps des saints, la présence des espèces 
eucharisliques garantiront le mort des attaques du démon ^^^^ Ce 
n'est pas seulement l'épitaphe qui dit les vœux des survivants pour 



êcr^tkms chrétiennes de la Gaule, n* /176), 
peat expliquer comment l'hémistiche d'une 
inscription de Cologne : INNOCE; fVHERE 
CAPTV; (ci-dessus, n* h ko; cf. n" 86) se 
retrouve dans une légende funéraire décou- 
verte à Wittislingen, en Bavière. (Sitiungs- 
krtcAle» der philos, philol. Classe der R. 
Bayer, Akad. der Wiss,, i884, p. 61 ; et De 
Baye, Le tombeau de Wittislingen, Gazette 
archéologique, 1889.) 

t»' W 167'. 

<"> N'aSi. 

<') N''fi43el44i. 

(*> L*in8cription qui constatait ce fait est 
mentionnée comme il suit au 1 3* paragraphe 
de la Vita sanctœ Chrothildis : irRenovavit 



(Chrothildis) etiam ab ipsis fimdamentis 
monasterium quod in suburbio Rotoma- 
gensis civitatis prope muros ejusdem urbis, 
tempore beati Dionysii, ibi œdificatum fuit, 
et ab eodem apostohco viro dedicatum est 
in nomine duodecim Apostolorum, die 
kalendarum septembris, sicut in quadam 
petra quœ erat in fundamento altaris repo- 
sita, sculptum erat.?) (Bruno Krush, Scrip- 
tores rerum merovingicarum , t II, p. 347.) 

^*> N- ao. 

w N* a94. 

t'î W 445. 

w N* 444. 

w N'*a47et333;cf. n«a64- 

^^•> N- 1 et 1 85, 



I 



XXfl 



PRÉFACE. 



relui qui n*est plus : parfois des souhaits de bonheur ëternel h in- 
srrivenl snr des objets que devra renfermer la tombe. Telle est, 
me paraît-il, une coupe trouvée à Boulogne-sur-Mer dans une 
sépulture et qui porte celte acclamation de style funëi^airo : 

VIVAJ IH ETERNO ^'^ 

Ainsi que les restes des martyrs aux catacombes romaines, le 
cercueil d'un illustre pasteur est enveloppe d'une étoffe précieuse 
et la dévotion des fidèles le décore de riches offrandes ^^l Une 
légende peinte semble rappeler les avertissements célestes si sou- 
vent mentionnés dans nos textes mérovingiens ^^^ Voici te souvenir 
(les jeûnes pieux ^'^^ de la continence dans le mariage^*', les noms 
propres qui témoignent de Thumilité de nos ancêtres ^^^; voici des 
marques de leur coutume d'attendre l'heure dernière pour r^ece- 
voir le baptême qui doit effacer toutes les fautes ^^^. 

Pour qui les veut interroger, les brèves iïjscriptions des fidèles 
ont leur prix; moins riches, à coup sûr, que celles des païens en 
renseigneitienls touchant les choses de l'administration publique, 



•') N* ih\ Ce n'est pas là un fait isole et 
sans exemples. Le ftavanl Buouarruoti (0«- 
sercazÀoni sopra alcuni fvainmefUi di vasi 
(uUiehi di vetro ornait di figure , p 1 7 o ) a vu , 
entre les mains d'un habile archéologue. 
un<* iMigue antique ornëe d'une cornaline 
(»ù étaient gravés los mois : 

ROXANE 

d-b-ove; 
qya; 

lioauine dulcis bene (/uiescas. 

J'ajoute (piVn Bjivièrc, dans un londH'nu 
du u' ou du VII* tiiècle. dont j'ai parlé plus 
haut (p. .\xi. note û), on a trouvé avec des 
lùjoux de grand prix un<» In^lle agrafe d'ar- 
gent au revers de laguelle est inscnle cette 



autre formule d'une iiigende funéraire : 

YIVAT IN PO fl 

ux inocen; fV 

NERE CAPTA 

Aux textes qiu.' j'ai cités pour établir le 
caractère funéraire de la fonnulc vivas tu 
œternum , joindre une épitaphe de Mandourel 
terminée par l'acclamation VIBAT CV XPO IN 
ETERNY. [Inscriptions chrétiennes de 1(1 Gaule, 
n** G1l^) 

*) N^' i3:Jet àhi. 
('> N*" 398, *ï99. 
^*'> N- io5, 178. 



PRÉFACE. xxiii 

elles font mieux revivre à nos yeux, par leur simplicité même, la 
mémoire des usages, des vertus, des faiblesses de ceux qui nous 
ont précèdes. 

XIV 

Un mot maintenant sur le nombre de celles que nous devrions 
posséder. Si j'en retranche les pièces épigraphiques dues à Sidoine 
Apollinaire, à Fortunat^^', la première série des marbres que j'ai 
donnés en comprend environ six cent cinquante. Là se borne, 
pour notre sol, la somme des relevés faits en plusieurs siècles. 
Il y a aujourd'hui vingt-sept ans qu'a été publié mon travail, et 
pendant ce temps, relativement si court, quatre cent cinquante 
légendes nouvelles ont été découvertes et signalées. Combien s'en 
devrait-il donc trouver entre nos mains si le goût des recherches 
historiques et le souci de recueillir les monuments avaient été au- 
trefois ce qu'ils sont de nos jours ? 

^*) Voir, pour le caractère ëpigraphique de ces poésies, p. &53. 



NOUVEAU RECUEIL 



DES 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES 



DE LA GAULE 



ANTERIEURES AU YIH* SIÈCLE, 



—&♦<*- 



PROVINCES GALLICANES. 



PREMIÈRE LYONNAISE. 



1 

VIX. 



Je n ai que trop souvent constaté , en étudiant les premières in- 
scriptions chrétiennes de notre sol, combien la négligence, le mauvais 
vouloir même avaient laissé détruire ou fait disparaître de monuments 
épigraphiques. A peine quelques-uns de ceux qu^ont vus ou enregistrés 
Séguier au dernier siècle, Millin au début de celui-ci, nous ont-ils 
été conservés. A Lyon, dans les marches d'un escalier de jardin j'ai 
retrouvé et racheté pour la sauver, une épitaphe importante par son 
texte, par sa date, et que le savant abbé Lebeuf avait autrefois fait 
graver et insérer dans les Mémoires de VAcadénie des inscriptions ^^K Une 
nombreuse série d'inscriptions chrétiennes trouvées dans les fouilles du 
chemin de fer, à Vienne, a été brisée et enfouie à dessein dans le 



(») 



Inser^tùmM chrétiennes de la Gauk, n* 64, et préface, p. cuxi. 



i WSCBIPTtONS CHIÉ7ICNIIIS. 

remblai de la voie. L'œuvre de destruclion continue, et le petit monu- 
ment dont je vais parler nous en fournit malheureusement la preuve. 

Il y a plusieurs années déjà, M. Gustave Lapéroiise, correspondant 
de la Société des antiquaires de France, a bien voulu me faire savoir 
qu une épitaphe antique portant ces setds mots : Christus hic est venait 
d'être trouvée à 6 kilomètres de Châtillon-sur-Seine, sur la montagne 
de Yix qui domine Polbières, et près du lie« où avait été découverte 
autrefois une inscription métrique datée de la 6n du v^ siècle (^). M. La- 
pérouse, qui s'était borné à me faire connaître la teneur singulière de 
la légende, m'en avait fait espérer une copie exacte, que ses occupa- 
tions ne lui ont pas permis de me faire parveoir. 

Pour ne point laisser une lacune dans le recueil de nos inscriptions 
chrétiennes, j'ai demandé à M. Ronot, bibliothécaire de Châtillon-sur- 
Seine, des renseignements sur la pierre de Vix, et, s'il se pouvait, un 
estampage. La réponse de l'obligeant bibliothécaire m'a fait voir une 
fois de plus combien il importe de dessiner, dès qu'ils paraissent, les 
monuments que nous rendent les fouilles; l'inscription était déjà 
perdue; trop grande pour pouvoir être placée à l'intérieur de la biblio- 
thèque, la pierre avait été déposée dans une cour; des maçons l'y 
avaient prise pour l'employer, avec d'autres débris antiques, dans les 
murs d*une construction; une copie du monument, soigneusement 
rdevée par M. Iules Beaudoin, juge de paix à Ghâtillon-sur-Seine et 
membre de la Société géologique de France, existait toutefois, par 
bonheur, et M. Bonot voulut bien se charger de m*en faire obtenir uu 
calque. Je reçus en même temps de M. Beaudoin quelques indications 
sur le lieu et les circonstances de la découverte. L'épitaphe avait été 
déterrée sur la montagne de Vix que les anciens titres désignent sous 
le nom de mont linssois, dérivé de celui de l^tisco^ oppidum autrefois 
construit nur lo plnleou. Ce fut là qu'à la suite de finvasion des Huns 
86 relira TévAque unint l^oup, de Troyes, pour y rassembler son trou- 
peau, nlTrnyé d'Imhitor unn ville sons défense^'; ce fut là que s*éleva 

<*> InâcriftHm» rhn^lipHHH iê /m| tiim/ti <*) Bolluid., «9 jul., Adm muApm S. 

D* 1. tifiM 5. 



PREMIERE LYONNAISE. S 

plw tard le diAteau de Rousftillon , auquel doit son surnom le comte 
Géraitl, céièbre dans Fépopée mérovingienne et qui fonda Tabbaye de 
Pothières ^^K Une église se trouve en ce lieu au centre d'un CFOietrère où 
Tofi rencMtre à la fois des instruments de pierre tavHée, de bronze, 
dm sarcophages mérovingiens ^^\ et qui sert encore de lieu de sépul- 
tttPB Bvn comomnes de Yix et d*Ëntrochy. 

Les tombes anciennes qu'on y a retrouvées étaient recouvertes de 
daltes taillées en dos d*âne , sauf um seule que fermaient deux pierres 
[^tes dont Tuoe, offrant des traces d'un emploi antérieur, portait le 
nioiiogranmie du Christ, avec Timcription suivante : 




Ckmtus hic Ml. 



<*^ hein Pins, Leê mmuserki Jnmçm 
ie A» BIMMkique du rvi, t. VI , p. i oS-roç , 
Girarddê RoumUon, Lyon, Perrin, i86€; 



Prëliminaires historiques; Itucriptions ^ré^ 
tiemm de la Gaule, n" i . 
< ^ Voir, pour ces tombe», une note de 



I . 



4 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Gela dit pour mettre sous les yeux du lecteur la série des témoi- 
gnages relatifs à un monument aujourd'hui disparu, je m'occuperai 
des mots qui y Bguraient. 

Les marbres funéraires ne nous ont, si je ne me trompe, fourni en- 
core aucune formule que Ton puisse rapprocher de cette brève légende. 
Si loin que je puisse chercher, je ne lui trouve d'autres analogues que 
dans ces mots écrits, raconte Diogène Laerce , sur une maison grecque : 
Hercule habite ici; que rien de mauvais ny entre (^); et, aux temps chré- 
tiens, celte autre inscription qui, tracée sur les portes des maisons 
d'Antioche, suffit, selon Nicéphore Galliste, pour arrêter les désastres 
d'un tremblement de terre : Le Christ est avec nous; arrétez^^K 

Qu'Hercule, Dieu AUxicacos^ comme nous le voyons si souvent 
nommé '^^ que le Seigneur aient été invoqués pour sauvegarder l'ha- 
bitation des hommes, le fait n'a pas besoin d'être expliqué; mais si 
la brève inscription de Vix a, comme j'incline à le croire d'après ce 
double exemple, été gravée pour faire connaître que le Christ protège 
le défunt, deux questions s'offrent ici tout d'abord : Comment le Sei- 
gneur peut-il être présent dans la tombe d'un fidèle? Contre quelles 
attaques le mort doit-il être gardé dans son sépulcre ? 

Avant l'heure de la résurrection et du jugement suprême, le pé- 
cheur, répétaient les anciens, pouvait souffrir, dans son corps même, 
de cruels tourments. Le démon, par la permission de Dieu, ou quelque 
ange terrible, ministre de sa justice ^^), faisaient expier, dès la mort, 
les crimes ou les fautes de la vie. Des faits qui répandaient l'épou vante 



M. Ed. Flouest insëi'^ dans le Bulletin de la 
Société des antiquaires de France, 1870, 
p. 8ti. 

^'^ In Diogen., VI, 5o; cf. VI, ^; Glem. 
Alex., Strom,, Vil , 6 ; Theodoret. , Sertno VI , 
De Providentia (éd. Paris., t. IV, p. 564). 

w L XVII, c. m (éd. Fronlo Duc, t. II, 
p. 736). 

^'^ Lucien, kXexrpvév^ S a; Lactant, 
Imtit. div,, V, 3; Caryophillus, De Thermie 



HercuL , p. 3 1 ; Orelli , n*' 90 1 , 96 1 , 1 636 , 
1537; Corpus inseriptionutn grœearum, 

a* ^9891 etc. 

^^^ Hubner, Inscr, Hisp, christ., n" a63: 

VT NON permuta; INTKOIKE KHCfXYH 
PEKCYTIENTEM ; cf. I Paralip., xxxii, ai : 
trEt misit Dominas angelum qui percnssii 
omnem virnm robustum.') elc.; Eulogius, 
Memor. sanetor., 1. V, c. xyi : trAngelo per- 
cutiente. . .» 



PREMIERE LYONNAISE. 5 

se racontaient chez les chrétiens. Ici, c était un débauché dont une 
flamme avait fouillé la tombe et anéanti les restes^^^; là, une religieuse 
indigne arrachée de sa couche mortuaire et à demi consumée ^^); 
des morts criaient du fond de leurs tombeaux que le feu les dévo- 
rait (^); un autre gémissait et suppliait le Seigneur de le délivrer du 
démon (^). A Miian, un impie avait été enterré dans une église; la 
nuit suivante, on entendit le bruit d'une lutte engagée dans le sanc- 
tuaire; deux esprits à face terrible avaient lié les pieds du cadavre, 
Tentraînaient malgré ses clameurs et le jetaient hors de Tenceinte 
sacrée (*'. 

Ainsi prend corps et se dramatise, sous la plume de deux saints 
pères, Grégoire de Tours, Grégoire le Grand, une croyance déjà bien 
ancienne; dès avant Tâge où nous reportent leurs écrits, les chrétiens 
redoutaient pour leurs restes les attaques du démon, a C'est là, dit 
saint Maxime de Turin , une crainte que nos ancêtres nous ont trans- 
mise f^)."» Le temps ne devait pas la faire disparaître. Au ix% au 
X* siècle, celte persuasion demeure vivante. On raconte aux fidèles 
épouvantés la terrible légende du dragon torturant, dans le sépulcre, 
un prince impie (''). Longtemps après, Guillaume Durand, Théodore 
Balsamon répètent que les démons s'acharnent sur nos restes misé- 
rables ^*^ 

Le Seigneur et ses saints pouvaient seuls assister dans la tombe le 
chrétien que ne couvre plus alors le bouclier de la prière. La croix ^^*, 
lès reliques (^^) auprès desquelles, dit saint Jérôme, les esprits de Tabime 



^*^ Gregor. Magn. , Dialog. , I. IV, c. xxxil. 

t«^ Ideiii,i6ia.,IV, Li. 

^*^ Gregor. Turon., De ghria martyr., 
c. cvi. 

^*^ Gregor. Turon., VitœPatrvm, c. xvi. 

^•^ Greg. MagD. , Diahg, , 1. IV, c. lui. 

^•^ Homil,, Lxxxi. 

^'^ Baloze, Capital, t. H, p. 109 et 779; 
Flodoard, 1. II, c. xu. 

^*) Dorandus , Ratùmak divin, ojfic. J. VII , 



c. xxxY, S 87, 38, 89 ; Theodonis BalsamoD , 
Commentar, in Canon. Apost. et Coneii^ in can. 
Lxxxvi Conc. Trall. 

^*) Morcelii, Kalend. Constant., t I, 
p. a3i; Duchesne, t. II, p. 87; BoUand., 
t. m mart. , col. i38, S 5 ; AUegr. , Opusc. , 
p. 59; de Rossi, BuU. arch. crist., aprile 
i863; Yehhé Cochet, Sépultwres, p. 3 ta. 

^**^ Theodoret , Philotk. , c. xxi ; Sozom. , 
Hiit. ecel. ^ IX , 1 1 ; Duchesne , t. II , p. 87 ; 




6 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

PDgissent impuissants, Teau consacrée par la bénédiction ^^^ tout ee 
qui avait, pendant la vie, défendu ie fidèle contre i'eofer deimè en- 
core,, après le trépa», être sa protection et sa sauvegardb^ 

Nous avons vu les attaques du démom; un fécit de Grégoire db 
Tours nous montre son impuissance et sa< défaite. C'était, dit Thisto- 
rien, au temps de saint Nimier; une cruelle éptdémtei avait fondu* sor 
Trêves et le* prêtre de Dieu implorait pour* son troupeau, décimé la 
miséricorde céleste. Tout à coup, au milieu de la nmit, on entendit 
un bruit terrible, ret-entissant comme un: tonnerre; la ville ^allait, 
semblait-il , s'écrouler. Le peuple s'éveillant plein d'épouvante atten^ 
darît la mort, lorsque ,^ dansée iracasv une voix fut entendue au milieu 
d'aiitnes- : cr Compagnons ,. disait-dle, que ferens^-nous ici ? A. une porte 
veille saint Euchaire, à l'autre saint Maximin, et voici que Nizier se 
tient au milieu de la ville ; il nous faut la laisser à leu<r garde. ^' A ces 
paroles, le mal s'arrêta et ne fit plue de victimes à Trève»^^)'. 

Ce secours que la Riome des Gaules reçut ainsi des reliques de ses 

anciens pasteurs*, des prières de celui qui leur avait succédé, les ehré«> 

[ï\ tien» l'espéraient powr leurs tombes de la présence des choses saintes, 

cbetchant ainsi, comme le disent les inscriptions-, une protection pour 
leur dépouille mortelle, en même temps qu'un patronage pour teur 
âme W. 

C'était par la vertu du Christ que s'obtenait ce merveilleux secours; 
') r *' aussi' plua d'un parmi nos pères voulut demander au Seigneur mèine 

I . 'f de l'assister dans le sépulcre. Là, comme ailleurs, devait être tout 

puissant celui dont la présence tient les démons enchaînés à la porte 
dee sam^tuaires^^). Son corps vénéré devait accomplir pai*tout le même 



- 1 1 

1 . 
I * 

'. r 

I 

■ \ 

I J 



> • 









Bosio, Roma sott., p. io5; MabiHon, Aeta ^'^ Gazzera, lêerit, erht, del Pienumte, 

sanctorum ord. Bened., sœc. AI, pars II, p. 8o : MAKTYKIBY; DOMINI ANIMAM COR- 

p. «65; de Rossi, lœ. cit., elc PYWE TYENW) I a ATI A COMMBIDAH; TY- 

^*> HieroD.i4iiw.Fi^*iii/.,inilio;Duran- MY^O REOYIE^CIT M im | mVIVL etc.; 

ém, ioe. cit.; Bosio, Roma aoU., p* 3o; p. loa : COM MENDAN^-^AHC-Tir-AlfiMAM. 

1 .0^ Lupi , DiiserUuiom, l. I , p. 76 , 77. COKPYWE f OVENW. 

^ <*^ GregOF. TuroiK Vita Pairmm, c. xvii, ^*^ S. Chrysosl. , Homil de S. Marifrén, 

S 6. S h. É^A) r9l9 èmfknj^imsi&ltfHÊw à MSoXoç- 

ê r 

f ■ 

r 



4'ftËMllJRË LÏONNAlISE. 7 

nm-ade; e( ce -corps, n'était-ce pas la sainte eucharistie? Aa milieu de 
tant tic lestes ayi raflirment, l'une de nos anciennes inscriptions, cette 
d'Airtun, nous At que le r»Me, recevant du prèlre, suivant i'usnge 
det( premiers siècles, les espèces eucharistiques, tient 'Cn ses mains le 
divin l^Siis'''; puis, par une expression qui rappelle celle de l'épttapèie 
si laooninne dont }« -cherche h pént^trcr le sens, saint Optât dit qu'eD 
renversant les airtels, que chaque coiieécration eucharistique fait la 
demeure du fils de Dieu, les Donatistes ont frappé le Christ lui- 
même qui y réside^^. L'hostie est donc le Seigneur en personne, ainsi 
que l'Église l'a enseigné par la parole, par les écrits des Pères, la 
liturgie, les mofiaments, Sûjust Xpit/lov, disait, aux temps antiques, 
l'évt^que donnant la communion'^'; aux catacombes, les fresques des 
galeries primitives oITrent souvent l'image du poisson unie à ceHe du 
pain, du vin eucharistiques^, association mystérieuse que saint Chry- 
sostome explique «t affirme par ces mois si fréquents dans ses dis- 
coure, lorsqu'il parie de la tnblc sainte, et qui, une fois encore, nous 
ramènent à la formule inscrite sur la pierre de Vix: rt Le Christ est là.. 
Le Christ est présent. Uàpet/liv à Xpirrlôs. Uàpefjliv Ô'htws'*'. h Nos 
ancêtres l'avaient compris, et, comrne tant d'autres choses saintes, des 
oblalœ furent placées sur la poitrine des morts afin de leur assui-er le 
repos dans la tombe. Du vr* au \' siècle, le fait est souvent constaté, et 



tle ydp T^ Itpiv Ti^Tiji' (iivlpav eia- 
€i.Ot\v où To}itti. 

''' Inscriptions ehrétiemiei de ta Gaule , 
n° h. Voir encore , pour l'identification du 
Christ et des espèces eucharisti.|ucs. le fait 
miroenleux rapporté par flcùnt Cyprieii(/)« 
lap»it, e. nvi), 

^'' S. Optflt., De tekitmale Donatitt., 
iib.V! : "Qiiid voi offendemlCliristii», cm/W 
iliie per eerta momcnbi eorpu* et aanguis 

habiUtbatf Diim impie p^rsequemini 

manus noslras illie ubi e»rpu* Oiristi habita- 
bat, fêrislis et vestrm. Nœ modo Jitdnrw 
eslïs imilati : îlli fnjecerunt manm Gliristo 



in cmce, a voliiB percussus est in allari.* 
f CooÉlit. Apneloi, I. VIII. c. un. 

'*' De Rossi, Bonut soUerranea eriitliana, 
1. I.lav.Vmelp.393; t. II, lav. XV.n' «. 
et p. 3io. 

'" Homl. I in frotlit. Judat , S 6 : iiipealtv 
à Xpi&làe xai vir hieTi'os à -htv tpéirefar 
Siixoo-fif^iraK, oitoi xai •ritimtv iianoatuf 
viiv. Ilomil. lu Seraplùai, S h : Ôtov obv 
r^ ispi Tpairi^jj ■a^ofrUw.i ft^AAijs, vùfiijc 
Éxer xai thp ^iiriXéa tûv dTtâvraiv -sa- 
peivm- xaiyàp vripeaTiv rfvrûjs. Voir encore 
Ilomil. Lxxiii in MatI,., S S: Homil., mi, 
mÉj..arfHf6r..e. «, S3. 



8 INSCIUPTIONS ClIHÉTIliNNKS. 

lia récit dti Grégoire le Grand aLloste à la fois J'exislence et la raison 
d'élre de cette pratique. Un jeune nioîne, coupable de désobéisitancti, 
mourut en état de péclié. On renscvelit; mais dès le lendemain, la 
tombe avait rejeté le cadavre. Inlnimé de nouveau, il fut encore une 
fois retrouvé hors de la sépulture. On accourut auprès de l'abbé, 
saint Benoît, en le suppliant do pardonner au coupable. L'homme de 
Dieu rctuil alors à ceux cjui l'imploraient le pain encliuriiitique. 
if.\llez, dit-il; déposez, avec respect, le corps du Seigneur sur la poi- 
trine du iriurt et replacez le cadavre dans la tomber On obéil, et dès 
ce moment la terre conserva les restes du religieux'". Le Christ était 
avec lui dans le sépulcre; il était là, comme le dit notre iuscriptiou; 
el li> défunt était gardé, car suivant l'expression d'une pensée sur 
laquelle insiste saint (llirysostonte : «Dû est le (Ihrist, le démon n'ose 
entrer'". " 

Ainsi me paraissent pouvoir être expliqués les mots insrrils sur la 
pierre de Vix. Déposé dans le tombeau, le pain eucharistique aurait, 
si je ne fais faussa route , rempli, en écartant le.s atta({ues de l'enfer, le 
rôle protecteur dont parle Théodore Balsanion commentant un canon 
ancien sur la communion donnée aux morts'^'. et qu'attribuent de 
même à la croix, avec une inscription de l'Espagne^, Jes vers de Pru- 
dence où se retrouve la formule de la pierre de Vix : 

Frontem locumquo ponlîs 
Cruels forma figurct. . . 
Crux pellit oniiip crimua. . . 
tortuuse surpeD^. 



'" S.Gregor.MBgn.,DiuJ(^. ,1. U.c.iiiv. 
Ou cannsll la \te\\e fresque peinte |>ar le 
Sxlama k Monlfr-Oliveto et ropr^ntant ce 
frail do In vie dr suint IlcnoU. 

''' ETpOiit. ùi Pialin. , tLi, i 'J : Ù«ov ii 
à Xpialùt, iai/ituv név oiitie iiietaeXdetv 
(ijXAov ii oiii vapax(>4''>i foXfufaeté'ttOTt. 
Voir encot« Uoiuil. dr SS. Marti/ribu*, $ h, 

'' llommenlnriuii incanoneaApmlolaruDi 



t'i conciliorum (npud Beveregium, Pmieebt 
rnnanutn, 1. 1. p. a53). Incnn. i.\x\iii couc. 
'l'j-ull..: TD t^iv ^01 xetpiîeaBai iolt 4(>x'*- 
ptûai liera ■tei.evry'iv àyiav ipro» xif ofrruc 
évia^iiieaOai, vtifiiitu ^jfcaffai ait ino- 
Tpovtfv tâiv ïaifiovfoHi, nai Iva Si' avrtrv i^ 
aiiiitjrai -erpùs oipavàv, 6 toO fisj'dXov xaJ 
i■lroa^ohKov >iaiv^iii»8tls inayyéXfunot. 
*' liûbncr, Inier. Jlifpon.ekriit.,n'tiS, 



PREMIÈRE LYONNAISE. 9 

Qui mille per mœandros 
Fraudeâque flexuosas 
' Agitas corda quieia, 

Discede, Christushic est; 
Hic Christus est, liquesce^^). 

Une objection faite à ma conjecture doit être rappelée ici. Ces vers, 
a dit un savant ecclésiastique, ne montraientrils pas que le signe même 
du Christ suffit à écarter le démon et fautril nécessairement penser au 
dépôt d'une hostie dans le sépulcre (^J? L'observation a certes sa valeur. 
Mais, on ie remarquera, parmi tant de milliers de tombes marquées 
de la croix, et bien que toutes aient dû dès lors être tenues comme 
également protégées, celle de Yix est la seule où figurent les mots* 
Christus hic est. C'est la présence de cette formule exceptionnelle qui 
m'a fait penser, comme on l'a vu, à quelque circonstance d'exception. 

Avec les antiquaires qui l'ont pu voir, j'estime que notre monument 
appartient à l'époque mérovingienne; mais chercher à reconnaître la 
date d'une inscription dont le type ne se retrouve nulle part ailleurs 
serait, à coup sûr, chose hasardeuse, et je me bornerai à indiquer les 
éléments d'appréciation qui peuvent nous donner quelque lumière. 

S'il s'agissait ici d'une épitaphe étrangère à notre sol , la forme des 
lettres pourrait laisser penser à une époque antique : la fin du hi^ siècle, 
par exemple, ou le début du i?^; c'est ainsi que le C carré est signalé 
en 3oi sur les marbres (*' et Y s en forme de gamma s'y rencontre dès 
l'an :295(^). Mais, en Gaule, la première de ces lettres ne parait 
pas avant l'an 5 06; l'autre se trouve sur une épitaphe découverte en 
Bourgogne, comme celle dont je m'occupe, et qui ne saurait, d'après 
sa formule , être antérieure aux dernières années du v^ siècle (^). 

f*^ Htfmn. VI ante somnum, v. i3i et ^*^ Buonarruoti, Vetriy prefaz., p. xvia. 

suivants. Voir encore Boldetti, Ossertaziom, p. 661, 

(*) L*abbë Morelet, BuUetm d'hUUnre et a* 398; Cardinali, Prodrom. ad Uhutr. lapir 

i*arekéohgie rtUgieuse$ du diocèse de Dijon , dis Straiomceiuis ( tab. I , ad p. 78 a , il uideW 

t. H, p. 93. Accad. rom, d'arekeol., t. II), a" 3oi, etc. 

^*^ De Fonscolombe , Mémoire sur le pré- ^*^ Inscr. ckrét. de la Gaule ^ n* 66 1 a. Voir, 

amlmle de Pédit de Dioclétien, pi. II. de plus, pour cette lettre, cî-après n* Sa. 



IVraiMBEII lATtOIAU. 



10 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

C'esl si'iiicmeiit vers le début tle cette m(?me période que commence 
à paraître, dans la Gaule, le monogramme f tracé dans notre légende 
et qui combine avec la croix les deux premières lettres du nom de 

Ces données, le mode d'exécution des caractères gravés sur la pierre 
de Vis. les apifes du monogramme, me portent à penser que, comme 
la pierre déjà trouvée près du même lieu et quo j'ai rappelée plus 
haut, notre monument appartient à la En du v» siècle. 



2 
FÉNAY. 

L'abbé Denisot et M. d'Arbeumonl , Mémoires de la Conunisainn iks anlîquiiés de la 
Côu-d'Or, l. IX, p. CI, eu; — R, de Lasleyrie, Bulletin archéologique du Comité 

lies trnvaux histnriquei, 1886, p. iig-iSa. 




"f" Hie requtisât hene memoriae Bnudermma pnelfa qui vieil annus dece- 
septe et requiîvit in pace in mensi julio diea sahato. 

Inscription conservée à Dijon, dans le musée de la Commission des 
antif[uités de la Côte-d'Or. Elle a été trouvée en 1873 au lieu dît 
les Combettes, sur le territoire de Fénay, canton de Gevrey. Ou y i-e- 
marquera l'indication assez peu fréquente du jour de la semaine où 
mourut la jeune fiHe; c'était un samedi, désigné par le mot fABATO, 

''' Inscr. rhrél. de la Gatile, préface, p. xiv. 




PREMIEHE LYONNAISE. 



1] 



comme on le Taisait coDiin une ment sans doute alors, bien que, «ur une 
inscription de Cliiiisi, on trouve encore accolée au nom de la pjlque la 
vieille forme DIE i^ATYRNI ''' qui devait prévaloir chez les modernes. 
C'était là un de ces détails auxquels quelques-uns altacliaient sans 
doute peu d'importance. «Si la loi, disait TertuUien, en rappelant un 
texte de l'Exode, si la loi nous défend de prononcer les noms des dieux 
des gentils, elle ne saurait nous l'interdire alors qu'ils viennent comme 
nécessairement sur nos lèvres. 11 nous faut bien dire souvent: «11 est 
irau temple d'Esculapen; ou nJe demeure au Vicus d'Isisu; «lia été 
(T nommé prêtre de Jupiter. n Ce n'est pas plus honorer Saturne, si 
je viens à dire son nom, que je n'honorerais Marcus en l'appelaut 
Marcus'^in. 

C'était au temps des persécutions que s'écrivaient ces mots; ne pas 
nommer les jours de la semaine suivant l'usage alors courant eût, sans 
doute, pour le Hdèle placé en face d'nn païen, été de quelque danger. 
Deux siècles plus lard, lorsque le christianisme fut devenu la religion 
de l'Etat, saint Augustin tenait un tout autre langage: trLe quatrième 
jour après le sahbat est, dit-il, la quarlaferia qae les païens nomment 
le jour de Mercure. A notre grand déplaisir, beaucoup de chrétiens 
font de même. Dieu veuille qu'ils se corrigent et ne parlent plus de la 
Borle. Ils possèdent en effet un langage qui leur est propre et qu'ils 
doivent employer. Mieux vaut qu'une bouche chrétienne ne prononce 
que des mots consacrés par la coutume de l'Église '*i. r, 

Je viens de «citer une inscription où le mot DIE est orLhogiaphîé 
DIAE. Les graveurs l'écrivaient souvent de la sorte'*', et c'est ainsi que 
nous le trouverions dans l'épitaphe de Fénay, si, par une erreur ma- 
térielle assez fréquente sur les marbres, il n'y avait pas eu ici trans- 
position de lettres'^'. 



'' Liverani , Le catacombe e anlichiià ci 

\c dî Chiuti, p. t tj. 

" DeidotoL.W. 

'' Enan: in Pialm. XCin , S 3. 

" Marini, / Paplii diplomatkl, |>. ai 



b ; DIAE ÎABBATO. — Porret , Catae. , pl.VIl , 
ii-iiiUlAEXABATY.— Cf.dpRossi,B«//(H., 



' Mariai, Àniali, p. 3ào. Sga, SaS 



^ 



12 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

M. de Lasteyrie a consacré au nom de la chrétienne Baudermma une 
note intéressante. 

La croix par laquelle débute Tépitaphe, sa formule initiale et la 
présence d*un E dont la haste dépasse les membres horizontaux per- 
mettent de classer cette pierre au vi^ siècle (^). 



LYON. 

Allmer, Rwue éfigrapkiqw du mùU de la France^ n"" 635. 

^/CQ.V/£Sci 

BASa'> 

Ce fragment, dit M. AUmer, a été trouvé, il y a près de vingt ans, 
sur la place de Ghoulans, dans les fondations de la maison qui porte 
le n^ 1 . On Ta encastré dans le mur extérieur de cette maison. 11 mesure 
1 centimètres de haut sur 1 5 de large. 



Fragment conservé au musée de Lyon. 



i») 



dêU GmJe, préface, p. ix, xiii, xxiv. 



PREMIERE LYONNAISE. 



^IHOCTVMVlOPvEQ-VlI 



QVATE^PorrCQfJSIV^riNlINb 



■ANJ\ 
omrxi lDvss/?Trf!aBRi^\ 

QVATEUorrCQfïS 

f 7n lioc tumulo requtescft famuin Deï bonne memoriae Droc [berlal) 
ianctemunialig quae vixil in pace annos viginti et quatuor. Obiel VI idtts 
septembris vicies quater post cmrnihlum Justini indirtione lertia décerna. 

Je dois à M. Bertrand, préaident de la Société d'émulation de 
l'AHier, un estampage de cette inscription et des quatre suivantes, 
toutes encastrées dans la crypte de Saint-Irénée^''. On remarquera ici 
les mentions famula Deï, sanctùnonialis et la formule vixit in pace que 
nous rencontrons souvent en Gaule. 

Le cousul nommé dans cette épitaphe, et qu'il ne faut pas con- 
fondre avec l'empereur Justin, a reçu les faisceaux en Bio. Son vingt- 
quatrième postconsulat tombe en 564, année dans laquelle le 8 sep- 
tembre correspond à la treizième indiction, qui avait commencé le 
i'' du même mois. 

Je l'ai déjà noté; tandis qu'à Vienne on avait coutume de dater par 
les postconsulats de Basile, cousul en 5/ii, on comptait à Lyon par 
ceux du Justin de 5io'*l Notre inscription coofirme ce fait, dont la 
cause m'échappe. 

''' Voir, pour les marbres chrétiens de la cryptp de Sflinl-Ir(?n^c, Inscriptions ehnliennes 
Je la Gaule, d' i&. — "' Ibid., pr^ce, p. un. 



\à 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



Lorsque jai publié > ii y a plus de trente ans, les épitaphes des 
évêques de Lyon, découvertes dans l'église de Saint-Dizier en i3o8 
et consignées alors dans un procès-verbal du 33 août, j ai dû, comme 
M. de Boissieu, me référer à la copie de Tacte dont Toriginal semblait 
perdu (^'. Les recherches de M. Guigue, archiviste des Bouches-du- 
Rhône, ont fait retrouver cette pièce, l'une des plus anciennes où aient 
été relevés des monuments épigraphiques et qui a été reproduite dans 
le Bulletin de la Sodélé des antiquaires de France ^\ 

Des travaux entrepris dans la crypte de l'église oii reposaient les 
vieux pasteurs de Lyon viennent de rendre au jour des restes im- 
portants d'une des épitaphes mentionnées par ce même procès.- verbal , 
celle de Tévèque Sacerdos : 



Nomtne mente Jide meriiis pietate Sacerdo» 

Ojfficio ctdtu precio corde gradu 
Dogmate consilio sensu probitate vigore 

Stemmate censura religitme cluens 
Gawdia cunetorum tolhne lamenta reliquem 

ICCl/lVi'v'S L AVD\bVrAM PUTt 

M^VK)ECVy£RF5ilTCVLMmEM0RVH 
RTûSWcES FORTIACORD>tLEy/INT 
NAM<;i^tf80MyM CAELESri MVNiREPERStA 
'AACV|jj|SiHTINCCirAGBS7-AMANENT 
Nl^Nffllr ' R I H VCi-i^RTf s VPR E M A 

!/(RIMVNDOSAPlENr/AfULSiT 
15AfC|.iGLOKï7^î:OT5ffllT 
A^fOREET^£M0Î^"rAMHIS:l.*> 
ViRr CiARIÎ^l>«C0N5; 






ohiù III tdus septembri 
ictione prima 



(>) 



Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. I, p. à8 à 6 1 . — ^*^ Annëe 1 876 , p. 1 ^5 à 1 58. 



PREMIÈRE LYONNAISE. 15 

Publiés â y a deux ans par M. Georges Guigue, élève de TEcole 
des chartes (^\ ils ont été reproduits depuis par M. Héron de Ville- 
fosse, dans le Bnlieùn de la Société des antiquaires de France ^^K J'en 
viens de transcrire le texte en le complétant d après la copie qui nous 
était connue. 

Je n'ai guère à faire remarquer ici que l'échange bien connu entre 
ri et r€ dans les mots tenens^ munere^ hteri^ sumere^ timoré. Au début 
du quatrième hexamètre, le texte du procès-verbal nous montre qu'il 
faut lire patricium au lieu de patemum et corriger ainsi une faute 
de quantité introduite par Se vert, le premier éditeur des épitaphes de 
Saint-Dizier. 

Aussi bien que les chrétiens, les gentils ressentaient pour la divinité 
ce sentiment de crainte qui, selon la parole de Stace, avait été l'in- 
spirateur premier des cultes (''; mais l'amour du Maître suprême et 
redouté appartenait aux seuls fidèles. Comme leurs livres, leurs inscrip- 
tions en portent à chaque instant le témoignage ^^l Eux seuls pouvaient 
écrire sur une tombe la formule qui termine l'épitaphe de l'évêque 
lyonnais : Vixit in amore et timoré Dei. 



7 

Allmer, Revue épigraphique du midi de la France, t. I, p. 985. 






UR-LCtSIM 



TmT^ 



Hoc contenta jacent Tawini membra aepulcliro? 



'*' CMOTi«r(feL^on,i 5 septembre! 883. 7i5,et.Tii,i39;Cicero, De/npe»(., 11,3 9. 
(') Année i883, p. 360. '*' Mai, Script, vet. nova eoUectio, t. V, 

'*' III, 661 ; cf. Servius, tn Mnàd., 11, p. 139, 3; 187, 3; 196, 5 etsaiv. 



16 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Fragment trouvé en 1881 par M. Grisard, dans les travaux d'un 
égout de la rue Trion. Ce marbre, mutilé sur la droite, me paraît 
être du vi^ siècle. Le texte, qu'il serait hasardeux de vouloir restituer, 
ne rappelle aucune des formules courantes dans les inscriptions en 
prose; il était peut-être métrique. 



8 

Ailmer, Revue épigraphique du midi de la France, n® 636. 



TTTl 



Fragment trouvé dans la même fouille que l'inscription de Basilia 
et encastré dans la même muraille. La forme des caractères qui nous 
reporte au vi^ siècle et la présence probable du mot obiit à la première 
ligne paraissent indiquer que ce débris provient d'une épitaphe chré- 
tienne. 




Débris conservée Saint-Irénée, ainsi que les trois suivants. 



PREMIÈRE LYONNAISE. 17 



10 

NIPO£V;o 
MIS" 

îV/NQVA(^l*NS 

S 



11 

IH HOC tumulo requiescit bonœ mémo 

RIAE qui vixit in pace (?) annos 

XXI mentes . . . die$ 

XE ohiit. . . . koUndae (?) oet 

OBRiy PC coh;7i,atym 

Y ce coh;u/m 



12 



iOHE MEMOnœ 
çu»wXITAHHY;... 



Je ne possède pas de copie figurée de ces deux fragments. 



WFaiKSUl lATIOIAU. 



18 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Sauf la dernière, les inscriptions suivantes, qui appartiennent au 
musée de Lyon, mont été communiquées par M. Bertrand. 



13 



s XX iL 

Pridi kalendas [januari?) as XXII . . . post comukuum . . . viri clarissimi 
indictione décima 

Étant donné le chiffre minimum xxii qui, placé comme il l'est, dé- 
signe un postconsulat, il ne peut s'agir ici que de l'un des personnages 
dont le consulat a servi de point de départ à de longues supputations 
chronologiques. Ainsi que je l'ai expliqué ailleurs (^), ce personnage 
doit être le Justinus junior qui reçut les faisceaux en l'an 5/io. 



14 




In hoc loco requiescit bons memoriœ 



^^) /nicr^ficNu chrétietweê de la Gauh, préface, p. lui. 



PREMIERE LYONNAISE. 19 



15 



RC OuV 

KtWoR 

0. 







ih /^ ^c tumulo requiescit bonœ menwriœ qui vixtt obiit 

noms V post consulatum Ju 

Inscription datée d'un cinquième postconsulat qui est sans doute 
l'un de ceux de Justin, consul en l'an 5/io. 



16 

fDV/Thil 



Je n'ai pu, sur l'estampage que j'ai reçu de ce fragment, lire ce qui 
reste des caractères fort mutilés de la première ligne. 

Placé comme il l'est ici , le nombre Lixxn peut également indiquer 
l'âge du défunt et un chiffre de postconsulat. Dans ce dernier cas, il ne 
peut s'agir que de l'un de ceux de Justin (5 4 o) ou de Basile (54 1), 
seuls personnages dont le consulat ait servi de point de départ à de 
très longues supputations chronologiques. D'après les marbres connus 
jusqu'à cette heure, il ne paraît pas qu'on ait daté à Lyon par les 
postconsulats de Basile; il s'agirait dès lors ici de Justin, dont le 
soixante et unième poslconsulat, qui correspond à l'an 6oi, est noté 

3. 



20 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

sur la tombe d'un chrétien lyonnais nommé Agapus^^K L'épitaphe dont 
provient notre fragment aurait donc été gravée en Tan 6a a. 

La seconde ligne parait donner les éléments d'un nom germanique. 



17 






Le reste d'encadrement que présente ce débris montre que l'in- 
scription a été exécutée avec un soin particulier. 

D'après la disposition de ses lignes, il me parait qu'elle a dû être 
métrique; la seconde aurait été le début d'un pentamètre gravé en 
retraite, comme on le voit souvent sur les marbres (^); les lettres plus 
petites du mol obiit auraient fait partie de la mention chronologique 
en prose qui termine d'ordinaire les inscriptions en vers W. 

L'une de ces pièces, autrefois vue à Reims , contient ce distique : 

HIC PATER E^T ATOl^V; . HATO HATAGlYE ;EPY1JY; 
EXPECTAHTGIYE DIEM HYHC DOMIHI PROPERAMW 

Les lettres EXPE . . . par lesquelles débute la deuxième ligne me font 
penser qu'une même allusion à l'attente de la fin du monde ou de la 
résurrection future a pu être formulée sur notre marbre, ainsi que 
nous le voyons dans d'autres textes des premiers siècles chrétiens (^). 



^') Inscrit, chrét. de la Gaule, n* 17. 

<*^ lUd., planches, n**9, &09, Ag^, et 
CHlefl6U8, a* 6. 

w Jiia.,tn,p. ii4. 

<*î nu., 1. 1, p. AAi. 

^*^ De Rossi, Imeript,, t I, n* 817 : 
EXPECATOYE DEYM WERM OyOJYKÇAT AD 



SHKkS. — Inscr. chréi. de la Gaule, n* 478 : 

WEM mm lYWcii. . . kETv; ;pEaiT. — 

Uvaraion,Liturgiarimana,t.l^fASi: nUi 
resurreclionis diem spe certœ gratulatioois 
exspectetn. — Liturg, Mozarab, , éà, Migne, 
1. 1, p. 46 1 : ffFuturi jadicii diem cum voto 
gratulationis expectet». 



PREMIÈRE LYONNAISE. 31 

18 

Allmcr, Retme ipigraphique du midi de la France, t. II, p. 66. 



Hicrequiescïï IH PACE • . . . 
. . . qui m-XIIT kmOs 

EHHEHyi;.. . 



Fragment d'épitaphe chrétienne découvert à Tîie Barbe, dans la 
propriété de M. Sarcay; là se trouvait autrefois une église romane 
dédiée à saint Loup et contiguë à la chapelle de Saint-Martin. Il 
parait difficile, écrit M. Allmer, de ne pas reconnaître, à la dernière 
ligne, le mot Viennerms. Cette restitution admise, l'inscription peut 
avoir porté le nom de quelque membre du clergé de Vienne {^'. 

<') Conf. Inseript. chrk. de la Gauk, 1. 1, p. i&a et i&3 : ;£KVI£T IH ; l(\ WDYHIHn. 



22 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



DEUXIÈME LYONNAISE. 



19 

ROUEN (?). 

Deloche, Bévue archéologique, avril 1886, p. 330. 




M. Feuardent possède un anneau d'or trouvé près de Rouen, dans 
le lit de la Seine. Gomme on le voit parfois aux temps mérovingiens, 
cette bague porte à sa face principale deux chatons accouplés (^) où 
est inscrit à rebours, et en deux lignes, un nom propre, celui de 
DOMMIA. Sur un troisième chaton, placé au côté opposé, on a gravé 
un hippocampe. Le nom de Dommia me paraît nouveau. Est-il latin? 
est-il de forme germanique ^^'î Je ne saurais le dire. Bien qu'elle n'offre 
aucun signe distinctif, notre bague est sans doute chrétienne. 

De nombreux anneaux du même temps portent, on le sait, des mo- 
nogrammes. Au contraire de ce que j'ai fait parfois dans mon premier 
recueil , je n'ai pas cru devoir les relever ici à côté de nos inscriptions. 
L'incertitude de la lecture de ces sortes de chiffres m'a déterminé à 
ne plus charger mon travail d'un pareil supplément. Dans une lettre 
adressée à son frère, Symmaque écrit au sujet du monogramme de 
son anneau: «rCupio cognoscere an omnes obsignatas epistolas meas 
sumpseris eo annulo, quo nomen meum magis intelligi quam légère 

^*) InscripUons chrétiennes de la Gaule, ^'^ Voir Forstmann, i4b^(8cAe< iViom^it- 

planches, n* 991 et n* ai& ci-après. huch, t I, p. 3&9. 



DEUXIÈME LYONNAISE. 33 

in promptu est^^^T) En indiquant de quelle façon doit être exécutée 
une bague qui lui est destinée, saint Avitus de Vienne recommande de 
graver, autour de son monogramme, son nom même, qui, explique- 
t-il , permettra de lire ce chiffre : tr Signum monogrammatis mei per 
gyrum scripli nominis legatur indicio f*'. tî Vouloir interpréter main- 
tenant, et par simple divination, des signes quaux temps mérovin- 
giens (^) nos pères regardaient comme si obscurs, me parait, pour la 
plupart des cas, chose trop hasardeuse, alors qu'il n'existe, à cette 
heure, ni règle ni méthode qui puisse guider dans les essais de dé- 
chiffrement. 

^^^ lib. II, Ep. is. rieure sont ea général, mieox oooiiniiis et 

^*) S. Avitos, EpiiL LXXVIII , ApoUinari moins rebeUes à i^interprélatioiL (Voir par 

episGopo. exemple ceux qu'a donnés M. de Rossi, 

^'^ Les monogranmies d*mie ^>o^e anté- Bullet. , 1 887, p. 19.) 



u 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



TROISIÈME LYONNAISE. 



20 

LE MANS (?). 

Gruter, p. ii58; — Saint Paulin de Noie, édition de i685, t. II, p. 67, note 
sur la Lettre xxxii; — Venuti, Saggi di disieriaxioni deWAccademia di CarUmay 
t. Vn, p. &i ; — Marini, I papiri diplomatici, p. 279 A ; — Combrouse, Recueil 
d^épreuvei, pi. XLI, n® U (au Cabinet des médailles); — Duchalais, Rewe nu- 
mitmatiquey 18&0, p. ia3 ; — Hacher, Eseaisurîei monnaies du Maine, p. 11 et 
pi. I, n^ 98; — Bulletin monumental y t. XVIII, p. SaG ; — A. de Longpérier, 
Notice des monnaies françaisee composant la collection Rousseau, p. &7 ; — B. Fillon, 
Considérations historiques et artistiques sur les monnaies de France, p. 69. 

L'objet dont je vais parier est postérieur au viii^ siècle. Il ne devrait 
pas, en conséquence, figurer dans ce recueil ; mais le lien étroit qui le 
rattache aux souvenirs de Tantiquité chrétienne m'engage à le men- 
tionner à côté des monuments d'un autre âge. 




On trouve, dans le recueil de Gruter, la reproduction très impar- 
faite d'une pierre malheureusement disparue. C'est un onyx, intaille ou 
camée, nous l'ignorons, sur lequel est gravée une porte flanquée de 
tours. De chaque côté un personnage debout, vêtu du paUium, tend 
le bras vers cette porte. Au-dessus se voit une main descendant d'un 
groupe de nuages qui, différemment rendu dans les deux éditions 



TROISIÈME LYONNAISE. 



25 



du livre de Gruter, me cause ici quelque surprise (^). Des légendes 
expliquent le sujet. Sous la porte qui, suivant une coutume longtemps 
conservée, figure une ville (^), nous lisons CAEHOM; il s'agit de Cenomani 
(le Mans). La main qui descend du Ciel est celle de Dieu, représentée 
de forme colossale, comme dans les sculptures des sarcophages (^). 
Au-dessous sont gravées les trois lettres DEX, abréviation du mot 
dextera. Derrière les deux personnages, sont écrits perpendiculaire- 
ment leurs noms, sans l'addition du mot sanctus : 



<k 


P 


£ 


R 


R 





B 


T 


A 


A 



Ce sont les saints protecteurs de la ville, les martyrs Gervaiset Protais, 
dont les images paraissent se retrouver sur plusieurs monnaies d'or des 
temps mérovingiens portant également le nom de Cenomannta^^K 

La copie grossière que nous possédons de cet onyx ne permet guère 
d'en estimer Tâge. La disposition particulière des lettres superposées 
pour former les noms des saints mène toutefois à penser que la pierre 
est postérieure aux monnaies dont je viens de parler. 

Quoi qu'il en soit de l'époque certainement reculée à laquelle elle 
a pu être gravée, je n'ai pas voulu l'exclure de mon recueil. Ainsi que 
les monnaies du Mans qui ont été, je crois, bien expliquées, elle met. 



^*^ Page 1 158. — Dans la première édi- 
tion, des rayons sortent des nuages; dans 
la seconde, ces rayons disparaissent. Peat- 
être y a-t-il eu, sur ce point, dans Tori- 
ginal, quelque dëtaâ mal rendu par le 
copiste. 

(*^ Voir la Toife de Peutinger, et, pour 
les monnaies d*Emerita, Aloîs Heiss, Des- 
eripUoH ginirak de$ nunmaiei antiquet de 



l'Espagne, planches LX, LXI. Ce type se 
rencontre Clément sur les monnaies caro- 
lingiennes. Duchalais, Revue numismatique, 
i86o, p. 190. 

^'^ Les sarcophages chrétiens de la Gaule, 
p. 63 et i55. 

(*) Ponton d^Amëoourt, Redierches des 
monnaies mérovingiennes du Cenomannicmn , 
p. 58, 6o. 



UFAUnUI lATteiALI. 



26 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

en effet, sous nos yeux la représentation unique, me parait- il, aux 
temps anciens, de saints gardant une cité. 

Les textes qui mentionnent sous cette forme Tattente de la protection 
d'en haut sont en grand nombre, car toujours l'homme a espéré un 
secours du Ciel contre les maux d'ici-bas. Toutes les villes, aux temps 
des païens, reconnaissaient et scduaient leurs divinités tutélaires. Un 
petit poème nous dit les noms de celles qui gardaient Dodone, Samos 
et vingt autres cités de la Grèce (^). Pour Rome, les anciens parlent 
souvent du dieu auquel elle confiait ses destinées, dieu dont le nom 
était tenu rigoureusement caché, de peur que l'ennemi ne le détournât 
en lui promettant de plus grands honneurs, un temple plus magni- 
fique'^). On en savait, parmi les hôtes du Ciel, qui, avides comme des 
mortels, avaient été séduits de la sorte, et avaient déserté leurs sanc- 
tuaires en laissant des marques de leur fuite ('). Il en était de plus 
fidèles. Alors qu'Alaric vint mettre le siège devant Athènes, il vit, 
nous raconte Zosime, Minerve armée et menaçante, comme la repré- 
sentent ses images, parcourir les remparts de la cité; près d'elle était 
Achille, tel que l'a dépeint Homère quand il marchait contre les 
Troyens, enflammé de fureur par la mort de Patrode^. 

Vers le même temps, quelques superstitieux, gnostiques sans 
doute, faisaient graver sur un marbre que nous possédons encore, 
une invocation de forme magique à Jéhova et aux archanges pour 
mettre sous leur sauvegarde la ville de Miiet et ses habitants (^). 

En ce qui touche les vrais fidèles, les témoignages sont sans nombre. 
Lors du siège de Rome par les Goths, saint Pierre avait écarté l'en- 
nemi d'un pan de mur ruiné et ouvert à l'assaut f*'. Une autre partie 

(*) Bormann, Ànlhohgia, t II, p. S&y, ^') DioCassius, LXV,a,S 8; Lamprid., 

t') P\in.,Ui8t. iia/.,X\VIII,iv;Serviu8, (jnnmod., xvi. Ci. jEnM., I. II, v. 35i, 

In Georg, , I. V, 609. Macrobe donne la eu- 36fi , etc. 

rieuse formule de rëvoeaiion adressée k la ^^^ Zosime, Hittor., L V, e. ?i. 

divinité protectrice de Tennemi; on y ^*^ Cmjnu itucript grœcarum, n* %S^; 

trouve la promesse de jeux à instituer en Lebas, Voytigt arMologique, Inscriptions 

son honneur et Toffre d'un plus riche sanc» de TAsie Mineure, pL XIII, n* 4. 

tuaire (III, 9.). ^*) Procope^DebeUogaikko,LUdï.Jim. 



TROISIÈME LYONNAISE. 



S? 



de 1 enceinte était gardée par les martyrs Jean et Paul dont la demeure 
vient d*ètre retrouvée sous Téglise qui porte leurs noms (^). Sainte Eu- 
Isdie et saittt Félix apparurent lorsque les barbares attaquaient Eme- 
rita et Nole^^). Les murs de Vienne, d'Ivrée et de Gelma étaient confiés 
à la protection des saints (^^ Plus tard, alors que les barbares assail- 
lirent Gonstantinople , la Vierge, comme autrefois Minerve avait fait 
pour Athènes, se montra sur les remparts de la cité^^); ce fut, nous 
dit Georges Pisidès, sa main qui tendit les arcs, dirigea les traits des 
défenseurs et coula les navires des assaillants (^). 

Ghrétiens et païens, je le répète, espèrent également dans un se- 
cours d'en haut; mais leur conception est différente. Ghez ces derniers, 
nous Tavons vu , la confiance ne saurait être entière. Leurs dieux ne 
sont pas, ils le savent trop, de sûrs gardiens. Les prières, les incan- 
tations, les promesses des assaillants peuvent énerver la vigilance de 
ces étranges protecteurs. On les enchaîne dans les temples, de peur 
qu'ils ne s'enfuient et ne passent à l'ennemi W. Ghez les chrétiens, rien 
de semblable. Lorsque les Goths assiègent Rome , on croirait insulter 
au prince des Apôtres en faisant relever le rempart que sa main 
puissante doit couvrir (^'; et si quelques hommes à la foi chancelante 
s'étonnent, se plaignent de voir la ville pillée, incendiée, alors qu'elle 
possède les tombes de saint Pierre et de saint Paul(^), ils ne peuvent 



(^) Sicrti». LcoM., In BataK SS. Johannb et 
Paaii ( Muratori^ LtVii^. rom, , 1. 1 , p. 389). 
^ Saint Augustiii , De cura pro martyribui 
germda , ch. xti ; Idatius , Chrontcon , n!' ^56. 
^'^ InscripL ekrii. de la Gaule, n* ^qo : 
Oyi ;iT PRAUIDIYM (l\Sk VIENNA TIBI 
Gazzera, heriz, del Piemonte, p. 80 : 

;ahctokym picnoka cohdeh; 

PKAE^IDIO MA(;H0 PATWAM POPYkYMOyE 

[flM^EM 

MYHIVIT TANTU ARMAN; CY^TOBIDY; YKBEM 

Corjnu inseript, latin., t. VIII, n* 535q : 

HEMO EXPYCHARE VAIEVIT DEfENnO 
MARTIR TYET-R POfTKIY; IP^E OJMmS ET 
VIHCENTIY; MARTIR-CYrrOD-IN^ROIIYM IPW 



(*' CkrêmeoH pauhale, éiition de Bonn, 
p. 7q5. 

^'^ Georgius Pisides, Bellum Avarieum, 
vers. âSi et suivants. Voir encore ci-dessus, 
page 6, le feit rapporté par Grégoire de 
Tours, Vitœ Patrum, XVII, 4, pour les 
saints protecteurs de Trêves; S. Chrysost., 
Laudatio nuartyrum œgypthnm, S 1, édit 
de Montfaueon, t. II, p. 694, etc. 

(*> Diodor. Sîcul. XVII, iLi; Pausanios, 

III, XV. 

Procope, loc. dt 
^•^ S. August, Sermo CCXCVl, chap. ▼. 
In natali Apostolonim Pétri et Pauli, II. 

h. 



28 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

du moins se sentir abandonnés, trahis; les Apôtres n'ont point, à 
l'exemple des immortels, déserté leurs sanctuaires, et cette foule éper- 
due qu'autrefois Tépée du vainqueur égorgeait au pied des autels y 
a trouvé un sûr asile (^); ils n'iront pas, comme naguère les dieux des 
nations conquises, prendre place, vaincus et captifs, au panthéon de 
l'ennemi ^^^ 



20 A 

ENVIRONS DE CRAON. 

Godard Faultrier, Revue des Sociétés savantes, i865, t. I, p. i&5. — Deloche 

Remie archéologique, juillet 1889, p. 5. 




Bague d'or trouvée aux environs de Craon, arrondissement de 
Ghâteau-Gonthier (Mayenne). Au centre du chaton est gravé un buste 
de profil qui rappelle ceux des trientes mérovingiens. Gomme l'a 
remarqué M. Deloche, on voit derrière la nuque un appendice sem- 
blable à celui qui, sur les monnaies du même temps, représente l'ex- 
trémité du bandeau royal. 

Autour de l'image se lit le nom du possesseur : AHTOHIHO^ pour 
Antaninus. 



^') De eivitale Dei, 1. 1, chap. i?. TertuU., ÀpoL,\ : «(Deos) captivos» : xxv: 

^*^ Minât. Fel. , Oeiavius , chap. vi : er Nu- ir Simulacra captivorum Deorum n ; S. Ambr. , 

oima victavi; chap. x : ff(Deu8 ludaBorum) EpisL, xvin, S 1 , Vaientiniano : ffCaptarum 

roroanis cum sua 8ibi natione captivus»; simulacra urbium victosque Deos. n 



TROISIÈME LYONNAISE. 29 



20 B 

ANGERS. 

Deloche, Revue archioloffiquey juillet 1889, p. 1. 




Bague d'or trouvée, en 1869, à Angers, place du Ralliement, sur 
le lieu où s'élevait autrefois Téglise collégiale de Saint-Maimbeuf. Des 
deux c^tés de son double chaton, elle présente lès trois globules qui 
caractérisent les anneaux de l'époque mérovingienne. Le chaton supé- 
rieur porte les syllabes MARCO; sur le second est gravé NIVIA. Con- 
trairement à l'opinion de mon savant confrère M. Deloche, j'y vois un 
seul nom divisé par moitié comme ceux de DOMMIA et de C\YNDI5*, qui 
sont coupés de même sur des bagues à double chaton, semblables à 
celle d'Angers^''. Les vocables débutant par Marco sont fréquents sous 
les deux premières races. Celui de Marconivia est formé comme le sont 
les noms de Marcavefa et de Teudonivia que nous trouvons dans Grégoire 
de Tours et dans le testament de saint Rémi ^^\ 



(») 



N" 19 et a A. — ^*^ HUt, Franc., iv, a6; Pardessus, Diplomata, t. I. p. Sa. 



30 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



21 

N4NTES. 

Parenteau, Bidhtin de la SotOté arehMogiqut de Ntmtee, t. X, 1870-1871, 

p. 18 et planche XIII. 



SCIID 

ALisnmo 



Marbre .rose trouvé à Nantes dans les fouilles du sol de laueieu 
couvent du Refuge. 

Hic requiescit bone 
memariœ . . tali$ filia do 

perehs sub 

{die?) 

Les deux syllabes talis terminaient un nom propre, celui de Vitalis 
peut-être , que nous trouvons employé au féminin de même qu au mas- 
culin '^^ 

Ainsi que je l'ai fait remarquer ailleurs, l'indication de la filiation est 
rare dans les inscriptions chrétiennes ^^\ 

A Couëron (Loire-Inférieure, arrondissement de Savenay), dans la 
petite chapelle de Saint-Martin, on a exhumé une tuile timbrée en 
relief du monogramme ^ inscrit dans une couronne. Ce débris est au 
musée de Nantes '*'. 

^*^ Cf. Mai, Scriptontm velerum nova col- ^*^ Parenteau, Catalogue du musée dêpar- 

lectioy tV, p. ^91, n* 10. temental d'archéologie de Nanttê et de la 

^'- ItiMeript. ehrét. de la Gaule , 1 1 , p. 1 aS. Loire^Inf/rieure , s* édition , p. 69. 



TROISIÈME LYONNAISE. 31 



22 
SAUNAY. 

Agrafe mérovingieDne en bronze conservée au musée de Tours. Elle 
a été trouvée à Saunay, commune du canton de Ghâteau-Regnard (dé- 
partement d'Indre-et-Loire) , et porte au revers des caractères où je crois 
reconnaître un nom mérovingien , RÀTO Al^ilii' pour Ratoaldus (^). L'ab- 
sence de rV ne fait pas obstacle à la lecture que je propose, car cette 
lettre manque également, à la même place, dans plusieurs inscriptions; 

c'est ainsi que nous lisons sur nos vieux monuments OMHEBJ APT^, 

AMATX, MEHJ HAHTEl^MIHX, pour omnibus^ aptus, amatm^ nUnus , Nan- 
felminus; je rappelerai de plus qu'on remarque une même suppression 

dans le mot AHHJ, pour la lettre qui s'écbange si fréquemment 
avec rV W. 

Le nom gravé au revers de Fagrafe n'était pas apparent; placé entre 
les oreillettes où se fixait le cuir de la ceinturé, il était nécessairement 
recouvert. Je ne saurais dire s'il désigne le possesseur de l'agrafe ('^; 
peut-être est-ce un de ces noms d'ouvriers qu'on a parfois relevés sur 
les objets similaires (^). 

Je dois à M. Pecard, conservateur du musée archéologique de 
Tours, une empreinte de l'agrafe de Saunay. 

(') CL Fératemaiin, AUeutsches Nama^ ^*^ Ibid., n** 1 7 et 683. 

iiiai^ 1. 1, p. ioo3. ^^^ Voir ci-après, a** 54, rioscriptloQ 

^*) Inscr, ekr. de la Gauk, n*** 17, 476,609. d'une bague. 



32 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



QUATRIÈME LYONNAISE. 



23 
PARIS. 



Au nombre des monuments épigraphiques de Paris, il faut compter 
un anneau légué à la basilique de SaintrGervais par une femme de 
haute naissance nommée Erminethrude. Le testament qui en témoigne 
a été publié par Mabillon(^) et depuis par Marini, qui Tattribue au 
vii^ siècle (^^ Il mentionne, avec les bijoux de la défunte, une croix 
d'or, sa vaisselle de métaux précieux, son char et les bœufs qui le 
tiraient. L'anneau laissé à l'église est désigné par les mots suivants : 

ft Basilicae domni Gervasi anolo aureo nomen meum in se habentem 
scribtum dari prœcipio^. 

La basilique de Saint-Gervais est l'un de nos plus anciens sanctuaires. 
Fortunat la nomme dans la Vie de saint Germain de Paris^^K 



U 




La bague mérovingienne, où est gravé le nom de Gundis a été 
trouvée récemment rue d'Âssas, dans les fondations de la nouvelle 
Clinique. Elle est en or et fait partie de la belle collection de M. le 
baron Pichon. 



^^^ LUurgia Galitcana, p. ^63; De redt- ^*' Papiri diplomatict , p. ity. 

plomatica, suppidmeut, p. lo et 99. ^^^ ÉdilioD Luchi, t. II, p. 69. 



. _ • _» L -«__ 



QUATRIEME LYONNAISE. 



33 



25 

De Longpërîer, Journal ojiciely 98 octobre 1873, p. GSgS; Qmptei rendus de 
f Académie de$ inscriptions y 1873, p. 988; — Mowat, BuUelin ipigraphiqw de la 
Gaule, 1883, p. 5&. 

Le cimetière qui porte le nom de saint Marcel , évèque de Paris au 
lY^ siècle, nous a donné une dalle de pierre portant une épitaphe 
d'époque basse et peut-être chrétienne, d'un vétéran du corps des 
Menapii, troupe auxiliaire que mentionnent à la fois un diplôme mili- 
taire de Tannée 1 2/1 (^' et la Notttia f^' : 



^^ 



â 



(K I TVRiHfA^ 
coioasv^vRSi 

*">N]ANOVlTFlU\/VO 
DENAFirXPIS 
VirxiA/V/VOS -ftK, 



.^ 



Uue note de M. de Longpérier constate que cette dalle recouvrait 
une tombe de beaucoup moins ancienne, enfouie à un mètre de pro- 
fondeur entre les quatre piliers de la vieille tour Saint-Marcel. 

'*' Corput inser^tioimm latinantm, t. III, p. 873. — '*' Orient., c. m; Oeàd., c v. 

5 



UiraUMUS lATtOBAU. 



34 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

La façon de chiffrer qu'on remarque à ]a dernière ligne se relrouve 
sur quelques pierres chrétiennes ('^ Si, malgré la fracture du monu- 
ment, le nombre d'années est complet» Ursinianus a vécu soixante- 
quinze ans. 

Une palme est gravée à droite et au bas de la dalle; la partie 
gauche qui a disparu devait porter de même quelque figure faisant 
pendant. 

L'inscription à^rtmantu est déposée au musée Carnavalet, où Je 
l'ai estampée et dessinée. 



26 

Les fouilles de l'Hôtel-Dieu ont donné le débris d'une petite vasque 
de pierre décorée de godrons et sur le bord de laquelle on lit ce reste 
d'inscription : 




. . .u$ vima m Deo ■ 

D'après la forme des caractères et particulièrement celte du D, cette 
acclamation, de style antique, en faveur du possesseur ou du donateur 
de la vasque me semble appartenir au v* siècle'^'. Ce petit monument 
est déposé au musée Carnavalet. 



''' Hùbaer, /jucr. //m^. eilntt., D*86i '*' Ct. Inier^lioiu ehrétiauut de l» Gaule , 

In*cr,€hrét.dekGaitlt, n"9i9et5o9(pl.). pr^ace, p. tia. 



QUATRIÈME LYONNAISE. 



27 



Parmi les antiquités chrétiennes du sol de Paris, je noterai en pas- 
sant les nombreux sarcophages de plâtre sortis des fouilles de SaJnt- 
Germain-^le8-P^é8 et de Saint-Etïenne-du-Mont, une tombe de pierre 
exhumée dans le ciottre de Saint-Marcel et où 6gure le monogramme 
f accosté de l'A de l'UJ, d'une étoile et d'une croix pattée. En 1883, 
on a trouvé, au parvis Notre-Dame, une lampe d'argile marquée du 
monogramme constaotinien ]^<'}. 



RIGNY-LA-N0NEU8E. 

J'ai copié an musée de Troyes un tombeau , à la tète duquel est 
grossièrement tracée, avec quelques lignes obliques et en zigzag, l'in- 
scription suivante : 




Le cimetière de Rigny-la-Noneuse, oii a été trouvée cette tombe, 
est attribué par ceux qui l'ont fouillé, à l'époque mérovingienne; 
l'aspect de notre monument ne peut que confirmer cette appréciation. 
Au-dessous du nom à'Urtoaa sont gravées les lettres 
A:X: D 



'" De Longpërier, Renu arthtohgi^, 
(^lembre tSyS, p. 190; Amu ït l'art 



ehritieit, novembre 1873, p. 5^9; BuHetm 
i^grafkùpu de h Gaitle, 1889, p. 11 3. 



36 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



Peut-être marquent-elles le jour de la mort. Nous trouvons en effet 
sur un marbre de Lyon, cette indication de date : 



A I D CAl^EHDAJ AV(; 



(1) 



29 

TRANCAULT. 

Camus Chardon, Lettre relative à une médatUe trouvée à Trancault et à une meer^tion 
tumulaire {Ménoirei de la SocUti d^ agriculture ^ eciencee et arti du département de 
VAube, t. VI, n"" &5 [i833],p. i&); — d'Arbois de Jubainville, Répertoire 
archéologique du département de F Aube y p. 87. 

En 1829, un habitant de la commune de Trancault, labourant au 
lieu dit C6te-de-la-Croix-Meurtra, a enlevé avec sa charrue le cou- 
vercle de pierre d'un tombeau où se lisait cette inscription aujourd'hui 
disparue : 




f 



lA/Âf oc l^Ti 



yj\% \ T 



A nnos ^x r//i 



In hoc tum{ut)o req(u)tescit Innocentia vixit annos XX 8(ep?) 

La dernière ligne a pu être terminée par les chiffres XX septem. Ainsi 
que nous ie verrons plus loin, les nombres sont souvent exprimés dans 
les inscriptions par moitié en toutes lettres et pour le reste en chiffres ^^K 



^'> AnlediemIcalendaiAugiutaê.{Inêerip- ^*^ Voir ci-après, n* 316 (Vichy, Pre- 

tioHi ehrétiennei de la Gaule, 1. 1, p. 81.) mière Aquitaine). 



QUATRIÈME LYONNAISE. 37 

Les noms Jnmcenlia, Imwcentûts se reiicoiitreiil friîquemment sur les 

marbres chrétiens. lis étaient de ceux que l'on prenait au baptême '''. 
On avait trouvé à Trancauit, dès l'an lySo, à une profondeur de 

deux pieds, des tombes de pierre contenant des squelettes qui se 

brisèrent en poudre dès qu'où les mit au jour. 



30 



Grosley, ËphânériiUs Iroyennei pour l'année iySj, p, li"] ; — Recueil dei anlir/tiiléi et 
pik:et relativei à rhiiloire de Champagne , Jonné par Michel Tremel, prêtre et chanoine 
de tégVae de Troyeâ, t. I, p. 170 (manuscrit appnrlenanl à M. l'abbiS Coflinel); 
— l'abbé CofEact, Saint Lupien et le tombeau île ce martyr, p. aâ. 

Je mentionne, pour ne rien négliger de ce qui peut avoir appar- 
tenu h l'époque mérovingienne, une épilaplie aujourd'hui perdue et 
dont il ne reste qu'une copie à peu près satisfaisante. 

Le premier qui l'ait signaiée est Grosley qui en parle comme il suit 
dans ses Êpkémérides Iroyennes de l'année 1767 .' 

nDans le jardin formant à gauche l'encognure de la Ruelle qui, du 
Mail, conduit au puits de Sainte-Julie, des maçons jetant, en 1763, 
les fondements d'un pan de mur, rencontrèrent, à la profondeur de 
cinq pieds , un bloc de pierre sur ieqnei ils allaient établir leur fonda- 
tion. Un passant les ayant excités à sonder ce prétendu bloc, il se 
trouva creux : l'espérance de la découverte d'un trésor piqua leur 
curiosité; ils étendirent la fouille et trouvèrent un cercueil de pierre 
couvert d'une pierre plate. Cette pierre enlevée, ils virent les osse- 
ments encore entiers de deux corps, l'un plus grand que l'autre. 

itLe cercueil de trois pieds de large sur deux pieds de profondeur 
étoit formé de deux anciens cercueils coupés en travers par le milieu : 



''' "Derivato piilre vocabulo Quiritius 
Dppeltibalur; nntnitie anleni proprio ([tioil 




in bapliami j^rntia ncc«perat, Innocentius 
di::ebatiir(8olianJ.,t. U.aprii. p. ^83). 



J.U 



38 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

l'un de très belle pierre de Tonnerre, que nos maçons appellent du 
Franc-Banc, Tautre d'une pierre' commune de Bourguignons. 

(T La tète des deux cadavres, posés dans la direction du Couchant au 
Levant, reposoitsur une pierre dun pied et demi en carré, portant 
cette inscription en caractères aussi grossiers que mal allignés. 



cr Cette inscription indiquant suffisamment un tombeau chrétien, les 
ossements furent, de Tavis du passant, portés au charnier de la paroisse 
Saint-Martin, malgré le scrupule d'une dévote qui soupçonnoit du 
jansénisme dans TafTaire. 

crUne des faces extérieures de la partie du cercueil en pierre de 
Tonnerre étoit chargée d'une figure de Yascia gauloise de la plus 
grande proportion , c'est-à-dire de dix pouces de hauteur dans le manche 
et de neuf pouces dans le fer dont la tête débordoit le manche. Cette 
ascta n'étoit accompagnée d'aucune inscription ni vestige d'inscription. 

crSur les instances du' passant, cette partie du cercueil a été en- 
castrée par les maçons, ainsi que l'inscription chrétienne, dans le pan 
de mur élevé sur le lieu oii ils ont été trouvés. 

(f Par la grossièreté des caractères, par l'irrégularité de leur posi- 
tion, l'inscription ressemble à beaucoup d'inscriptions funéraires en- 
castrées dans les murs du parvis de Sainte-Agnès à Rome et que l'on 
donne pour des monuments des premiers siècles du christianisme. 
Mais le monogramme qu'elle porte semble la renvoyer au viu^ ou au 
11^ siècle, dont tes monuments indiquent le goût général qui regnoit 
alors en France pour cette façon d'écrire. 

(T La partie de l'ancien cercueil qui porte Yascia est l'unique monu- 
ment en ce genre que nous ayons à Troyes. -n 

C'est à dessein que je n'ai pas inséré dans la note qui précède la 
transcription donnée par Grosley de l'inscription troyenne; contraint 
de la reproduire par les seuls moyens typographiques et sans le secours 
de la gravure, l'auteur l'a entièrement défigurée. Il vaut donc mieux 
suivre un fac-similé relevé sur place en 1778, et qui se trouve dans 



QUATRll'îMF, LYONNAISE. 39 

le Recueil des antiquités et pièces relatives à l'histoire de Clujmpagrw, formé 
par Michel Tremet, prèlre et chanoine du trésor de l'église de Troyes : 



-t 



fjt 



Ainsi que j'ai eu l'hoiiiieur de l'écrire au regretté cliauoinc Cofïiuet, 
qui avait bien voulu me consulter en me signalant ce manuscrit, il me 
semble s'agir ici d'une épitaphe mérovingienne portant, selon toute 
apparence, un nom germanique, bien connu d'ailleurs, celui de Ma- 
dala '''. Au-dessous est gravé le monogramme cruciforme dont le rho 
affecte, ainsi que nous le voyons en Gaule, dès la ûu du iv^ siècle, la 
forme de l'R latin'-'. Ce signe est accosté de l'A et de l'LU intervertis 
comme sur plusieurs autres marbres chrétiens '''. Le renversement i[ui 
donne à l'UJ l'apparence d'un M se retrouve dans plusieurs inscriptions 
de notre paysW. 

Le fait d'une double sépulture dans une tombe dont l'épitaphe ne 
porte qu'un seul nom pourrait nous étonner, si l'on n'avait déjà signalé 
dans les catacombes romains un loculus contenant deux corps, bien 
que son inscription ne signale qu'un mort'"'. 

Nous avons déjà vu ailleurs des épitaphes placées comme ici, sous 
la tête des défunts'*'. 

L'ensevelissement de deux corps dans un tombeau formé de deux 



''' Fnrslemann, AlldeuUcket Namenbuch, 
t. I, col. 990. r|9i : Madala et Madalo. 

'"' Les lartophages ehrètient de la Gaule, 
p. lij. Ed Espagne, je trouve ce mono- 
avec la date précise de i8(j sur 
une inscription publiée par M. de Lauri&re 
(^BiiUeiin de la Société de» anliquairei de 
France, 1881. p. io5). 



"' Boldctti, Ouereatior» topra t ctmiUrî 
dilioma, p. 38; Perret, Cataeombai, t. V, 
p]. VII, n"i i; Inter.chr.de la Gaule, n'707. 

'*' Imcriplionn ehrétieiinet de la Gaule, 
a"' 337 A et 5()3. 

''' Marchi , Monumenti délie arti erUtiane , 
p. ta3. 

'"' Inxer. ehrét. de la Gaule, l. I. p. Iino. 



^^ 



40 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

moitiés de cuves funéraires sommairement rapprochées est un fait à 
noter pour l'histoire de la sépulture chrétienne aux temps barbares. 
Gomme ie montre Yascia gravée sur Tun de ces fragments, cest un 
sarcophage païen que Ton a pris pour y placer de nouveaux cadavres. 
Cette particularité se remarque fréquemment en France, aussi bien 
qu'en Italie, pour les riches tombeaux de marbre sculpté dont nous 
possédons un si grand nombre f^'. 



31 

POi^YCHROHi viva; tvi; 

Cette acclamation, tracée en cercle autour de la marque P II, se 
détache en lettres d'argent sur la face supérieure d'un poids de bronze 
trouvé dans le bassin du canal à Troyes , à côté du palais des comtes 
de Champagne. Ce petit monument, conservé au musée de la ville, 
où je l'ai dessiné, est de basse époque et peut avoir appartenu à un 
fidèle, car les légendes de cette sorte (^vivas tu%$, vivas cum luis) se ren- 
contrent fréquemment au temps des empereurs chrétiens. Il est tou- 
tefois impossible de rien affirmer à ce sujet; j'en serais au besoin 
détourné par l'inscription CRi;PIHIAHE VIVA; CYM OMHIBY; TYi; 
qui se lit sur une tuile trouvée en i885 à Rome, dans un sanctuaire 
mithriaque, près de la via dello Statuto^^K 



32 
6ÉMI6NY. 

Léon Dumuys, Mànoire iur un moule mérovingien; — Julien Durand, Let sept anges. 

Un objet fort intéressant et jusqu'à ce moment unique a été décou- 
vert en janvier 1 884 , près de Gémigny (Loiret) et donné par M. Fran- 

^^^ Les sarcophages chrétiens de la GauU, ^*^ Comptes rendus de V Académie des in- 

préface, S i. scriplions, i885, p. \hà. 



QtJATBIÈHE LYONNAISE. 41 

çou Philippe au masée historique de l'Oriéanais. C'est un fragment 
de pierre calcaire plane d'nn c6té, légèrement convexe de l'autre, et 
mesurant o m. 1 66 de diamètre. Cette forme et la présence d'inscrip- 
tions tracées à rehburs tendent à établir que l'objet a dû servir de 
jnoule pour couler des patènes. 

Un médaillon central gravé en creux était entouré d'autres plus 
petits et qui, d'après leur module^ devaient, si rien n'en interrompait 
la série, être au nombre de huit. 

Là sans doute, comme sur des coupes de verre à âgures dorées 
qu'a publiées le R. P. Garrucci <'', le cadre du milieu offrait le buste 
tenant le volumm de la loi nouvelle et foîsant, ainsi qu'on le Voit 
si souvent ailleurs, le geste du discours. Cette image est accostée de 
deux croix pattées, et les lettres ATOK qui se lisent près de la tête 
paraissent être la fin du mot Salvatar. 




Dans les médaillons incomplets qui occupent la circonférence sont 
es anges ailés représentés en buste. Les noms de trois d'entre eux se 



, Uv. «87. 



à% INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

lUent facilement : AKI£i^« ^C^VE^, iK)hikIX,i il rwte seulement d tto 
quatrième nom les kttres i)âA. G^nx que donnent le9 listes couramment 
connues ne permettent pas éa le compléter. M. Moïse Schwab , que j*ai 
consulté à «e sujet, pense qu fl peut a agir ki d*Hudrael (ou Hasdriel) , 
cité comme l'un des anges préposés à la garde des portes du sud du 
Ciel (»). 

La note que M. Dumuys a consacrée à la pierre de Gémigny rappelle 
fort à propos un texte de Jean Diacre constatant qu au ix^ siècle , saint 
Athanase, évèque de Naples, donna à Téglise de Saint- Janvier une 
grande patène d argent où figuraient Timage du Christ et celles des 
anges : Fecit magnam patmuun êx argmto, sculptens m ea mdtmn Salvatoris 
et Angelorum ^K 

Le savant archéologue regarde notre moule comme plus ancien» et 
c'est avec raison, me parait-il, quil le fait remonter au vu® siècle. Le 
style des figures et celui des lettres concourent à confirmer ce senti- 
ment; j'en dirai autant du grossier ornement, feuille ou fleur pyrami- 
dale, placé sur le ctrcle de la bordure, au bas des médaillons, et que 
nous retrouvoQi 4tns les bas-reliefs des sarcophages mérovingiens de 
Valbone f'\ de Ffoure (*' et de Maguelone W. 



^^^ Livre de Raziel^i*A4am, édition de 
Vilna, 1877, ûi^^'f p» ^91. Nous retroa- 
verons plus loin (o* i5&) C68 noms et ces 
Ggures d'anges invoqua et vënërés par nos 
pères. 

^*) Vita S. Athanê$U epiêcopi tfn^liUmi , 
S 3, dans Muratori, ilemm Ualiearum icrip- 
tores, t. Il, 9* paHii, p» io&9. 



^'^ L$i êarcùpkage$ ekritieni de la Gode, 

pi.xxvin,fig. t. 

<*^ Congrhs mthMog. de France, 35* ses- 
sion, tenue en 1868, p. i65. 

^^^ Lithographie d*un sarcophage à sim- 
plet ornements, exëcutëe par les soins de 
M. Fabrège pour un livre qu'il prépare sur 
les antiquités de Maguelone. 



OUATRIÈirE LYONflfAISE. H 

33 
ADXËRRE. 

Dans son ouvrage sur les miracles de saint Germain d'Auxerre, le 
moine Héric mentionne par deux fois une très ancienne inscription 
gravée , conune on disait alors , (c sur marbre de Paros n et maintenant 
disparue. Voici ce qu'il ëcrit au sujet de cette épitaphe consacrée à 
saint Loup , évèque de Troyes,. et qui se voyait à Auxerre dans la crypte 
de la basilique de iSainl-Cermain : (c Ipsa tempestate cum prœfata Au- 
gusta (Ghrotechildi) sanctus Lupus episcopus venit de superioribus 
Burgundiae partibus; quippe*, n)ofn ïnuiito post ad XYI kal. julii die 
functus suprême , ex Begiû^ placâto ûâ éodiefA^ ecdesia decenter ac reli- 
giose compositus requiéscît, ()M)d|iarrioi ^ienes nio» impressum marmore 
cuique légère cupienti scriptura proditaÉtiquior^. « Lupus episcopus, 
ditr-il ailleurs, ut in antiquissimo mmmore animadversum est, cum 
Ghrotecbilde venerabili iliuc devenit, quo tempore B. Germani aedifî- 
cabat basilicam, et suo praeventus fine, ibidem sepultus est(^).^ 

^'^ Miracula S. Germani AutUsiodaretuis Cf. Dom Poomiep, Description de* eaintee 
epieeopi, 1. 1, c. iy, S aS ; 1. II, c. m, J^ i aa grottes de Vaneienne abbaye deSamt-Germam- 
(BôRtuid., t. Ttf de jtullet; (): a^^'et tr^o)! ^Utixerre,éd:deM.Qatfntiii,i^â6,p.$9. 



6. 



M INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



PREMIÈRE BELGIQUE. 



U 

TRÊVES. 

Fëlix Hettner, Berida iber die in Regiermgibetirk Triir m dm Jakrm tSjg mut 
t88o avfg^undmm AUerthSmer {JahrbSdur det Vereini wn AUertkim$Jr«mden m 
WuinUmd», fasc. lxix, p. 99). 

HIC . glyie; * ciT m pac 

E.ABBO.Q.YI YIX;iTAH 
HO^XXXni.fRATER.PROP 
TER.CARITATE.TE 
TVI^V . fECIT 

Ëpitaphe gravée sur un marbre blanc et découverte au faubourg de 
Saint-Matthias. On trouve ailleurs, comme dans le mot initial de ce petit 
texte , TH affectant la forme de TH^^). L'expression fro cariuuey donnée 
ici avec une variante , se rencontre souvent dans les inscriptions de 
Trêves (*'. 11 en est de même des mots titulutn fecit ou posuit^^K 

Je ne possède pas de dessin de ce marbre. 

'^^ Inêcription* chrétiennes de la Gaule, ^*^ /Mi., n**933, 370, 980, sSg, qqS. 

n' 45a : reêwreCJWiS IN CNRIHO. ^*^ Voir ci-contre, n« 35. 



PREMIÈRE BELGIQUE. 



àh 



35 

F. X. Kraus, Jakrbieher des Verems von AberAum^, im Rheùd. fasc. lxyih, p. &o. 



yiESCTTlN?Af fgA6B0<^VI 



\EKQNTlV6TK£B\^NVg 



-^^^•iJSïTo LVrfoCv^lT 




(Hic q)uie8c%t in pace Babbo qui (yixi)t annus VII et me VII et dies . . . 
{(jjerofUius trebunus (JUio?) suo ietolum posuit. 

Marbre provenant du cimetière de Saint-Paulin. 

Par sa formule finale, de même que par son ornementation, Tin- 
scription de Babbo présente les caractères particuliers à Tépigraphie 
trévisoise. La mention litulutn posuit s*y représente sans fin^^); l'arcade 
reposant sur deux colonnes se retrouve au bas de i'épitaphe de 
Sarracina que j'ai autrefois publiée <^'. L'absence presque absolue de 
dates sur les marbres chrétiens de Trêves et l'intérêt que présentent 
les indications chronologiques m'engagent à noter que la même arcade 
est figurée au revers des monnaies de Constantin le Grand et de Julien 
l'Apostat W. Une palme, une croix pattée et peut-être une étoile ac- 
compagnent ici cette image. A en juger par le vide étroit que présente 
le début de la troisième ligne, l'abréviation f\ de Flavius employé 
comme prénom devait précéder le nom de Gerontius, comme il pré- 
cède ailleurs celui de Gabso, qualifié de même tribunu8^^\ 



^') Imcripdoni chrétiennes de la Gaule, 
t I, Q** 39^, â3o, 93], sSq, etc. Voir, 
pour la localisation des formules ëpigra- 
phiqaes, t. II, n*' 667 et 601. 

w /Wi.,pl.XXIX,fig. 180. 

^*^ Frôhner, Le» médailions de Vempke 
ronuùn, p. 978 et Sai. 

'*) Inser. ekrk. de la Gaule, n* 989. Voir, 



pour la maltîplication de ce prénom parmi 
les personnes de haat rang, Ibid., t I, 
p. 3 60, 36 1; Maratori, AnnaU d'Italia^ 
a* &57; Candani, Legu Barhar., t. IV, 
p. 6& ; Cmcil. Toht. , XII et XV : Flavius Ervi- 
gius Rex, Flavius Egica; Suriiis, 95 nov. De 
S. Cohtmbano, c xnr «r . . . cnm conjuge Fia- 
via et nomine et génère et pmdentîa nobiK ^. 



46 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

36 

i 

F. X. Kraus, JahrbSeher des Venim von AHetihumsJr. im Rkeml^ fasc. lxi, p. 87. 

EniGAHY; IH PACE iMl^lS 

Cette épitaphe a été trouvée en 1877 dans le cimetière de Saint- 
Matthias. Au bas sont gravés le monogramme du Christ et deux co- 
lombes. Le moi fideliB indique que le défunt avait reçu le baptême ('^ 

Je ne possède pas de dessin de ce maii>re et des deux suivants. 



37 

Fëlix Hettner, Bericht ûber die m Regierungsbezirk Trier in den Jahren iS'jg uni 1880 
anfy^ndenen Alkrthimer [Jahrhikher^ etc.y fasc. lxix, p. a a). 

PACE (;av 

...... JT AM-J^V 

Vît TTTY 



Hic repùetctt? m FACE C^dentius^ (^i vùcU k&mos l^ 

FFBgareirt de nratère Mànr ^ourert au faaBoing Saint-Matthms. 

(" La<ftit rénilte, entre autres preaves, L V, pi. XT, n* 9. Gonf. Narini, ArvaU, 
de L'^itaphe aaivante (PantrCafooMniM* p. tSt) : 

rvoREHTiv; fluo m aprohiaho 

nai TUVIiVH BEHfMEREHTI CL • VIXIT 
AHHVM ET bmaS. ilOVE ME; QVIH 

m cvn sta^y uuvn nusn a mjuore pik et vidit 

HVHC MOKTl CQNninTVM Ef^E PETIVIT DE AEC^EtlA- VT flDEU^ 
WL ÎAECVkO llECEf;i;;£T 

Rapprocher de ee monmaeiit le teste de aUigit,ooiiearrilpateradeecleaiamnepKde8 
Grégoire de Toora : ir [Puer] erat uoiciia patri abaque baplisini regenaratiane moriretnr. * 
....eui febrit acoeieit. Utautembicfervor (flatmrBe.S.¥«r<wi, I.II,eiJajii.)Lest08 



PREMIÈRE BELGIQUE. 47 

38 

F. X. KrauS) JakrbSeker des Vereins von Aberthumsjr. im Rhml,^ fasc. lxi, p. 86. 

HARIVÏ^fY/ PROTECTOR 

DOME^iTicv; eh^iy; HAN 

HAVAI^Dl REWi; Q.m\ 
S BYR^YHDIONYM ftYI 
VICXIT ANNOX XX ET MEN 
S\S NOYE ET mS NOYE 
.... REVI(H)l,0 AYYNCYI^Y 
\m\S fECIT 

<r Hariulfus , protecfor domestictu, fils d'Hanhavaidus, de sang royal, 
de la race des Burgondes, lequel a vécu vingt ans et neuf mois et 
neuf jours . . .revi(n)lo, son oncle, a fait ce tombeaux. 

Pierre trouvée dans le cimetière de Saint-Eucher, et dès lors pro- 
bablement chrétienne I bien que rien d'autre part ne le démontre. 

Gomme plusieurs autres épitaphesde la même vUle, celle à'Hariul- 
fus nous garde le nom d'un personnage attaché à la cour impériale. Le 
titre du jeune défunt se retrouve sur nos marbres de la Gaule; nous 
voyons mentionner à Arles et à Trêves même deux protectores dames- 
tici (^' ; un simple protector est nommé dans une inscription mutilée de 
Toulouse W. 

En dehors des textes originaux, on peut consulter, sur ces deux 
ordres de milice, le lexique de Du Gange, la note de M. Kraus et un 
mémoire de M. Jullian ('). 

particulier qae les chrétiens attachaient à ^^' Inseriptùmê ehrétieimet ie la Gauk, 

fiieUs nous montre comment saint AngosliQ n** aSa et 5i i . 

a pa écrire sans pléonasme : tr Pontianns chri* ^^ lUieim , n* 606. 

stianoset jSdeliserat9(C<>fs/S»«., Tin, 65.) ^^ Bull, ipigr. de la Gaule, i88i,ip.i. 



A8 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

On trouvera dans Du Gange des textes mentionnant, comme le 
nôtre, des regales ou princes de race royale. Cette qualification ne 
s'est pas encore rencontrée sur un monument épigraphique. 

L'indication de la filiation est rare dans les inscriptions chrétiennes ('). 



39^40 



Schneider, Die Krypta wn S. Paulin zu Trtfr, Mayence, i883, in-&% et Jahrhûeher 
des Vereins von Alterth, tm Rheinl.f fasc. lxxxyiii, p- 87; — Schaafhausen , Der 
Sarg des heil. PauUnus in Trier {JahrUch.^ fasc. lxxxyii, p. a38); — Kraus, 
Repertorium fur Kun$iwi$Ben9chaJi , t. VIII, fasc. m; — Hettner, Weetdeutêche 
Zeitschr.y III, 1, p. 3o; — De Rossi, BuUeUino ii areheohgia crisUana, i883, 
p. 3i; 1886, p. 16. 

En Tan i&os, un prévôt de Saint-Paulin, Friederich Schavard, 
voulant vérifier l'état des restes du célèbre évêque de Trêves enseveli 
dans cette église, fît enlever les attaches de fer qui fermaient le sarco- 
phage et mit au jour le cercueil même. Il était de bois, d'une forme 
inusitée , exécuté avec soin et muni d'agrafes d'argent portant des figures 
en relief. Des équerres de même métal retenaient des anneaux oh pas- 
saient des chaînes de fer auxquelles il avait été suspendu. Du côté 
de la tète se voyaient des serrures d*argent; sur la poitrine du mort 
était posé un disque où figurait le monogramme ^ inscrit dans une 
couronne ^^\ 

Après constatation du l'état du corps, le sarcophage fut pieusement 
refermé'^). Jusqu'au commencement de i883, il demeura clos et une 
double notice du savant docteur Fr. Schneider nous fait connaître les 
résultats des investigations nouvelles auxquelles il fut alors procédé. 

^*) ImeriptiùHi ehriliennes de la Gauh, Cet objet faisait partie de la collection de 

préface, p. vnt. M. Augier, oooservatear du Musée des an- 

(*' Le raonopramme }{[ découpe dans ûques à Marseille, 

une feuille de bronze et haut de 16 eenti- ^*' Browenis, Annakê Trevirentee, t II, 

mètres a été, ni*a-t-on dit, trouvé dans p. 960, aono i&oa, S 3; BoUaud., t. VI 

UD tombeau de Trinquetaiile, près d* Arles. d*aoùt, p. 676. 



•:. I 



PREMli^.RE BELGIQUE. à*J 

Le cercueil de bois de cyprès contenu dans la tombe de pierre 
porte, sur son couvercle, une petite plaque d'argent haute de ia5 nûl- 
Hmètrea, large de 6 centimètres, sous laquelle se trouvait une feuille 
de plomb doré, de même grandeur, fixée avec des clous de bronae. 
Dans sa partie supérieure, qui est de forme arrondie, a été découpé 
à jour le monogramme constantinien % accosté de l'A et de l'Ul. Deux 
cartouches gravés au-dessous otTrenl des traces de lettres qu'il serait 
hasardeux de vouloir eipliquer. Fortement oxydée, la face de cette 
plaque porte l'empreinte d'un tissu ([ui avait enveloppé le cercueil. 
D'autres appliques de métal, enlevées sans doute en 1602, étaient 
fixées sur ce dernier, car on retrouve, vers le bas de son couvercle, 
des traces de clous marquant la place d'un disque où se lisait peut- 
être une inscription et qui mesurait i3 centimètres. 

Nous possédons probablement l'entrée d'une des serrures doDt parle 
Schavard; on peut la reconnaître dans une plaque d'argent de 8 cen- 
timètres sur 6 , percée de deux entailles en forme de carré long , l'une 





7"""^ -T^ ï^Hi?" 






^^B 


1^ 


Rj 


^^ffi 


Ml 


^ÊÀ 


bSi^^çJ- 


'^V^% 




^ei^^Si) 


B^^Ê 


_;=_- — ^- 


- ■.■jjji.Ut^^.-»,^ 


-'■''■"fii'''-iiTr 


i^^S 


^^Ê 



de 19, l'autre de f^ millimètres; six clous fixaient cette plaque sur 
le baut du couvercle. Elle est ornée de reliefs représentant des sujets 
semblables à ceux qui décorent les sarcophages du w' et du v* siècle: 



id 



MSCUfTMVf 

• #AAm et Âe iméi fv k Hipeat , et 4r Ik i^atm 

thijrfihJ»failHi ■ ill^f^MeA< 

JtiilMl'l II HIIIIML^.fal I <fcW> ftM< fè» hw d 



.|Mik«maerwcnfbMHtt1HUfflHAHfyfl...iT^i« lit 
•«r Asai fips. A cMé 4a nfirf ii|iiriiifcil A^a et Brl le ^j 
iaoMi^ ^tm ■'• pa caeite dbêrcfcél < 
VflKAT; r<ifM» «îde npfMe m cftt robtewc 4e teK kOis et I 

met •■««•« reaeoMire •oavoA Jaaftia SÊrmÊÊt» tatAmÊ/iÊm^. 




Soua cet ornemeat était attachée, avec des cloos (for Bo, une ron- 
delle de même métal, groseièremeot travaillée, et portant le mooo- 

" De» rcptKMiéa rejn^oUat ëffalenuxil '' Lamptid.. Aleraitd.Sa.. e. i; Boo- 

âtM nijetf dirétMM ont d^k ét^ «gnaUs namoti. Vati miicki di ettro, p. 9ai 

dam la m&m r^^ioo (Brauo. Jnkrltii^er à aaS; £«« ^cM (^ martjn, Si^plémtHl 

dâ» Vgrtimton Alitrlkuau/reuucUHimlthern- hkt .4efa lùtctrn de Ruinarl, S li et A6. 

£)ni<, t. XKI. pi. V et VI}. La rormide parallèle IJItA éUil, comme od 

"' /,«« narci^hage* ckr^tieiu de la GaaU, le sait, d'an uMge 1res ^^ijneot cfaet les 
p. &7. 49 , iiil. I9&. 195, rie. 



PREMIERE BELGIQUE. 51 

gramme Îk- Son diamètre est de 67 millimètres; à la gauche, un 
disque d'argent de mauvaise extîcution qui mesure li centimètres; 
le même monogramme figure au centre, entouré d'une inscription 
portant, en lettres tracées au pointillé, le nom de la donatrice, 
Eleutkera. 

On a vu plus haut que le cercueil de bois était, suivant une cou- 
tume des temps antiques, enveloppé de tissus précieux'''. Ces étoffes 
ne présentent que de simples ornements géométriques. M. Schneider, 
qui en publie des reproductions, estime qu'elles sont antérieures aux 
âges byzantins et remontent au iv* siècle ainsi que la tombe même. 
Le style des reliefs de métal qui la décorent n'a rien que de conforme 
à cette appréciation. 

En ce qui touche la plaque oii figure la résurrection de Lazare, 
je ferai remarquer que l'arcade portée sur deux colonnes sous laquelle 
le mort est debout et qui remplace ici, par exception, l'aedicule tra- 
ditionnelle, se retrouve sur les monnaies de Constantin et de Julien 
l'Apostat 1^'. 

Si rhumbïe éplthète qui accompagne le nom à'Eleïitbera sur la plaque 
que je viens de reproduire se renconlre souvent à une très basse époque , 
ce n'est pas à dire que les anciens ne l'aient pas employée. Familière à' 
saint Paulin de Noie, dans un temps voisin de celui de son homo- 
nyme de Trêves t^i, elle se trouve, dès le début du 111" siècle, à la fin 
d'un traité de Tertuliien : «Tantura oro ut, cum petilis, etiam Ter- 
tullianî peccatoria memineritis'*U. 

11 semblerait superflu sans doute de rappeler, à propos de la plaque 
A'Elcuihera et des autres objets de métal précieux offerts de même à la 
tombe du saint, les testes et les monuments qui témoignent de cet 
usage. 



'" Voir, pour te> restes des tainlB enve- 
loppés aiasi: Msrcbi, Monumenlx délie arli 
erittianeprmitii'e,f.'iQ6iPa*sioS.Bonifatu, 
Si5(Rtiiiiarl,^et(i«in«rn,p, 99o);IIieron., 
A4v.. Vigil. 0pp. l. V, pars ti, p. «78, etc. 



'" Frohner, Lh métluillùiix de l'vmpirt 
romain, p. 378 et Sai. 

''* Hpiit. XLIII, ad Desidâi-ium, Pau- 
linuB el TlicrBsia peccalores. 

''' De bapliamo, S ao. 



Jk 



À 



52 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Je ne noterai donc ici qu'un renvoi tout sommaire à la section 
spéciale des inscriptions chrétiennes réunies par Marini sous le titre 
de Donaria W. 



41 

Kraus, Jahrbûcher des Vereim von AUerthimsfreunden im AAftn/aïuie , fasc. Lxnn, p. 5i 




Fragment de marbre blanc trouvé en 1878, en exécutant à Sainl- 
Paulin des travaux de réparations. Il porte le commencement d'un 
nom propre et probablement celui des mots pater posuit. En tète de 
i'épitaphe, une colombe était gravée. 



42 

Félix Hettner, Bericht ûber die im Regierungsbezirk Trier in den Jahren iSjg und 1880 
atffgefundenen Alterthûmer {Jahrbiichery etc. , 1880, fasc. LXix, p. sa). 

HIC quiesctt in pace 

DEHTIA quœ vixit annos 

xxvii ;ic 

y YI TITtt/um po 

S^eruni 

Marbre blanc trouvé dans le faubourg de Saint-Matthias. Gomme 
nous lavons déjà vu sur d'autres inscriptions de Trêves, un arbre 
figure ici au bas de la légende (^^ Suivant l'explication des Pères, il 

^') Visx^Scriptorumveterumnovacollectio, pi. XXVIII, n* lyS; pi. XXIX. n** 178, 
t. V, pars I,c. u. 180; pi. XXXI, n* 190; pi. XXXII, ii*fioo; 

^*' Inscriptions chrétiennes de la Gaule, pi. XXXIII, d* aoa. 



PREMIÈRE BELGIQUE. 53 

symbolise ia résurrection par la renaissance de son feuillage '''. l^us 
bas est gravée une colombe. Je ne possède pas de dessin de ce débns. 



43 

Wilmowsky, ArchâobgUche Fwtden in Trier and Vmgegend, p. &0-&3; — Aus'm 

yfeerthfJahrbùeherdeiVereitumnAlttrthmufr.im fîACTnl.,fa8C. Li[x,p).JVI,p. 53; 

' — Gsrrucci, Storia delV mit criitima, tav. &63 et t. VI, p. 99; — Mowat, 

Exemj^ Ae graoare anApte wr verre, p. 18 (fîetnieaivA^ait^i^, novembre 1889). 




Dans un faubourg de Trêves, à Pallien, on a trouvé une gi-ande 
coupe de verre du V siècle, décorée de gravures représentant sous 



'" Theophfl., Ad Autofye., 1. I, c. im; 
Tertnll. , De retumetioite eani» , c. xn ; PaaI. 
Nol.. Pom., XXXIV, V. s36; S. Gyrillas, 



Caleeh., XVIll, 6, Àlition de 1710, 
p. 187; Gregfor. TaroD., Hittor. Frtmc., 
I. X, c. xni. 



5i INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

une forme nouvelle la scène du sacrifice d'Abraham. Debout, près 
d'isaac, garrotté et vêtu, comme lui, de la seule chlamyde, le patriarche 
tire son glaive. Â sa droite est le bélier; entre lui et son fils, un autel, 
élégamment taillé et surmonté d'une œdicule, est substitué à celui 
qu'Abraham avait formé sur la montagne, à la hâte et sans doute de 
pierres brutes (^). Au-dessus apparaît le bras de l'ange venu du Ciel. 
Il est rare de voir représenter, comme ici, sous les traits d'un adulte, 
Isaac, qui, d'après Josèphe, était alors âgé de vingt-cinq ans(^). Une 
légende qui entoure le sujet porte l'acclamation VIYAf IH DEÛ suivi 
d'un Z représentant le mot ZEZE^, si fréquemment inscrit sur les 
coupes <''. 



Trois épitaphes de Trêves, que je n'avais pu retrouver lors de la pu- 
blication de mon premier recueil, existaient à Metz, chez M. Daubrée, 
membre de l'Académie des sciences. Elles viennent d^ètre données 
par lui au musée du Louvre. Ce sont celles d'Auspmus, de Lupantia 
et de Martxola^'^\ Sur le dernier de ces marbres, le nom du père de la 
défunte doit être lu Treverim. 



D'autres pierres chrétiennes de même provenance sont également 
sorties du pays(^); quelques inscriptions ont été portées à Manheim'^). 
Les deux suivantes, que je croyais perdues, existent au musée de 

<') ÉtudM sur les sarcophages d'Arles, zsses, (Voir ci-après, p. 70, n* A8 A.) 
introdaction, p. a. ^^^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 

<*) Amiqmiésjudâiqnes, I, un. n** s8i, 970, 976. 

^^^ CL Garracci. Vetri omati di figure <*> Les sarcophagee chrétiens de la Gauk, 

m aro, tav. XI V, n* 8 : WkS CYM p. 11. 

TW fEUCITER llSlSi tav. XXX, n* 6: <*) Ineer. chrét. de la Gaule, a* 999; 

IH m WIS; tav. XXXUI : P.Z* abré- Bedier.Ànnakndes VereùufirNaeemiisehe 

viatioD de racclamation â fréquente Pie Allertkumdcunde, t. Vil, p. 55. 



56 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



ai 

DENEDVBE. 

L'abM Tfaédenat, BulUtm Je la Sociéti iu oNlïjuaïrw dt Franet, 




Ariuia V 



<he trouvée, en i883, à Deneuvre (Meurthe-et-Moselle), à 
70 centimètres de profondeur, dans des fouilles opérées par M. Payard , 
directeur des cristalleries de Baccarat, correspondant de la Société des 
Antiquaires de France. Un curieux bas-relief où figurent deux scieurs 
de long, un vase portant l'inscription bien connue KEPl^E COPO, une 
lampe d'argile marquée au nom du fabricant, diverses statuettes de 
terre cuite représentant Minerve, puis, dans les restes d'une maison 
incendiée, deux autels, des monaaies au nom de Dèce et de ses 
successeurs jusqu'à Arcadius, les débris d'une habitation incendiée, 
tels sont les principaux objets exhumés par M. Payard. 

La pierre funéraire à'Artuïa est Tune des plus barbares que j'aie 
rencontrées. La chrétienne y est grossièrement représentée debout, 
les bras levés, dans l'attitude de la prière; la pointe qui surmonte 
la tête figure sans doute l'attache d'un voile, la femme ne devant pas 
prier tète nue. Fréquentes sur les sarcophages, ces images d'arantes 
sont rarement Jointes aux inscriptions. La lettre V qui suit le nom 



PREMIÈRE BELGIQUE. 57 

propre et qui, isolée de la sorte, représenterait, sur un marbre païen, 
le mot viva^ me parait pouvoir être ici l'abréviation de virgo. 

Nous avons déjà vu dans ce recueil et nous retrouverons plus loin 
des épitaphes où la tombe est désignée comme ici , par l'expression 
memoria ^^K 

Je dois à l'obligeance de M. Payard l'estampage que j'ai reproduit. 

<'î N- a5 et 946. 



8 

t«rai«taiB batioialc. 



58 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



SECONDE BELGIQUE. 



âd A 

BOULOGNE-SUR-MER. 

Vaillant, Eptgraphie de la Moriniey p. aïo. 

Sous les murs de Boulogne et près du lieu où était autrefois l'église 
de Saint-Martin, s'étendait une antique nécropole appelée le Vieil Atre. 
Ses sépultures, qui remontent aux premières années du Haut-Empire, 
ne dépassent pas, dit M. Vaillant, la première moitié du v^ siècle. Des 
tombes contenant des poteries, des armes, des agrafes de bronze, des 
bracelets, des vases de verre y ont été trouvées, et parmi ces derniers 
objets figure un bol de verre blanc mesurant en diamètre 19a milli- 
mètres. 

Sur la partie convexe de cette coupe qui appartient au v* siècle, 
est gravée par une main barbare la scène du sacrifice d'Abraham. On 
y voit le patriarche vêtu de la tunique exomide, comme sur tant d'au- 
tres monuments, et tenant le couteau. A ses pieds, le bélier; devant lui, 
l'autel où brûle une flamme, et Isaac debout, entièrement nu, les mains 
liées derrière le dos. Au-dessus, un groupe de nuées d'où sort un bras, 
celui de Dieu ou de l'Ange qui appela Abraham prêt à sacrifier son 
fils. Autour du sujet, on lit l'inscription YIYA^ IN ETERNO suivie d'un 
Z, sigle bien connu du mot Zeses souvent inscrit sur les vases de verre 
païens et chrétiens; c'est, comme on le sait, la transcription de lettres 
latines de l'acclamation grecque Zv(tous^^\ équivalent du mot VlVAi* 
lui-même si répandu. On voit, dans le registre inférieur, le mono- 
gramme du Christ entouré d'astres. 

t») Cf. ir /i.3 et 43 A. 



SECONDE BELGIQUE. 59 

Quelques remarques peuvent s'ajouter à celles dont ce verre a déjà 

été l'objet. La représentation du Ciel où se détache le monogramme 




du Christ et qu'illuminent à la fois le Soleil, la Lune et les étoiles, est 
conforme à la tradition artistique des anciens. Nous la retrouvons dans 
une peinture du Virgile du Vatican au-dessus des dieux de l'Olympe'''; 
sur une lampe antique bien connue'^', sur une de nos agrafes mérovin- 
giennes'') et sur un sarcophage chrétien de Manosque'*). C'est sans 
doute dans ces vieux tableaux qu'il faut chercher les prototypes du 
Soleil et de la Lune joints si souvent par l'art du moyen âge à la 
représentation du Christ en croix. 

Comme le reste de l'image tracée sur ta coupe de Boulogne, cette 



''' Virgilii piclara antiqua tx codicibu» 
ValiamU, éd. Mai, fl.LWl. 
"* Bdlori, lAKtnu, parte III, n' ag. 



pi. L. D 



' Ci-après, n* 5i. 

I Lu tatvophagu ekrétiiiu de la Gaule, 



60 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

dernière partie est semée de tètes de flèches descendant de la nuée. Le 
graveur aurait-il voulu rendre ainsi les rayons d'une apparition divine 
qui, dans la pensée des anciens, païens, juifs ou disciples du Christ, 
était toujours éclatante de lumière W? Cest là, je me hâte de le dire, 
une supposition que je ne puis appuyer d aucune référence directe. 

Je me trouverai sur un terrain plus solide pour parler de la formule 
VlVAy IN AETERNO gravée sur la coupe de Boulogne. Les marbres où 
se rencontrent ces mots ou leurs équivalents sont tous et sans excep- 
tion funéraires; cest ainsi que nous lisons aux catacombes de Rome : 

DIOKORE VIBE IN AETERNO ^'^ 
Cx.lY^AACxRIPPlNA 

;iMPMCi DYi,ci; in aeternym (') 

in paCE REClYe8CtYA; IN ETERNO ^'^ 

et dans des épitaphes de notre pays : 

CIYAUBET IN RECxIONE POU ^ITY; AYT PARIDKI 
CIGARE ;VB AETERNA PACE BEATY; AC^I; ^'^ 

IN ETNYM PAX 
TECuM '') 

Il est donc peu probable que cette acdamation ait été s'adressée à 
un vivant , et Ton peut se demander si notre coupe n'aurait pas dès lors 
été gravée pour être déposée auprès du défunt, si certains objets de 
même nature trouvés ainsi dans les sépultures n'auraient pas eu éga- 
lement une destination exclusivement funéraire ^'^K 

^^^ Cf. Deuleron., IV, la : irLocutus est ^^) Inser. chrét, de la Gaule, n* 69/1. 

Dominus ad vos de medio ignis», etc. ^*^ Ci-après, n* 167. Voir de plus la for- 

^*^ Boldelli, OMerr. jropra icifiitr., p. â 17. roule FAX AETERNA des Inscriptions chn^- 

^^^ De Rossi, BulletUno, 1876, p. 67. tiennes d'Arles. 

<^' Ibid., 1886, p. 116. <^) li en est évidemment ainsi pour une 



SECONDE BELGIQUE. 61 

Le sujet tracé sur le verre de Boulogne n a rien d ailleurs qui puisse 
faire écarter une telle supposition. L'image d'Isaac est, en effet, l'un 
des types de salut les plus fréquemment représentés sur les sarco* 
phages. Il est rappelé à ce titre dans une antique oraison, la cominen- 
daiio animœ dite par nos pères au chevet des mourants : 

Libéra^ Damney ammofn ejus, sicuê liherasii Isaac de hostia et de tnanu 
paUris mi Ahrahœ ^^\ 



45 
MIANNAY. 



Van Robais, Notice $ur une petite seille en bois recouverte de cuivre repoussé, 

trouvée dans le cimetière dit de Miannay, 

Plusieurs fois, ainsi que le rappelle le mémoire de M. van Robais, 
des débris de seaux de bois ou de cuivre ont été rencontrés dans les 
sépultures mérovingiennes; mais celui de Miannay se distingue, entre 
tous les autres, par des reliefs, malheureusement très légers et très 
effacés. 

On y voit au centre le Christ nimbé, assis sur une cathedra ornée 
et foulant aux pieds le serpent vaincu, représentation figurée sur un 
sarcophage de Ravenne (^^ et qui rappelle la médaille de Constantin où 
figure le serpent renversé sous le labarum portant le monogramme ('). 
A la gauche du Sauveur, se trouvent Adam et Eve à laquelle le 
Dragon, enroulé autour d'un arbre, présente le fruit défendu. En 
regard est Daniel, debout, les bras en croix, dans l'attitude de la 
prière, entre un lion et un homme qui ne peut être qu'Habacuc. Un 

lampe fanëraire qai porte la légende copte : ^*^ Ciampini, Vetera monimenla, t. t, 

(rCosmas repose dans la joie, dans la béa- tav. III. 

titude.» {Inscr. chrit. de la Gaule, t. I, ^^^ Eckhel, Doclrina numorum veterum, 

p. 95.) l. VIII, p. 88; Garrucci, Velri omati di 

'') Etudes sur les sarcophages chrétiens Jigure in oro , p, 96; cf. M\egmnza ^ De tno- 

d'Arles, introdactioa , p. xxri. nogrammate Christi, p. Sy. 



63 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

second fragment de la Reille offre encore la représentation de ce der- 
nier personnage. 




De brèves inscriptions occupent le champ demeuré libre autour des 
figures d'Habacuc et de Daniel. C'est sur le déchiffrement de ces lé- 
gendes qu'a bien voulu me consulter M. van Bobais en m'adressent 
son intéressante notice , et c'est seulement de ta partie oà elles se trou- 
vent que je m'occuperai dans les pages qui vont suivre. 

Si je me suis tout d'abord rencontré avec lui dans l'interprétation 
du sujet représenté, il m'a fallu faire quelques réserves pour le détail 
de cette 6guration et le déchiffrement des légendes. Au-dessus de l'image 
d'Habacuc, j'ai signalé celle de l'Ange qui, le prenant par les cheveux, 
le fit descendre près de Daniel pour lui apporter sa nourriture''). Le 



SECONDE BELGIQUE. 63 

cond fragment présente nettement cette particularité; Ton reconnaît 
encore sur le premier, auprès d'Habacuc, les pieds de l'envoyé céleste 
et, plus haut, Tovale de sa tète. 

Mon impression première avait été que, suivant une coutume bien 
connue, les noms des personnages devaient se trouver près d'eux. 
La syllabe DAH, commencement évident du nom de Daniel et re- 
connue par M. van Kobais sur le petit débris, m'affermissait dans cette 
pensée. Aussi n'ai-je point hésité à prier mon savant correspondant de 
vouloir bien vérifier si le nom de DANIEly^ ne figurerait pas dans la 
deuxième ligne du grand fragment où il avait lu d'abord l^AMEIy^; quant 
aux lettres fRCH qu'il voyait à la suite, j'inclinais à y reconnaître la 
trace du mot ?KOi ela inscrit après le nom de Daniel, comme sur une 
agrafe de ceinturon venue de la collection de M°^ Febvre dans le musée 
de Saint-Germain-en-Laye ^^K 

La troisième ligne me semblait devoir contenir le nom d'ABACY, dont 
je retrouvais les deux dernières syllabes dans les lettres RAC^Y de la 
copie. Les caractères HC\I reconnus sur le petit débris, aux deux côtés 
de la tète de l'Ange, me paraissaient accuser la présence du mot aHCxI/ii« 
ou a\iC\ïlu8. 

M. van Robais voulut bien me faire savoir qu'un nouvel examen du 
cuivre original confirmait mes suppositions, et avec une libéralité dont 
je ne puis que le remercier vivement, il m'envoya et mit pour quelques 
jours à ma disposition sa précieuse seille. 

C'est d'après le monument même qu'a été exécuté sous mes yeux le 
dessin des sujets qu'elle présente. 

Le grand fragment nous montre Daniel vêtu et mitre, debout, dans 
l'attitude de la prière , entre un lion et Habacuc porté par l'Ange charge 
de deux objets que j'examinerai plus loin. 

A la première ligne, je lis angel^S EMU [«ms?]; à la deuxième, 
DAHIEl^ PROf ITa; à la troisième et la quatrième, oBACY ilKÏ ï[scam]; 
puis, au-dessous de la figure d'Habacuc, nous trouvons D — l^. Hl^... 

^ ' JtucripUùHS ehréUennes de la Gaule, n' Sig des planches. 



64 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

lyEONYM que Ton pourrait interpréter Daniel tH \acu lyEOHYM, par 
comparaison avec Tinscription DAHIEly^ DE lyACO IJEOHIJ d'une coupe 
de verre trouvée à Podgorilza, près de Scutari d'Albanie (''. 

Sur le petit fragment, je reconnais, auprès de l'Ange, le mot aH- 
C\Uu8j puis au-dessous DAHta/. En démontant la petite bande rivée à la 
droite de ces lettres on en trouverait sans doute le complément, ainsi 
que les caractères qui doivent suivre l'M, le T et le D par lesquels dé- 
butaient les trois autres lignes. 

Gela dit sur les inscriptions de la seille de M. van Robais, il me reste 
quelques mots à ajouter sur la partie figurée de ce petit monument. 

Si souvent que les artistes chrétiens des premiei*s âges l'aient 
reproduit, le sujet qui le décore n'a cependant pas toujours été exac- 
tement reconnu. Sur un sarcophage d'Arles, Millin prend l'ange pour 
(t Darius le Mède, qui vient voir si Daniel n'a pas été dévoré et qui 
s'étonne de le trouver vivant -n ('^l Sur une lampe qui représente Daniel 
debout entre les lions et, au-dessus de lui, l'Ange et Habacuc portant 
un pain, on a vu : crie Christ assis de face entre deux petites figures 
d'anges qui volent de chaque côté avec une couronne à la main (^) n. 
Un autre objet de même nature est décrit ainsi par M. Dumège : crUne 
lampe décorée de la figure de Daniel, dans l'attitude de la prière; à 
ses pieds sont des lions destinés, à ce que l'on croyait, à le dévorer, 
mais s'abaissant devant lui et deux anges qui le rassurent et le con- 
solent ^^^t). Deux des personnages signalés ainsi comme représentant des 
anges, ne sont autres qu'Habacuc, figuré dans les airs à côté de l'en- 
voyé de Dieu. 

Peu de sujets, je le répète, ont été plus fréquemment reproduits 
que ce trait de l'histoire de Daniel oii les anciens voyaient, parmi tpnt 
d'autres symboles, celui de la constance dans la persécution, de la foi 

^*^ Étude sur kt sarcajÀages d'Arles^ p. AgS, el t II, p. 5oa. Cette lampe, qai 

pi. XXXV. a appartenu k M. Raoul Rochelle, est maiu- 

^*^ Voyage dam leê départements du tnidi tenant au musée de Lausanne. 
de la France, t. III , p. 53 1 . ^^^ Mémoires de l'Académie des sciences et 



i*) 



Inscriptions chrétiennes de ia Gaule , 1. 1 , bellee-letires de Toulouse , iSSg, p. si3. 



SECONDE BELGIQUE. 65 

en la résurrection promise. De même que l'âge des combats de TÉg^ise, 
celui de la paix devait le retenir. Fresques, sculptures (^\ sceaux de 
bronze W, ivoires W, gemmes W, agrafes de ceinturon, verres gravés et à 
fond d'or(^), statues méme(^) montrèrent sous tous les aspects cette 
scène demeurée de nos jours parmi les types traditionnels dans la dé- 
coration des églises de la Grèce (^'. 

A Test de notre pays, comme en Suisse, elle s'est singulièrement 
multipliée. Alors que sont tombés dans Toubli la plupart des sujets 
familiers aux artistes du iv^ et du v^ siècle, elle survit et je la retrouve 
à chaque instant représentée sur les agrafes mérovingiennes. A côté de 
celle qu'avait recueillie M"* Febvre, je puis citer, parmi tant d'autres, 
deux pièces de même nature découvertes à Saint-Maur, près de Lons- 
le-Saunier, à Lavigny W, puis une troisième trouvée dans le canton de 
Vaud et dont je parlerai plus loin en recherchant la cause de sa re- 
production sur les objets de cette nature <^'. 

Au milieu des nombreuses figurations de la même scène, la petite 
seille de Miannay me paraît se distinguer par un trait particulier. Je ne 
parlerai pas ici de l'étrange coiffure donnée par l'artiste à Daniel, ordi- 
nairement représenté la tête nue (^^^ ; le personnage d'Habacuc appellera 
seul mon attention. J'ai dit que le sujet qui nous occupe avait, au point 
de vue symbolique, deux significations principales : la constance dans 
la persécution, la foi en la résurrection future. Parmi d'autres sens que 
cette image présentait de plus pour nos pères, il en est un qu'il faut 

'*^ De Rossi , BuUett. ,1878, tav. I ; Bosio , ^^^ Didron , Manuel d'iconographie ekré- 

Roma solterranea, etc. tienne, p. lao. 

^*^ FabreUi, hiscript,, ch. viii, n* xlviii. ^'^ Inser, chrét. de la Gaule, t. I, p. 4 98 

(') Odorici, Monumenti crietiani di Bres- et Agi, planches u"' aSi et s Sa. 
cia, tav. V, n* la. ^*^ Voir ci-après n* 98. 

^** Perret, Cataeombeê, t. IV, pi. xn, ^**^ Voir pourlaot un marbre d'Afrique 

n* is.- (Delainare, Note sur un bas-relief trouvé à 

^^> Jahrbûeker des Vereins von Altkerthums, D'jemila, dans la Revue archéologique de 

ijh Rhehdande, fascic. xlii, pi. V; Gazette 1 8^9) et un sarcophage de Ravenne(Spreti, 

archéologique , 1 88& , pi. XXXII ; Garruoci , De amplitudine wrbis Ravennœ , 1. 1 , tab . VIII , 

Vetri omaù di figure in oro, tav. I, n* 6. n* 8), où Daniel est Ggurë avec le bonnet 

^*) Eiiseb., Vita Constantini, III, 69. phrygien. 

9 



66 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

noter. Les .vivres apportés par Habacuc à Hllastre prophète étaient, 
à leurs yeux, une figure de Teucharistie. J'en ai signalé deux preuves 
dans les sculptures de deux sarcophages d'Arles et de Brescia où l'on 
voit l'Ange et Habacuc apportant à Daniel des pains et des poissons (^). 

Ce double symbole bien avéré du mystère de l'eucharistie me 
parait se retrouver encore sur la seille de Miannay. En même temps 
qu'il porte de la main droite une sorte de panier à anse qu'on reconnaît 
également sur l'agrafe de M"^ Febvre, Habacuc tient suspendu, dans 
sa main gauche, un objet renûé au milieu et de forme allongée et on- 
dulée. Les données de la scène ne permettent pas de voir ici autre 
chose qu'une matière comestible, et la comparaison des sarcophages 
d'Arles et de Brescia me fait incliner à y reconnaître un poisson. 

Si l'on en juge ainsi que moi, la seille de M. van Robais serait le 
troisième monument de l'art chrétien venant révéler, dans la figuration 
de Daniel exposé aux lions, une signification symbolique dont je n'ai 
trouvé, jusqu'à cette heure, aucune mention dans les écrits des Pères. 



Â6 
PONT-DE-METZ. 

BuUetm de la SociiU dêi AnUquairei de France ^ i88/i, p. a&3. 




C'est dans un champ, auprès d'Amiens, qu'a été trouvé ce débris 
probablement chrétien dont M. Gagnât a donné communication à la 
Société des Antiquaires de France. 

^') Étude tur les eareophoffes d'Arke, n* viir. 



SECONDE BELGIQUE. 67 

Un estampage que j'ai sous les yeux me paraît autoriser cet essai 
de restitution partielle : 

vixit aufCiS \ lAenses . . . 
£fe/tinc^u«(OE;TIDV«... 
decembl KIS 

La forme des lettres, et particulièrement celle de TE dont la haste 
dépasse un peu les membres transversaux, appartient au vi* et au 
vu* siècle '*'. 



47 
SAINS. 

Goze, Revue des eoeiitiê eavantes, 187&, p. 589. 



Ansebertus hic requiscil in pace vexisit annus xxx defunctus est. . . 

Pierre exhumée dans Téglise de Sains, près d*Amiens, avec les restes 
d' Ansebertus. La mention DEfYHCTYJ est y que suivaient probablement 
les mots ubi, fecit^ menins dies se retrouve dans les inscrip- 
tions de la contrée (^). La lettre £ est ici de même forme que dans 
Tépitaphe qui précède. 

<*> In8cr.ehrtt.de la Gaiifc,préf., p.xxiy. — <*> Ibid., n"3aQ, 3a4, 3a5, SaSi, 33o A. 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



àS 



VERMAND. 

Vabhi Duchesne, BtilUtia de la SoeUlé deà antijuaint d» Frante, 1886, p. 383 ; 
— Piltoy, DkowtrUt d'antimites failet dmu le dfpartemmt de TAîme dtpuii i858, 
p. 3i, 3a. 

Mon savant confrère, M. l'abbé Duchesne, a réceminent publié un 
plat de verre gravé dont le dessin lui a été communiqué par M. i'abbé 
Constance. Celte pièce provient d'une tombe découverte dans les 
fouilles opérées à Vermand par la Société académique de SaintrQuentiD. 




On y voit grossièrement figurée la résurrection de Lazare. A droite est 
le Christ, à cheveux courts, nimbé, levant une baguette comme dans 



SECONDE BELGIQUE. 69 

les autres représentations de ce miracle et tenant de la main gauche 
un volumen. Il est vêtu d une tunique au bas de laquelle se détachent 
deux ealKculœ en forme de feuilles. Son palKumy très largement ou- 
vert, est agrafé sur Tépaule par une fibule. Devant lui, une étoile 
au-dessus de laquelle est gravé le monogramme constantinien %. Une 
sorte d'arbrisseau à tige mince se dresse entre le Seigneur et Lazare. 
Debout dans une aedicule à toit allongé que soutiennent deux colonnes , 
celui-ci se montre sous un aspect inaccoutumé; il n est point, comme 
on le voit d'ordinaire , raidi par les bandelettes qui l'enserrent à la 
mode d'Egypte; celles qui entourent ses jambes et ses bras ne les rat- 
tachent pas à son corps et le visage n'est pas enveloppé. S'il y a eu ici, 
par rare fortune, réflexion chez l'auteur de cette grossière image, on 
peut penser qu'elle nous montre le frère de Marthe et de Marie après 
que le Seigneur eût dit : «c Déliez-le et laissez-le aller f'J^. 

Les représentations qui s'éloignent ainsi, pour Lazare, du type cou- 
rant sont peu fréquentes (^). 

Autour du sujet est gravée l'acclamation VIYA^ IH DEO suivie des 
lettres P Z, abréviation bien connue des mots Ule ^ncrcus^ et écrite ici 
en lettres latines comme sur tant de verres à peinture sur fond d'or W. 

On a proposé de voir un A et un UJ dans le triangle et le signe entre 
lesquels se trouve le Z. Ce ne sont là certainement que de simples 
marques de ponctuation. Quant au signe gravé après le Z, j'hésiterais 
à lui attribuer une valeur. 



^') Jok., XI, && : crEt stalim prodiil qui 
foerat mortaus iigatiis pedes et manus in- 
stids, et fades illius sudario erat iigala. 
Dixit eis Jésus : Sol vite eum et sinite abire. n 
^'^ On en trouvera deux au second vo- 
lume de la Rama toUerranea, de M. de 
Rossi , planches XIV et XV. J*en ai mentionne 
une troisième sur une coupe de verre dé- 
couverte en Sicile {Mélanges de rÉcoie fran- 
çatH de Rame, 1888, planche iV). 

^'^ Garrucci, Vetrt amaii dijifure in ara, 
p. 43, 906, SS7. Aux objets oii figure Tac- 



clamation Uie Kit^ouf se joint un petit disque 
de verre à peinture sur fond d*or, que j*ai vu 
à Rome, en i885, dans une collection par- 
ticulière, et autour duquel est Tinscription : 

fCOHIAIÀ KàIA^CTIHÀ lfl€ ZHC€C 

Au milieu est représentée une hutte de 
paille eom'que et cerdée d*un lien. De Feu- 
trée , qui est à ta gauche , sort ë mi-corps une 
brebis couchée. En haut de la cabane, est 
une palme ou un bouquet d*épis vers lequel 
vole une colombe. 



70 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Le plat de Vermand vient se joindre à la série des vases chrétiens 
de verre à inscriptions et à figures que nous ont déjà donnés des tombes 
de Potgoriza en Albanie, de Sambuca Zabut en Sicile, de Pallien, de 
Boulogne et d'Homblières f'J. 



Pilloy, Dkouvertei éC antiquités faites datis le département dt F Aisne depuis i858 , 

p. 3i, 39. 

C'est aussi des fouilles de Vermand qu'est sorti un petit bol de 
verre , orné d'un semis de reliefs arrondis et portant gravé au tour du 
col l'inscription VIVA; . CYM . TYi; . P . Z . Ce vase, dont M. Pilloy 
donne un dessin, est très probablement chrétien (^l 



48 B 

CIMETIÈRE ENTRE TRAVECY ET VENDEUIL (AISNE). 
Deloche, RefMê orekMogiqWy juillet 1889, p. i3. 




• Bague trouvée dans une tombe antique et communiquée par 
M. Pilloy à M. Deloche. Au centre, une croix. Avec mon savant confrère, 

^*) Étude sur les sarcophages d'Arles, et && a et Gazette archéologique, 188&, 
pi. XXXV; Mélanges de l'École Jrançaùe pi. XXXII. 
de Rome, loc. eit,; voir ci-deasas, n*' 63 ^'^ Cf. ci-dessus n* 3i, 



SECONDE BELGIQUE. 71 

je pense qu'on peut lire sur cet objet CxEIy^OJIMI. Si, par une per- 
mutation entre Ya et lo dont nous trouvons sur nos marbres un 
exemple (^), on a écrit ici Gehsimi pour Gelasimiy je noierai, mais sans 
y insister, quon lit dans Plante le nom de Gelasimus^^"^; que celui de 
Gelasinus se rencontre dans une épitaphe et sur un sceau de bronze ^^K 



A9 

LAON (?) 

A. de Longpërier, Comptes rendus de V Académie des inscriptions y 1870, p. 3 16; 
Deloche, Rwme archéologique y septembre 1886, p. xhi-iUi, 




M. le baron Pichon possède dans sa riche collection une bague d'or 
de Tépoque mérovingienne trouvée à Laon et portant sur son chaton 
un monogramme entouré d'un nom propre. 

En présentant à l'Académie des inscriptions ce bijou dont j'ai déjà 
parlé ailleurs, notre illustre et regretté confrère, M. de Longpérier, a 
proposé d'y lire le nom de BERTHy^DI^ et, dans le groupe central, le 
mot regina; tel est aussi le sentiment de M. Deloche. Tous deux en 
ont conclu que l'anneau avait appartenu à Bertilde, Tune des femmes 
de Dagobert I*'. 

J'hésite à accepter leur lecture, les éléments du mot regina me 
paraissant faire défaut. Sans parler du C\, dont l'existence me semble 
problématique, je ne suis pas persuadé que l'E gravé en dehors 

^*^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, ^*^ Plaut., Stichus, II, 2, 78. 

n* 4i6 : ÀHÀTÀXHOTf pour kvaroXlov. Cf. ^'^ Fabretti, Inscr,, c. 11, n" lai; Momm- 

Festas, y* Hemona, etc. sen, Inscr. rejrni NeapoL latinœ, n* 63 1 , 6. 



72 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



du chiffre ('^ au rebours de ses lettres et dans le sens direct de celles 
du nom , n'appartienne pas à ce dernier qui serait orthographié Ber- 
ieildis pour Bertechildis, terminaison très commune dans les noms de 
femmes de l'époque mérovingienne. C'est ainsi que celui de la reine 
Glotilde est écrit dans les anciens textes Chrolechildis^^^ et Chlodehildis^^^ 
et que nous trouvons à la fois Theudechildis^'^^ et Teudehildis ^^\ 



50 
GOHPIÉGNE. 

Le comte de Marsy, Note sur un anneau mérovingien trouvé prèi de Compiigne, 




Un anneau d'or trouvé en 1880 dans le lit de TOise, près de Gom- 
piègne, et appartenant à M. le baron Pichon, a pour chaton un grenat 
représentant un oiseau dont il est assez difficile de reconnaître l'es- 
pèce. Autour de la pierre se lit cette légende précédée de la croix : 
+ I^EODEHVy VIVAT DEO. G'est là, comme on le sait, une acclamation 



^^^ DaDs les monogrammes mëroviogiens 
qui me sont connus, TE fait partie du chiffre 
même; il est figuré par trois petits traits 
horizontaux, greffes sur Tune des lignes per- 
pendiculaires, comme le montrent les types 
suivants : 



à 




•ft 



Voir Inâer. ekrit. de la Gauk, t. II, p. 5 1, 
353« et n* ASa des planches; et de plus De- 



loche, Revue archéoL, juillet i88à, p. 2; 
janv. 1887, p. 5a; janv. 1888, p. 96; 
ocL 1888, p. 189; sept. 1889, p. 3i3 et 
3i&; Blauchet, Nouveau manuel de numis- 
matique du fnoyen âge et moderne; atlas, 
n*' io5 et 190, etc. 

^^ Gregor. Turon. , Hist. Franc, , III , vi. 

<^) Bolland., 1. 1, de février, p. 366. 

^•^ Gregor. Turon. , Ilist. Franc, , IV, xxvi. 

^*) Guérard, Poltfpt^que de l'abbaye de 
Saint'Rémi de Reimi , p. 1 oo. 



?, 



SECONDE BELGIQUE. 73 

courante sur les objets usuels'^'. Sous la hurme VIVAI" IH DEO, ou sîm* 
pieinent Vl VAJT DEO , elle est m. commune que parfois on Texprime par 
un monogramme qui en réunit les éléments. Il en est ainsi pour un 
anneau du musée de Vienne en Autriche , pour un autre publié par le 
chanoine Martigny ^^\ pour une bague de bronze que j ai acquise à 
Rome et où figure le chifire (3Si- 

La forme très caractéristique du bijou de Leodenus ne permet pas 
de douter qu'il appartienne à l'époque mérovingienne. VS couché se 
rencontre souvent dans les légendes des monnaies du même temps. 



51 
HEAMES. 



Labbé Renet, Mhmres de la SocUté d^arehiologie du département de F Oise, l. XI, 
pi. VI, fig. 1 et p. 96; ^^ Revue des Sodàée savantes, t. V (1889), p. &3t; — 
Héron de Viiiefosse, BuUeùn épigraphiquedela Gaule, 1889, p. iSs. 

Dans le travail auquel je renvoie , M. l'abbé Renet a rendu un 
compte détaillé des belles fouilles opérées avec autant de zèle que d'in- 
telligence par M. l'abbé Hamard au lieu dit le Mont-de-Hermes. Là s'est 
rencontré un cimetière des temps mérovingiens dont les tombes étaient 
en grande partie formées de débris antiques, corniches, moulures, 
colonnes, pierres à imbrications, fragments sculptés. Les objets sortis 
de cette nécropole sont ceux qui meublent communément les sépul- 
tures des âges barbares : poteries, armes, agrafes et bijoux dont nous 
connaissons tant de types. Dans le nombre s'est rencontrée une agrafe 
probablement du vn^ siècle, plaquée d'argent, portant au centre une 
croix pattée, accostée de rameaux et de feuilles et que surmontent les 
images du Soleil et de la Lune. Dans la partie supérieure de l'agrafe 
est gravée cette ligne, VAT OtYI fECIT, oii l'on avait proposé de lire 



^^^ Inscriptions chrétiennes de la GaukfLl y ^'^ Dietùmnaire des antiquités chrétiennes , 

p. 6& , 65 , etc. aa mot Acclamation, 



inraiSKais haiiovail. 



74 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

VÂTOVI f'ECIT;j'y ai reconnu, et M. Quicherat a appuyé mon senti- 
ment, une déformation de l'acclamation antique VAIJAT Q.V! fECIT- 




Pour justitier ma lecture, j'ai fourni une liste des tuiles oCk les tiguliiis 
de l'Italie avaient imprimé ce vœu qui aujourd'hui semblerait étrange'". 
La publicatioji récemment faîte, par MM. de Rossi et Dressel, d'une 
œuvre importante de Mariai jusque-là demeurée inédite, les hcrizioni 
anticke doliari, m'en apporte une série plus étendue; il n'est pas moins 
de vingt tuilas différentes oi!i cette acclamation figure soit m extemo, 
soit exprimée par des sîgles'^'. Elle se lit également sur le chaton 
d'un anneau d'or découvert à Langixa'^'. Un vase antique de Cologne 



'" ])emtael,!MeripiiaMtiloiiaimlaime*, 
i" 9 1 et Ruivanti. 
"> N"99&. B3(|.6oi,8o9,8ii, 8i3, 



Si3, 893, 8i5, 898. 8ig. go3, etc. 
p. S9, D* 5. 



SECONDE BELGIQUE. 75 

porte les mots VIVAT Û.VI f^nCIT'''. Un vœu de même nature en faveur 
de l'ouvrier se retrouve avec une forme pieuse, OR A PRO Q.YI f ECIT, au 
début de l'inscription cursive tracée sur le bord d'un doUum sorti des 
fouilles des Altâj et appartenant à l'évêché d'Alger. Au xiv' siècle, un 
même sentiment a encore dicté les premiers mots de la légende d'une 
enseigne de pèlerinage : BIEN : AIT : ClVI : MA : fET'^). 

On remarquera sur l'agrafe de Hermès la présence des images du 
Soleil et de la Lune accostant la croix. Cette particularité se retrouve 
sur plusieurs autres de nos monuments (^'. 



52 
R. de Lasieyrie, Bulletin de la Sociki des antiquaire» de France, t8Slt, p. a5i. 

Les mêmes fouilles ont donné, dans le courant de i883, l'inscrip- 
tion suivante qui appartient au vi* siècle : 



1 Nx-îî;^i[^ 
^RA ù 9* 

In Christus. Hic requisrit Badog(isilu)s ^delîs. 

Cette épitaphe est gravée sur une pierre fort rugueuse et assez 
épaisse , ce qui se rencontre rarement pour les insci'iptions chrétiennes. 

''' Auss'mWeerlh dans les JaAriticWifet '*' \kiorGa)\ Glostaire arehéolùgii/ue du 

Vereins ron Allerihumtkmd» im Rheinlandt , Moyen Age et tU la Renaiuoncir, [i. 634, 
i88i, fasc. Lxsi, p. 11 5, ' Voir ci-dessus, n" S'i*. 



76 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

La barbarie de la transcription ne doit pas nous empêcher de recon- 
naître au début la formule in Chrisio très fréquente sur les marbres 
de divere pays''^. 



Les curieux et les érudits ont été souvent entretenus des belle» 
fouilles entreprises par M. Frédéric Moreau dans le département de 
TAisne^^'; Arcy-Sainte-Restitue, Breny, Garanda, Ghouy, Trugny, tels 
sont les points principaux sur lesquels se sont portés des eiïorts. 
dirigés avec autant d'intelligence que de scrupuleuse exactitude. Do 
grands cimetières de l'époque mérovingienne y ont été découverts: 
silex taillés, vases de verre et de terre cuite, armes, bijoux, bronzes, 
pierres funéraires et anneaux à signes chrétiens, monnaies gau- 
loises et impériales depuis Auguste jusqu'à Justinien en sont sortis 
nombreux, et une splendide publication a figuré, décrit ces objets 
dans des procès-verbaux dignes d'être proposés comme modèles''^. 
Tout est-il chrétien dans cette vaste série qui forme aujourd'hui un 
véritable musée? Je ne puis le dire. On me saura toutefois gré d'en 
reproduire quelques types à inscriptions, les uns ayant évidemment été 
possédés par des fidèles, les autres ayant pu leur appartenir. 

^*^ Boldelti, Osservazioni sopra i ciwi- tietmes de la Gaule, u' a65 : IN CHRIHO; 

teri, p. Uo : RYflNA IN DE(J); p. 345 : n* 899 : HIC REOYIE^CET IN CHKim. 

IH t AYKEUO MAKCEWNO; Odorici, Sy/- ^*> Bulletm de la Société des Antiquaires de 

loge veterum inscriptionum , p. a 54 : IH France, 1876, p. 7/1; 1879, p. ia6, etc. 

t BICTKIX; Biraghi. Bisita di Gropello, ^'^ Frëdéric Moreau, Album Caranda, 

p. a : DEfYNCTO IHXPO; Inscription* chré- 1878-1888. 



SECONDE BELGIQUE. 



77 



53 
ARCY-SAINTE RESTITUE. 

Bulletin Je la Société des antiquaires de France, 1 879 , p. 1 27 ; — Frédéric Moreau , 

Album Caranda, Fouilles de Breny, 1880. 




Baudiricus ic riqisdt {annorum) xxxin. 

Pierre épaisse à profil crénelé provenant d'une sépulture dévastée 
depuis longtemps; elle devait être, d'après sa forme, posée debout sur 
le tombeau. L'inscription est gravée dans un enfoncement carré. On 
y remarquera la forme assez peu commune de 1'^^^^ et l'âge marqué 
exceptionnellement par un chiffre non précédé du mot annorum. 



54 

Frédëric Moreau, Album Caranda, Les fouilles de Breny, 1880, pL VIII; — 

Deloche, Revtte archéobgique , juin 1886, p. 3&i. 

Une tombe trouvée au même lieu contenait une bague d'argent à 
huit pans portant la légende : 



-i^lH-l V|f7T|lC |V!)|MC|1T 



Ruslicm ^àt. 
Sur chacune des facettes figure un signe ou un groupe de carac- 

'•*^ Voir ci-après n* 67. 



78 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

tères. L'Y s'y lit seul sur la troisième ; TR qui devait le précéder paraît 
avoir été effacé par le frottement qui, en cet endroit, a profondément 
usé le métal. 

Nous verrons plus loin le nom de l'ouvrier sur un coutelas trouvé 
au cimetière de Pondrôme'^'; il est singulier de le lire sur une bajjuo 
antique; on n'y a encore rencontré, je crois, que celui du possesseur. 

L'f de f ICIT est d'une forme peu ordinaire. Nous l'avons relevée déjà 
dans le nord de la Gaule '^^ 



55 
BRENY. 



Frdd^ric Moreau, Album Caranda^ Fouilles de Breny, t88o; 
Deloche, Revue archéologtque ^ juillei 1886, p. 60. 




L'un des tombeaux du gi^and cimetière antique découvert à Breny 
contenait, avec un vase de terre, des ornements de ceinturon et une 
boucle en bronze, un anneau de même métal à chaton gravé. On y 
voit une tête de face très sommairement indiquée et surmontée d'une 
croix. Une inscription qui l'entoure n'offre plus à gauche que la trace 
fort douteuse d'un N et à droite ÀYIYX, c'est-à-dire probablement la 
fin d'un nom. La tête unique que présente le chaton me fait hésiter à 
penser que cette bague ait, comme on l'a écrit, porté le vocable de 
deux époux, ainsi que nous le voyons sur un anneau d'or trouvé près 
deMulsanne et oîx tous deux sont représentés '*>. 

^*^ VIGSVS FICIT (ci-dessus n" 90); ^'^ hucriplions chréttetmeit de la Gaule, 

cf. n* Sa, racclomation valent qui fecit n* 3&8. 
gravée sur une agrafe mërovingienne. ^^^ Ibid., n* 669 n. 



SECONDE BELGIQUE. 



79 



56 

CHOUY. 

Prëdëric Moreau, Album Caranday Les fouilles de Chouy, i883, pi. XXXIX, fig. 7. 

Dans un cercueil de bois, découvert au cimetière de Ghouy et 
orienté vers le Nord, se trouvaient, avec le squelette, une hache et un 
poignard, un grand plat de terre rouge, des boucles de bronze, une 
bague en fer et une autre en argent. Cette dernière qui était encore 
passée au doigt du mort , présente huit facettes portant une colombe 
avec rameau, un agneau , une palme, un cerf, un animal fantastique et 
un lièvre; sur les deux autres, on lit la banale acclamation VIVAX. Au 



i^lgairesHBWw^ ^BH 



vu de la plupart des 6gures qui le décorent, l'anneau a été tout d'abord 
et peut être même avec raison considéré comme chrétien. Un doute 
grave vient toutefois de l'orientation de la tombe et de ce fait que, 
dans la bouche du défunt, se trouvait l'obole à Gharon, sous forme 
d'une monnaie d'argent de Valentinien II. Aux temps de barbarie où 
nous reporte la sépulture de Ghouy, ce détail ne serait pas toutefois 
absolument décisif, car la pratique dont il témoigne s'est perpétuée 
longtemps, malgré l'avènement de la foi chrétienne. L'abbé Lebeuf 
écrivait en effet, à la date du siècle dernier : «r Jai connu des gens qui 
ont persuadé aux paysans d'un village proche d'Auxerre, de ne plus 
pratiquer cet usage qui paraissait tenir du paganisme, d'autant plus 
que quelques-uns assuraient que c'était pour payer le passage de la 
barque à Garon qu'on munissait ainsi le mort d'un liardou d'une autre 
pièce d'aussi petite conséquence (''. v 



^^^ Dissertations sur Phistoire ecclésiastique et civile de Paris, 1789, p. ^87 {Traité sur 
les anciennes sépultures). Voir de plus, Maary. La Magie et l'Astrologie, p. i58. 



INSCBIPTIONS CHRETIENNES. 



57 



Fràl^ric Moreau, Album Caranda, 1886, pi. LIV; — Deloche, llevue archéologique, 
avril 1886, p. 999. 




Agrafe probablement chrétienne trouvée dans une sépulture à 
Aiguisy par M. Frédéric Moreau. Elle porte indication de son posses- 
seur, R^noveus, nom dont la troisième lettre qui semble tout d'abord 
un S surmonté d'un signe d'abréviation, est en réalité un (\ que nous 
voyons avec cette même forme dans les vocables de PeU^ta et de Pa- 
ragor et de Peleger inscrits sur des épilaphés d'Auch W et de Narbonne '*'. 

L'occasion est rare de pouvoir estimer, même approximativement, 
l'âge des agrafes mérovingiennes. Il convient donc de noter que la 
dernière des inscriptions de Narbonne que je viens de rappeler est 
datée de l'an 688, et que deux des caractères du nom de Regnoveu» 
se trouvent dans les parties en onciales d'un célèbre manuscrit de 
Corbie qui appartient au vu* siècle. Le (\ et VS gravés sur notre 
agrafe se montrent en effet dans le nom de Sigibertus écrit comme 

''' Ci-aprèf , n* 999. — ''' Imeriptioiu cMiieiiMi de la Gauli , I. Il, pi. o"S9i et&it. 



SECONDE BELGIQUE. 81 

il suit à la première ligne du chapitre xxxni, folio 67 de ce précieux 
volume ^'l 



S^ 



enur 

Plusieurs de nos marbres présentent, comme Tagrafe d'Aiguisy, et 
à une époque beaucoup plus ancienne, Y S fait en forme de gamma 
grec (^'. 

58 
THUISY. 





M. Edouard de Barthélémy a communiqué en novembre 1881, au 
Comité des travaux historiques, un calque pris sur une pierre blanche 
et dure servant de marche dans une maison de Thuisy, village du dé- 
partement de la Marne (canton de Verry). On croit que ce fragment 
a été trouvé sur remplacement du vieux château de Luches , voisin de 
cette localité et qui fut détruit au xv^ siècle. 

La pierre est très fruste et Tinscription difficile à lire ; elle semble 
avoir porté les mots Hic Fhren . . . jacet. 

^^^ Manuscrit de Gr^oire de Xpurs, Bi- sive qui peut appartenir au iv*8iède. (Ma- 

bfioth. naL, fonds latin, n* 176S5, fol. Sy, rucchi, Le rteenii teoperte pressa il ehnilero 

donné en fac-similë dans la planche I du di S. Vakntmo, page ^67, du BuUeuino 

JKsfwe/ de paléogrtqMe de M. Proq. Notons délia Commissione areheologiea di Homa, 

toutefois qu'à Rome celte lettre se montre 1888.) 

dans le mot refrigeri d'une inscription cur- . ^'^ Voir ei-dessus, p. 9. 



1 1 



iU. 



82 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

59 

SÉZANNB (?) 
Louis Paris, Histoire de Vabhaye JPAvenay, L II, p. 66. 




Anneau d'or de travail antique trouvé dans les environs de l'abbaye 
d'Avenay (déparlement de la Marne), avec plusieurs débris de poteries 
romaines. Autour du chaton de ce bijou, qui appartient à M. le baron 
Pichon, est une inscription irrégulièrement tracée en lettres niellées. 
On s'élait accordé tout d'abord à y voir, après le nom de Gundober- 
tus , les mots suavis cum Deo^ lecture qu'il serait, je crois, impossible de 
justifier par la production d'un exemple. L'examen de l'objet môme m'a 
permis de constater qu'à la suite du nom dont la fin est assez trouble, 
il faut lire la formule courante VIVAT DEO. Après les lettres VIV, très 
apparentes, vient un A, non barré, puis un T cursif (r), que l'on 
avait pris pour un C surmonté d'une barre d'abréviation et représen- 
tant le mot cum. Le T fait de cette manière se rencontre souvent dans 
les inscriptions'*'. 

Ici, la barre transversale du T fait corps avec le trait inférieur; il 
n'en est pas de même dans Fépitaphe que porte un fragment de sar- 
cophage conservé au musée du Latran et où le nom Constanliae est 

écrit COHKANTIAE , son premier T étant formé d'un C surmonté d'un 
trait indépendant ('^). Je ne noterais pas ce fait de très mince impor- 
tiUice, s'il n'en résultait que les lapicides gravaient leurs inscriptions 
d'après des modèles écrits en caractères cursife. L'erreur que je relève 
vient évidemment, en effet, de ce que le texte fourni à l'ouvrier conte- 

^^^ Lupi, Epilaphimn Setferœ martyris, de k Oimli, t il, n* ioo des pltndiet. 
p. 98; de Rossi, Iiucriptiones christiatuB ^'^ Garracci, Storia delV oHe criêtiana, 

UMt Romanœ, t. I, n" 856; Imct. ehrét. pi. CGGXGVII, n* 3. 



SECONDE BELGIQUE. 83 

Qait un T de la forme suivante TT et que cet homme a vu daç8 son 
tracé, trop rapide sans doute, un C surmonté dune barre détachée (^l 



60 

ÉPITAPHE D'DNE FEMME PEUT-ÊTRE CHRÉTIENNE 

DÉGÉDEE HORS DE LA GAULE. 

Vetzstein, Ausgewàkhe griechische und latemische Inschri/ïen, n° 63; — 
Waddington, Inscriptions grecques et latines de la Syrie y n° 9o36. 

11 existe à Imtan, lantique Mothana, au-dessus de la porte exté- 
rieure de la mosquée, une pierre datée de Tan a^-jde Bostra (3/iâ de 
noire ère), et portant i'ëpitaphe d'une Gauloise nommée Stercoria, ori- 
ginaire de la ville de Ratomagus. 

TECCEPAKONTOYTHCCTPKOPIA 

r AAAISeNeA AEKITEnOA . PATOMArOY 

MONOJNPnEHCKAITOMNHMATOYOOJC 

OPACEKeeMeAIOJN MEXPICYVOYC^A. 

TECCIKACAN HPnTESIAIOJNESeSTeAeC 

ANAAOJCACX'M/EENETICAZ W. 

Le nom de la ville de la Gaule désignée dans cette épitaphe a paru 
tout d abord être celui de Roiomagus inexactement orthographié; mais 
une pierre découverte il y a quelques années au cimetière chrétien du 
mont de Hermès est venue rappeler que dans notre pays avait existé 



^*) Exemple: le T du mol sustuK d* 
grqjfbo de Pompëi , reproduit par Massmann 
{Libmr amrûrius, p. 6i). Parfois la lettre T 
est restée incomplète, sa partie inférieure 
faite de la sorte ayant été seule tracée. C*est 
ainsi qae nous trouvons BECU pour Bsik* 
leem (Gamieci, Vetri, tav. i), VIGK pour 
vixit (Perret, Catacombes, pi. XIV), etc. 



^*^ Je transcris ici la lecture proposée 
par mon savant confrère, M. Waddington : 

1e9asp9xo¥To4nrj9 Zrcpxop/a 7sAXi£ 
èvdàle xire, fr6A[M»] Pcno^téyov. Movâv 
[â]ir' èris xai tô iiviffia rovff dyç àpag^ ht 
Q-siisXiMf fUxjpis i^ovff <t>X. rcvffucoff énip 
w[o]r iÇ lUùiv éSrréXe9[ey] àvcîkûjaas S);-' 
vépia (li^a mevraxt^i^uL. Èv éT[s]i aXl'. 



tt. 



84 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

autrefois une ville nommée Ralomagus. Elle est mentionnée en même 
temps sur ce monument et par Ptolémée qui la place chez les Silva- 
nectes'*^ 

Une particularité ma fait penser et noter, mais sous toutes réserves, 
que Tinscription dlmtan peut provenir de la tombe d'une chrétienne; 
c'est la singularité du nom que porte la Gauloise Stercoria. Ce vocable 
étrange se rencontre parmi ceux qu adoptèrent les premiers fidèles, 
par un sentiment d'humilité et de sacrifice dont j ai recherché ailleurs 
les marques W. 



61 
FONTAraES. 



Au-dessus du village de Fontaines (Haute-Marne, arrondissement 
de Vassy), à Test et au-dessous de l'oppidum du Ghâtelet, on a trouvé, 
dans le cimetière de cette dernière localité, un fragment d'inscription 
chrétienne où figure la légende suivante : 



/AAl/\/oZ)fO/V^C>P< 



[D6]fnino Deo nostro 

Costa in D[e]o 

po 

Ce débris, qui mesure 3o centimètres de large sur 16 de haut, 
était presque à fleur du sol. 

^'^ BuUetin de la Soeiiii du tadiquairti béBaAeUm, 1878, p. 1&9, et suivantes. 
d€ Franee, 1878, p. 169 à 179; Con^ki ^'^ Interiptimi ekréUemiei de k Gauk, 

rendus de l'Académie de$ %n$enplwM et n* Aia. 



SECONDE BELGIQUE. 85 

Si la première ligne se complète facilement, il n'en est pas ainsi de 
la dernière. 

Je ne saurais dire à quel temps appartient cette inscription très 
grossièrement gravée en caractères de mauvaise forme qui peut re- 
monter à Tépoque mérovingienne, comme au commencement de Y&ge 
suivant. Elle tire un prix particulier du lieu où elle a reparu, la 
contrée n'étant pas féconde en vieilles inscriptions chrétiennes. 

M. Tabbé Fourot, professeur de rhétorique au collège de Saint- 
Dizier, veut bien m'apprendre que, dans le même cimetière, on a 
trouvé une stèle romaine portant en beaux caractères le nom de 
MANTIDIA. On y a également rencontré plusieui^ objets mérovin- 
giens : une plaque de ceinturon en bronze sur laquelle sont gravées six 
croix; une fibule cruciforme incrustée de verroteries; deux autres re- 
présentant un poisson. Il n'est pas impossible , me dit M. l'abbé Fourot, 
que de nouvelles recherches fassent retrouver le reste de l'inscription 
de la chrétienne. 



86 INSCaiPTIOJiS GHKÉTIENNES. 



PREMIÈRE GERMANIE. 



62 

COBLEMZ. 

Freudenberg, Jahrbieker det Vereitu «on Alterthum^nmden m Rkeinlande, t. XL, 
p. 3&o; — Becker, Aimakn iat Venm Jur N atu m m lu Allrnikumduaide, t. IX, 
p. t36. 

C'est d'après les archéologues allemands que je donne les inscrip- 
tions suivantes dont je n'ai ni dessin ni estampage. Celle ci marquait 
la tombe d'une femme ayant vécu soixante~dix ans a dans le siècle « et 
ensevelie le jour des calendes de Mars : 

....HV 

.DIC-TA-E.... 
It-;E0IRA-T-!N 
;cCo • VIX • IT AN 
NY; • I,XX DE • PO 

siQoms- 

;YB-DIE-tAl,EH 

^mar-ci-a; 

IH-PA-CE 

L*épithète benedicla que paraît avoir porté celte inscription se lit sur 
un marbre des Catacombes (^). Elle figure également sur les tombeaux 
païens; les recueils de Gruter, de Passionei et YAnthoU^ de Burmann 
nous en offrent plusieurs exemples (^l 

(^) Bosio, Rama soUerroHea, p. 5i i. — ^*^ Gruler, 87S, 3 ; Passionei, Iscritùmi atuieke, 
p. 96, n* 77 ; Burmann, Anihologia, t. II, p. 1 19. 



PREMIÈRE GERMANIE. 87 

63 

ENVIRONS DE GOBLENZ. 

Freudenberg, dans les Jahrbucher des Vereins wm AUerthumsfreunden un Rheùdande, 
t. XXXIX, p. 339, 3&0; — Bccker, Annaîen des Vereins far Nassauische Aber- 
thumskundey p. i35. 

Depuis la publication des Inscriptions chrétiennes de la Gaule ^ un cer- 
tain nombre de monuments de cette nature ont été signalés sur la rive 
gauche du Rhin. Dès i86û, M. Becker de Francfort, M. Freudenberg 
de Bonn et enfin M. Kraus se sont occupés de ces épitaphes. 

Deux pierres funéraires des premiers siècles, aujourd'hui conservées 
au Gymnase de Goblenti, ont, paraît-il, été trouvées dans les environs 
de la ville. Je reproduirai diaprés la copie de M. Kraus la première de 
ces inscriptions qui lui a paru présenter quelques difficultés de lecture : 

HIC RECt•••KE^^,p^PA 
dy;-i,ector amatv; 
(;raty; ih r ede prova 
ty; m vixiT abhy/ 
xviii cvi PATER i^evhihy; 



Nous avons déjà trouvé ailleurs, même dans les épitaphes en prose, 
ces accumulations d'épithètes qui, dans les pièces métriques, rem- 
plissent parfois des vers entiers^^'. Plusieurs de nos inscriptions louent, 
comme celle-ci, la pureté de la foi de ceux qui ne sont plus^^^ 

Si Ion se reporte aux formules courantes dans la contrée, on est 
fondé à croire que Tinscription se terminait par les mots pater Leoninus 
tùulum posuit ^^\ 

^^^ Gruter, 1176, 9; Muratori, i&i5, ^*^ hseriptions chrétiennes de ia Gtmk, 

10; Inscriptions chrétiennes de U Gaukj n*' âo4, &o5, Â98. 

1. 1, p. 58; t. II, p. 183 ; Eonodius, EpisL , ^'^ Voir pour la localisation des formules 

98; Fortimal, IV, 4 et aA, etc. ëpîgraphiques, iUd., U II, n*' Aôy, 601. 






88 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

UEO DIT ^LA VIEILLE-ÉGLISE ^ 

Freudenberg, Jahrbûcher des Verems von Aherthumsfreunden im Rheirdande, t. XL, 
p. 366 ; — Recker, Annakn des Vereinêfur Nassauische AUerthumskunde y p. i3/i , 
t. IX. 

Dans un lieu dit la Vteille^Église y situé entre Lehmen et Gondorf , 
les mêmes antiquaires 8i{j[nalent une plaque de marbre découverte en 
i865 et portant Tinscription suivante : 

f ih hyhc tomoi^o reciyiikit yir 
beati;;imy; cIèOcIaty; cIiah; 

^YI YIXIT IH ;AEC0I,0 AHHi; XXXI 
dEPOJKlO EIY; XYI ikK lYI, 

IH PACE 

Si nous étions ici dans un de ces pays de langue grecque où le mol 
de bienheureux est pour ainsi dire de formule sur les tombes, je ne 
m'arrêterais pas à cet éloge donné au diacre Deodatus; mais les épi- 
tètbes bealuSy beatissimus sont réservées en Occident aux saints illustres, 
aux martyrs et aux innocents, témoin Tépitaphe suivante d'un enfant 
inhumé dans les catacombes de Rome : 

BEATi;;iMO fH,IO aYIH 
TIAHO BEHEME 
rEHTI IH PACE(0 

BeatiswnuSy sur notre marbre, contient donc moins peut-être une 
allusion à la félicité céleste qu un hommage rendu aux mérites du 
défunt (T bienheureux 7) d avoir possédé, selon la parole du Seigneur (*^ 

^*) De Rossi, BulUuino di wrckeologia eriêtiana, 1880, p. 96. Cf. 1887, p. to, poor an 
eiifanl de trois luis qualifié beaUsnimus. — ^*) Maitk. , c v. 



• *» • > - 



PREMIERE GERMANIE. 89 

les perfections qui ouvrent les portes du paradis. Ainsi en est-il pour 
deux chrétiens gaulois sur les tombes desquels nous lisons : 

HOBEy; natai^eby; ;ed beaty; ex opereby; 

beaty; moreby; (>). 



65 

GONDORF. 

J. Klein, Jahrïmeher deê Vereim von Aberthumsjreunde im Rheiilande, 

fasc. Lxxiiv, p. 9/11. 

Hicquiescil IJ.?MS IN face 

qui v\xn AH XII m; 

ADIY; ET PAC! . . . . 

patres aWl,YM PO^rtinr 

* t 

t 

Inscription sur calcaire du Jura trouvée à Gondorf , près de Goblenz. 
Le mot patres pour parentes, que je restitue à la quatrième ligne à 
raison de Fétroitesse de l'espace, est très fréquent dans les épitaphes 
de Trêves (^^ Au-dessous de l'inscription sont gravées deux croix et une 
étoile dont j'ignore la forme, n'ayant ni estampage ni dessin de ce 
fragment. 

<') InêoipUoHi ehritiennei de la Gauk, n*' &71 et 56&. — ^'^ lUd., n*' a&â, 946, aSo, 
969, 979, etc. 



S.1 

rarRiasKiB iATi«B*tt. 



fO INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

66 

J. Klein, Jahrhikher des Vereins wm Alterthumsfreunden im Rheirdande, 

(aSC. LXXXIV^ p. 9&i. 

HOC TETOl^O fECET MYNTAHA 

coniy; ;ya mayricio chyi yi 
;iT coH Ei,o anny; dodece 

ET PORTAYIT AHNO; CIYARRANTA 
TRAXIT DIE (f) YIII i\ IYHIA; 



C'est-à-dire : Hum titulutnfecit Montana conjtix 9ua Mauricio qui vixit 
mm illo annos dtÂodecim et partavit annos qnadraginta. Transiit die VIII 
kalendas junias. 

Inscription sur marbre blanc trouvée au même lieu. Je relèverai, 
dans son texte barbare et en désordre, le mot illo écrit elo et la forme 
des nombres dodece et quarranta si proche de Titalien dodici et quaranla. 
Nous avons déjà renconti*é et nous retrouverons plus loin en Gaule, 
portmt annos pour vixit annos^^K Gerere^forr$,facerê tienneut égfldement 
aussi, dans ce cas, le mot vivmre^^K 

Je n ai ni dessin ni estaxapage de Tépitaphe de MaunciuM. Gomme les 
inscriptions de Trêves, dont elle offre le type, elle doit appartenir au. 
v*^ siècle ^l 

'^^ InMcriptioHs ehrétienoêê de la Gûuk, ^*^ Ibid,, n** 977, 399, 633, 6ia;Hûb- 

337 A, «I ci-après, n* st&, iioe ioaciiption oer, /«nr. Hitp. chrisL, 0* it. 
de Molles. <'> Ibid., préface, p. xlv à un. 



PREMIÂBE OERMAN». 



67 

BOPPARD. 

Becker, Annalen dtt Vermntfûr NoMMauùche Allertkumshunde , i86ù, p. 36 ; ->- Beo- 

dermacher, Jahrbwhr dea Veniia «on AkerHumtJmmden un Hhemknile, 1871, 

taSC. L,Lf, p. 96. 




Hic m pace quiescel Ârmentaritu mn(o)cww famuhts Dei q{u%s vix)U an- 
nw //// el menses VIIII obiù die oc{i)avo k{a)l{enda$) ûet{obre$) Berancto et 
SuKaritt fMn^wev) titohm pomerant. 

Cest dam l'enceiate de la viHe Dommte par Ida anciens Bûudoirign^ 
aujourd'hui Boppard , qu a été trourée « avec 1«8 quatre suivantes, l'épi- 
tapb« d'Armailarius, enfant de quatre ans et neuf mois , enseveli par eoa 
père Beraneio et sa mère qui parait s'être nommée £W&«rûi. L'absenee 
presque complète de dates certaines dans les inscriptions de la contrée 
m'engage à rappeler qu'en Gaule, d'après les monuments connus, 
la mention des parents qui ont fait faire la tombe s'arrête en &7o('l 



' jHscripthiu diritiamet i» ta GaiJt, préface, p. ira. 



92 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

La formule finale est particulière à la région; cest la première fois 
que j'y rencontre les mots Famulus Dei. 

La forme donnée ici à la lettre T me parait exceptionnelle. 

Ainsi que nous le voyons souvent ailleurs des défauts de la pierre 
ont obligé le graveur à couper plusieurs mots^^). 



68 

Bendermaeher^ Jahriueher de$ Vereint wn AUerikumrfreunden im Rheinlandey 

1871, fasc. Li, p. ICI. 



HtlCREW 
iViCiTiN 






Nvjr 



Hic requiscit in pace Chrodebert[u)s. Viosit {an)nus) . . . 



J'emprunte à M. Bendermacher la copie de cette pierre et des trois 
qui vont suivre ; elles ont été trouvées dans un cimetière antique avec 
des sarcophages qu'elles accompagnaient; le savant allemand donne 
un plan détaillé de ce lieu. On remarquera, dans Tépitapfae de Ghro- 
debert, la barre perpendiculaire qui accompagne ia lettre C et celle 
qui^ ici et dans l'inscription n^ 70, coupe ia lettre S. 

'^ [mcriptionê chrétienHen de h Gauh, n* 667 a; Ciiatelaio, L'mKripiùm du moiuotmeur, 
p. I o , etc. 



PREMlfîRE GERMANIE. 



Bendermacher, Jalirbikher des Vereias von Allerlfiumafi-eunilm im Klwinliintte, 
1S71, i'asc. Li, p. lo/j. 



j)ys^ 



TYKH 



NViP+ 



A+ + ' 



Hic q(uiesct)t in pace Libefndus t'ij'il annns {\XXX1). 



70 

Bendermacher, ibid., p. 99. 




//ic requiiscit in pace !*^onnus pr(i')8(l>i/)l(e)r ovnt quinto die an[ie) 
k'{a)l[en)d{a).f sefitembria. 

Cette pierre était posée sur le sarcophage auquel eile apparteuait. 
Son écriture et celle des n" 68, 69, 73 rappellent les inscriptions 
chrétiennes d'Amiens'", 

'" Cf. Inscripliont chrétimntt de ta Gaule, pincjches, 11' '.i6. 



9i INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Ici, comme bien souvent ailleurs, labre viation du moi presbyter est 
de forme irrégulière (^'. 

Bien peu nombreuse est la série des épitaphes signalées dans la 
région du Rhin, et pourtant trois d entre elles sont consacrées à des 
clercs: Deodalus le diacre, un jeune lecteur et le prêtre Nannus. Les 
inscriptions y désignent donc surtout les tombes de ceux qui, à travers 
les temps barbares, nous ont conservé Tart d'écrire. 

La date qui termine Tépitaphe doit être lue Ante kalendits septenibris. 
C'est une formule de style antique et dont on connatt de nombreux 
exemples {^^ 



71,72 



Bendermacher, JuArbidier d$$ Vemn$ wm Aherikwmfrmndm tm Rkeinlande, 

1871, fasc. Li, p. 106. 




M]ft«i;j 




Deux fragments sortis du même eimetière et provenant de tombes 
chrétiennes. 

(') Imcr^. ikréL iê la Gtmh, t lU <'> IHd., t I, p. 388; Gieero, Ai Ai- 

p. 433. lfcifm,ni, 17. 



PREMIÈRE GERMANIE. M 

73 

KfiMPTEN. 

Becker, Afmakn des Venins fir Nastauàche Ahertkumkunde, i86i, p. 3i; — 
Koenen ^Jahrbikher des Vereins von AUerihumtJhundmimRh i883,p. 167. 




'JT In hoc sepulchro (r)eqte8cet in paee puelh (nojmine Alberca q{uœ) vixit 

annis XXXII et menées V et dies X. 

Cette pierre, conservée au musée de Gassel, a été, comme la sui- 
vante, découverte en 1779, ^^^^ ^^® vigne, à Kempten près de Bîn- 
gen. Au bas, le monogramme du Christ, accosté de l'A ID. Le mot 
nomine précédant le vocable du défunt se rencontre sur d'autres mo- 
numents <*'. 



(t) 



Insérai 



INSCRIPTIONS CIIRETIBNNKS. 



fiernli. Lio-ioii d Ki'iedr. Schueider, Die Bcrtûindit Imchn/t zuKemplen bei Bingeu 
{Jahrbieher dti Vereins non Allerihanu/rmndm im fthnnlanJe, i88a. fane. t«iï. 
p. 3a.) 




Jo i'i']imdiiis, d'après les dessins de MM. Leisen cl Schiioidcr. coltn 
iuscriplion encastrée dan;* la tour de l'église nu villa);e ih Kempteri. 
Klle eut gravée sur une dalle [lortaiit uti oriiemenl géométrique. La 
moitié seule en est couservée, et j'hésite, je l'avone, A tenter ici une 
iprliirc qui, sauf pour quelques mots, ne petit, t^fre qu'arbitraire. Par- 
fois, à l'époque barbare, le sens des textes lapidaires est didicile h 
suivre et à comprendre alors mdme qu'ils nous sont parvenus tout 
entiers. Il on est ainsi d'une épitaphe de Lyon, d'une autre de Saiut- 
Romain-cn-Gi]l ijuil sulfil du rappeler pour l'aire voir à quel degré 
les esitais de restitution peuvent demeurer inutiles devant certaines 
légendes'''. Si les dalles qui portent ces épitaplies étaient brisées par 
la moitié et c]ue l'un dcn fragments eût disparu, i]uelqu'un pourrail-il 
espérer de les compléter avec certitude? Il en est dp mi^rne, h mon 



' liucriplioiu ehritûnim lU U GauU, a' &S : CÎ-iiprè» a' io3. 



PREMIÈRE GERMANIE. 97 

avis, de notre inscription, dont le texte obscur et en désordre me 
semble fait pour déconcerter tout essai de restitution. On y voit seu- 
lement qu'il s'agit d'une jeune femme probablement nommée Berti^ 
childis reposant in hoc titoloy qu'elle a été mariée peu de temps, qu'elle 
est morte jeune et qu'elle faisait l'aumône. 



75 

Becker, Annalen des Verems fur Nassauische Aberthumskunde , 186/1, p. Sa; 
Kœnen, Jahrbueher des Vereùu wn Aberikumrfreunden im Rheinlande, i883, p. i58. 




M. Becker publie avec de nombreuses indications bibliographiques 
ce fragment d'inscription dont le texte devait être assez étendu. Si l'on 
excepte quelques mots qui se complètent facilement, il serait hasar- 
deux de chercher à en restituer la légende. 



•i3 



nirMatuB iatioiaib. 



98 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

76 

MAYENGE. 

Friedr. Schneider, Weitert ehrittUche Ituchrjftm au» Maint (Jakrlmeher des i'ereins von 
Aherthum^reunden im Rheùdande, 1883, fasc. lxxit, p. 5o). 

t IN HYNC 
TYMYIJO RE 
CIYIIKIT BOHE 
MEMORIE 
ADAI,H • • A 

ry; CIYI 

VIXIT IH 
PACE A 

Épitaphe incomplète trouvée 8ur la place de l'ancienne église Saint- 
Pierre. ËUe était encadrée par une ligne brisée comprise entre deux 
lignes droites. Les lettres sont mal tracées; la dalle mesure /tg cen- 
timètres de hauteur. L'A final peut représenter une abréviation du 
mot Amen^'^K 

'"' Voir ci-après, n* 80. 



PREMIÈRE GERMANIE. 99 



' 77 



Friedr. Schneider, Weitere lÂriêtUdu Itu^rijkn au$ Maimz {Mrbieher de» Vernn* 
tw» Altertkmn^rtunden m Rktinlande, iSâa, fasc. luiv). 



RE(iYIIKIT PRYCTA 
CHARIV; GlYI YIXIT IN 
PACE ANNY; XXI 
CONWTA OC TYMYU; 
RECUYIIKIT OSSk Si 

pyi^chrym bigive tv 
myi^aty; propnam 
;ybteriacit arce 
M i^m^is evihit me 
;erorym corda pa 

RENTYM EO fll^lY; 

t 

Inscription terminée par des qtumversus des plus barbares et dif- 
ficiles à expliquer. Je ne sais ce que signifie le deuxième hexamètre; 
au troisième, Jlwelis et evinit sont écrits pour Jlebilù et evenit. Ainsi 
que le pense M. Schneider, le mot eo qui suit le dernier vers repré- 
sente peut-être Texclamation heUy fréquente dans les épitaphes mé- 
triques (*^ Propnam paraît avoir été écrit pour propnam '^l 

'^^ Burmann, Anthologia, t. H, p. ga. notice inliUilëe Tabfes égyptiermes à inscrip- 
168, 981; Marini, PapiH diflomaiUe$, tùms greequês , p. 'j , 
p. 34 1 ; Foriimat, Miscell., IV, 1 1 . C£. ma ^'^ Voir Inscr, ekrk.de lu Gaule, n*" ^93 : 

MAkWT HIC PROPKIAE CORPY^ COMMITTERE TERRAE- 

WAM preciby; OyAE^U^E ;OkYM- 



i3 



100 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

78 ^ 

Friedr. Schneider, Weitere christliche Inschriften aus Maint (Jahrbiicher des Vereiins 
wn AUerthwnsfreunden im Rheinlande, 1883, fasc. lxiiv). 

IN HYNC TITO 
\0 RECIYIIKIT 
BOHE MEMORI 

E u\>i\im 

S CIYI VIXIT IN 
PACE ÀNNY 
; XXV- 

Une grande croix pattée occupe la partie inférieure de la dalle de 
pierre sur laquelle est gravée cette épitaphe. 

Je n ai pas de dessins des trois inscriptions qui précèdent. 



79 
SASBAGH. 

Fr. Kraus, Jahrbucher des Vereins von Aherthunu/reundeti iin Ithemlande, 1881 , p. 87. 

Le musée de Carisrulie possède une cuiller d'argent découverte A 
Sasbach près de Strasbourg. Cet objet, dont j'ai déjà donné un type^^^, 
porte sur le manche le nom d'ANDREAi* et sur le disque <]ui unit ce 
manche à la partie concave le monogramme chrétien T. 

Nous possédons un certain nombre de ces cuillers dont la forme 
parait n'avoir pas varié pendant de longues années. Il en est de chré- 
tiennes et de païennes. Beaucoup d'entre elles portent des inscriptions: 
les unes donnent un nom seul ou suivi d^une acclamation; les autres, 
une légende ])lus étendue. L'historien Lampride parle des cuillers sur 

'' Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 11" &83 des planches. 



PREMIERE GERMANIE. 



101 



lesquelles Héiiogabale avait fait graver, pour égayer ses festins, des 
sortes œnvivales ^^K 

Au ix"^ siècle, Flodoard et les auteurs de YHistoria Episcoporum Au- 
tissiodorensium mentionnent des cuillers portant des inscriptions ^'^K 

Le R. P. Cortenovis^^), MM. de RossiW Frôhner^, Reinach^^), Héron 
de Villefosse ^''^ et d'autres encore ont parlé de ces pièces d'orfèvrerie. 



80 
OESTRICH. 

Fr. Becker, Annalen des Vereins fur Nassauische AUerthumskunde , 1866, p. 5a; — 
Lindenschmit, Handbuch der DeuUchen Aherthumshmde , t. I, p. 606; — Kraus, 
Real-Encyclopaedie , 1. 1 , p. & 7 ; — Deloche , Revue afchéologique , mai 1 888 , p. s 98 . 

Bien qu'Oestrich soit situé sur la rive droite du Rhin, c'est-à-dire 
hors des limites de la Gaule, je mentionnerai, à côté des monuments 
de notre épigraphie chrétienne, un anneau d'or qu'on y a découvert. 
Ce bijou porte les mots : 




c'est-à-dire In Dénomme. Amen. Nous avons déjà vu à Lyon la pre- 
mière de ces formules ^^^ L'acclamation finale se rencontre dans un 



''^ InHeliogab., c. xxii. 

*^ Fiodoard, HisL Rem. , iib. i , c. xvni et 
uni : (tCochlearia tria quae nieo noniine sunt 
tilulala » ; Historia Episcoporum Autissiodoren- 
sium, c. XX : ffltem cocleares XII , pensantes 
libras III;habent caudas scripta9.n(Dnni, 
Btbliothèquehistonque de l'Yonne, 1. 1, p. 33.5 ). 

^'^ Sopra una tscrizione ffreca d'Affuileja, 
con t disegm di alcune allre antichità, ( Ras- 
sano, 1795. in-8'.) 



'^ Bulletlino di areheohgia cristiana, 
1 868 , p. 80 ; 1 878 , p. 119. 

'^^ Philologus, voir le Supplément Btmd, 
p. 57. 

^^^ Bulletin de eorrespondanee hellénique , 
1889, p. 353. 

^^^ Bulletin de la Société des antiquaires de 
France, i885, p. 84. 

^*^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 
a" 99 A. 



102 [NSCRIPTIONS CHRÉTIBNNES. 

eerUÎQ nombre d'épitaphes grecques^') ettatines^'^' et aussi sur quel- 
ques monuments de i'épigraphie non funéraire '^l 

La formule /n Dà nomme. Amm est des plus fréquentes dans les actes 
au bas desquels s'appliquaient des sceaux semblables à celui d'Oestrich '>L 



81 
WIESBADEN. 

Schalk, AnnaUn du Vereinifir NastautMehe Atterthwaakwuie , 1. IX, p. 365. 

Je donnerai de même, comme se rattachant à la famille de nos 
inscriptions, cette épilaphe trouvée à Wiesbadeu : 




Hie qieeit m p[ace) Municelna qi vixil an I. 

Comme les inscriptions de Trêves, avec lesquelles elle offre de 
gi'andes ressemblances, cette pierre a été gravée au v'= siècle. 



<" De Clarac, Inxi^tlioM du mutée du 
Lomrt, a" 867, 858. 

<'> }AaT\igny,BuH.d'itnMol.ehrii. ,tS^S, 
p. 7& et la note; Uûbner, Inttr^. Hitp. 
ekrùt., n" hq, 7$, 96, 171; Inter. ekrét. 
de U G<MJ«, n" 371 1 cl Si 9 (uuto 553). 



''' L. Renia', ItucriftianM rvHMÛuf dt 
l'Aigérk, n* 343i (aono Uhs); HûWr, 
bc.eii., a' 108. 

<*' Pardeuus, D^lamtOA,*.. Il, p. hh, 
84, g3, 97, i6i, aao (annii 637, 6A6. 
651,653,673,691). 



DEUXIEME GERMANIE. t03 



DEUXIEME GERMANIE- 



82, 83, 84, 85 

NEUSS. 

E. Aus'm Weerlh, Jakrbûeher des Vereins von Akerthumsfreunden im Rheinlandey 
fasc. Lxiii, p- 99; — De Rossi, BuUettino di archeohgia cristiana^ 1880, p. 98. 

Une monograDhie publiée par M. Aus'm Weerth nous donne une 
copie, trop imAfaite pour que je puisse la reproduire, de quatre 
petites plaques^e verre découvertes à Neuss, près de Cologne, au 
mois de mars 18&7, et qui ont été acquises par le docteur Jâger. Ce 
sont les débris dune cassette contenue dans un sarcophage de pierre 
phis étroit aux pieds qu'à la tète. Ces plaques sont, comme tant de 
verres trouvés à Rome et quelques autres provenant de Cologne , dé- 
corées de dessins sur fond d'or 

La première porte l'image du Christ, assis sur un trône, entre 
saint Pierre et saint Paul debout que désignent leurs noms inscrits 
au-dessus d'eux : PETRYi', PÀVI^yX. Ainsi qu'on le remarque souvent sur 
les objets de l'espèce et contrairement aux usages ordinaires de l'ico- 
nographie, ce dernier est placé à la droite du spectateur '^^ 11 s'agit 
moins ici sans doute d'une exception à la règle courante que d'un fait 
matériel : je veux dire le renversement de l'image que l'artiste tra- 
çait au revers de la glace. 

La deuxième plaque porte quatre personnages. Aux extrémités, 
saint Hippolyte et saint Sixte debout, comme dans les bas-reliefs d'un 
sarcophage d'AptW; leurs noms, écrits IPPO^Ti', fVSTiSy encadrent 

^** Garriïcci ^ Vetriomati difyure î'noro, 3, G; pi. XIII, n" 1, a, 3, 4, 5, etc. 
9* ëdilioD, pi. IX, n* 7; pi. X , n** 9 et 6; '^ Les Sarcophages chrétiens de la Gaule, 

pi. XI, n- 1, 3. 4, 8; pi. XII, n- 1, 9, pi. XLIX. 



lOA INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

leurs images. Le sujet centrai nous montre Job assis sur un monceau 
qui peut représenter le fumier dont parle rÉcriture^^' et devant lui, 
sa femme qui, rapprochant avec dégoût, lui tend un pain au bout 
d'une baguette. Le patriarche est désigné par son nom, lOB, la femme 
par Tépithète hlasphenia (BlyAH'EMÀ), la blasphématnce^'^K Le type de ce 
groupe se rencontre souvent sur les tombeaux antiques. Je le retrouve 
longtemps après dans les peintures d'un manuscrit de saint Grégoire de 
Nazianze, exécuté au vu* ou au vni« siècle (^>. 

On ne voit plus du sujet suivant que la ligure d'Eve, avec son nom 
EVA, et l'arbre autour duquel s'enroule le Serpent. L'image d'Adam 
a disparu. La disposition de ce groupe est commune aux œuvres des 
sculpteurs et aux peintres des anciens temps chrétiens. 

11 est difficile de reconnaître exactement ce que représente la qua- 
trième plaque. Devant saint Pierre (PETRi"), qui semble étendre le 
bras gauche, on voit accroupi ou agenouillé un personnage plus petit. 
M. Aus m Weerth pense qu'il s'agit de saint Pierre et de Malchus. 
M. de Rossi incline à croire que cette image nous montre le Prince 
des Apôtres identifié à Moïse frappant le rocher; le petit person- 
nage serait l'un des Hébreux se portant vers la source. Une bonne re- 
production de cette peinture pourrait seule permettre de l'interpréter 
avec quelque certitude. On ne retrouve plus, du reste du tableau, 
qu'un homme vêtu du pdliumy debout à l'extrémité de droite. 



(i) 



yoi, il, 8. — ^') M, il, 9. — ('> Étude sur les sarcophages d'Arles, p. 6i. 



DEUXIÈME GERMANIE. 105 

86 

G0L061NE. 

Fiedler, Jakriûdier dm Venmivon AberAumiJrmmdat, 1867, fasc. uii, p. 76. 

i,EOHTIY^ HIC lACIT f IDE^; 
PYER DYl,Ci;yiMY; PATRI PIEHTi; 

;iMY; MATRi ciYi vixiT anny; 
VII ET meh;i; m et die; vi in 

HOCEH; fYNERE RAPTY^ 

beaty; MEHTE il\JX 

ET IH PACE RECE;;IT 






Le mot fdelis atteste que Leontius avait reçu le baptême ('). 

Gomme dans une inscription romaine rappelée plus haut, le jeune 
âge du défunt me parait permettre de penser que le mot beatus a trait 
à la béatitude céleste ^^\ 

Je ne possède pas de dessin de ce monument. 



87 

De Rossi, BuUettino ai areheohgia eristianay i866,p. Sa, d'après une commauicatioo 
de M. Heuser; — Duntzer, Jahrbucher des Vereiruvon Alterthumi/reunden imRkein- 
lande^ 1867, fasc. xlh, pi. V et p. 168; — Garnicci, Storia deW arte crUliana, 
t. m, p. iiSetpi. CLXIX. 

Dans un des tombeaux exhumés à Cologne, près de Tég^ise de 
Sainte-Ursule, on a trouvé une patère de verre ornée de figures se dé- 
tachant en or sur fond blanc et représentant divers sujets de Thistoire 

^*î Voir ci-dessus n' 36. — ^'^ Cf. ci-dessûs, n* 64. 



uiraiBtMt lArtoiALi. 



106 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES, 

biblique. Une coupe de même nature, déjà découverte à Cologne. 
avait fourni sur ce» objets et leur mode de fabrication des renseigne- 
ments utiles ('). Celui que je reproduis tient dignement sa place parmi 
les ouvrages de l'art chrétien des premiers siècles. Dans le nombre 
dés sujets qu'on y relève, il en est un des plus rares, la vision d'Été- 
chiel rappelée, nous dit saint Jérôme, dans les leçons de toutes les 
Églises''^ Le prophète est debout, tenant une baguette dont il parait 
toucher des membres humains qui reprennent la vie en sortant du 
tombeau. 




Je ne m'arrêterais pas à ce monument qui appartient au domaine 
de l'antiquité 6gurée, si quelques lettres, débris d'une des légendes 
aeclamatoires que présentent si souvent les objets de l'espèce, ne se 
trouvaient sous la scène (^). 

<'' De Rom, Ballelm», i8e^, p. 89. — '*> In Sttehùl, c. ximi. — "' Cf. Gvnicci, 
VitrioMtùki, p. 76, 157, 199, pour ta forninle D«Jin> «mm intente Nir lea vasea de v«m>. 



DEUXIÈME GERMANIE. 107 

88 

BONN. 

Paul Wolten, Uàiiidur àtt Vermiu von AUet^immtfretiMitH m Bimulmà», 

1 88o , p. &8. 

....faSSklil^S^ 

riXITAB 



Je n ai ni dessin ni estampage de ce fragment trouvé à Bonn. La 
cinquième et la sixième lettre de la première ligne, reproduites en 
fac-similé par M. Wolters, m'ont paru pouvoir être un i et un ly^. Ce 
serait l'abréviation de Flacius employé comme prénom, que nous 
trouvons dans plusieurs inscriptions du v^ et du vi^ siècle (^). 



(^) Voir à Trêves Tëpitaphe da protecior dome$ik9u nomme FL Gaiêo {ImerijfiMms chré- 
tietmet de la Gauh, n* aSa. Cf. de Rossi, Imcr^fiimei tkrUtiatm urbU Bamm, t I, p. czii). 



ih 



108 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

89 

REMIGEN. 

Kraus, JaMnidur der VerekuvoH Abertkmit^rmmim m RktiiJande, i883, p. 180. 

HIC RE«1Y 
IKITPY 
£1,1,0 HY 

MEHE REY 
«ÏY DOI 

rrv.... 



Tir ^OD 
ADYIJ.... 

i....meh;e ' 
(;yhhdy 

Epitaphe trouvée en 1876 à Remagen, près de Bonn. Je n'en ai ni 
dessin ni estampage. Tel quU a été donné, ce petit texte me parait 
difficile à restituer; on n y lit couramment que le début Hic requisscit 
puello (puellus) numene (namine) ReudolJu{8). 



DEUXIÈME GERMANIE. 



109 



90 

CIMETIÈRE DE PONDRÔME. 

Annakê de la Sociiti archéologie de NamuTf 1887, p. 963. 




Anneau de bronze découvert près de Namur dans le cimetière de 
Pondrôme. Le nom qui y est gravé paraît formé de la racine agin. 

On a trouvé au même lieu des agrafes de fer plaquées d'argent et 
un grand coutelas portant l'inscription VIC^Y^ f ICIT <^). 



90 A. 
GARI6NAN. 




Je dois à M. Maxe Werly, correspondant de la Société des Antiquaires 
de France, le dessin d'un ardillon de fer plaqué d'argent, débris d'une 
boucle mérovingienne semblable à celles que j'ai données sous les nu- 
méros 5 1 et 57. Ce petit objet qui appartient à un collectionneur de 
Nancy, M. Bretagne, a été trouvé, dans le département des Ardennes, 
à Garignan, VEpoissus de l'Itinéraire d'Antonin. 11 porte, sur sa base, 
la tète du Christ se détachant au centre d'une croix pattée. Entre les 
branches de la croix on lit le nom EMMAHYEI^. Deux autres monu- 



(i) 



Annalee de ia SoeiM archéologique de Nanmr, 1887, p. s&i. 



INSCRIPTIONS CHRETIENNES. 



93 



De Bonstetea, Ameigerjur Sckwtizeritehe AUertkumMinmJê , 1873, p. 386 
Carte ankéohgîque dti catUon de Vatid, p. 90. 

En 18/19, ^ ^^"^ kilomètres de Daillcns, village du canton de 
Vaud, M. Gcx a découvert un grand nombre de tombeaux formés de 
grosses dalles de pierre brute. Ces sépultures, qui remontent à 
l'époque mérovingienne , contiennent des unies et de petits vases de 
terre rouge, des armes, des agrafes, des plaques de ceinturon en 
bronze et en fer damasquiné d'argent. Parmi ces derniers objets, il 
en est un portant, comme tant d'autres dans cette région de la vieille 
Gaule, l'image grossière de Daniel debout, en prière, entre deux lions 
qui lui lèchent les pieds^''. Autour de ce groupe est l'inscription: 

t oAiwv; t VYJ mm\K t>vo i,eone; eeo ew; i,eh(;ebaht. 




Après un nom propre placé entre deux croix et les lettres VVl dont 



''' Iiucriptloin ehrétieiiMi de la Gaule, t. I, p. &9&; Moutron, Histoire d'Aulrty, 1 
utignturi» ei de lei dépendance», p. 170, elc. 



OIIANDK SÉQUAiVArSE. 113 

la siBiiiGcalion ui'écha[ipc. l'agrafe Jo Daiilens (i(fr« uili; traii8crîi>- 
Uon barbare dn ces mois qui expliquent le sujel rcpr^t^cnt^ : 

Danie!. Duo leonts pede» ejus linfjebant. 

On a souvecit répi^'té que l'Église condiii^ail la main des aHisU*^, et 
j'ai déjà dit ailleurs combien celte assertion, uniquimient fondik sur 
un texte du vui^siùcle, me paraissait peu acceptabb:'". Le^ diverses 
représeu talions do Daniel jeté aiu bèlus féroces viennent Mufirmer 
mon sentiment. D'après la version donnée par Théodotion du texte de 
Daniel, version qu'ont suivie les sculpteurs et les graveuis puJscju'ils 
lignrenl de plus l'épisode d'Habacuc, le prophète était assis dnns le 
lacHB au tnilicu de sept lions; l'art chrétien nous le montre debout en 
prière, enire deux de ces bôlea farouches. Parfois même, on a ajouté 
une particularité étrangère au teste biblique : sur les agrafes trouvées 
dalis l'est de la Gaule, les lions s'inclinent devant Daniel et lui lèchent 
les pieds. Ce n'est pas là seulement que le miracle desanimnux féroces 
respectant les serviteurs de Dieu est orné de ce trait; je le retrouve 
aussi dans les vieux Actfs de sainte Thècie où nous lisons: Leterni mii- 
Uns ïinguam Ihigebat imtos Tkeclœ^^\ et dans le |)assage de saint Auk 
broise relatif à cette hi'roïne des ancien» jours : Cemcre eral Hngeniem 
pedem AesiwHi*''. Le m<^rae détail reparait encore sous la plume des 
bagiograpliËS dans plusieurs Actes des martyrs, ceux d'Éieuthère, 
Pauline, Christine, Auïcet, Marcel et Fortunée'". 

En étudiant la première série de nos inscriptions chrétiennes, j'ai 
voulu rechercbrr si la répartition locale des signes et des symboles 
que présentent ees marbres réjiondail à celle des marques similaires 
empreintes sur les monnaies; en d'autres termes, si la croix, le vase. 

■' Elvdei »aT let sareophaget d'Arltt, 

fT&atK, J). VIII. 

i" Gnlte.SpieiUgiumSanelorum Patnim, 
l. I. p. 108. Voir ou (iujel de ce tcile. mon 
tn^oirc ioUtiil^ : Hotu arckcologi^utM «ir 
itf Aettt de tainle TkèeU (.Inawiire de l'At- 
'i élvdfsfpveque», 1877, ]>. afio). 



'" Dt VirffiniUtle, II. 

<'> AclaS.El€HtiMru{M\aod.tèi>pn\.). 
Acia S. PmUni, S la (19 jul.): />mmo S. 
Chrittinm, S 16 (a& jul.); (^mpendiuin mar- 
tyr» S. Anietti.S a (ta ailg.); AetaS. Mar- 
»//i, S 7 (97 Bug.); Poitio S. FortamUa , 
S 9 (iti ocU). 



MA INSCIUPTIONS CIlUÉTrHNNKS. 

In colombe, les monoprommes du Christ se moiilraivnl dans les niâmes 
provinces, ntir ios onvra[;ft8 des môniUaires et ceux des lapicideS. Le 
|mrallétiKni(> i|iin je pensais pouvoir coiiâLatcr sur ce point n'cxisle pai?, 
til de cefait.comnie d'un autre de niôun? natuiT, j'ai conclu que chaque 
ciorps d'artistes ou d'ûKisftns avait, en propre ses traditions et ses types''*. 
I.H série des iiuajros de Daniel dans la fosse aux lions accuse de même, 
pour lies ateliers de nature diverse, i'emploi de modèles diirérenls. 
Tandis qoeaurtiw sarcophages, ic prophMe est, presque aans exception, 
représenta nu entre deux liona assis, nous le voyous sur les agrafes, 
v6tu, enti'c les lions qui se prosternent et lui lâchent les pieds. 

Pourquoi sur les objets de cette sorte a-t-on multiplié à l'infini 
le» ri'pM'scnlâtions de Danielî Je me le suis souvent dcmand(5, et 
ilussé-jo faire fauaso n>iite, comme it arrive parfois quand on se riîsout 
A hasarder une conjecture, je dirai ici ma pensée. Nous savons quelle 
valeur les anciens attachaient aux amulettes et quelle vertu ils leur 
prflloienl pour conjurer le mauvais sort. L'un des plus esUmi-s, des 
plus répauduH iwrmi ces phylaelt'ii'es litail l'imaue d'AIesandre dont le» 
monnaies, même che« les chrétiens, étaient rechercln^es et portées par 
les hommes, aussi bien que par les femmes, comme de précieux 
pn'îservHtifa '*'. Nous apprenons d'un autre côté quo, parmi les types du 
salut miraculeusement trouvé dans les périls, nos aïeux comptaient, 
avec Suzanne venf>ée de ses calomniateurs, tes trois jeunes Hébreux 
sauvés des flammes, Daniel épargné par les lions'"''. 

Or, do même quo cette dernière image se montre sur les plaques 
■le n'inluron, nous voyons qu'une monnaie d'Alexandre, phylactère 
hauteiuout réputé, a été encliAssée dans la plaque d'or d'un baudrier 
antique**'. Au lecteur d'apprécier si ce rapprochement peut mener h 



'' liMcriptioiu tkritimmet de ta Gmile, 

[««■■fjlCr, |>. I.1ITI G* LIIVIT. 

'' Tn*M. Poll»>, XXX Tsrvnm.i t3 
iDe (Jvitto); s. ChryMil. CaOïelin., tJ, ad 
illiuninnmkw.S S. 

*' llicroii. , Epi'U, I. Al] Innocmlium , 



S 9: S, Augusl, Epitt. CXI, Victorimo, 
S S. 

'*' Oh trOHtfra nne groTure d« celle 
pliti[iir> tlAm l(! Victitmnairf lU» aatiftttét 
greci/ua et romni'iM do MM, Daremberg rt 
SdJ^io.l. I.p. *58. 



GRANDE 8ÉQIJANA18£. 115 

conclure que i'ioiage de Daniel était, comme celle du (iiiuce macédo- 
nien, tenue pour uoe sauvegarde contre les périls et si l'on pe^t 
chercher dans ce fait la cause de sa remarquable multiplication. 



9i 

Une agrafe mérovingienne dont j'ai donné le dessin dans mon pre- 
mier volume!" porte, avec l'image de Daniel entre les lions, une in- 
scription en deux lignes que l'on a renoncé à expliquer. 

Sur une autre agrafe découverte à Dailleus et signalée par le sa- 
vant baron de Bonstetten '^', se trouve, avec une représentation abso- 
lument semblable, une légende pareille pour la première ligne et 
dont la seconde seulement diffère. Le sens de ces caractères m'échappe 
complètement. 



' Figure ai8 el p. h^li. 



' (]arte nrchéohgique du cmiton de Vaud, p. 90. 



INSGBIPTIONS CHRÉTIENNES. 



LES SEPT PROVINCES. 



VIENNOISE. 



95 

GENÈVE. 

Goaafi, Sekweiterùcher Anteiger, 1873, p. &53; 
Hirschtetd, Corjiiu itucriptioHiim latûuinm , t. XII, a* a6&&. 




Hic requieidt m paee bonae memonae Adel/infa^) qu(œ1) vixit anno« XXXIII 
tronmt quarto (^kalendatl) aprilet, indietione xii. . . po$t amgulatum. . . 
CitU. . . 

Inscription du musée de Genève, gravée sur une dalle assez épaisse 
de calcaire blanc. 

La restitution est difficile, eu ce qui touche les deux dernières 



VIENNOISE. 117 

lignes. Nous y retrouvons un chiffre d'indiction , \ii, peut-être xui ou 
xiui, car la pierre est entamée sur ce point, puis les lettres P05', début 
de la formule post conmkuum. 

La première mention de Tindiction qui se présente sur les marbres 
de la Gaule nous reporte à Tannée 691; c'est donc vers ce temps que 
Ton est fondé à rechercher le nom du consul qui figurait sur Tépitaphe. 

Dans son beau travail sur les inscriptions chrétiennes à dates cer- 
taines, M. de Rossi constate que le nom du consul Gethegus, qui reçut 
les faisceaux en Tannée 5o/i, se voit écrit de plusieurs façons diffé- 
rentes: Getbeus, Cytheus, Githeus'^'; le postconsulat de ce personnage 
nous reporte à Tan 5o5 qui correspond, pour les calendes d'avril, 
à la quatorzième indiction. S'il s'agit bien ici de ce consul, le seul 
de cette époque dont le nom puisse s'accorder avec les caractères 
demeurés lisibles, on doit se demander ce que portait le début de la 
dernière ligne; if devait, selon toute apparence, être occupé par les 
lettres f\, abrégé du prénom Flavius qui était celui de Cethegus, ainsi 
que nous Fapprend un marbre d'iEclanum '^^ 



96 

Fazy, Catalogué du musée de Genève, n"" 3s , i; 
Hirschfeld, Corpus imcfiptumum latiûarum, t XII, n** aG&S. 




Hic requiesdt banae memonae? Ursolus qui vixit annus 



Fragment trouvé en 186a. près du collège, dans les murailles de 
Genève et conservé au musée de la ville. 



Pages &i5, &i6. — ^^^ Carput mser^^num latinarum, L IX, n* iSyô. 



118 



INSCRIPTIONS CHRETIENNES. 



97 

Bccker, Annalen des Vereins fur Nassauische Alterihumikiuuh 1 1. IX , p. 1 39 ; -**- Krûus4 
Jahrbucher de$ Venins wm Aberthumrfr. im RheM. , fasc, )CM« p* 1 56 ; — Fozy, Cn- 
tahffue du musée de Genève , n^ a6; — - Hirschfeld, Corpus inscriptianwn latinanim 
t. XII, n« 2646. 




Même musée ; fragment de calcaire blanc trouvé au mois de février 
1 86a , en démolissant le bastion du Pin. L*épitaphe qui portait un nom 
terminé par gmis débutait par la formule banale Hie requiescet in pace 
bone memeriae. Elle paratt avoir été terminée par les mots requiescat 
anima que je n ai pas encore rencontrés sur les marbres antiques. 



98 

Fazy« Catakgw du nmie ds (hnh>e9 n"* 39* a; 
Hirscbfeld, Corpus inscriptionum latinarum, t. XII, n^ 96^7 




Fragment d*une inscription sur calcaire blanc; il appartient au 
musée de Genève. 



VIENNOISE. 
99 

Gosse, Anzeigerjur Schweizeriscke Alierûutnskunde , 1873* p. /i5&; 
Hirschfeid, Corpus inscriptionuni latmarum^ t. XII, n^ 96i!i7. 

H •. 

;iMio... 

n,v... 

HI 

Débris retrouvé dans les fouilles de Saint-Pierre. 

Sur un autre» découvert au même lieu, figure une colombe. 



119 



100 
BOURGOIN. 



Aiimer, Inscriptiani antiques de Vienne y t IV, p. a86; 
Hirdchfdd, Qnpus inscriptionum latinarum^ t XII, n"* aSBS 



f 

■ 



rta» 



qui viaù ^i^NX/S" 

..obiit. . . ^P DrClBH 
Ag La»^\tOVcc 




Pierre datée du consulat d'Âgapitus qui reçut les faisceaux en 
Tannée 617. Elle a été trouvée en 1876 lors de la démolition du clo- 
cher de Bourgoin (Isère). 

Les lettres qui, à la troisième ligne, suivent le nom propre sont 
peut-être le reste du mot diacaniês. 



120 



INSCBIPTIONS CHRÉTIENNES. 



Je dois ia copie de cette inscription et celle de la suivante à 
M. Âllmer, dont les infatigables recherches sont si profitables aux études 
archéologiques. 



101 
TREPT. 



^m^ 



I TTOKV 
BiÎPATRO. 

CINlSCtTt^OR /X[sT| 
VPcwsnroicTXti 



Ces trois fragments proviennent d'un même marbre trouvé dans la 
démolition de Tancienne église de Trept , près de Bourgoin. J'hésite à 
tenter une restitution quelconque d'un texte si incomplet. Si nous pos- 
sédons dans leur entier les chiffres de la dernière ligne, Tépitaphe.a 
été gravée au temps du vingt-cinquième postconsulat de Justin et dans 
la treizième indiction. Cette double indication reporte à Tannée 565. 

J'ai fait remarquer ailleurs qu'à Lyon et quelque peu au sud de cette 
ville, les inscriptions étaient datées par les postconsulats de Justin, 
consul en l'an 5/!io« tandis qu'autour de Vienne elles l'étaient par ceux 
de Basile ^^^ L'épitaphe que je viens de transcrire apporte une nouvelle 
preuve de ce fait dont la raison d'être m'est inconnue. 



''^ IttseriptioM chrétiennes de la Gaule, pi^t^facc, p. liiii. 



VIENNOISE. 



121 



102 
BBIORD. 



PALATIN. 

lClR\^VIfVlTI 



J'ai copié ce fragment à la bibliothèque du séminaire de Belley. 

La lombe devait contenir les rester de quelqu'un de ces personnages 
que Ton nommait Pakuini. 

Les dernières lettres de Tinscription , ABi", peuvent avoir été le début 
de Tépithète abslutus^ qui se lit sur d'autres pierres de Briord(^). 

Entre la première et la deuxième ligne on voit, en très petits carac- 
tères, le mot RECtYIE^'CYNT déjà probablement écrit sur le marbre lors- 
qu'on l'employa pour Tépitaphe. Gomme le faisaient les gens du mé- 
tier, le graveur l'aura sans doute masqué avec du stuc, avant de livrer 
son travail W. 



^^^ Inscriptions chrétiennes de la Gauk, 
n" 376, 38o, et préface, p. cxx. 

"^ Furlanetlo, Lapidi del museo di Este, 



p. Âky note 9; Borghesi, Œuvres, L VII, 
p. 199; de Rossi, Bulkttino, 1878, p. 79; 
Ronui sotterranea, t. III, p. 938. 



iG 



inpimcrti ■ATiovAtc 



122 INSCRIPTIONS CBRÉTIENNES. 

103 
SAINT-ROMAIN-EN-GAL. 

Ailmer, Revue épigraphique du midi de la France, t. I, p. 3 95 et 956; — Florian 
Vollcntin, Bulletin épigraphique de la Gaule, i88i,p. 979; — Hirschfeld, Corpu» 
inecriptionum latinarum, t. Xli, n" 9i 16. 



0ClACITq£lVONSJAfc~ 

IvniCVIRWTlSWîQ/kEiFAMvVAl 

FAblIlDNTfH 
:EA/ÏRITVSaiSlll^CAlJTFAMy!! 



Uiajacet Ge)vntta 

Condidit alla quies annis meritisque verefidani 
Justitiael virtulis adque vert {1)famHlam; 
Quae veneraia Deum ctmctis venerabilis tnter 
Etneritos ChrisUnunc habitatl ^^^ famulos'! 

Ëpitaphe d'une lecture difficile; on Ta trouvée en 1880 à Saint- 
Romain-en-Gal , près de l'église, dans les mui*s d'une ancienne maison 
dépendant de la Commanderie ; elle appartient au musée dfè Vienne. 

Les quasiversus dont se composent les six dernières lignes ont pro- 
bablement été empruntés à une pièce plus étendue que l'on n'aura su 
ni lire ni comprendre. 

Le graveur avait substitué aux D des B qu'il a effacés ensuite; puis l'I 
à \\ et l'f à l'R et à YS. La lettre Ct faite comme ici en forme de C\ se 
retrouve à la quatrième ligne d'une épitaphe du vii^ siècle publiée par 
l'abbé Gazzera^^l Celle de Saint-Romain-en-Gal me parait de beaucoup 
antérieure. 

^'^ Cf. Imct, ckrét, de la Gaule, t. Il, ^^ hcriiiani eristiane dtl Piemonte , pi. L 

|). hos : CAEU Sim HABITAKE QYIETA^ flg. 9 , et p. ig. 



r 



«• 



VIENNOISE. 123 

104 
VIENNE. 

A limer, Inscn/itiotu de Vienne, t. IV, p. Zah. 




Un recueil formé par M. Ghaveraod, l'un des anciens bibliothécaires 
de Vienne, et contenant des dessina d'antiquités trouvées dans la loca- 
lité, donne cette inscription disparue qlie M. Allnier nie signale. Le savant 
archéologue y reconnaît avec raison ces mots défigurés par le copiste : 

ŒQkh^ Km BÀCdAHH tme^YK KACClAhOY Atro KUIMHC 

AAroi?.... àH«Hl 

L'épitaphe est évid^mmenl de basse époque ^i sb formelle est de 
celles qui se lisent star leis marbres des fidètes.-Appartîenl-ette h une 
chrétienne? Je iie «aurais le dite, attèiidtt sa rrt\ati!*tion et nm]perfec- 
tSon de la topté. Il eSft à coup sûr fort probabtè qtt*, suivattt l'opinion 
de M. Àllrhër, une croix o* un ittonogramtte que l'on aOra pris pour 
la lettre T précédait le mot initial Œ9AA^. 

Unte raisoA de dô^téfr se Wèùve drfns lés rtiolô £AEY6Ef A KAEHANOY, 
la qualité d affranchi n'étant ^reëqûe Jamais , c&ttHbé je l'ai tJil et 
expliqué aUleur», jointe au nom du défunt sur les épitaphes chré- 
tiennes'*), Quoi qnil en soit, la formule ATfO KUUMHC, particulière 

«*> Inier.'eiréU Se la Gauk, 1. 1, p, t rî. ensevelie dans les catacombes de PriscHIe est 
Cf. de'Rosiî, Êe'ihmiams tltàis Càéikofi- qualifiée kr(aaUfK.'(BuU. «w*. erkt.. 
niennlnu, p. âi. Nolons qu'une chféUenbe 1886, p. toO,) 

16. 



124 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

aux inscriplions des personnages désignés autrefois sous le nom vague 
de synetis, montre que Bassiane était étrangère et de race orientale (*'. 
Je ne saurais reconnaître le nom de lieu qui suivait ici le mot Kebfirf^. 



105 

Charvet, Fastes de la ville de Vienne, p. i &8 ; — Ailmer, Inscriptions antiques de Vienne, 
t. IV, |). a6o; — Hirschfeld, Corpus inscriptionum latinarnnij t. XII, n° 9067. 

hic reqyiekit ih pa 
ce bonae memoriae 
cai,ymnio;a qiyae 

YIXIT ANHi; XI, 
ET0BIIT.XYf5l,DIYH 

;ymmacho vc con 

Epitaphe perdue ; elle est transcrite dans un manuscrit aujourd'hui 
publié, celui de Charvet, le vieil historien de Vienne. 

Le Symmaque nommé à la Gn de cette inscription est probablement 
le consul de l'année 685 ^^^ 

J ai dit ailleurs mon sentiment sur une série de vocables étranges 
paraissant reproduire, certaines épithètes injurieuses proférées contre 
les chrétiens qui les acceptaient et s'en faisaient gloire ('). De ce nombre 
est, je crois, le nom de CalumtUosay assez fréquent chez les fidèles (^), 
et que je n'ai pas encore rencontré parmi ceux que portaient les 
païens. 

Charvet dit que cette inscription a été trouvée dans le lit du Rhône, 
vis-à-vis des jardins de Saint-Pierre, en janvier 1763. 



^'^ Inscr^tkns chrétiennes de la Gaule, ^^^ Aux indicodods de ma note, t. II, 

prëfaee, p. cxv. p. 67, ajoater les suivantes : Concilia GaUiœ, 

^*^ Ibii,, n* 388 a. p. 966; BoHand., Aeia saneUmm, ta janv , 

^*) /*iVi.,n'4ia. p. 787, 



VIENNOISE. 



125 



106 

Ailiuer, Inseriptions antiques de Vieime, t. IV, p. 9g/i-9^, et Atias, n* 979-1/1. 



l rv HO CT^n^L ORf C5!l//f 5C JflAL 
P/\CfBONEriEN ôWAFDA,^^^ 
M>^TJV5AD0LlS(ENSaVfV/Fr*T 

ETpl£5vnûB^îT.ViiI-kALEWDAS 
DEC EM8Rl6VPJLlôNf VecoA/ 

UE 



Copie de M. Âlliner. 

Un défaut du marbre a obligé ici le graveur à laisser un espace 
après les deux premières lettres du nom de Dalmatius, G est un détail 
assez fréquent dans les inseriptions de basse époque. Comme un autre 
enfant du même âge mort à Âoste en 5/17 ^^\ Dalmatius est qualifié ado" 
lescetis; il n'a vécu que quatre ans et sept jours, jusqu au 8 des calendes 
de décembre, sous le consulat d'un des deux Opilions. Le premier de 
ces personnages a reçu les faisceaux en 653; le second en 5si/i. C'est 
seulement en 693 que se montre, sur notre sol, d'après mes relevés, 
la formule compliquée par laquelle débute l'épitaphe : In hoc tumulo 
requiescil in pace bonae memotiae (^^ ; j'incline donc à faire descendre jus- 
qu'aux premières années du vi^ siècle la date du décès de Dalmatius. 

Je noterai en passant la substitution fautive de l'H à l'M, qui se 
montre ici dans le mot memoriae. Nous l'avons déjà vue dans* une in- 
scription d'^AriesW; nous la retrouverons encore dans ce volume ^*l 



^') Inêcnpdwê chréÊmnes de la Gauk, 
D* Sgi. 

^'^ Ibid,, prëbce, p. u. 



^'> /Wrf.,n-535. 

^*) Ci-après n** i6d. Cf. Corpus inser. iat., 
U VI, n* 8971 : 11E;;ûK pour MÎSSQK. 



126 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



107 

Allincr, Revue épigraphtque du midi de la Franety n^ 738. 



+ HlCKlQVII^crTINPÂCfioNê 

MWÔRIViMMQk[NVSQVi^T^ 
RWVITNORSINI/^DACFIVJ 



Pierre trouvée, en juillet 1888, dans la cornîche de Tabside de 
l'église Saint-Pierre; sa face inscrite était engagée dans la maçonnerie. 
En tôle est sculpté un rinceau de pampres et de raisins. 

L'épitaphe du jeune Maurolenus se distingue de celles du type com- 
mun. Son texte n'est point de ceux que les lapicides empruntaient à 
leurs formulaires ('). Celui qui Ta composée parait avoir eu quelque 
connaissance des lettres, comme le montrent les mots mors invida si sou* 
vent répétés dans les pièces de poésie funéraire. De même que l'expres- 
sion adolescens appliquée à un enfant de quatre ans dans l'inscription 
qui précède, le mot infanlia, écrit à propos d'un jeune homme de vingt- 
trois ans peut causer quelque surprise. Pour ne citer ici qu'un seul 
auteur, je rappellerai cocnment, au sentiment de Varron, se distiu-* 
guaient les diverses étapes de la vie humaine : «rVarro, dit Cen- 
sorin, quinque gradus œtalis œquabiliter putat esse divisos; unum 
quemque scilicet, prseter extremum, in anno XV. Itaque primo gradu 



.«) 



InicriptioM chrétiennes de la Gaule, n* h^ù. 



VIENNOISE. 



127 



usque ad annum XV, pueros dictos. . . secundo ad XXX annum ado- 
lescentes ^^' v 

Nous avons déjà rencontré plusieurs fois et nous retrouverons plus 
loin encore l'adjectif banememonus, particulier à la Gaule et au nord 
de l'Espagne f^J. 

Le souverain dont la troisième année est mentionnée sur notre in- 
scription ne saurait être Clotaire I^ qui ne possédait pas la Bourgogne 
à ce moment de son règne. Le doute peut exister entre les deux autres 
princes du même nom, Clotaire li et Clotaire III. D'après de récentes 
recherches, ce dernier est monté sur le trône entre le 1 1 septembre et 
le 16 novembre 667 (^'. Le 1" mai de sa troisième année correspond 
donc à la deuxième et non à la troisième indiction. Quant à Clo- 
taire U, il est impossible d*asseoir ici un calcul exact, la date du jour 
de soD avènement au trône de Bourgogne en 6i3 n'étant pes connu. 



108 

Allmer, Inscriptions antiques de Vienne, t. IV, p. &o&, atlas n"" 390, 67; 
Hirschfeld, Corpus inscriptionum latinarum, t. XII, n^ ai 33. 



'^^^^ 



/<\ I VN \\M 
(TlFSnTROMF 



^ORIAFP/iTRI 



5QVIV/XFT/fllSf 



I XV-OBIITIM 




Inscription trouvée à Vienne en i865. On y lit sans difficulté : In 
hune lumulum requiescit bone memariae Palricius qui vixet amw» LXV, obiit 
in pace idus marti{aii) 



(^) De die notait, c. xiv. Cf. bid. Hisp., 
Orig, XI, 9, etc. 

^*' Inscr. chrét. de la Gaule, voir la table. 
^^^ Krasch, Zur Chronologie der Merowùh 



gischen Kônige dans les Forsckungen zur 
deutschen Geschiekte, t. XXII, p. ^89; 
J. Havet , Bibl. de f École des chartes , t. XLV I , 
p. 433-639. 



128 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

108 A 
Hirsfhfetd, Corpus ttueriptionum latituirum, n" 31 36 



A » * ' ' ' 



\ HiaEQYIESÇII 
NYSQ' 

Tnhletle de marbre blanc, appartenant au musée de Vienne. 

Hic requiescit in pace Peregrinus qui 
viœ[il an)ni8 VI et me{fmhm). 

L'inscription est en beaux caractères, et ne porte pas la formule 
hmiae momoiiae que nous trouvons pour la première fois en 67 3 ^'l Je 
la crois antérieure à cette date. 



109 

Hirschfeld, Corpu» inscriptionum latinarum, t. XII, n"" 9t38. 

(E^OCATVâ 

xiTpLvs m 

Eic reqnie{scit in pdjce Iiogatu{s qui v%)xit plus fne{nus 

annos) XL. ohiei. . . 

Fragment gravé sur pierre de choin et conservé au musée de 
Vienne. 

(') InMcriptumM ekrétienne» de la Gauh, préface, p. i. 



i*. ..■,.-, 



VIENNOISE. 



129 



Ce n'est pas sans étonnement que je trouve le mot hic orthographié 
eic. La forme Heic donnée à cet adverbe ne m*est connue que sur des 
marbres et dans des gn^fiti à'nne haute antiquité (^). Peut-être s'agit-il 
ici d'une erreur matérielle du graveur qui aurait substitué un E à 
iH initial du mot hic. 



110 

Allmer, Revue épigraphique du mUi de la France y d^ 718. 



" f'i'i'. 




\ N H oljjJÎJî MVLORf Q VVf SC 1 T 
iKjPACfBÔNAlMfrs^OR ia( 

ROMAN VJSVBO Q\/ïV)X/ T 



I 





J'ai reçu de M. Cornillon, bibliothécaire de la ville de Vienne et 
conservateur du Musée, un estampage de cette épitaphe trouvée, en 
décembre 1887, dans lé dallage de la petite chapelle SaintrGeorges , 
contiguë à la basilique Saint-Pierre. La partie supérieure du marbre 
est engagée sous la base d'une colonne. 

Le sous-diacre Romanus est mort dans les années qui ont suivi le 
consulat de Basile, consul en 56 1. 

L'indication précise de la date a disparu avec celle du chiiïre du 
post-consulat. 



1078, 1080, 1081, elc, t IV, n*' i446, 
1 8&9 , 1 989. Je ai encore rencontre qu'une 
seule fors, dans une inscription des premiers 
temps elirëtiens, la syHabe eise substituant 



à iï (Perret, CaiaeomkeÊ, t. V, pi. xxv: 
IF^EIY^ pour ipsùu). Uëpitapbe de Sevtra lon- 
guement commentée par le Père Lupi pçrte 
les mob ^ICir€IP€lTU) , ♦a€I€. mais il s'agît 
Ui d'un texte latin écrit en lettres grpoqoes. 

«7 



I 



ISO INSCRIPTEOfiS CHRÉTIENNES. 



111 

Allmer, Inter^jUions muique» dt Kwmw; a* 190/i; 
Hiraohfeid, Gorptu ituriptùmum latùmrum, t.Xlf,.»" athi. 

(hIcrj 

/f s cm N/ 

MIT îtM 

f/ic requiescuni in pace Sikia et. . . qui viàdt annos IIII el minses . . . 

Fragment apparteûant à M^. Girard et communiqué par M. Allmer. 
Il a été trouvé, en novembre 1871^ en démolissant un mur d'une 
maison située en face de la jcaserBe. 



112 

Allmer, AnlbCtn de la SôeUêé deê*tmêifumrei de Frtmee^ 1866, p. G&; 
HirschMAi GoqjmsiiuariptimwmlatimnmfU Xlli,.n'' 9166. 



STlT 



4^ 



Débris d'épitaphe trouvé dans le Rhône, un peu au-dessous de 
Vienne et conservé au musée de Lyon. L'intérêt de ce marbre réside 
dans la formule m albiê reeesiit inscrite aux deur premières lignes. 
C'est là une mention peu commune, bien qu'un grand nombre de chré 
tiefts, baptisés autrefois m extremis y soient morts avant d'avoir déposé 
les aubes du saorement régénérateur. liai cité aillmirs à ce propos et 



^ . 



VIENNGfSE. 131 

parmi d'autres textes antiques, un vers épigraphique de Fortunat où 
se lisent comme ici les mots recessit %n albis^^\ 

Quelques lignes de Grégoire de Tours nous apprennent que les 
nouveaux baptisés étaient ensevelis avec ces albœ quils ne devaient, 
si la vie ne leur manquait, déposer ^u au bout de huit jours : (rDans 
l'église de Saint-Vénérand, dit-il^ -au temps où Georgius était comte 
de Clermont, une partie de 4a ^eè4e -de !a cella où se trouvaient des 
sarcophages sculptés s'écroula, minée par les pluies, et le couvercle 
d'une de ces tombes fut brisé. On vit dans le sépulcre le corps d'une 
jeune fille aussi intact que si la mort était récente; son vêtement 
n'était ni détruit par l'humidité , ni même souillé ; H était de soie blanche 
et plusieurs de nous en conclurent que la jeune chrétienne était morte 
dans les aubes du baptême ^^^^t). 



113 

Ailmer, Inscriptions (mtiques de Vienne , L IV, p. 3oo; et atlas, n"" 979*5. 




QvmÊm 

Oj^TyiIOlESIWHA 



Dessin de M. Âllmer. Fragment de marbre très ruiné, trouvé à 
Vienne ^en 1873 dans ie <[uartier de ia SAiie leter partant «a revers 
des bandes d'architraves bordées d'un cordon en iorsade-n. Onyirecon- 

nctft ^cAqttes mots sans suite : itefuiemt^ . . « . iMitoi %tdim VU 

àmcêpHna eudo. La lecture du Teste iest fort incettaioe. 



'^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, n* 335. -^ ^*^ De gloria Confessorum, c. ixiv. 



n- 



132 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

114 

Allmer, Inscriptions antiques de Vienne j t. IV, p. 2^9 ; et atlas, n"" 390*66. 

NVKRAA 



Dessin de M. Allmer. 

Ce marbre est sorti, avec tant d'autres, des fouilles de Téglise 
Saint-Pierre ('). Sa provenance et la forme des lettres permettent de le 
considérer comme chrétien. 



115 
IBid.f t. IV, p» &i3; et atlas, n"" 3to. 

SERV, 

Dessin de M. Allmer. 

Inscription d'origine incomiue, conservée au musée de Vienne. 

Hic requUêcù in paee 

bime memariae 

presbyteTy $ervivit annist • . . vix- 
, fit annis 

« 

Le complément que je propose pour la troisième ligne est fondé sur 
plusieurs textes antiques ^^K 

D'après le libellé de sa formule initiale, cette épitaphe doit appar- 
tenir à la fin du v^ siècle ou au vi*. C'est la première fois que je ren- 
contre, à une époque aussi ancienne, la barre d'abréviation affectant 
la forme ^ fréquemment usitée plus tard('). 



(') Inseriplions chritiefmes de la Gank, ^'^ Ibid., n«* 865. Cf. n** 667 a et &83. 

t. II,p.58i. w Ibid.,n'5^L 



VIENNOISE 



13» 



116 

Allmer, hser^tUmi antiquei de Vienne y t. IV, p. &o8, alias, n'' 670; 
Hirschfeid, Corpus mêcriptionum latinartmiy t XII, n"" 3166. 



HlCrACET) 

OXQVl/ 
PFESVlCv 

ViESCEtL 




Dessia de M. Âllmer. 

Hicjacet tnnoxl qui victt 

dies vigtnti requiescet inpace. . . . 

 Rome, comme en Gaule, le début htcjacet indique un temps an- 
térieur à l'emploi des formules plus compliquées (^). 



117 

Hirscbfeld, Corpus mêcriptionmn latinarum, L XII, n*" 2077. 

.1 

poêt œnmlatum NI lYN YCC 

Fragment de marbre vu au musée de Vienne par M. Hirscbfeld. 

Le postconsulat dont Tinscription portait la date peut avoir été 
celui à'Avienus junior ou de PauUwus junior; elle serait ainsi quelque 
peu postérieure, soit à l'an 5o3, soit à l'an 53 &. 



(») 



Inscriptions chrétiennes Je la Gauk, préface, p. viii. 



134 



INSCRIPTIONS 'OlilBÉTIENNES. 



118 
Alimor, Remœ ipigraphique Jht midiide'la iFrame, n^ 70a. 

'IIS5EDI 



Débris de marbre cipoliin à face légèrement convexe; il a été 
trouvé, en décembre 1887, au milieu de la terre qui recouvrait les 
sarcophages exhumés dans la chapelle Saint-Georges. 'Bien que les mots 
aliis sihique puissent rappdler les formules épigraphiques où les défunts 
sont loués de s*ètre montrés généreux pour Jes autres, parcimonieux 
pour eux*mémes(^\ je n oserais proposer sur ce point un essai de 
récitation. Si les iettres initiales de la troisième ligne appartiennent 
au mot popuUsy notre fragmenft proviendrait sans doute de Tépitaphe 
de quelque haut personnage, ecclésiastique ou laïque. 



119 



TVlv) 

cipe: 

VEJ 



PetUe plaque de marbrée .cipoUixi ti^ouvée, en juin 18^8, pai* ie 
conservateur du musée de Vienne^M. Gomillon, qui a bien voulu m'en 
communiquer un estampage; elle était employée dans un vieux mur de 
soutènement de Téglise Saint-Pierre. II est difficile de savoir quelle en 



^'^ Gruler, 117/1, iOcPAYPEWBV; WY- 
PkEX «BI PAYPEK ; Cf. Chorier, Recherchée 
sur les antiquités de la ville de Vienne^ p. Sa a : 



KkKÇ^S PAYPEWBY; PAKCY; SnU inscriptions 
chrétiennes de la Gaule, n* Aga : PAKCY^ 
Sm KkKÇ/S KHKIS , eic. 



VIENNOISE. 135 

était rioscription. Si les quatre lettres de ravant-dernière ligne appar- 
tiennent au mot Msdpe adressé au Seigneur, comme nous le voyons 
dans une épitapfae d'Arrae, en Viennoise, et dans' j^usieurs liturgies 
funéraires (^), elle aurait contenu une prière pour le défunt. Les trois 
premières lettres pourraient dans ce cas être le reste du mot mémento. 
En exceptant les monnaies romaines où lés M sont faits de quatre 
barres verticales et parallèles, j*ai rarement vu cette lettre formée, 
comme ici, de membres détachés. 



120 

Débris provenant d'une épitaphe chrétienne. M. Gornillon, qui a 
bien voulu m'en envoyer un estampage, m'apprend que ce marbre a 
été trouvé, en 1887, à Vienne, dans la Grande-Rue, en construisant 
un égout. 

Peut-être faut-iliire à la seconde ligne transkCïlS HÎHsibuSy paroles 
donnant le nombre des mois dans l'indication de l'âge du défunt. Dans 
cette hypothèse, l'épitaphe semblerait avoir été métrique. 



(>) 



PUCIMXPAaTW Ç^Satl(lMcr.ekrii.deU Gmk^L II,n*&73,fiilanelede la p. 17Â). 



136 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

120 A 

Alimer, Revue épigraphique du midi de la France y n^ 7&1. 

in hoc tut\0\S 

...... l,EBR 

YMCAE 

....A ;PREYI 

Dominu ou DeuM. METYEN« 

. . . EX adyer;ar 

...Ti;iNCxENIOXP • 

«II? y; dTp.III IDY; lANYAim. . 
po8t cons. BaS\\ YCC INDÏC . XIIIl 

Marbre tiré, en août 1888, des débris d'un mur, côté nord, de 
l'église Saint-Pierre. La face inscrite était tournée vers le sol. Ce débris 
et les six autres suivants, dont je ne possède pas de dessins, sont 
déposés au musée de Vienne. Contrairement à ce que nous voyons 
d'ordinaire pour les inscriptions chrétiennes, celle-ci a été gravée sur 
un bloc. 

La restitution de la cinquième ligne me paraît justifiée par plusieurs 
textes (*\ 

Les supputations par les postconsulats de Basile, qui reçut les fais- 
ceaux en 5&1 et dont le nom figurait sur ce marbre , s'arrêtent jusqu'à 
présent, en Gaule, à l'année 606. Dans ce long intervalle de temps, 
une quatorzième indiction reparait quatre fois, en 55 1, 56 1, 58 1 
et 596. 

<'^ Fredegorius, Ckronicum, c. xui : TIMEN^ DNM. Ci-dessus ii* a6 : VIXIT IN 

«rtimens Deum*. De Rossi, Roma sott., AMOKE ET TEMOKE Dhci-dessous, n" 916 : 

t. III, p. 997. TIMEN; DYM. Inscr, chriu ÛYE VIXIT IN TIMORE DI. CoiicfY. Agaun. 

de la Gaule, n* 669 : DM TIMEH^; n* 688 : circa a" 698 : trln limore Dni nlri J. €.1.^ 



VIENNOISE. 137 

120 B 
Alimer, Revtte ép^raphique du midi de la France, n* •jhi 

A 

annos V . ET MINses 
I . OBIIT IN Chrisio'i 

i.hona; 

deceml BRU 

Fragment d'une plaque de marbre découvert, en septembre 1888, 
dans les fondements d'un mur du cloître de i'église Saint-Pierre. 



120 C 

Ibid., 11° 763. 
requi ÎScil 



BOHE memoriae 

MAY 



Débris tiré, à la même date, d'un vieux mur de l'église Saint- 
Pierre. 



120 D 

Ibid., n** 74i. 

CIYI 

TYOR ET 
XY . OBIIT 

kl.januar? \kS 

Découvert en août 1 888 dans des fouilles faites autour de la même 
église. 



f8 

tar»niKaii iati^ialc. 



188 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

120 E, 1-20 F , . 

. Allmor, Aeoue épigrapkique du midi de h France, n^ 7/16. 

v;... ..;iNE... 

Hi;. . . fAMY. . 

av. .. 

Deux débris trouvés, le premier dans le seuil de la porte d'une ma- 
sure adossée à la face sud du porche de l'église, le second sur la route 
de Saint-lilarcel , près du théâtre romain. Gomme l'a noté M. AUmer, 
ce dernier marbre a pu porter la mention famulus ou famula Dei. 



121 

Hirschfeicl, Corpus inêcriptionum latifmruni, 1. XII» ii*" âi5^ 

BOHAE 

REU 

IT 



(iopié par M. Hirschfeidau musée de Vienne, actuellement eu re- 
construction. M. Gorniilon y a vainement recherché ce fragment pour 
en joindre l'estampage à ceux que je tiens de son obligeance. L*épi- 
taphe portait probablement la formule banale Hic requiesdt in pace 
hotiae memoriae; peut-être marquait-elle la tombe d'une religieuse (|ua- 
liliée REygrtb«a^^). 

^*^ Cf. S. Greg. Magn., Regesta, VII, a8 : «rAdeodatœ ancillee Dei. . . pt*8DdictiB Adeodatœ 
i-eligioeœ»»; Inser. ehrél. de la Gauk, n* 545 : EY«BIA KlWOSk MACHA AHCEUA M etc. 



1-21 A 

Allmei, Revue ép^aphique du midi de la Fronce, a° > 




Je dois à M. Coniilloii, conseivateiii- du musée des auUqiies de 
Vienne, un estampage de ce fragment trouvé, en septembre 1889, 
près de i'église Saint-Pierre. M. Allmer s'est demandé quel empereur 
a pu être désigné ;\ ia seconde ligne du marbre. La désinence TINI 
ne peut s'adapter qu'aux noms de Constantin et de Justin. Mon savant 
confrère écarte tout d'abord les deux Justins, empereurs d'Orient, dont 
le nom ne paraît point dans les inscriptions de la Gaule: il fait de 
m^me des deux Cunstantins, morts, le premier en 337 ^^ '^ second 
en 360, i'épitaphe, quoique assez bien gravée, ne lui paraissant pas 
remonter à une époque si haute. Reste le tyran Constantin (|ui avait 
fixé sa résidence à Arles'" et dont le premier consulat est mentionné, 
en iog, sur une pierre de Trêves'^'. Le postconsulat de ce person- 
nage figurait donc sans doute, écrit M. Allmer, sur l'inscription de 
Vienne qui aurait porté les mots po$t consulalum ConstanTiNI ÂYC\((«/t). 
J'incline à accepter cette opinion méthodiquement présentée et j'ajoute 
pour l'appuyer, en ce qui touche l'exclusion des deux premiers Constan- 
tins, que le symbole du vase gravé au bas de notre marbre ne s'est pas 
encore rencontré, dans les épitaphcs de la Gaoie, avant l'année fi5o'^'. 

La dernière ligne portait probablement la formule Uesurget m 



' Zoàme. V, xxu. 

' Iniei: chrél. de la Gaule, 



' lliiil , |nvfflce. p. XI 
' //,)>/., t. Il, [..37. 



140 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



1 



r 



121 B 

Hirschfeld, Corpus inêcriptiomun latinarumy t. XII, u** 3178. 

HO?f 

PAC! 

.K(T 



Marbre blanc, au musée de Vienne. 
In hoc tu(mulorequie8cit%n)pace b(m{ae menwi^ae s)anclem{miiaUH). . . . 

Nous avons déjà vu en Gaule plusieurs épitaphes de religieuses dé- 
signées, comme ici, parle nom de sanctinumialis^^K 



( 



\ 



121 G 

Ibid., n^ 91 35 




Musée devienne. Fragment de marbre blanc. L'inscription, en bons 
caractères, ne parait pas postérieure au commencement du v^ siècle. 
Je n ose proposer une restitution pour la première ligne. La seconde 
débutait probablement par les mots QY! VIXIT* 



^'^ Interipivmi chrétiennes de ia Gauh, n*' a 89, &68, 676. 



VIENNOISE. 



1A1 



122 
SAINTE-COLOMBE. 

Allmer, Inscriphùn» antiques de Vienne y t. IV, p. &19, atJas n^ 3510-73 ; 
Hirschfeld, Corpus inscriptionum latinanan, t. XII, n* 9i6â. 



iUl 



^/R.OMERmSNVNCl 



Débris de provenance inconnue, copié par M. Ailmer dans la cour 
d'une maison voisine du Rhône. 



123 

VÉRENAY. 

AUmer, Inseriptùms antiques de Vienney t. IV, p. /isA, allas n"" 390-7/1 ; 
Hirschfeid, Corpus inscriptionum latinarum^ t. XII, n"* niAo. 



femOBIlTfW' 
MAS/VKII 

Copie de M. Âllmer; inscription trouvée à Vérenay (Rhône) et con- 
servée au musée de Vienne. Elle doit être lue comme il suit : 

Hic requiescU in pace banae memariae 
Severa quae vixil annos LUI? Obiit 
in XPO nonasjunias 



IA2 



. [NSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



124 

EYZIN. 

Allmer, Inicr^mu antiquet de Ftentie, t. IV, p. &3g, atlas n* 330-78; 
Hirschfeld, Corpus itueripticmum tatmarum, t. XII, n* ai 65. 






Dessin de M. Âilmer. 

Fragment trouvé dans la démolition de l'ancienne chapelle de Saint- 
Marcel et maintenant encastré dans le mur intérieur de la nouvelle 
église. Le nombre décima, qui se lit à la fin de l'épitaphe, représente 
un numéro d'indiction peut-être précédé par le nom d'uji consul. 



125 

LE PASSAGE. 

Œuvres de Longpérier^ t. VI, p. 257, 




Le regretté Longpérier a consacré une excellente notice à un grand 
missorium d'argent trouvé au Passage, canton de Virieu (Isère). Ce 
précieux objet, conservé au Cabinet des médailles de la Bibliothèque 
nationale, porte au centre un lion devant lequel se voit la cuisse 
d'une bête qu'il a dévorée. Tenu, sans aucune autre raison, pour un 
ouvrage carthaginois, notre plateau a été de plus considéré comme 
ayant appartenu à Annibal. Après avoir fait justice de cette attri- 



VIENNOISE. 143 

bution si bazardée, M. de Longpérier signale deux graffiùj tracés au 
revers du disque et qui étaient restés inaperçus. L'un en indique le 
poids, comme on le voit sur tant d autres objets d'orfèvrerie antique; 
il pesait trente-trois livres. L'autre nous donne, en cursive mérovin- 
gienne, une ligne gravée entre deux croix. 

i" Agnerico som'f disent ces lettres décbiffréespar M. Delisle qui voit, 
avec toute vraisemblance, dans le personnage qu'elles désignent, le 
patrice Agnaric, gouverneur du pays de Vienne vers le commencement 
du viu*^ siècle. 

La formule employée dans notre petite légende n'est pas sans 
exemples. C'est ainsi qu'on lit sur un mai4)re publié par Fabretti : 

;YM CAfTAE CIHERYM l,APi; .PYEl,l,AE CYiTO;^») 

sur un autre : 

AAPK€AAHITA<I>0I6WIW 

Nous verrons plus loin une épitaphe de notre pays, faisant parler la 
dalle funéraire et portant les mots : 

CxVNDERAMHO ;OMW 

J'ajoute que sur une très antique pierre gravée, en forme de scarabée, 
le nom du possesseur est indiqué par ces mots : 

e^piioz 

Ainsi pouvait être conçue l'inscriptiou d'un missarium d'argent du 
poids de trente-sept livres que les Gesta Panti/icum AutmiaJormnum 
nous disent avoir été offert à la basilique de Saint-Germain-d'Auxerre , 
dans les premières années du vu** siècle, par l'évêque Desiderius et sur 
lequel était représenté quelque trait de l'histoire d'Enée : «rMissorium 

^*^ Fabretti, Iti8criptùm0$ otdiqiÊa quœ in ^'^ N* 969. 

mUlms patirnis asseroaiUur, cil, a* g. ^^^ Pour Bépawç icf&i a^fis {Arelmolo' 

^'^ (Jorpus inser, grœe., t. III, n" 6a53. giêeh$ ZeitÊUig , i883, p. 338). 



làà 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



argenteum qui Thorsomodi nomen scriptum habet; pensât libras ixxvii; 
habet in se historiam Eneae cum litteris grecis (^) t). Les nombreuses pièces 
d argenterie que mentionne en même temps notre texte étaient, comme 
celles d'Âgnéric et de Thorsomond, presque toutes ornées de gravures, 
et l'on me permettra de m'écarter un moment du cadre des éludes 
épigraphiques pour noter quelques-uns des sujets représentés sur ces 
objets. Ainsi que le nUssorium d'Âgnéric, beaucoup portaient des figures 
d'animaux : des cerfs, des poissons, des boucs, des ours, des taureaux, 
un lion, un léopard dévorant des chèvres; sur d'autres étaient des 
Ethiopiens, des joueurs, des pécheurs, un homme et une femme au- 
près d'un crocodile. Une seule fois dans toute la série paraît un type 
chrétien : la croix entre deux personnages. L'un des bassins portait un 
centaure, l'autre l'antique figure de Neptune armé du trident, car 
aux bas-temps, aussi bien qu'à l'époque où vivait saint Jérôme, on ne 
se faisait pas scrupule de graver sur des pièces d'argenterie les images 
des faux dieux ^^J. Une large série de marbres sculptés aux premiers 
siècles, les sarcophages chrétiens de notre sol, nous a montré la série 
des sujets représentés sur les monuments d'un caractère religieux; 
auires étaient, on vient de le voir, ceux qui décoraient les objets, 
aujourd'hui plus rares dans les musées, que nos pères fabriquaient 
pour les usages de la vie commune. 

La légende du bassin d'Âgnéric vient de nous montrer le mot sum 
écrit par un o. On l'écrivait également «o, comme l'attestent deux mar- 
bres antiques et une plaque de collier d'esclave où nous lisons : HIC 
SO ET NON SO('), NON FVI ET SO^, FVGITIBVS SO^^). 
Parmi ceux que la pratique des manuscrits, des graffiti et des inscrip- 
tions a habitués à rencontrer la suppression de l'm final des mots, je 



^*^ Geita Pontijicum AutModùretuiwn , 
c. XX. De S. Denderio (Duru, BibUoihkque 
hiitorique de l'Yonne, 1. 1, p. 33i-337). 

^*^ (tNumquid in iancibus idola cœlata 
descripsi? Numquid inter epulas christia- 
no8 virginalibuf ocuKs Baocharom Satyro- 



nimqae complexus innexui? (S. Hieron., 
Epiit. XXVII, ad Mareellmn, i 3.) 

^'^ Corpus inseripL latin,,, t. I, n* 9970. 

^^^ Doni,/fwmpt.an/t^iM9,p.i07,n*i8o. 

^^^ Bullett. délia Commiss, munie., 1877, 
p. 906. 



VIENNOISE. U5 

n étonnerai personne en avançant que sum a pu être orthographié 
iu aussi bien que so^^K Cela dit, la formule Agnerico sum me paraît 
expliquer la seconde légende d'un petit bijou des temps mérovingiens. 
C'est un chaton de bague portant d'un côté : 

VVAR 

ENBERTY 

^DEDI 

et de l'autre les mots : 

t ROEEOl^ANE ;Y 

où mon savant confrère M. Delôche a proposé de lire soit Roccolane 
sue y soii Roccolane stibscriplio ^^K Tincline pour ma part à y reconnaître 
une formule semblable à celle du plat d'Agnéric et rappelant l'inscrip- 
tion de la bague grecque que j'ai citée plus haut , c'est-à-dire Rocco- 
lanae sum. J'en dirai autant pour la légende ABBOHEJO d'un anneau 
que j'ai autrefois publié ('), et où je crois voir aussi le mot sa pour sum 
suivant le nom propre. 



126 
SAIMT-SIXTE. 

Allmer, Inêcriptiani atOiques de Vienne j t. IV, p. â8&, atlas, n* 979, 10; 
Hirscbfeld, Corpus imcriptianum Uuinarum, t. XD, n* 3&9i. 

Pierre engagée dans le mur de l'église de Saint-Sixte, hameau do 
la commune de Merlas (Isère)^ J'en dois l'estampage à feu M. Revon, 
conservateur du musée d'Annecy. Les lettres IFE qui suivent la croix 
peuvent être une abréviation de la formule in nomine Deiy souvent 
inscrite en tète des épitaphes. 

La chrétienne Claudia, dont l'épitaphe suivante marquait la tombe, 

t*> Cf. Lupi, Epit. Severœ, p. 178: TECY, ^'^ /iMcr.c*ré/.cfciiGaii/e,n'575A.M.De- 

M)MY, etc. loche y lit Abbone sc[b»criptio] ponrilMojiff 

^'^ Hev, archéoiy mars i88â, p. i/i3. SHb^riptio {Rev.arek, ]m\L 1886, p. â3). 

«9 



146 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

est décédée le 18 des calendes de février, après le consulat d'An- 
themius et de Florentius dont les successeurs n'étaient pas encore 





Ce V 



^!l 







Hi'. 'jï'i'» 




^w. 



'■.v 




connus eu Gaule à ce moment de Tannée. Celte mention chronolo- 
gique correspond à Tan 5 16. On remarquera qu'ici le consul d'Orient, 
Antbemius, est nommé avant celui d'Occident. 



> 



VIENNOISE. 147 

127 

PACT. 
Allmer, Bévue ifigrafhi^ du midi de la Fronce, 188&, p. io3, n" &3o. 

. HIC recivie; 

CIET IN PACE 
BONE ME i 
MORIAE i;P 

...nomene; 

A'XGIYI 

ITIHPA 

hhy; 

KSPi 

Hic requiesctet in pace bone memariae isp. : . nomine s . . qui 
vixit in pace annus plus nUnus 

fr Épitaphe trouvée derrière l'église , sur remplacement d'une localité 
depuis longtemps disparue et appelée De Ocelkuis, dans des documents 
du IX* et du X* siècles. i) M. Allmer, auquel on doit ce renseignement, 
ajoute que le sol est jonché en cet endroit de débris romains, cha- 
piteaux et placages en marbre, cubes de mosaïques et conduits d'hy- 
pocaustes. 

La restitution de ce petit texte, dont je nai pas vu Toriginal, n est 
point sans quelque difficulté. Quoi qu'il en puisse sembler d'ailleurs, 
j'hésiterais à reconnaître dans les lettres IJP . . . le début d'un nom 
propre, le mot nomine y devant, me parait*il, précéder le nom au lieu 
de le suivre '*'. 

t^> Inscr^tim ehréUemieê de la Gauk, NOMlHE AHArTAnY;, HOMIHE FATRICY; 
1 1 , p. A6a , A63 : HOMIHE BRINÇA . HOMIHE p. A76 : HOMEHE VAkEHTIHIAHO ; t. H , p. 6 : 
MATROHA, HOMIHE DECIMY^ HOMIHE UO, HOMIHE MAHHOHE. 



«9 



U8 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



128 

SAINT-ALBÂN DE BRON. 

Allmor, Deuxième étalement aux Itueriptiotu an^uee de Vienne, p. t3; 
Hirschfeld, Corjnu ineerijitionwn hUnarwn, t. XII, n' 9079. 



lîaviy^Bi^.* 




f li^PACJ. AHHVrLVOB IT^âVlHTV DE C M EV i:'}Mi^my:': 
INIVCINOIC XV 



MlMnaa 



Pierre très usée servant de marche dans Tescalier de la chapelle de 
Saint-Alban, voisine de Thospice de Bron. Le chrétien dont elle mar- 
quait la sépulture a vécu cr en paix?) cinquante années; il est mort dans 
la quinzième indiction « une ou plusieurs années après le consulat d'un 
personnage dont le nom est presque entièrement effacé. M. AUmer, 
dont je reproduis le dessin, pense qu un l^^ a dû précéder les trois der- 
nières lettres qui en restent. Il pourrait donc s'agir ici du deuxième ou 
troisième postconsulat du Paulin us de b^h^hi^n que, comme on le 
voit parfois ailleurs, le mot junior ne soit pas joint ici au nom de ce 
personnage ^\ 



^'^ De RoBsi, Inseripliones chrUlinna, t. I, p. AyS. 



129 
CORENC (près de Grenoble). 
Hirechfeld, Corjmi trucriplionum latinamm, t. Xil, n' aSoS; cf. p. l 

Hic requiescit 
BOHAE MEMORIAE 



130 

ANDANCE. 



AUmer, Hev.èpigr. dumidide ta France, iS8A,p. 70;^Morel,Z« Utapte du chdtetet 
d^Andame, p. î3; — Hirschbld, Corp. imcr. lai., t. Xll, n- 5S«ï. 



]ÏÏMr[RDfDffV(S|vi 

NirQViAflvcroWMvi 

iTJ SOlVMJLtXIJ 



Hic titulut tegtt diacomtm Emilium qtteinjunere dwo 
Eu nimium cekre rapuit mon impia cursu 
xxxvm etatis stie antw mortem perdedit, vilain invertit quia auetorem 
vite tolum dilexit. 

Celte inscription et la suivante ont été dessinées par M. Morel, artiste 
peintre à Andancette. Toutes deux appartiennent au musée de Lyon. 



150 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



Celle dont je vais m'occuper couvrait une tombe faite de briques et 
de pirres. 

Si, comme il semble, le rédacteur de cette épitaphe s est proposé de 
la commencer par deux hexamètres tirés sans doute de quelque mo- 
dèle, le premier ne saurait être admis qu à la condition de le transcrire 
ainsi : 

• Hic titulus iegtt Mmilium quemjunere duro 

c est-à-dire en retranchant le mot diaconum^^\ 

Parmi toutes les idées nouvelles qui naquirent avec le christianisme, 
nulle ne parut plus singulière à ses ennemis que celle dont témoignent 
les derniers mots de l'inscription d'Andance, la croyance à l'entrée dans 
la vie par la mort. Les fidèles la proclamaient sous toutes les formes ; 
leurs épitaphes, leurs livres, leurs discours attestaient cette haute 
pensée <^'. Un mot la résumait : le jour où le chrétien quittait la terre 
était appelé natalis, car il faisait naître pour le ciel. Les persécuteurs 
s'étonnaient devant l'expression d'une idée dont ils ne pouvaient saisir 
le sens. Des confusions sans nombre se produisaient, à l'heure suprême 
de l'interrogatoire, lorsque le martyr, menacé de mort s'il refusait de 
sacrifier aux idoles, disait sa résistance fondée sur sa ferme volonté 
de vivre, cr Gomment, s'écriait un magistrat, tu prétends souhaiter la vie, 
et voici que tu veux mourir It)^'' a G est là, disait un saint d'Afrique, 
c'est là ce que les gentils comprennent le moins, alors même qu'ils 
s'accordent avec nous sur les choses divines (^'.-n 



^^) Je parlerai plus loin des inseriioDS 
fautives introduites de la sorte dans les in- 
scriptions métriques prisée pour modèles 
(n*a43). 

^'^ Episl, ad Diognetum , c. v : Bavârrovvroi 
xai Ca>oiroiovt»Tai. Pasêto S. Sifffqfhoriani, 
i 7 : «rTimere non possumns mortem quœ 
sine dubio p^docitad vitam.« Paaio SS. 
Montam, Lucii, S 19 : frVivere nos etiam 



cum occidimur.9) (Ruinarl, Acta sincera, 
p. 8a et a36) TRANHERYNT AD YERAM 
REMEAN^ E CORPORE VITAM {Inscriptions 
ekritiermes de U Gauk, n* 38o), etc. 

^'^ Voir ma note intitulée: Les chrétiens 
dans la société paienne {Mélanges d'archéoL 
publiés par V tleole franc, de Rome, t VIII). 

(') Pasno SS. Montani, Ludi, S 19 (Rui- 
nart, Aclatincera, p. a36). 



VIENNOISE. 161 

Les mots AYCTOREM VITAE qui terminent notre inscription expli- 
pliquent en la complétant l'expression elliptique d'une épitaphe de 
Saint-Romain-en-Gal .: 

Surrectunis die cœlo cum venerit Auctor^^\ 



131 

Ailmer, Rev, épigr. du midi de la France, 1 88 &, p. 71 et 99; — Morel, fje temple 
ûii châtekt ê^Aiidance^ p. 93;-— Hirachfeid, Cùrp. ineer. lot., t XII, n*" 586 1. 



I N HOCT V rt V Lo 

e tIE nofUAE SAN 

AN N V S/>tV5M r^ 

fT5 /S P57 c o tj j L To 
Ci/^ SiLiv !/i| ç7> 









I ..'■'.■»• 






/n hoc tumulo requescit m pace santé bone memoriae Santolus^'^'^ suih- 
dtcaconus qui viœit annm plus minm lxxxw Obiit iti Christo nn idiis 
ebniari(ts vicies et bis posl comulaic Basilii viri clarissimi consulis, indic- 
tione XIII. 

Si les mots honae et sanctae accompagnent memonœ dans un grand 



^'^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 
n- 398. 



^'^ Nous OYons vu ce nom à Lyon sous la 
forme Sanctulua {idem, n" 667). 



i 



i 

i 
• 

.1 

I 

4 
I 

I 

{ 

1 



^ pni"^-^ 



f 



162 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

nombre de textes chrétiens antiques, je ne les ai pas encore vus 
réunis. 

Le nom du sous-diacre Sanciulus honoré de cette double épithète nous 
a donné celui de Santeul, notre célèbre poète latin. 

Je ne sais comment interpréter les deux H surmontés d'une barre 
d'abréviation qui suivent le nom du Christ. Nous avons vu à Guille- 
rand une épigramme où se lisent les mots TRANJIET IDA^ tAlv^ENDAJ 
HOVENBRAJW. Peut-être, par une erreur semblable, l'ouvrier avait-il 
gravé d'abord ici les sigles de nanas qu'il a fait suivre du mot IDY^. 

Le vingt-deuxième postconsulat de Basile nous reportée l'année 563. 
La treizième indiction ne correspond pas à celte date, si on ne l'a, 
contre l'ordinaire, comptée à partir du i*' janvier ^^'. 



»« 



132 

Allmer, Imcriptiom antiques de Vienne y t. IV, p. /iab ; 
Hirschfeld, Cwrpui inseriptionum latmansm^ t. XII, n'' iSoQ 




Fragment trouvé à Andance dans les fondations du clocher, derrière 
le chœur, et conservé par M. Gaillet, curé d'Andance. J'en dois le 
dessin à M. Allmer. L'abréviation du nom du Christ se lit à la dernière 
ligne. 



^^^ ImeriptioHs ehritiennes de la Gaule, ^*^ Cf. De Rossi, Inscriphonee urbis Homœ 

1. 1, n* â7&. christianœ , t. I, p. c. 



VIENNOISE. 153 

133 
PARNACS. 

Burais, Courrier de la Drame et de FArdiche, 37 oet. 1869; — AUmer, Inscription» 
antiques de Vienne, t. IV, p. 297, allas, n' 379, t6; — Hirschfeld, Corpus in- 
scriptionum lalinarum^ t. XII, n^ 9 193. 



repf Wf /ïA/n/i E i>:vii >^ f T/f ri î 

f»?oo/?^/;sfAlCCc- 



Copie de M. AUmer. 

Pierre extraite d'une chapelle aujourd'hui détruite. Elle est encastrée 
à Pamaus-, dans la façade d'une maison appartenant à M. Guichard. 

L'épitaphe me paraît pouvoir être lue comme il suit : Oratifoni os- 
Mua^ in elemosynis profusa^ saspejejunUy dejructu gaudem, Christoprœ- 
Stanley paenilenliae; LXVII œtaUs anno de hac Itice migravit die oetavo idus 
decembris^ Mavarlio viro clarissimo consule. 

Ces formules élogieuses, dont nous avons déjà trouvé le type sur un 
marbre de Narbonne, sont fréquentes au vi* siècle ; elles se rencontrent 
en grand nombre dans les écrits de Grégoire de Tours (*^ La mention 
de la pénitence est inscrite sur deux épitaphes de Lyon(^). 

Le consulat de Mavortius répond à l'an 627. 



(i) 



Inscriptions chrétiennes de la Gaule, a** 6i5. — '*^ Ibid., ti^ 66 et 663. 



90 
larunitit VATioaiiK. 



a.J. 1 



\u 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



134 
SAINT-ROMAIN-D'ALBON. 

AUfmr, Premier $»ppUment aux liuer^itiotu d» Vieiuu, p. 3; — Roman, Bulhlm de 
la Soàité det Attliipmret de France, t88t, p. 196; — Hirschfeld, Cerput vuerip- 
lioHHm latinarwn, t. XII, n* I79i' 




H/C^Eqvf|Sc)T 

iHPAaCOMSTA 

TfO/AQ,VlV|Xf 

AKN(PS>XXMF* 

^EsiirpecEs 

SiTÇWKkMAR 



A Sainl-Romain-d'AIbony loealité de la Drôme, dont le sol fttait déjà 
fourni des débm de l'époque romaine, M. Ghanret à décovrert, en 
1876, près du ciBid;ière actuel^ des séptdtarea et un sanctuaire des 
ascieus àges/ll ne restait de ce( édifiée q[iie 1 abside et une partie de 
la nef. Dans un bas-côté se sont trouvées deux petites tombes, puis à 
droite, en dehors, une construetion renfermant cinq sarcophages mo- 
nolithes ou faits en maçonnerie et recouverts de tuiles à rebord ; ces 
tombes sont symétriquement rangées et une sixième est placée en 
travers au-dessus d elles. Au aième iteu a été exhumé un petit cercueil 
de marbre blanc ; comme on la fait souvent an v^ siècle , il avait été creusé 
dans le marbre d'une corniche, débris de quelque vieil édifice (^'. 

L'inscription de CoiMiantiola se lit sur une grande dalle de pierre 
qui avait autrefois fermé entièrement la tombe, mais que l'on avait dé- 
placée plus tard pour y introduire les restes d'un jeune homme <^l Au 



(•) 



luMcr^UimA ehrétieHHeê de ia Gaule, prtface, p. xxix. — ^*^ Voir ci-après , n' i36. 



VIENNOISE. 155 

moment de la découverte, cette dalle ne reposait plus sur le sépulcre 
que par l'extrémité où figure Tépitaphe. 

La mention finale de cette dernière me paraît nous reporter au 
a i février /167, date à laquelle les nomades nouveaux consuls pouvaient 
n avoir pas encore été connus dans la Viennoise. Sur d'autres marbres, 
Tun de Lyon, l'autre de Rome, l'année précédente est indiquée par la 
formule DH ^ONE III, DN ^ONE III CONJO). 

Comme les deux suivantes, l'épitaphe de Qmstantiola a passé dans 
la collection Girard. J'en dois le dessin à l'obligeance de M. Allmer. 



135 

Aiiiner, Premier supplément aux Imcripiitms de Vienne^ P* dî — RomaJD, Bulletin de 
la sociélé des Antiquaires de France, 1881, p. tsG; — Hirscbfeld, Corpus inserip- 
tionum latinarum, t. XII, n^ ^TQ^* 




La dalle qui porte cette inscription a été trouvée sur la tombe que 
recouvrait en partie la pierre dont je viens de parler. C'est en l'année 
5 1 6 , po8t cansulaium FkrenUi et Anthemii virorûm darissimorum consulum , 
qu'a été enseveli le jeune chrétien probablement nommé Libanius^^K 



^^^ Inscr. ehrét. de la Gaule, n** 76; De fins de celui de Liubanius que prëseote 
Rosei, Inseript. christ. R<nn.,U I, p. 369. ime de noe inseriptioDS. {Inscr. ckrét, de la 

^*^ Le nom de LeoamW se rapproche toute- Gauh, n* 6t^M,) 



156 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



136 

A limer, Premier tuppUment aux Imcriptimi de Vienne, p. 9; — Roman, Bidktin de 
la Soeiilé det Antiqwùret de France, 1881, p. 196; — Hirschfeld, Corpue in- 
leriptimum latinarum, t. XII, n* 169. 

.NQ5TRlDAÇVBEP.TlRe 

'4^ 




FragQieut trouvé au même lieu ; c est une partie de la moitié d'un 
carreau hexagonal en marbre blanc; ce débris a donc été taillé pour 
Atre employé dans un dallage. 

Le prince nommé ici, comme dans des inscriptions de Briord et de 
Lusinay^^), est Dagobert I^ qui seul posséda la Bourgogne. La qua- 
trième indiction ne s'est rencontrée qu'une seule fois sous son règne; 
elle nous reporte aux calendes de juillet de l'an 63 1. 

La forme particulière qu'affecte ici la lettre se retrouve sur l'in- 
scription de Ham qui appartient à la fin du vu* siècle (^) et sur un triens 
de Dagobert I^ frappé à Limoges que possède le Cabinet des médailles. 

Au bas do l'épitaphe est gravé un oiseau entre deux poissons. C'est 
la troisième fois que nous trouvons en Gaule, sur des marbres de basse 
époque, ce dernier signe qui, à Rome, caractérise les épitaphes des 
anciens âges<^>. 



^'^ Inscriptions ehrédennss de la Gaule, ^^^ IbiéL, n*" 91. 

!!•' 373 a, 397 a. ») lUd., n'»«6i et 63i. 



VIENNOISE. 



157 



137, 138, 139 

A limer, Deuxième suppUmeni aux Inscriplions de Vienne, p. i5, i6; Troisième sup- 
pUmeni, p- i5; — Hirschfeld, Corpus inscriptionum latinarumy t. XII, n^ ^19^ t 
1794, 1795. 



• • v*/\ • • • 

. . ah; ;. 
. . idy;. . 
. .a;x. 

• • • I » • • 



. . . IDIE . . . . 



B 



• • • « tel la • ■ • 



Trois débris découverts au même lieu, en 1878 , et que M. Allmer, 
si bon juge en matière d'épigraphie , a relevés comme provenant d'épi- 
taphes chrétiennes. On y reconnaît la formule trkHSiit Suh die. . . IDYJ, 
puis quelques restes probables d'autres indications chronologiques : 
prIDIe, noVEMim. 



UO 

SAINT-VALLIER. 

Allmer, Deuxième supplément aux Inscriptions de Vienne, p. 1 1 ; 
Hirsehreld, Corpus inseripUowum latinarum, t. XII, n* 1787. 

Plaque de marbre trouvée au château de Rioux, près de Saint- Vallier, 
eu réparant le dallage de la chapelle. Son inscription nous montre à 
quel degré étaient divers les noms de forme germanique : Leubatena 
manque en effet dans la longue série de vocables procédant de la racine 
Liuh qu'a réunis M. Fôrstmann dans son utile Altdeutsches Namenbuch^^l 

Le nom du consul Volusien , qui est inscrit sur notre marbre, parait 
pour la première fois en Gaule. H se lit dans les fastes en iiBa, a53, 
a6i,3ii,3i/iet5o3. Sans parler ici de l'aspect fort décisif du marbre 



(») 



Pages 847 et suivantes. 



158 



INSCRIPTIONS CHaÉTIENNES. 



même» plus d'une raison nous mène à écarter les cinq premières de 
ces dates : la forme de la lettre E dont la haste dépasse les membres 



•-" 







/^o/^>Atl^VRA 



m/A^y/ynnjr 



Ah3>^VO^/;ry m 



}fK±flSlv<^oSt/\H 




transversaux, la croix gravée en télé de la légende, la formule com- 
pliquée du début : HIC RECtYIErCIT IH PACE BONE MEMORIAE, la 
présence d'un nom germanique,. traits dont aucun ne se rencontre en 
Gaule avant /iSo'^'. 

Le Volusien de 5o3 a eu pour collègue en Orient Dexicrates que 
je nai pas encore vu mentionner sur les marbres occidentaux. Une 
inscription chrétienne de Lyon appartient comme celle-ci à Tan SoS'^); 
mais le décès remontant au i^ janvier et Tépitaphe ayant sans doute 
été gravée avant que Ton sût en province le nom du nouveau consul, 
elle est datée du postconsulat d'Avienus. 

Les ^ ont ici la figure d'un T tracé à rebours. Il en est de même 
pour une inscription de même formule, datée de 5oâ, qui existe au 
musée de Lyon ^^K 



^^^ Ifucripùons chrétiennes de la Gaule, 
préface, p. i\, un, xxiii, xxiv. 



'' lUd,, planches n* ^7; cf. n* 3A. 



VIENNOISE. • 159 

C'est la première fois que je vois comme ici sur un marbre les lignes 
de la réglure prolongées hors du cadre et terminées par un motif d'or- 
nement. 

L'épitaphe de Leubatena fait partie de la collection de M. Vallentin, 
magistrat à Montélimar, qui a recueilli avec un soin intelligent les mo- 
numents épigraphiques de la contrée. 



Ul 

Allmer, Trtnsième supplément aux Imcripiions de Vienne , p. i & ; Revue ipigraphique 
du midi de la France ^ 1. 1, p. 19/1; — Hirscbfeld, Corpue imcriptionum latinarum, 
t. Xn, 1101788. 




Débris dune dalle de marbre trouvé près de l'église de Saint- 
Vallier, en démolissant un mur sur l'emplacement de Tancien cime- 
tière de fabbaye de Saint-Ruf où a été découvert un curieux frag- 
ment de sarcophage chrétien ^^l 

Le consul que désignait Fépithète juniore était probablement le Pau- 
linus de Fan 534, sî souvent nommé dans les inscriptions de la contrée. 

Notre fragment appartient à M. de Colongeon, membre de la So- 
ciété d'archéologie de la Drôme. 

^'^ Les sarcophages chrétiens de la Gaule, p. ag. 



\ 



160 FNSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

GLÉRIEU. 

Vincent, Notice hUtorique sur la baratmie de CUrieu, p. 65 ; — De Gallier, £wa« his- 
torique sur h baronnie de Clérieu, p. i4; — Allmer, Inscriptions antiques de Vienne y 
t. IV, p. 3i5 cl allas, n*" 5179, 2i3. 



a qui vixit annàs obitt IllI idus indixtone oc- 

lava posl consulatum Johannis vin clarissimi conmlis dul- 

caserne 

Marbre trouvé à Glérieu (Drôme) et appartenant à un habitant du 
village, M. Seyron. 

G est en 538 que Johannes a été promu au consulat. Ghaque année 
de cette charge correspondant à deux indictions, la huitième qui est 
notée ici nous reporte, suivant le mois de décès, en bUk ou en 
5Û5. 

La letli'e A qui précède qui vixii^ donne à penser que cette épitaphe 
marquait la sépulture d'une femme^^'; le mot dulcissime ne peut donc, 
en ce cas, être tenu pour un vocatif. S'il a appartenu à une formule 
mentionnant le nom de la personne qui a enseveli la morte : paterJUiœ 
dulcissinvœ posuii y par exemple, il y aurait lieu de noter le fait, les in- 
dications de cette nature ne se montrant pas d'ordinaire , en Gaule aussi 
bien qu'en Italie, au delà du v® siècle (^). 

^'^ J ai à peine besoin de noler que sur indislinctement |>our les deux genres, 
les marbres dc.^ bas-lemps, aussi bien que ^'^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule , 

dans noire langue, le mol qui s'emploie préface , p. xix, xxi. 



I f 



VIENNOISE. 161 

Ici, comme sur quelques autres marbres de ce recueil, le chiffre de 
rindiction est énoncé avant le consulat (^). G est là une particularité assez 
rare et dont il importe de se souvenir lorsqu'il s'agit de restituer par 
voie méthodique, c'est-à-dire en se fondant ,$ur la comparaison avec 
d'autres monuments, une inscription dont le texte est incomplet. 



U3 
TOURNON. 



L'abbë Rouchier, BUtoire religieuse^ citik et poUUque du Vwarais, 1 1, p. 3oo; 
Hirschfeld, Corpus inscriptionum latinarum, i, XII, u? 3669. 

IH HOC tu 
MOl,0 RE^Mte 

;ciT rAMv 

{k DEI BRIC 

cioraiDA Qs\ 

VIXIT AN . . . 



Épitaphe exhumée sur le territoire de Tournon (Ardèche) et au- 
jourd'hui perdue. 

Le nom de Bricciofrida ne figure pas dans les relevés des vocables 
germaniques. 



(^) N"^ 196, 16&, 169, 180, 189; rindiction est partout aussi mentionnée avant la data 
royale (n** 996, 938, 809) . 



11 

ia»»tHtMI «âTTOSAU. 



162 INSCRIPTIONS CHHÉTIENNES. 

iàà 
SOYOW. 

Alimer, BuSt^ de la SœUti ardiéologique de la Drame, 1878, p. 76; 
Hinchfeld, Corpiit ùumptioman laHnarum, t. XH, n* 9669. 

• ■ • Ltl\Liv\v • • • • « 

...EMOR 

...ai;a dep 

Je dois à f amitié de M. AHmer une copie d*un dessin de ces deux 
fragments encastrés à Soyon (Ardèche), au-dessus de la porte de ia 
maison de M. Louis Faure. On reconnaît facilement ici le reste de 
la formule banale Hic in pacï KïQSiescii banœ mîMOKiae et le début 
du mot hîfosila. 



U5 

BOURG-LÈS-VALENCE. 

Ailmer, Rev. épigr, du midi de la France, t. I, p. 9 9&; — Vallentin, Bull, épigr. 
de la Gaule, 1881, p. a8o; — Hirschfeld, Corp, imcr, lot,, i, XII, n° 1781. 




oBIlTjfiPACE 
V COCONS 



Inscription trouvée à Bourg-lès-Valence , chez M. Rebatel, et copiée 
par M. AUmer, d'après un estampage de M. Lacroix, archiviste de la 
Drôme. 

A Tépoque chrétienne, trois consuls ont porté le nom de Maximus, 




en i33 



ujj. 663 et en 5a3. Le dernier est le seul qui n'ait pas eu àe 
coUègiic. C'est donc lui qui, selon toute apparence, est désigné sur 
notre marbre. 



Perroesier, Bulletin d'kistoite ccdésia^lique de Valence, 1886-1887. P- 
llirsclifeid, Corpus imcripùmmm tatinarum. l. Xil, n° 5851Sn. 

Htc Kequi 
ISCil in pare ho 
HE meinoiiae 



'MiU • 



\à1 
LUC-EN-DIOIS. 

Mimer, BulUtin de la Société archéologique de la DrUme, 1873, \ 
ttirschreld, Corpus imcriptionum latinnrum, t. XII, d" 169' 

\ANXXXllllET 'I 
\lVNlASStNATC/ 



957; 




Hw requiisdt in puce fedeles famola Dei Arbacia qui vixit 
annos isxun et obiti junias senatore r. ce. iwliclione iiii. 

Maiiire trouvé en 1860 dans les décombres de la vieille église de 
Luc-eu-Diois et acquis par M. le docteur Lon^: il appartient mainte- 
nant à M. do Laniorte Félines. Le moi fidelis indique que la chrélîenne 
avait reçu le baptAine comme le montrent ces mots de l'épitaphe d'un 
enfoui : . . . CVM rOI,DV AMATV; fVir^ET A MAIORE ;VA ET VIDIT 
HYNC MORTI COHITITVTVM E;;E PETIVIT DE AECCl^E^lA YT fi;»EI,i; 



( 

;- 



; 



164 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

DE Siai^O RECEI'XIXETtO. C'est le célèbre Gassiodore qui ici, comme 
ailleurs, est désigné par le nom de Senator; il a été consul en Tan 5 1 6. 
Si on ne Ta, contre l'ordinaire, comptée du i®^ janvier, Tindiction cou- 
rante était bien alors la huitième. 

Le dessin que je reproduis m'a été communiqué par M. Allmer. 



U8 

VIVIERS. 

Alimer, Revue épigr. du midi de la France, 1. 1, p. 36G; — Vhbhé Rouchier, Hist. 
du Vivaraiêy t. I, p. 5oo; — Hirschfeld, Corp, imcr. laU, t. XII, n'' 9709. 

inius tri; orty CxEneri; smctiuue 
...ytv;bohi; primym DEfi,. .. 

qumn DECIM MERYIT 

• 

J'ai donné, dans mon premier recueil, d'après un estampage très im- 
parfait, ces trois lignes dont je retrouve des copies dans les publications 
de M. l'abbé Rouchier et de M. Allmer. Je reproduis la transcription de 
ce dernier qui a vu le marbre original aujourd'hui égaré; elle s'écarte 
également de ma lecture et de celle que publie M. l'abbé Rouchier. 



U9 
SAINT-MONTAN. 

Flouest, Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, 

1887, p. 45. 

Sur le territoire de la commune de Saint-Montan, au sud et près 
de Viviers, on a trouvé un anneau d'or que M. Flouest vient de faire 
reproduire en lui consacrant une notice intéressante. 

^^' Marini, Arvaii, p. 171. On lit de pater ad ecdesiam ne proies absquebaptisnu 

même, dans Grégoire de Tours, à propos r^neratione moriretur.» {De MiraeuUs 

d'un enfant atteint d*une fièvre grave : nUt 5. Martini, t. II, p. xlvu.) Cf. Inscr, ehriu 

autem hic eum fervor altigit, concurrit iela GaMk,n* ^kk. 



VIENNOISE. 165 

Ce riche bijou, type excellent de l'orfèvrerie mérovingienne, porte 
sur son chaton une tète de profil assez grossièrement gravée ; elle est 
imberbe, à cheveux courts, ceinte d'un bandeau perlé et semblable à 
celles que présentent les monnaies contemporaines. Derrière on voit 
une petite jcroix , et devant les trois lettres HOH , abréviation du nom 
latin NonnuSy de Tun de ses dérivés, ou d^un autre de ceux de même 
forme que M. Forstmann enregistre dans son relevé des vocables ger- 
maniques (^). 



150 
APS. 

Allmer, Revue épigraphique du midi de la France, t. I, p. 108. 






Eustochie vivas! Tel est le sens de l'acclamation grecque tracée sur 
un marbre découvert à Aps et dont M. Vallentin a bien voulu me 
remettre un estampage. Ce débris est-il chrétien? Je ne saurais Taffir- 
mer, la palme n'appartenant pas exclusivement aux* monuments des 
fidèles. 

Nous ne possédons peut-être dans ce fragment qu'une partie d'une 
légende funéraire grecque ou même latine. Souvent, en effet, des 
épitaphes écrites dans cette dernière tangue sont accompagnées de 
souhaits adressés ainsi aux défunts dans l'idiome des Hellènes. On 
en trouve de nombreux exemples à Lyon et en d'autres pays^*^^. 

CYCTOXI est le vocatif du nom masculin Eialéxios comme MPI 
celui de Kvp$os dans une inscHption que me fournit le recueil de 

^^^ AUdeutsches Namenbuch, 1. 1, p. 968. — ''^ BoissieD, Inscriptiom de Lyon, p. i5i, 
3o8 , 3o9 , 5o3 ; Maffei, Muséum Veronense, p. 1 99 , etc. 



166 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Gruter(^). «Les noms propres en $os^ ma dit à ce sujet mon confrère 
M. Miller, ont pris, dans les bas-temps, la forme i;; cest ainsi que 
Kvpêos est devenu Kxipis^ Kvptfs et même xvs. Dans les ActaS. Abramii, 
jn? 36, on lit kvd&la^ Kvpi.t) 

Par son caractère et sa formule, Tinscription d*Aps me. semble re- 
monter au iv^ siècle; on doit la compter, si elle est chrétienne, parmi 
les plus anciennes quis la Gaule possède de cette série. 



151 

COLONZELLES. 

Lacroix^ L arrondissement de Montélimar fi. H y p. 879 et &07; — Allmer, BuUetindela 
Société archéologique de la Drame, 1872 , p. 877 ; — FI. Vallentin, Bulletin épigr, 
de la Gaule, i883 , p. 3i; — Hirschfeld, Corf, inscr, lat., t. XII, n** 1739. 

AY^CVf T fl ^ NJ N^ / j>/v/AT 

Inscription probablement chrétienne copiée parM. Allmer. Elle se lit 
sur la paroi extérieure d'un sarcophage trouvé dans un terrain contigu 
à la très ancienne chapelle Saint-Pierre, située près de Golonzelles 
(Drôme), et dans la construction de laquelle figure un bas-relief ro- 
main. Cette tombe a été portée à Margerie et déposée dans un jardin. 

VS reproduisant ou rappelant comme ici la forme du gamma n'est 
pas d'un usage fréquent ; il a toutefois été longtemps employé par les 
graveurs d'inscriptions. Un marbre copié par le comte Yidua nous le 
montre au temps de Gailien(^); ii existe en l'an 3oi, dans le célèbre 
édit de Dioclétien^'); aux catacombes en 398 et en 338 (^); nous le re- 
trouvons sur notre sol en 4o5'*î et dans une épitaphe du vi* siècle W., 
Cette lettre est courante dans la minuscule mérovingienne (^^ 

'^^ P. 88, 11" lâ et la note; cf. Muratori, '^^ Bokietti, Osservazioni, p. 86 et i6i. 

Inscr., p. i883, n* a : rPIfOri XÀIP^. ^'^ Ci-après, n* «77. 

^'' Ittseriptiones antiqmt in Tureico itinere ^^^ Inseript. ckrit. de la Gaade, n* 661. 

coUectœ, pi. XXVI. * Cf. ci-dessiis, n* 67, 

' AttidalVAccad, rom, d*arch, , t. II , pi. I. ^^^ Prou , Manuel du paléographe, pi. I. 



VIENNOISE. 167 



152 



BRUIS. 



FI. Vallentin, Bulletin épigraphique de la GaïUe, 1881, p. a/i6, 9/17; 188a, p. îi53; 
— Roman, BuUetin de la Société des atUiquairea de France , 1 88 1 , p. 277 ; Bulletin de 
la Société d'études des Hautes-Alpes, 1882, p. 979; Répertoire archéoL du dép. des 
Hautes- Alpes , p. 127; — liirschreld, Corp. inscr. lat., t. XII, n° i53o. 

Hic requiescill m PACE BOHAEMEMORIA 

qiiaevixi\M AHHI/ OYINOVACilHTA w 

yoHANHE v-ccind;ecynda 

■ 

Fragment d'épitaphe trouvé sur une colline près du village de Bruis, 
canton de Rosans (Hautes-Alpes). Ce petit marbre qui appartient à 
M. Roman, correspondant de la Société des Antiquaires de France, 
porte une double indication chronologique, le consulat de Johannes et 
la deuxième indiction. Il a donc été gravé en Tannée 538. Je le repro- 
duis d'après la copie de M. Roman. 



153 



LE BUIS. 



M. Morel, receveur des finances, correspondant du Ministère de 
Tinstruction publique, a bien voulu me communiquer l'estampage d'un 



(») 



I poar T. — ^*^ Quinquaffinta. 



168 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

fragDienl de marbre trouvé au Buis, département de la Dr6me, et qui 
porte les caractères suivants : 




C'est la fin d'une épitaphe où figurait sans doute la formule post eon- 
sulatum viri cldrissimi consulis. 



VAISON. 



Manuscrit de Suares n"" 9161,1^ 38 (à la Bibliothèque du Vatican); 
Hirschfeld, Carpui inscriptùmwn laUnarum, t. XII, n** i5i 1. 



con; az 

I lYH Indiet. 
secm\>k? 

Ce débris, autrefois conservé dans la collection de TEvèché, venait 
de Téglise Saint-Etienne. 

Mon savant ami, M. Stevenson, qui a bien voulu examiner pour moi 
le manuscrit oik il figure , m'écrit que ce cahier fait partie des papiers 
de Suarez autrefois possédés par Marini. Bien que l'auteur des copies 
n'ait pas été un homme habile, M. Stevenson pense que ses transcrip- 
tions méritent toute confiance, particulièrement en ce qui touche la 
partie contenant les épitaphes chrétiennes. 



VIENNOISB-iT'lU! 1^/tl 




Je donne, d'après un estampage de mon savant confrère, M. licnri 
Révoil, ce marbre découvert à Orange et déposé dans le théâtre an- 
lique. 

On retrauve à la première et à la deuxième ligne des restes de 

la mention de l'âge du défunt et la date de sa mort diea 

xxvn aonas. J'ai déjà rencontré ailleurs l'indication de l'amiée 

par le mot CON^O^ATY suivi du nom génitif''. Cette formule tou- 
tefois n'est pas commune. Elle était suivie ici de la mention d'une 
indiction dont le cliiiTre est peut-être incomplet. 



156 



Sous le n" 5o3 de mon premier recueil, j'ai publié l'cpitaphe d'uu 
évèque d'Orange, saint Eutrope, épitaphe alors conservée chez un 
particulier. 

Une détérioration de l'estampage que j'avais pris de ce marbre, 
alors peu abordable, a amené quelques inexactitudes dans la reprb- 

utiMo di corràpaadeaia archeologiea , 18^9, 
p, Soi), fiueripliotm chrétiennes de la Gmle, 
n" 607- 



(" MalTei, Muséum V<mne>u 


e. p. .,3a. 


1* 5. De Rbssi, herkione onora 


ria detla ila- 


iw di Nieomaeo Fkmano {An 


,,li delV II,- 



170 



INSCRIPTIONS CHRitTIENNES. 



duction de trois de ces fragments. Je les ai revus, il y a deux ans, au 
musée Calvet d'Avignon, et j'en doiute ici la copie rectifiée : 



N" 1. 

VM EX 


,va. 

Ri;(;RAHMXciKr 


■rs. 
NAPAHDY 


■ 


CM E 


nYMf(ËTIEO 


IJA REPUT 




ii; ; 


POPYI^OKM 


NERqMAPEl, . . 


. h; 


• 


BGlFA 


Mi; 





157 



URBAN. 



AlInMt, BuUa^nklà Soiiili{«nMohgifi*-de h Brème, i876>, p. 3i i; 
Hinehfiaid, Cm^nw ÙMm)riMmim (olÙMinim, i\ XII,, ni 1A98. 



...M>lll »l»l^>^ 



3f Nf >ACMOft|ArPTiA/ 






f^,-*/^'^''^ f l>o,*r^ 




Tabkite de. pî^re trQuvéei^.eAt i.86:&v danti les ri*iueA d*iia vil- 
iagf^ autrefoû situé aii semmet de: la inontagoe d'Ui^ban doul il 
portait le nom. Ce village, qui formait encore commune en 1789, 
a été aîôrs réuni èi ceîte de Beaumes-de-Tenise (arrondissement 
d'Orange). 



VIENNOISE. 171 

L^iliscriptiui) , dont je dois un estampage à M. Gautier, ancien no- 
taire à Beaumes, me parait devoir être iue comme il suit : 
-f QuiescU in paoe 

benememoria Eptfme- ., 

ne. Virif annis x.tv tnens- 
e» m. (/tes jjvii. Recftssit 
sub die kalendas junias, post cou- 
solaht veri 

Venanlii clarissimi cansulis. 
hi Pleriinum. pa.r 
lecuiH. 

Les trois signes qui,. à la septième ligne, viennent après le C qui 
«utt X'enunti iiesont point des S , comme le montre leur f'oraie angu- 
leuse (liir<éronte de celle des S de l'épitaplie. Ce Koiit de simples notes 
de ponctuation. Nous en avons déj;^ vu de semblables sur on marbre 
de Vienne ''' et ailleui-s. 

Par trois fois le nom de Veiianlius se montre dans les fastes : en 
/18/I, en &07 et en 5oS. Le dernier personnage étant distingué dann 
quelques textes par la qualification de junior ou alim, on est ament^ à 
penser qiie, quand le nom est donné sans aucune adjonction, il doit 
s'agir du consul de h%h ou de celui de 5o7 '"^'. iNoIre inscription paraît 
donr avoir été gravée en 5o8. Nous avons déjà trouvé à Vienne une épi- 
laphe datée, comme celle-ci, du postconsniat de Venantius'^'. 

L'acclamation PAX TECVM se rencontre d'ordinaire en Gaule aussi 
•bien qu'à Rome sur des marbres d'une liaute antiquité'''. Il convient de 
noter ici sa présence dans une épitaphe gravée à la tin du V' siècle 
ou au commencement du vi". 

J'ai parlé ailleurs de la formule IH AETERNYM'^'. 

''' Interipâom ekréiiennes de la Gaule, '' De Hossî, Ihin-i nulleranea, 1. I, 

pi. L, Ûg. 995. i>. 3^1; Bulletino di m-cheol. crist.. 1890, 

'*' De Romi , iMcriplioncu chrùtiaruF , l. ] , |i. •ili; Inscriptions chrèûenneÊ df la Gaule, 

p. AiO. pi-éface, p. uviii. 

'" htscr. ekrèt. de la Gauk, n" ft34 >'' Cî-dessua. p. 60. 



I 



172 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

158. 

MUSÉE D'AVIGNON. 

HirHehfeld, Corpus micriptùmum latinarum, t. XII, n" 1Q71 

JWPAffQVi 

WXL\ 



. J'ai déjà publié, dans mon recueil des Sarcophages chrétiens de la 
Gaule, cette épitàphe gravée sur la tessère d'un couvercle de tombeau 
conservé au musée d'Avignon et dont la provenance est inconnue ^^l 
On voit à la gauche de l'inscription cette représentation de repas 
fréquente sur les monuments des premiers fidèles qui figure le festin 
céleste. La formule anima didcUf qui se lit à la deuxième ligne, était 
familière aux païens ainsi qu'aux chrétiens ; elle appartient à une époque 
asses ancienne, comme le montre sa présence dans le passage suivant 
du roman d'Apulée : crMeilite mi, mi marite, ta» Psyché dulcis 
anima (*). t» 

Le nom qui figure sur notre marbre est celui à' Anthedmius , déjà 
connu par une inscription du sud de l'Italie ('^ 

^'^ P. 97, 98. menti ed oggeUi di antichild e beiU arli nella 

^*^ Metamorph,, lib. V. Éd. Oadendorp, pnmneia ii Terra di Lavaro, Verbaie délia 

p. 33i. tomata del 7 ottobre î88S, p. lii (Caserte, 

^*^ Cammiiiùme eoruervatriee dei monu- in-8*). 



^ 



/ 



VIENNOISE. 



173 



159 



qut vtxU un 



• • • 




rabili (ou campari) 
enses 



Même musée. Marbre d'origine également inconnue. Si Ton en juge 
par la forme des lettres, ce fragment d'épitaphe a désigné une tombe 
chrétienne. 



160 
GIGONDAS, 




Fragment copié par M. Allmer à Gigondas (Vaucluse) chez M. Eu- 
gène Baspail. Les deux premières lignes nous donnent Sub \>ie VIII 
kal? . . . \kS ?ost ComukUum. On trouve ensuite la fin d'un nom de 
consul et la mention d'une quatorzième indiction. Ce chiffre et les let- 
tres finales du nom permettent de penser aux postconsulats de Faustus 
qui reçut les faisceaux en k^o avec Longinus, et à ceux d'Agapitus, 
consul en 617. L'inscription appartiendrait ainsi à l'année 691 ou à 
l'année 5qo. 



f7/i INSCRIPTiONS CHRÉTIENNES. 

.161 

COLLINE DE NOTRE-DAME-DE-BEAUREGARD 

(MK8 D'ORANQR). 

Lafaye, Bulktin ipigritpkiqw de laUûlihy tl^ p. 999; 
Hirsfhfeld, Corput m^npliotitim htmanmy t. XII, n"^ io99< 

IN HOC TYmu 
I,OBLEftYIEKt> 

;tepha«yj.. 



Ce débris, provenant de la colline de Nolre«Dame-de-Beauregard, 
a été employé au moyen âge dans la construction du couvent des Au- 
gustins, aujourd'hui démoli. Il a été porté depuis à Aix, chez M. d'An- 
bergue. 



162 
ARLES. 



LTCiTBOfMiHiNO 

^(lVAtNy\XlTAM ^ 

WNN0ARlV.rf«O 

Ëpitaplie ti*oavée:à Aries* et acquise «par le musée de Mar^elHc. KHe 
est gravée sur un fragment de marJbre ixUaiic i^'oii n'avait pas pris 
soin d'équarrir. Si ce marbre a été placé dans les jours mêmes qui 
ont suivi le décès, il montre que le nom de Probus le jeune, consul 
en 5^5, avait été promulgué en Gaule dès le début de Tannée ^'^ 

'^ Il en est de même pour Tëpitaphe de Vienne du 10 janvier 5q5 (Inâcriptions chré- 
tiennes de la Gaule, n* 696). 



163 

Hirgchreld, Corpuê mtcriplùmum latinatwm, 1. X(I, n" ^Uo 




Ëpitaphe trouvée en 1873 par M. Révoil et offerte par lui au musée 
du Louvre. La formule sub die était sans doute suivie des mots OEama 



Huarl, BhU^ mommaOai, 187&. 



HirschTidd , Corpus ii 



latmaruM, t. XII, n' gSS. 



/ CWETXRo 



Au musée d*Arles. Inscription datée de l'an 53o. On remarquera 
ici l'abréviation XMO pour deeimo. Cette façon de noter un nombre 
n-'est pM ordinMriB'. I^ns avom toutefois vu déjàsur des marbFcfde 

"> Cf. BoUelti, p.S47 : WE W-ÏAl. IVUAKVPMIuratori., p. Ï96, n* J : Wl V.IPVf 
OOWKEP; 4oa, «-implEXmtH (KTOtK:&oA,â. PIE Cl »-l,-0a01.et cMprè* n* 166. 



176 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Lyon et de Bordeaux, tertio tricessiinOy sexto et quinto écrits xxxiii^, 
VI**, v**(*^ Nous retrouverons plus loin ce mode d'abréviation dans une 
inscription de Beiiegarde W, 



165 




Hic in pace requiescit bonae memoriae Asellus qui vixit annus 



Au musée d'Arles, comme tant d'autres noms d'animaux, celui 
XAsellxm se rencontre fréqueimment chez les premiers fidèles ^^\ 



166 

Allmer, Revue éjngraphique du midi de la France, u? 867; 
Hirschfeld, Corpus méeriptiomm lattnarum, t. XII, n"" 6819. 




Inscription découverte à Arles et açquîae par. le musée: Galvet à Avi- 

('> Interipiioiu ekrétieimeê' de la OauU, ^'^ N* 3oo. 

n**t5et586A. (*) Boldetti, p. 383, 3f)7, 455, «87; 



• • 



gnon. Le nom assez rare qu'on y lit se retrouve sur u» marbre chrétien 
des catacombes romaines''*. D'après la forme des caractères, cette épr- 
laphc me paraît appartenir à la fin du ¥"■ siècle, époque où se montre, 
pour la première fois, sur notre soi, la meolion de t'indiction. La croix 
gravée en t^te de la légende, la complication de la formule initiale el 
l'emploi du mot oliiil mènent également à cette altributionWrf -koiJi'.I ■ 



De Kossi, BuUellino di archeohgia crlttïann, 
Hirsciifeld, Qii-pm inscrtplionum Intinanim , \ 



187Ù, 
XII, I 



HiCtNPACE 
RiqviEJCIT 

AtSENENATA 

qvAïvi><iTAN 

OÊTTaJANCTO 
HVn + jXA&Vrf 



IJl- marbre, déposé, comme les suivants, au uuisée d'Arles, est re- 
marquable par la formule obiil <Ue Sanclorum, kalendm augustas. En rap- 
pelant l'universelle célébrité de la fêle instituée le i"août, en mémoire 
des cliatnes de saint Pierre, M. de Hossi conclut ingénieusement que le 
mol Snnctonini désigne ici cet Apûtre et saint Paul qui lui est de môme 
associé dans une légende métrique du sanctuaire de Rome où l'on con- 
serve cette relique fameuse, f'église de Saînt-Pierre-aux-Liens. 

L'inscription de Berienata doit, d'après sa formule, appartenir à la fin 
du V siècle. 



Momniseu, Imeriptiones regui Neapolilani 
laliiue, 11° 71G]. Oa coiiaait la lettre de 
sain! JérAme ii la chrétienDe Ânella. Voir 
Ganceltieri, Dûtetlazione lopra due ïseri- 



i Simplicia '■H Om, 



■ Murotori. iBii, 7. 

' Imer. ekrél. de la Gaule, [in.'fuci 






178 



INSCRIPTIONS CHRETIENNES. 



167 A. 

En publiant Tépitaphe de l'évèque Goncordius, j'ai vu dans tes mots 
du quatrième vers ledus cœlesU lege^ une allusion possible à ces coups 
d'intervention divine que les anciens signalent plus d'une fois dans les 
élections épiscopales (^). Ces mots peuvent avoir una utre sens qui, d ail- 
leurs, n'exclurait pas le premier. Nous savons, par plus d'un document, 
et entre autres par l'histoire de saint Martin, que les fidèles nommaient 
leurs pasteurs''^', et que, dans l'accord du peuple pour une élection de 
cette sorte, l'on voyait la manifestation de la volonté divine. Les textes 
sont nombreux à cet égard et je puis invoquer le témoignage de saint 
CyprienW, celui de l'auteur de sa Vie'*', Sulpice Sévère'*', une lettre 
insérée dans les écrits de Symmaque'®', Héric d'Auxerre ''', Anastase le 
bibliothécaire'^'. Cet accord de la foule, je le dis en passant, ne fut pas 
toujours tenu par nos ancêtres en aussi haute estime ; je lis en elTet dans 
un écrit d'Alcuin publié par Baluze : <rNec audiendi qui soient dicere vox 
popuHy vox Dei, cum tumultuositas vulgi semper insaniœ proxima sit'-'' r. 



^'' Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 
t. II, p. 9A9. 

^*^ Sulp. Sever., De vita Martini, c. Vil; 
Mabiilon, Liturg, gallic, p. 3o8; Sel vagi, 
Antiquitaium ehristianarum inslitutioties , I. I, 
paru a , c. & , elc. 

'^^ Epist. X, o;i Antomonuiii, S 8 : «rDc 
Dei judicio (|ui cpiscopum fecit. » 

'*) Ponliiis, Vita et passio S, Cypriani, 
S V : ff Judicio Dei et plebis favore ad oflicium 
saoerdotii et episcopalus graduin adliuc neo- 
phytus, cl, ut putabntur, novcllus electus 
esLi (Ruinart, Acta sincera, p. 908.) 

'^ (rPopalus, Domino volente, cogebal.^ 
(De vita Martini, c. 7.) 

"^ (rDiviniim eslquidquid lantoniiii firmat 
eloctio . . . Hclictis siogulîs titulis presbyleri 
0011104 aderuiil, qui voluulalcra suaro, hoc 
est Dei judicium . proloquootur. n Symmarh. , 



Epist, X, jli; ëdilion de iG53, p. â3i. 

^'^ rr Populos iu consoua vota meutes, spi- 
rànieDeo.'n {Vita S. Gennani Altisiodor,, 1. II.J 

(*' «rCoIlcctis igitur in unum venci'<ibilibus 
episcopis cl gloriosis Romanonim proceribus 
amplœ Urbis populo in palatio Latoranensi , 
ul (|uod jaui corde celitus reveiatuni œquilor 
omnes teoebonl in uno muUoruiu sonitu re- 
sonerent, unius voluntatis consensu forliter 
acdaniolum est : (rValeutinum sanctissinium 
«rarcbidiacoiiem sedis apostolicœ dignuml*' 
{Liber Pontifcalis , éd. Duchosne, l. II, 
p. 711.) Je relrouve chez les païens la mémo 
pensée: «rQualenus existimeni, dit Poriius 
Latro, votes ipsas publicas non hominum 
etse, sed oracali potiua nuncapandas.i (l>9- 
ciMnatio contra Catilmam, c. viii.) 

'*) Capituiare admonitsonis ad Karolum, S tx. 
( Baluze, Miscelianea , éd. in-8% 1. 1 , p. 37G.) 



VIENNOISE. 179 

168 

Hirscbfeld, Corpus inscriptionum latinarum, t. XII, n° 9&3. 



PPBT'^^VWII 

KVlinKAt»FI 
CONiS L 



Hic in pace requiescit bonae memoriae Eu presbyter qui vixii plus 

minus {annos) lv et obiit sub die iviii kalendas februarias tredecies post 
[consulatum Basiliiv. c.) consulis indictione tertia. 

Fragment communiqué par M. Huart, conservateur du musée 
d* A ries. Ce marbre marquait ia tombe d'un prêtre dont le nom n'est 

plus représenté que par les deux lettres initiales EV La triple 

indication chronologique qui termine l'épitaphe nous reporte au 
i5 janvier de l'an 55/i, répondant à la troisième indiction et au trei- 
zième postconsulat de Basile. 

On remarquera ici la forme exceptionnelle donnée aux signes de 
ponctuation. 



169 

Hu&rt, Bulletin monumental^ 1876, p. i3o; 
Hirschfeld, Corpus inscriptionum latinarum^ t. XII, n® qSS. 

Je ne sais à quelle date précise attribuer l'épitaphe suivante qui 
porte, avec l'indication d'une septième indiction, celle du postconsulat 
d'un Symmaque. «Trois personnages ainsi nommés ont reçu les fais- 
ceaux en/i/i6, tiSb et 5ââ, et l'indiction septième ne correspond à un 
postconsulat d'aucun d'entre eux. Le premier de ces modes de suppu- 
tation chronologique ne s'est pas jusqu'ici rencontré en Gaule avant 

••3. 



180 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES 



l'année 687; ce fait et la forme des caractères permettent d'écarter 
ici le nom du premier Symmaque dont on n'a pas encore d'ailleurs 
vu noter de postconsulat. 






i" Hic en pace reguieset bone tnemof^ Euhgios qui vixet anos plus minus 
L et oviet soh die viii kakndas agustas^ indixione^^^ vii^ eterom pos 
[cansukuum) Sumaà viri darissimi consulis. 

S'il ne s'agit ici, comme j'en suis persuadé, et comme on le voit 
souvent d'ailleurs, d'une lettre omise par le lapicidc, la suppression 
du c dans le mot REGlVIE^ET pour requiescit serait, au point de vue 
philologique , un fait exceptionnel dans la longue série de nos inscrip- 
tions chrétiennes des premiers siècles ^^K 



170 

Hirscbfeld, Corpus ttucr^pfiontim laUnarum^ n"" 589o. 




Hic requiescit Felidan ^1 vixil annos 



J'ai copié au musée de Marseille ce fragment qui provient d'Arles. 

^'^ Noos trooYons, sur nos marbres mêmes, d'autres exemples de celte façon d*écrire. 
a o* i&a . . . îinUCIONE; q* 8aS : IHDIXIOHE. *- (» Voir ci-apr«s, n* i^k. 



VIENNOISE. 



181 



171 
Hirschfeld, Corpus inscriptionum latinarum, t. XII, n"" 9&8. 



^--Hi^NPACfRfQVK 
ESClTbM lOHAWNV 

)LAeviVlVTPL*MAN 
INbfCT ^V 




Marbre funéraire de Johannula (rde bonne mémoire t). H a été trouvé 
à Arles et acquis par le musée de Marseille. 



172 

Manuscrit de Suarez, n'' 91/11, fol. 9 (à la bibliolhèque Vaticane); 
Hirscbfeid, Corpus inscriptionum latinarum, t. XII, n^ 83&. 

PAX TECYM 

lY^A VICTORIA 

M • AYR • AKl^EPIODOTO 

CONIYCx-INCOMPARABiy 

La formule Fax tecum se retrouve, à Arles même, sur des épitaphes 
où sont gravés le monogramme du Christ, Tancre et une figure 
d^orante^*'. Je ne' doute pas que notre inscription, aujourd'hui dis- 
parue, soit chrétienne ainsi que ces légendes. Les tria namina de 
Marcus Aurelius Asclepiodotus montrent qu'elle appartient à une haute 
antiquité '*'. 



(») 



préfiice 



182 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



173 



tHlGNIB^CE 

N AlAf AOW A l 

\AVP1NT1V5QVA/I 

xiTAWwvsPirximiTOB 



Inscription d'Arles conservée au musée de Lyon. On remarquera 
les ponctuations en forme d'^ plus ou moins déformés que nous ren- 
controns souvent ailleurs et qu'il faut se garder de confondre avec des 
caractères ^^K 



17A 

AUmer, Revue épigrapkique du midi de la France , u? 386 ; 
Hirschfeld, Carpue inscriptionum latinarumy t. XII, n® 589 9. 

EvTClT^oNMUONI 
ANA/YJPIA 

IHblCTÏO 

NE 

Ainsi que le montre mon dessin, Tépitaphe de Leonidius présente 
trois lacunes : le graveur n y a noté ni l'âge du mort, ni le jour du 
décès, ni le chiffre de Tindiction. 11 s'agit là, selon toute apparence, 
du marbre d'une sépulture que, sans s'arrêter au mépris de la dé- 
pouille terrestre préconisé par de saints personnages (^), le chrétien 

^^^ Voir ci-après, n* 175. Vitensis, De perseeutione Vandaliea, 

^*^ S. Ephrem , éd. Quirioi , U I , p. 1 97 ; 1 , 1 & ; cf. Johannes Climac. , Scala paradisi , 
S. August. , C/mfemon^ , I. ix , c. 1 1 ; Victor grad. , V, 9 9 , 98. 



VIENNOISE. 183 

d'Arles s'était fait préparer. Les survivants devaient , l'heure venue, 
remplir les vides du texte, comme il est dit dans cette inscription éga- 
lement restée incomplète que M. Léon Renier a copiée à Diana, en 
Numidie : 

D M S 

PAPINIVS 
lANVARIVS 
SIBI ET REGI 
LIAE QVAR 
TVLESE VIVO 
FECIT- HERES AN 
NOS ANNOTABITVA-W 

L'attente de Januarius n'a pas été remplie, car rien ne vient après 
les dernières lettres V-A* sigles de vixit annos. Il ne semble pas, 
et peutr-étre le fait explique-t-il , en partie, l'usage si répandu chez 
les anciens de préparer sa propre sépulture, il ne semble pas, dis-je, 
que la confiance dans la pieuse sollicitude de certains survivants ait 
été absolue. C'est ce qui résulterait d'une épitaphe relevée à Thasos 
par M. Millet, et dans laquelle un certain Aurelius Philippus dit <jue 
cr connaissant bien la négligente des héritiers^ et voulant s'assurer un 
lieu de sépulture, il élève lui-même son monument funéraire ''^^ 

AYP<t)iAinnoz <t)iAinnoY anahpeihc 

ZOJN ETI KATEZKEYACEN EAYTn KAI TY 

NAIKI ANTOJNEINH KAI TEKNOIC EAYTOY 

. .Y EIAOJC KAHPONOMOJN THN eniAHCMOCYNHN 

KAI KOINOY GANATOY MNHMOZYNON nPOBAe 

nwN 

La formule de l'épitaphe d'Arles, la croix qui la précède et en par- 

f ** Notes d'un voyage archéologique au pied de PAuris ( Revue archéologique , 1 859 , p. 5 1 1 ). 
— ^'- Revue archéologique , i866, p. 58. 



lu 



INSCRIPTIONS CHRETIENNES. 



ticulier le type de certaines lettres dont la liaste dépasse les membres 
horizontaux ('' permettent de classer ce marbre au début du vi° siècle. 
Il a été acquis par le musée d'Avignon. 



175 

<}iiicliernt, Bulletin de la Société des antiquaires de Fratue, 1876, p. t58, t.'ir); 
— Penon, Congrhs archéologiques, t. XLIII, p. 53/i; — Catalo/fue du munée de 
Marseille, n" 19»; — Hirsrhfeld, Corpus inscriptionum latinarûm, t. XII. n" <)r»3. 



HlCREQVltSGT 

INPACEBMMASVE 
TVSCVMFIUASYA 

BLANDOLAQVlVl^ 

ITANNPLMXLVET 

OBllTSVBD/lllNO 
NASSEPTEMBRIS 
INDICTIOMQVINTA 



Marbre funéraire de Matuuelus et de sa (iHe Blaiidula, trouvé au 
cimetière de Saint-Pierre-de-Mouleyrès. Cette épitaplie a été acquise 
par le musée de Marseille. Le signe en forme d'X qui suit le D de la 
sixième ligne est une simple marque de ponctuation'''). 



''• Itttrript. rhrél. de la Gaule, pn^facp. p. x\iv. — '*' Voir ri-(|p8Sii8, n" iSy et i-j^. 



VIENNOISE. 



185 



\76 
Hirschfeld, Corputùueriptionufnlatinarum, t. KII, i^" 960. 



tu le 

KlÂSMAl 
<pB\\ 



■f Hic in paee requiescit banae memoriae Marsiola qui vùèit ann'. t. 

Obiet pridie idus apriles. 

Inscription d'Arles appartenant ati musée de Marseille. 



177 

Ihid.f n° 961 




+ Hic in pace requieccit bone memorie Mort . . a quae vixit an? 
plus minus vin. Obiit v kalendas décembres. 

Au musée de Marseille. Même provenance. 



Q/t 



iiiraiVBKii aATiOVAtK. 



186 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

ê 

178 

Hirschfeld, Carpui tmeriptionum lotmartim, t. XII, n* g55. 

I HfC/NPACfAf 
<?VI(^C iTfiOlYf 

MfMORifNfClIC 
TA^VAtVIXIT 

AMNV;yPLV5M 
•SfPTfMBRtS 

Le nom de NegUcia qui figure dans plusieurs des copies d'une de nos 
inscriptions disparues m a paru pouvoir être celui de NeglicUiy pour Ne- 
glecta^ que nous trouvons ici, et je me suis demandé s'il ne se rat- 
tacherait pas à une série de vocables adoptés par les fidèles pour 
témoigner de leur humilité, de leur détachement de toute vanité 
mondaine (^). Le nom de Neglecta rappellerait cet abandon de son corps, 
ce mépris de toute parure dont parlent si souvent les textes antiques. 
rrQue la compagne de ta fille, écrivaifc-on à une mère chrétienne, ne 
soit ni brillante ni élégante, sed gravis ^ pollens ^ sordidata, subtristis-n^^^ 
Je croirais toutefois hasardeux de rien affirmer avant d'avoir vérifié si, 
comme paraissent l'établir de premières recherches dans les listes de 
Yanamastican romain, ce nom ne se trouverait pas chez les païens. 
L'achèvement du précieux Lexique que publie le R. P. De Vit nous 
renseignera sur ce point. 

^'^ Imeripùonê ehréUeimeê de la Gaule, n* igi^etpréfoce, p. xcTn, icyni. — ^'^ Hieron., 
£|pfii(. cru y S 9, ad Lslain. 



VIENNOISE. 



t87 



179 

Hir8chfeld, Corptu ifueripHmum latinarum, t. XII, n*^ 583i. 




Hic in pace quiescit bonae memoriae P. • • qui vixii annis plus menus 

et oUet sub die tertio kaï? maias n. . . 



Fragment de marbre provenant d'Arles et transporté au musée de 
Marseille. 



a'i 



188 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

180 
Hirschfeld, Corpus inseripiionum buinanm^ U XIl, n^ gSA 






Hic in pace requiescit bone memoriae Pauluê <jui vixtt plus menus annas à uni 
et obiet sub die pride nonas genoarias indictione sepiima pas consoktum 
itrum Mawrtii v. 

Inscription d'Arles acquise par le musée de Marseille. Paul est mort 
le II janvier de Tannée qui a suivi le postconsulat de Mavortius,/>o«< 
consulatum iterum Mavoi'tii viri clarissimi œnsulisy c'est-à-dire en 5 s 9. 

Nous rencontrons ici, et pour la troisième fois sur nos marbres 
chrétiens, le C\ substitué à TI initial dans le nom du mois Januarius^^^; 
cette marque de l'adoucissement d'une lettre que les anciens pronon- 
çaient comme le C dur est un fait relevé par les philologues (^); il est 
toutefois intéressant de la trouver dans des inscriptions à dates cer- 
taines. 

^*^ Inseriptioni chrétiennes de la Gauh, ^'^ ^Xmdiïïn^DieAusspraehe des Lalem, 

vï* SaS (vu* siècle), cl cMcssiis, n* 169 p. â 39 et 3&3; Bonnet, Le toifi<fe Grfjw« 
Q* Sa5). de Tours, p. lyS. 



VIENNOISE. 189 

181 

Hirsclifeld, Corpus inscriptionufn latinanim, t. XII, n"* 5833. 



I 



Hrci 

ClTAONAf 
(aV7VlX)X«N/VV/-/ 

BIITTEKTJO 

IhVSûECEn 



;^ic m pace requiescit bonae memoriae Pelagia qui vixil annus plus menus i 

et obiel tertio idus décembres indictioiie seplinia. 

Epilaphe trouvée dans les fouilles pratiquées autour de l'église de 
Saint-Pierre-de-Mouleyrès. Elle est gravée sur un fragment de dalle 
qu'on n'a pas même pris soin d'équarrir. Les abréviations sont, comme 
on le voit souvent, indiquées par des lettres barrées. A la sixième et à 
la neuvième ligne, les signes séparatifs ont la forme d'un S^^K Au bas, 

I 

un vase grossièrement figuré. Ce marbre appartient au musée de 
Marseille. 



182 

Révoil, Revue des sociétés savantes, 1 86g , p. 5o6 ; — Congrès scientifiques de la France. 
3g* session, 187a, t. II, p. 5Co; — De Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 
187/1, P* ^^^^ — Hîrschfeld, Corpus inscriptionum latinarum^ t. XII, n"" g36. 

Épitaphe datée de Tan 53o, par la double mention du postconsulat 
de Decius et de la huitième indiction. M. Véran Ta trouvée en 1 869 aux 
abords de la vieille église de Saint-Pierre-et-Saint-Paul des Aliscamps. 

^'^ Cf. ci-dessus, n"" 175. 



190 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



Lequel de Petrus ou d'Asàlepim est le fondateur de ce sanctuaire? 
L'inscription ne le dit pas clairement. Mais quel que soit celui auquel 
on doive attribuer cette œuvre pie, une difficulté se présente, car la 
Règle de SaintrAurélien dit que le monastère fondé par cet évoque 
d'Arles la été la cinquième année après le consulat de Basile le 
jeune, ainsi que l'église consacrée aux saints Apôtres '^^ Or cette 
date nous reporte à Tannée 566, tandis que le Petrus nommé dans 
notre inscription était mort dès Tan 53o, après avoir survécu à son 
père. 

MiHûAIMh 
rRv5ffJl/VJ6N 

P^ttNSAH/s^^^^ 



D/Ci 



■H 



fjl% 



Hic in pace requiescit bonememoriae Petrus Jilius condam'^quondamy^^ Asclipi 
qui fondabet [fondavit) hanc baselicam sancti Pétri et Pauli; qui vixit 
plus tnetius annus àlui et ohiit sub die xnu kal. febroarias indictione nu 
poH col. [post consulalum) Deciti juniores viri clarissimi. 

Pour la cinquième fois nous rencontrons en Gaule le mot post 
écrit sans le ( final ''^. Ce fait orthographique, qui se retrouve dfigis 
les inscriptions chrétiennes de Rome, de' Verceili et dans les 
chartes de Ravenne'*', est la marque d'une prononciation adoucie 



^* ) Cf. Inêcr, chriu de la Gaule ^ t. II , p. iy 8. 

^*^ Régula S, Aureliani ArelalenêU epi- 
êcofi ad manaehoi (Hoistea. , Codex antiqua- 
rum re^gularum, t II, p. 1 13). 

t'^ huer, chrét. de la Gaule, n'* 896 
rt 662 (aniif^s 667 et 563); ci-desaus, 



n*' iSy et 180 (annëes 5o8 et Sag). 
^** De Ro88i. Inscript,, t I, n*' 91» 98, 
io3, si&,etc.; BulktU, i86&,p. i5; Gaz- 
sera , hertz, cristiane del Pwmmte , pi. III :** 
PO^HODYMMEYM. pour poêt ointum meum; 
Marini, Papiri diplomatici, p. 199. 



VIENNOISE. 191 

familière aux anciens, ainsi que le note le grammairien Velius 
Longus ('). 



183 

Hirschfeld, Corpus imeriptimium Ulinarum^ t. XII, n® 967. 



ocro3/?r*p 



inscription d'Arles acquise par le musée de Marseille. 



Hirschfeld, Ihid., t. XII, n^ 987. 

Inscription d'Arles, datée de Tan 53 1; elle se trouve au musée 
d'Avignon. 

L'A du mot MEMORIAE est superposé à un Y que le lapicide avait 
d'abord gravé, croyant avoir sans doute à inscrire i'épithète honeme- 

^') D orthographia, ëd. Keil, t. VII, Oe arit ^nwimafÛMi, ëd. Keil, t. VI, p. a9 : 

p. 79 «rSicut Cîoero qui dioebat : poime- fret qnoque exoonsoDnantîbas eKditur, ut 

riiitmat quadrigas libendns dherim qoam poêipum ref Amm non jwil^iMiai*. 
poitmeridioHas.yi Cf. Marins Victorinus, 



4 
\ 



192 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

ii\miu$ si fréquente sur no8 marbres '^^. Celte surcharge, aujourd'hui 
apparente, ne devait pas i'ôtre au moment où l'épilaphe fut livrée, 
les graveurs ayant Thabitude de boucher avec du stuc, maintenant 
tombé, les faux traits qu'ils avaient pu faire ('^). 



5C1TINPACE 

rANNVJ>^<y I M l W 
rDECfOBJfTSEx;TV 

WIASPOSTrONT 
ORESTEJVVCON 



Hic reguiescit in jxice honae inetnariae Secolasia quae vijoit annus àlvi 

mefuses . . . dies dece. Obiel sextu Kal? niavsias post con{8u)la{lu)m 

Ijimpadii et Orestes viroi*um [clwnssimorum) conminm. 



• •■■!' JP ^ 



185 

Mon savant ami M. Révoil a retrouvé à Arles et a bien voulu me donner 
un fragment d'épitaphe vu autrefois par le Père Bonnemant et que Ton 
croyait perdu. C'est celui que j'ai publié sous le n° BaS des Inscrip-- 
lions chrétiennes de la Gaule. La transcription ancienne est exacte; elle 
contient, de plus que le marbre dans son état actuel, quelques lettres 
aujourd'hui disparues. Ce débris est précieux par la mention d'un en- 
sevelissement AD JANCTYM MARTYREm, probablement saint Genès^ 
le célèbre martyr d'Arles, dont l'image parait être reproduite sur les sar- 
cophages sculptés de cette ville (^). La formule employée ici pour rap- 



^'^ Cf. d-desstts, n* 107. ^^^ Le* êarwpkagti ekritmM d'Arles 

^*' FurlaoeUo, Lapidi del mutio di Eêtê, p. 3& ; Le» smtephagu chrM^tê de la Gaub 
p.&A;Borglie8i,C£tf&ref«t. Vil,p. i99,elc. p. 99, etc. 



VIENNOISE. 193 



peler ce tait est fréquente sur les marbres romains où nous lisons : AT 

;ahcta a[fcitaum, ad ;anctym corne^ym, at dom , ad 




f POIJTYM ('). Le mot vas pris dans le sens de cercueil ne se trouve pas 
dans les auteurs classiques. 



186 

Manuscrit de Suarez, n"" 91&1, fol. 9 (à la bibliothèque Vaticane; 
Hirschfeld, Corpus intcriptionum latmamin, (. XII, iT 981. 

HIC IN PACE RECt 
VIEKIT BONAE 
MEMORIE XOfRO 
NIY; CtYI VIXIT AN 
NO; MIII OBIIT m D 
XII ÏÂ[ HÔYB VIATO 



M^i 



reyccon; 

Inscription datée de Tan ti^b. 



^'^ De Rossi, BuUettino, i863, p. ai; BamasoU., l. I, p. s-j^, 3o^; L III, p. 3i3. 



t5. 



194 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

187 

Vie de M. de Peiresc, p. q6o ; — Spon, Recherches curieuses d'antiquité y p. 169. 

Le 6 août 1619, notre célèbre antiquaire Peiresc écrivit à Holste- 
nius, bibliothécaire du Vatican, au sujet d'un anneau chrétien qu'il 
venait d'acquérir à Arles. Je transcris ici les premières lignes de la 
lettre dont une copie existe à la bibliothèque Barberine ^*^ : 

cf Monsieur, 
crEn revenant de la Cour et passant par Arles, j'achetai une grosse 
(f bagiie d'or antique nouvellement déterrée, sur laquelle est représenté 
(t un visage d'une manière assez grossière avec cette inscription tout au* 
(ttour : + TECI^A ^'ECxE^I^Â, le tout dans une plaque d'or environnée de 
(T quelques enrichisse mens de fueillages et goderons dans le vuide des- 
cr quels est écrit : t TEC(, YIYAT DEO CYM MARITO XEO, et à l'op- 
crposite du cercle de cette bague on y voit un petit ovale avec ces let^ 

cf très dedans RATE dont je serois bien aise d'avoir vôtre avis, v 

Je ne sais ce^ qu'Holstenius a pu répondre à cette lettre et je de- 
meure aussi empêché que l'ont été Peiresc et Jacob Spon pour trouver 
ici uhe explication satisfaisante. La chose certaine est qu'il s'agit d'un 
anneau offert à une femme portant Fillustre nom de celle que l'Église 
salue comme la première des martyres et que sur cette bague était in- 
scrit, comme sur les objets de l'espèce et sur les verres à peintures sur 
fond d'or, un souhait de longue vie pour les deux époux ^^K Un autre 
anneau mérovingien découvert à Turenne présente, comme celui-ci, 
un second chaton placé à son revers (^). 

^*> Peiresc a écrit une autre lettre sur le {con pour emn) ME VIVA^? Gamicci, Vetri, 

même sujet à Dupuy (Tamizey de Larroque, 9' éd. , pl.XXVIII , n* 1 : VINCENTI YIYA; CYM 

Lettres de Peiresc, t. Il, p. x^). S A; n' 5 : MAXIMA Y^VA^ CYM 

^> Laxari, Raccalta Correr, p. i84, DEXTRO; pi. XXX, n* 1: aRITO^A YE- 

n' 969 : CERONTI CYM WCINA YIYA^; anneau NANTI YIYATi; IN DEO. 
de bronze de la collection Gastellani : COU ^'^ Ci-après, n* s&i. 




Hic inpace re<juiescil honm memoriae Tk{çodwa?) sacra Deopuclta quae vtxU 
annos phut viinm i el obik sub diœ xji halendun marans indiclione . . . 

In8crii>lioii commuuiquéc par M. Iluart. Nous avons déjà trouvé plu- 
sieurs fois, sur le sol de la Gaule, la luentioii de saintes filles s'étant 
consacrées, comme la chrétienne d'Arles, au service du Seigneur'". 



189 
Ihiti.. n" ^ût|. 




FragDieiil d'une inscription probaLleinent méirique. Peut-être faut-il 
restituer A la deuxième ligne /IDE PVDORE et, à la cinquième, /niiiE 
RENATA. C'est ainsi que nous lisons sur un marbre de Vienne : CRIMIHA 






de la Ouule, préface, p. j 



t 

4 



\\ 



196 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

DEPOXYIT fONTE RENÂTA DEl (') et ailleurs : ^oc ;mrg<«iw o^wm «< amft 
/otite renatus''^K Fides serait pris ici dans le sens de foi conjugale; ailleurs 
il désigne la foi religieuse. 



190 

Hirschfeld, Corpus ùucriptimum latinarwn, t. XII, n" 969. 



LviNiCiCAtJARiii 

Hic in pace requiesât bonae memoriae ... lus n sancti CaesarU 

qui vixit annos 

J'ai proposé de voir, dans un fragment d'inscription d'Aix, la men- 
tion d'un de ces notarii ecclésiastiques que nomment si souvent les textes 
du moyen âge^^l Ici de même, j'incline à lire à la troisième ligne de 
notre marbre , les mots notarius sancti Caesarii. Le défunt aurait été l*un 
des notarii attachés au monastère de Saint-Gésaire d'Arles. 



(') Inser. ehrit. de la Gauie, n" &19. — ^'^ H. Valerios, Bsr. franc,, t. II, p. 188. — 
t'> Inser. chrét. de la GauU, d* 695. 



VIENNOISE. 



197 



191 



[ 



60MA [ mi 
PVAfvix 
fTOtSllTj 
INPICTK 



Hic requieêdt in pœe bonae memoriae ..... quae vixit annos 

et obiil 9ub die indictione . . . 



Musée d'Arles. Au revers de ce marbre est sculpté un entreiac de 
basse époque. 



192 

f Hirschfeld , Corpus inseriptionum laUnarum, n"* 970. 



SCITINPA 
ELDlSQVAl 
f LMXXV 
lALSEPTtM ^, 



Hie requiesàt in paee Adfaeîdis quae vixit atmos plus minus XXVI obiit . . . 

kalendas septembres, indictione septima. 

Au musée d'Aries. 



198 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



193 



/$tl^ ^ \ 


l M^\^ O A 


/ ooie/A 


j (\johakjA 


/ 1 M l>iCT\<f 



Ëpilaphe mentionnaat Tâge du défunt (AHHOJ. . .), le jour de sa 
mort (OBIEJ Ju6 die. . . NOHA)' Septembres) ^i rindJictiQQ alors courante. 



194 




Débris d'une épitiiphe qui portait la mention d'un postconsulat. 

Quelque incomplet que «oit ce texte, on peut toutefois chercher par 
une voie méthodique à en fixer à peu près la date. 

La forme des caractères ne permet pas de le faire remonter plus 
haut que la fin du v* siècle. 

VS qui précède les lettres ?CS, sigle de po8t camukuumy montre que 
cette mention était précédée d'une indication nbmérïque : quinquies^ 
sexies ou toute autre jde même forme ('). 11 faut donc, parmi les consuls 

^*) La formule bis h laquelle on pourrait pas connue sur les marbres; les seconds 

penser et qu'on trouve dans d'autres textes postconsulats y sont indiqua par les mots 

(Mabillon , Vêlera anaheta , p. s â& : «r Fausto itenm poel amiulatunL 
juniore et Longino bis conss.t) ne m*est 



VIENNOISE. m 

mentîoniiés sur nos mw^rest* songer à ceux doat les poskonsuicta ont 
servi de point de départ à de longues supputations. Ce sont, en 485 
Sjfmmadifts jumùr^ en 53/i PaulinuB junior^ en 538 Johanmg. Gomme 
les noms des consuls sont rarement écrits en abrégé, on ne peut 
guère penser que TH surmonté du signe d'abréviation qui précède les 
sigles V C fasse partie d*un nom propre ; il est probablement la troi- 
sième lettre du moi junior si souvent représenté en cet endroit même 
sur le marbre par la syllabe initiale lYH. 

Parmi les trois consuls que j ai cités, cette particularité écarte /o- 
hannes, la qualification dejunibr n'accompagnant que les noms de Sym- 
maque et de Paulin. 

Un dernier élément chronologique se trouve dans les lettres sub- 
sistantes à la quatrième ligne : H£TE qui, placées comme elles le sont à 
suite du nom du consul , doivent présenter les restes de la mention tit- 
diciom lirtia ou ILriia dmrna. 

S'il s'agit de Symmaque, la treizième indiction correspond à la fin 
de son cinquième postconsulat, soit l'an /tgo, la troimème,au com- 
mencement de son dixième, soit l'an k^^. Les deui dernières mentions 
sont réunies dans ces mots d'une inscription d'Aries dont le type est 
semblable à celui de la nôtre : . 

DECIE; PC nfmma 

CHI lYH YC Wic 
TIOHE TER 
TIAO) 

Si nous devons penser à Paulin , son postconsulat de 5 3 5 ne peut 

être compté ici, ÏS qui subsiste avant les lettres PCJT ne permettant 
point de supposer un terme de nomendatore inférieur à qumqu{e$ qui 
ne cadrerait pas »vee le ohifire de l'indiclion^. La troisième indictîon 



(») 



Ime ripim k M ehr é im mi ê ih h êtmb, a*' 538. 



t200 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

S accorde au contraire avec ie troisième-quatrième postconsulat, ce qui 
nous reporte à Tannée 689 ou 5/io ^^K 

C'est donc en /igo, /iqS, Sdg ou 5&o qua dû être gravé le marbre 
dont nous possédons le fragment. 



195 

H. de Villefosse, BuUetm monumental, 1879, p. &5, &6; 
Hirschfeld, Corpus inieripiionum latinarumy t. XII, n^ 977 d. 




Fragment trouvé par M. Gosse dans une fouille faite, en 1876, 
près de Saint-Pierre-de-Mouleyrès, M. de Villefosse pense, avec raison, 
que Tépitaphe dont il provient se terminait par un chiffre d'indiction 
tel que quarta ou quinta dectnia. 



196 




Au musée d'Arles. Reste d'une épitaphe datée d'une indiction. 
L'apposition de Y S après TX dans le mot mDIX5'I0HE nous représente 

^^^ Si je ne pousse pas ici mon calcul rait descendre jusqu*en 669 , cest que je 
jusqu'à la treizième indiciion qui nous fe- n*ai pas trouve sur les marbres de supputa 



VIENNOISE. 



201 



une forme orthographique des temps anciens. Fabretti^*^ et Cardi- 
nali^^' en ont relevé, plusieurs preuves. J'y joindrai le passage suivant 
qu'a consacré à la lettre X un vieux grammairien, L. Caecilius Mi- 
nutius Apuleius, dont le traité De orthographia a été publié pour la 
première fois par Angelo Maï'^' : ^Coiuœ citra n in utraque syllaba 
reperitur apud antiquos, et cum s post x coitixs. Nam x non erat anti- 
quissimum, pro quo modo c«, modo gs, modo ss utebantur : apecs pro 
apex y gregs pro grex, Ulysses pro Ulixes. Postea x varie usurpata ; modo 
enim pro duplici, modo simplici persona posita invenitur. Unde vixi, 
vicxi et vixsi in libris manu auctorum scriptis et in monumenlis vetus^ 
tisque lapidibus Romanorum.7) 



197 




; CIYI VIXIT annlS \\\ OBIIT sub dH H ^Biwtiw 



Fragment trouvé à Arles et acquis par le musée de Marseille. Le Y, 
dont les deux jambages non rejoints par le bas se terminent par des 
crochets extérieurs, est d'un type exceptionnel. Nous l'avons déjà vu à 
Pont-de-Metz et nous en trouverons l'analogue dans l'A d'une autre 
inscription d'Arles W. 



tion dépassant le 1 3* postconsalat de Paulin 
(Ailegranza, Imcripi, êqmler, christ,, p. i8 : 
TERDECIE; PC PAYUNI lYNIORI^ IND^XII). 
^'^ Inseriptiones , c. v, n' xui. 



^*^ Iscrizioni Veliteme, p. 199. 
^^'^ Jvris avilis antejusUnianei reliquiœ, 
p. i33 (Romœ, i839). 
^•' Ci-dessus, n'* 46 et 176. 



96 



itr. 



303 



INSCRIPTrONS CHRÉTIKNNRS. 



198 

(f^v/wcy 

Je dois à iihMi savant confrère, M. fiéix)n de Viikfosse, la connais- 
sance dun reste d'inscription provenant d'Arles et conservé à la 
Guenche, département du Cher, dansie^binet de M. Roubet, ancien 
juge de paix. On ne peut guère, devant un si faible débris, procéder 
que par voie de conjecture. La première ligne contenait probablement 
l'éloge banale fcOHE Memoriae. Si l'on se reporte au vers suivant d'une 
épitaplie chrétienne copiée par Fabretti : 

HYNC • HABYIT • PATREM • ORfANV; • ET • YIDVA0 (') 

et à la formule courante Patei' pauperum^^^K on peut penser que la 
deuxième ligne, qui semble se terminer par un f, donnait les mots 
/)ATER OR/ânorum. Le son de l'X étant parfois représenté par la double 
consonne CX'^', il est permis de lire qui vixit dans les lettres GtVIYECX. 
Les quatre caractères NHYf représentent sans doute la fîn du mot annos. 



199 

flirâclifeld, Corpus imcriptionum latinarum, t. XII, n"" 977 b. 



SOT 
SVB* 



Fragment communiqué par M. Huart. 



''^ Inêcriphones , c. x, p. li'jS, 
^*^ InseriptwH» chréUetmes de k Gaule, 
l.lJ,p. f3. 



f*^ Fabretti, op. cit,, c. v, n* 887 : 
CKXTI^flMA CONIYNCX;. 
et d-dessus, n* 196. 



VIENNOISE. 303 



âOO 




201 




202 




Trois débris conservés, comme le précédent, au musée d'Arles et 
provenant d'inscriptions chrétiennes. 



203 

Je dois à l'obligeance de M. Révoil un estampage du singulier frag- 
ment dont je donne ici la reproduction. 11 a été découvert, en.i 863 > dans 
les fouilles faites par le savant architecte au théâtre antique d'Arles. 
Au-dessous de quelques caractères que je ne saurais expliquer figure 
une colombe tenant dans son bec une palme dont on voit quelque 
reste. A droite, le monogramme ^; plus bas, ce même signe du 
Christ est inscrit dans une couronne près de laquelle on a gravé Timage 
d'un cheval courant vers une palme. C'est un symbole de victoire 

a6. 



30& INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

déjà signalé sur d'autres marbres. Une épitaphe de Sardaîgne, publiée 

par M. De Rossi, porte, comme notre Tragraent, l'image d'un cheval et 




en même temps les lettres D M<'). Celui d'Arles parait être marqué, 
suivant la coutume antique, d'un signe imprimé sur la cuisse '''. 



204 
Hinchfeld , 'Corp*" iiueripfiomm bttmmim, n' iSaka. 
V . . . vixit an 

Nv;. 

BIET X 

;vir{?).... 

ETA 

Fragment provenant des Aliscamps et acquis par le musée de Mar- 



<■> DeBo8«,0ii//M(MO, 1873, p. i39 et 
f\.\l,ifiilMtr.tàrit.ielaGmb,n'295. 

c. 33; De Rocri. BtUeuùio. 1873, p. t37. 



J'ai vu Rome, chei un marchaud d'aoli- 
quità, une une lampe de terre cuite por- 
tuit l'image d'un cheval sur la coiHe da- 
qad étaii la marque O. 



VIENNOISE. 205 

205 

Hir8chfeld, Ccrpm inscripiionum latinarum, n** 589 & b. 

Hic in paeL RE 
quiescit BOHE 
memoriœ. . . iWS IP 



205 A 

CIYII... 
TA 



Deux fragments trouvés à Arles en i88â et acquis par ie musée 
d'Avignon. 



205 B 



L'abbé Trichaud, Itinéraire ie$ voyageurs dans Àrks, p. 3^3, et Histoire de la Sainte 
Église d^ Arles f tl, p. 9o6;-^Balthazar, Congrès archiob^rique de la Francey i885, 
p. /196; — Hirschfeld, Corpus inscriptionum latinarum^ t. XIT, n° 9/16. 

Skwaus 

HERO; 

;vmmy; kWtistes 
G 

Je n'ai, dans aucun de mes voyages, eu communication de cette 
inscription que possédait, m'a-t-on dit, M. Tabbé Trichaud et qui aurait 
marqué la tombe de saint Héros, évèque d'Arles, au- commencement 
du v^ siècle. Il aurait importé de voir, pour en parler avec certitude, 
cette épitaphe, aujourd'hui perdue, qui semble avoir été copiée sur 



206 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

celle de saint Hiiaire'*) el dont Tauthenticité est, pour moi, des plus 
douteuses. 

J ai déjà, dans mon premier recueil, cité un certain nombre de ma- 
nuscrits où figurent des inscriptions chrétiennes d^Arles. J*en indiquerai 
encore deux autres qui, à mon grand regret, ne m'ont présenté ni 
monument nouveau ni leçon utile à relever. L'un se trouve aux Ar- 
chives des Bouches-du-Rhône, le second appartient à leur savant 
archiviste, M. Blancard. Voici les titres de ces recueils qui peuvent, à 
I d'autres points de vue, avoir leur intérêt : 

K Hiêtoire (TArks sacrée et pn^aney par F. Porcher , reUffieux de F ordre 

de la très sainte Trinité, î6ào. 

f; Lées antiquités d'Arles traitées en manière dentntien et d'itinéraire ^ oit sont décrites plu- 

f sieurs nouvelles découvertes qui n^ont pas encore veu le jour, avec toutes les inscriptions 

tumulaires qui sont dans la ville et son terroir. Même celles qui y étoient autrefois qui 
•■ ont été enlevées ou détruites. Par Arnaud Bourgeois et natif de la même rille, ijSg, 



BELCODÉNE. 

206, 207, 208, 209 

Juiiian, Inscriptions de la vallée de fHuveaune; 
Hirschfeld, Corpus imeriptionum latinarum, n* 6791 a. h, c, d, 

a c 

AHHO X OHE 

HANC MARMORE SkXO TAC 
b d 

SIWS ICRAÏÏÎ 
IT ÂWÏ 

Fragments copiés par M. l'abbé Albanès dans Féglise de Bdcodène 



(') 



Itutr^fUotutkrkmmu i» U Gauk, a' &i6. 



■ 
■ 



vih;nno4së. 



307 



et paraissant, d'après la Tonne des lettres, provenir de tombes chré- 
tiennes. 

Plusieurs inscriptions païennes ont été trouvées à Belcodène. 



210 

MARSEILLE. 

Recueil de Marchand, t. II, p. i&i. 




Cette épitaphe, aujourdliui disparue, est relevée dans un recueil de 
notes et de dessins que j*ai déjà eu Toccasion de signaler ^^l Ce recueil 
appartient à M. Fabbé Louche, aumônier du pensionnat des Frères à 
Marseille; il a été formé, au temps de la Révolution française, par un 
artiste nommé Marchand, organiste du couvent des Dominicains. Une 
note jointe à rinscriptîon de BagiUanus nous apprettd qu'elle ne voyait 
à Saint-Victor. 



^'^ Les sarcaphageê ckritienê de la Gauie,^f. 87. 






« 



fa 



1 



( 

» 
I 

I 



208 INSCRIPTIOIVS CHRÉTIENNES. 

211 

Juiiian, Bulletin épigraphique , i885, p. s57; 
Hirschfeld, Coirpus inscriptionum huinarum, t. XII, n° ^769. 



KO 

a- 



(;' Inscription du musée de Marseille, gravée sur un débris de plaque 

( de marbre. Elle a été exhumée , en 1 885 , dans les dépendances de Tan- 

j cien cimetière du Lazaret. La disposition des caractères est insolite. 

A l'épitaphe qui ne portait d'abord que les mots BENENATA IN PACE, 
on a ajouté en surcharge, entre les lettres de la première et de ia 
deuxième ligne, les deux mots HIC lACET. Le marbre de la vierge Be- 
netmta n'est pas, selon toute apparence, postérieur au v^ siècle, car la 
formule initiale HIC lACET ne se montre pas en Gaule au delà de 
lili^^^K C'est seulement de 871 à /171 qu'on la rencontre à Rome^^^ Le 
savant Père de Vit signale en Afrique une Beneiiata et plusieurs Bene- 
natus ^^K Un prêtre de ce nom figure dans les Actes de sainte Devota '*l 

^'^ InseriptioHs ekritiemies de la Gaule, t. I, a" 371, 383, 39G, /iSs et f\']i, 
n* 35, a' 4^7; n" 667, a* Aàg. ^*> Ommastieon. 

*^ De Rossi, Inscriptioftes ekristianœ, ^*^ Bolland., 97 janv., t. Il, p. 770. 



VIENNOISE. 



309 



212 I 

Hirschfeld, Corpus ikscripdi^wm UttSumm, t. XTI, n"* &7g, 



EQV/I 



ciTryPiP^A^ 

NMNPACf 

Ovrvix 



^rn 



\hS\ 



. Hic requircit Cypriana m pace qui vixit plus nUnus armas xxxui. 

Cette inscription provient, comme plusieurs autres, des fouilles du 
bassin du Carénage. 

Elle appartient au musée de Marseille. 



213 

Penon, Congrès archioU^iques de la Fraee, t. XLIII, p. 639; 
Hirschfeld, Corpus mser^tUmum latmartan, t. XII, n" &85. 




MARTINI 'VfTlNA 



^tV 



Au musée. Fragment de colonnette en marbre gris trouvé près de 
Saint-Victor dans des décombres provenant des fouilles du bassin du 
Carénage. La colonnette marquait sans doute l'emplacement d'une 
triple sépulture. 

Une inscription des catacombes romaines mentionnée autrefois par 
Fabretti et dont M. de Rossi a publié le dessin donne , avec le nom de 



«7 

(■rBIVIMB «ATI9VAU. 



210 INSCRIPTIONS GHHÉTIENNES. 

la chrétienne Hufina, un arbre entre l'A et rUI(*l C'est le monogramme 
du Seigneur qui, sur un nombre infmi de monuments, est accosté 
ainsi de ces deuiL caractères* Eit donnant à larbre Ja place qu'occupe 
ordinairement ce groupe le graveur a eu sans doute à la pensée le 
mot si souvent répété chez les fidèles crGhristus est arbor vitaei^^^^ Qu'il 
ait voulu représenter un olivier sur l'épitaphe de Rufina^ c'est chose 
possible ; mais nous le voyons mieux sur la colonnette de Mai*seille où 
cet arbre est reconnaissable à ses fruits nettement indiqués. La visée 
allégonque s'y montre de la façon la plus claire, car l'olivier n'y fait 
qu'un avec le sifpium Chnsti qui en forme le sommet. Il y a là comme 
une traduction figurée d'un mot de ce vers où saint Damase, énumérant 
la longue série de noms symboliques que la piété des fidèles donnait au 
Christ, dit qu'il est à la fois le pasteur, la brebis, la vigne et l'olivier : 

Vinetty pastor, om, pax^ radix^ viiisy oliva^^K 



('^ FabreUi, lnseriptûm$ê , p. 58 o; De 
Rossi, Rohm sotteranea, l. H, p. 3^3. 

^') Origen., In, EpisU ad Aom. ^lib. V, 
S 9 : (tChrisius ergo Dei virlus et Dei sa- 
pientia , ipse est arbor vitœ cui complanlari 
debemus; et novo quodam atque amabili Dei 
doDo, more illius nobis arbor vitae efficitur. n 
S. Augoat, Civ. Dei, lib. XIII, c. si : 



(rLignum vilœ sanclum sanctorum utique 
Christus.'» Methodius, Qmvivium decem vir- 
.gimtm, IX, 3 : Ô f») vtalêitaas Xptal^ 
lutfhi T])y àp)(Ti^ civai xai xà &iXov r^ 

Kfi^rfç T^dïjiiivof S. Justin. , Diai. cwn 

Tryphone judœo , c. lxxxvi : ILiyL^oXùv cf^c 

^*> Carmen VI, v. 5. 



VIENNOISE. 



lit 



214 

Hirschfeld, Corpuê inscriptitmum laHnarwn, I. XIV, n'' Ar)<i. 




Même musée. L'inscription SExuperius a été trouvée, en 1 8G5 , dans 
le cimetière du Lazaret. Elle se lit sur un cippe de pierre calcaire haut 
de 2 5 centimètres. C'est là une très rare exception, ia généralité des 
épitaphes chrétiennes étant gravées sur des plaques. 



215 





Une touille opérée, en i865, dans Tilot i8 de la rue Impériale, a 
mis au jour un cimetière antique contenant un grand nombre de corps 
abrités par deux rangs de tuiles à rebords debout, arc-boutées les unes 
contre les autres et formant une toiture dont des imbricen couvraient 
laréte. Deux. autres tuiles fermaient la double extrémité de ces sortes 
de tombes. Là se* voyaient aussi quelques sarcophages de pierre dont 
l'un, conservé au musée, porte, gravés en grands traits sur sa face 
antérieure, le monogramme du Christ et, en lettres grecques, le nom 
du défunt, Castarius. Plusieurs squelettes ont été retrouvés, au milieu 



«7 






I 



- 1 



jr 



I 

• * 

I 
t ' 



* 
\ 

I 
f 



S12 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

de ces sépulcres. On y a relevé également le corps d'un enfant déposé 
dans le vide de deux amphores brisées par le milieu et placées bout 
à bout. 



216 

L'un des manuscrits laissés par Peirese nous donne, avec l'indication 
^)! ad Sci Victoris Massiliens. l'épitaphe suivante, aujourd'hui disparue, et 

que je ne vois répéter nulle part ailleurs (*'. 

HIC lACET BO 

NEMMPPAA 

, , ZAR aVE VIXIT 

' IN TIMORE ÏÏ 



P.M.AHI^XXET 
REaVIEVIT IH 

PÀCEP.K») r 

CY 

Peirese joint cette note à sa copie : 

<r Tabula marmorea in Ecclesia subterranea Sci Victoris, in sacelio 
in quo Sancti Andreœ crax asservatur, in ipso muro cui dicta crox 
innixa est. d 

En marge du texte est écrit : 

fflyARARIAM [PP lyAZAR] Prœpositam vel Priorissam légère mallet 
D. Polycarpus de la Rivière, n 

Bien que la permutation de TE et de H soit chose des plus fré- 
quentes, je ne me souviens pas d^avoir trouvé sur les marbres, où le 
contraire se montre souvent, GtYE remplaçant le QYI masculin. Il fau- 
drait donc lire ici Lazara et non Lazarus dans I^AZAR, forme d'abré- 

(') Bibi. Dat, fonds latia, n* 8968, f 3o9. -- ^'^ Pndk hilenâoêt 



VIENNOISE. 



213 



viation qui est exceptionnelle. Si, comme la pensé, le fameux Doui 

Polycarpe de la Rivière, les sigles PP de la seconde ligne veulent dire 
Prœpositay je m'étonne de voir ce titre précéder le nom propre. 

Hic jacet, qui est une formule ancienne , se rencontre rarement avec 
fépithète bonae fnemoiHae;je n'en ai relevé que deux exemples ('^ tandis 
que sur des centaines d'inscriptions, ces derniers mots sont joints au 
début Hic requiescit. 

On possède à Lyon une épitaphe datée de l'an 67 3 et portant, 
comme celle-ci, la formule VIXIT IK TIMORE DEI^. 

Le nom de Lazaraj s'il a été gravé sur^ notre marbre , doit être 
noté. Ainsi que je l'ai expliqué ailleurs, au contraire de ce qui se fai- 
sait au pays d'Orient, on donnait rarement aux chrétiens de nos con- 
trées d'Europe des vocables d'origine hébraïque W. 

L'inscription de Marseille, dont je douterais, si elle n'avait, comme 
il le semble, été vue par Peiresc, me paraît appartenir à la fin du 
v^ siècle ou aux premières années du vi*. 



217 

Hirschfeld, Corpus inser^tionum latinai'umy t. XII, 11* 698 a. 

irn? 



CTAM 



^*) Gori , Inscript, in Etrur. extantea, t. III , 
p. 33a; Inscriptionê chrétiennes de la Gauk, 
n* 598. J*ëcarte naturellemeat de la liste 
des ëpitaphes débutant par les mots HIC 
lACET BONAE MEMOKIAE la nombreuse 
sërie d'inscriptions fausses publiées par 
BonCmt dans son livre intitule : Triufnpho 



de ios Santos del Reyno de Cardena. 

^*^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 
n* a5. 

('> Ibid., n*' 66 et 6s 1. Le nom de La- 
zarus était porté au début du v* siècle par 
un évéque contre lequel écrivit le pape Zo- 
sime ( Epist. II de causa Qtkstu), 



214 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



218 

Jullian, BuUetin épigraphiquey t. V, p. 360; 
Hirschfeid, Corpus inscripticmum latinaruni, t. XII, o** 07 70. 

inCr>\C A 



219 

Hirsrhfeid, Ibid.y n* 698 , b. 




Trois fragments conservés au musée de Marseille. Le deuxième est 
sorti des fouilles de l'ancien cimetière du Lazaret. La provenance des . 
autres est inconnue. Les colombes figurées sur le dernier portent une 
guirlande. A la droite sont gravés deux objets que je ne puis recon- 
naître. Je remarque un signe presque semblable en tête de cette in- 
scription votive découverte, en 1876, par M. Costa dans le cimetière 
punique de Gonstantine : 



O P C A E 
Y X H N 



PREMIÈRE AQUITAINE. 



PREMIÈRE AQUITAINE. 



220 

BOURGES. 
Boyer, Revue archéologique, novembre i865, p. 3gli ; — CaiiinoDt, BtiUetin tiwm- 
mental, i86g, p. 689; — Buhot de Kersers, E^graplùe romaine dont Udipar- 
iCTDCTit du Cher, p. t6ù. 




+ Hie requieneit Badardus. 

Comme leii deux suivantes, cette épitaphea été découverte à Bourges, 
dans le cimetière de l'antique prieuré de Saint-Martin-de-Brives. Là 
se sont- trouvés aussi des stèles à inscriptions et autres débris paîeiis 
que MM. Buhot de Kersers et Boyer ont publiés. On pense que 
ces restes ont pu iHre apportés par les chrétiens et employés à la 
construction de leurs sépultures. Les constatations nécessaires pour 
établir ce point n'ont, par malheur, pu être faîtes au moment des 
fouilles. 

Si peu nette que soit l'inscription qui m'occupe et dont M. Buhot 
de Kersers a bien voulu m' adresser un estampage, je crois pouvoir y 



216 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

lire le nom de BadarduSy analogue à celui de Badarady fort répandu 
aux temps du moyen âge^^^ 

Le savant antiquaire note que la croix gravée en tète de l'inscription 
est presque effacée, tr comme si elle eût été longtemps piétinée. Cette 
stèle, ajoute-t-il, avait-elle donc été disposée horizontalement comme 
un couvercle de tombe ??> Nous ne savons rien, je le répèle, de la 
place qu'occupait originairement la pierre ; mais le fait signalé par 
M. de Kersers rend sa supposition probable. Que la croix ait été usée 
par les pieds des passants, ou qu'on Tait effacée à dessein, cette parti- 
cularité rappelle en effet un trait de l'histoire des premiers siècles, tt Un 
jour, raconte Paul Diacre, Tibère Constantin parcourant son palais, 
vit dans le pavé une dalle de marbre sur laquelle la croix était gravée. 
(rEh quoi, dit-il, ce signe sacré dont nous marquons nos fronts et 
(rnos poitrines, voilà que nous le foulons aux pieds It) Sur l'heure, 
il fit enlever la dalle f^'.i) Dès longtemps ses prédécesseurs s'étaient 
émus, comme lui, d'une telle profanation. En li^']^ une loi avait dé- 
fendu de figurer la croix sur le sol, sur les marbres que l'on y en- 
castrait ; elle avait prescrit de faire disparaître ceux qui s'y pouvaient 
trouver, et une lourde amende punissait toute désobéissance à cet 
ordre (^). Une inscription datée de l'an bS^ nous reporte au temps où il 
était rigoureusement observé : c'est une épitaphe romaine placée au- 
trefois sans doute dans le pavé, car les croix qu'on y avait inscrites ont 
été enlevées avec le ciseau W. 

^') Fôretmann, Altdeut$ehei Nanmbueh, ('> Cod. JusUn., lib. I, tit. 8; Cf. ConeiL 

t. I, p. 199. lit TruUo, c. Lxxni. 

<*) Paul. Diacon., De gestiê Lanfabar- ^^^ De Rosei, Imerift ekrUtùmm, t F, 

iorirm,IlI,isi. Gr.Turoo.,fftf/.Fr.,V, 90. p. &16. 



PREMIÈRE AQUITAINE. 



217 



221 

Boyer, Revue ardiéoîogiquey novembre i865, p. 896; — Caumonl, Bulletin numu- 
mental f 186g, p. 689; — Buhot de Kersers, Épigraphie rtnname dam U dépar- 
tement du Cher, p. i63. 



Stèle de pierre. 




222 



Boyer, lUd.^ p. 896 ; — Bu^ot de Kersers, lUd.^ p. i€5. 







»«Vv'\ 



,iitV 



m -'^ 



^ 



Le D en forme de delta et les lettres B , E , R , d<Mit la haste dépasse 
les membres transversaux , ne permettent pas de faire remonter cette 
inscription plus haut que le vi* ou le vn* siècle W. 

Avec les trois épitaphes que je viens de transcrire on a trouvé 
des armes et une fibule du type mérovingien. Là s'est également ren- 
contré un sarcophage d'une époque postérieure qui avait contenu les 



^'^ Inscriptwns chrétiennes de la Gaule, pr^&ice, p. xxiv. 



si 



IMrUJnUS MktfUAMM. 



31S INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

restes d'un prêtre (''. A la tète de cette tombe est sculpté un aigle qui 
semble être un symbole de la résurrection attendue. Nous avons déjà 
rencontré ce signe sur deux autres sépultures chrétiennes (*'. 

ËQ terminant sa notice sur les fouilles du cimetière de Saint-Martin- 
de-Brives, M. Boyer exprime le désir de les voir pousser plus loin, «rll 
s*en faut, dit-il, que tout le terrain ait été entièrement exploré. i) Sans 
parler de l'intérêt qu'offriraient les découvertes nouvelles, il importerait 
en effet de savoir si les pierres païennes ont été apportées en ce lieu et 
utilisées par les chrétiens, ou si ces derniers se sont fait ensevelir dans 
une nécropole des gentils. 



222 A 
BRIVES. 

Des Mëloizes, Mémoimde la Société des Ant^p^ins du Centre ^ 1888-1889, p. i6fi. 

Pierre loogue de a°^,do'' exhumée à Brives» arrondissiement dis- 
soudun, dans les fondations d'un mur circulaire oii M. des Méloizes 
reconnaît le reste de Tabside d'une église. A l'intérieur de cette enceinte 
étaient trois sarcophages sur lesqueb reposait en travers la dalle qui 
porte notre inscription; elle avait autrefois recouvert une tombe et été 
placée au niveau du pavé, comme le montre l'usure de ses caractères 
à demi effacés par les pieds des passants. 

En tête est gravée une rosace dans laquelle se détachait probable- 
ment le monogramme du Christ. 

L'épîtaphe, de formule banale, appartient au vf siècle; elle est in- 
térossaato par le titre à'arehipresbjfier que porte le défunt. C'est b pre* 
mière fois que nous trouvons l'indication de cette fonction sur un 
mmEiumeot épigr«phîque de notre pays. Plusieurs archîprétres sont 
mentioonée par Grégaire de Tours. L'un d'eux, appelé M underîcus, fiit 

<*^ Mémoire* de la Société dee Àntiquairu du CetUrt, t. III, 186g, p. t, vi; Buhol de 
Keners, op. dt., p. 17t. — ') Lee earcopkagee ehréfiûiiê dâ Itk Gaiêkf^ p^ 86. 



PREMIÈRE AQUITAINE. 319 

désigné pour suppléer Tetricus, évèque de Langres, atteint d'une grave 
maladie. L'histoire en nomme d'autres dans les bourg d'Arthona, de 
Becciacum et de Néris^"'. 




VllSCIT 
|E/V\ORI 

AEBAv 

SAAÇC 

6//7V<l| 




In hoc totnoh requiiscit bone memoriae Baudulfus arcepresbylir. 

Obiit un kalendas décembres. 

Je n'ai encore relevé le titre itm-ehipresbyter que dans deux in8crip<- 
tions, dont l'une est datée de l'an âi^^*). 

('> Hommieii, Imterift. ngn» Nmp. la^ 
d'iMP, n* 9070; PMret, Caiaeambti, t V, 
pl.LXXni, it. 

18. 



(" Hùt. Fnme., l V, c. 5; Ghria 
lytm, c. 5; Glorùt eu^iuonm , t. 5; Vikf 
patnm, ix, S. 



220 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



L abréviation arceprb montre une fois de plus qu au vi* siècle le c 
suivi de Ye ou de IV avait encore le son dur. 



223 
CLION. 




Épitaphe gravée autour du monogramme ^ inscrit dans un cercle. 
J*en dois un estampage à M. Daiguson, correspondant de la Société des 
Antiquaires de France, et à M. Tabbé Blanchet, curé de Buzançais, qui 
a bien voulu m*adresser, au sujet de cette pièce, une lettre intéressante. 
La pierre a été trouvée en 1880 à Glion, département de llndre, 
dans les fouilles faites pour la construction d*un nouveau presbytère. 

Une note de mon savant confrère, M. Longnon, nous apprend que 
cette localité est fancien Claudiamaguê ^ sur .la position duquel on ne 
s*était pas accordé (^). Ce bourg est nommé dans le deuxième Dialogue 
de Sulpice Sévère comme Tun de ceux où passa saint Martin. Là se 
trouvaient un grand nombre de religieuses. Après le départ du saint qiii 
y avait demeuré une nuit, les pieuses filles se précipitèrent dans la 
sacristie, couvrant de baisers ardents, suivant la coutume antique 
{adlambetUes) les lieux où le grand apôtre s^était assis ou arrêté, se par- 



(') BulUim de la SoeUti des Amiquittreê de 
Frtmee, 1879, p. tSs. Cf. Tillemont, Mi- 
moirée pour tertfir à Fhieioire eeel 



t X, p. 38s; Dom Genraise, Vie de eaint 
Martin, p. i5«; Quîeherat, DekJorwuUion 
françaiee dee aneiene noms de Keu, p. &o. 



PREMIÈRE AQUITAINE. 221 

tageant la paille de son humble couche. Un possédé au cou duquel 1 nne 
d'elle suspendit un brin de cette relique , fut délivré de Tesprit malin ('). 
L'épitaphe à'Alhvera me parait postérieure d*un siècle à la mort de 
saint Martin. 

MOLLES. 

BuUetm de la SoeUU éThudation de rAUùr, t XVI, p. 385. 

I N H CTVMVtf 

^Kvffsc^lNrACAf 

BONAfMEMOWA 

iM/\M/\rOKTAN 

SANNV5StfIffTM 
tNSlSQVlNQVt 



KÏ6M^>A 



•«<ii'K^ 



In hoc tumolo requiescet m pacae bonae memoriae Maria portans annut s^te 
et mensis quinque. Notavi die xviiu kalendasfebrariai. 

Epitaphe découverte dans un cimetière antique sur le plateau de 
la Couronne, commune de Molles, près de Gusset (Allier). Un grand 
nombre de cercueils de grès, étroits par le pied, sont sortis de la même 
fouille. Nous avons déjà rencontré dans c.e recueil et nous retrouverons 
plus loin les mots portavit annos pour vixù annos^'^K Une inscription de 
Lyon, une autre découverte à SaintJean-de-Bournay offrent, comme 

celle-ci, Texpression assez rare notavi die ^^K G^est, comme je Tai 

dit, le fait de l'introduction dans la rédaction des épitaphes d une 
formule familière à la diplomatique (^l 

<'> Dialog., II, c. ix; Foriaoat, Vita ^') Cf. Baluxe, O^L, t IL p. 587 à 

S. Martini, lib. III, v. 969 et 8Qiv. Ô90. Nova coileelM formuUtnuH : «r Notavi 

^'^ N" 66 et âa6. diem dominicain, diem illiun.v Pithœiis, 

^') Imet. chrit. de la Gaule, n** 36 et Codex Caiumam Ecdeeia romanœ , p. &35, 

661; Cf. Hûbner, Ituer. Hispan. chriet, &36 : Formula aiUiqam ahaticœ : <r Notavi 

n* aii : DOMINICV^ NOTAYIT. supradictoe dies , Notavi diet saprascriptoi. « 



222 INSCRfPTIONS CHRÉTIENNES. 

J'ai à peine besoin de faire remarquer la suppression si ordinaire 
de TM final que nous voyons ici dans le mot septe^ lemploi de Veptsé^ 
inon bau qui représente, comme on sait, le chiffre VI^*', et 1 orthographe 
IN PACAE qui témoigne de la prononciation dure du C. 

La formule initiale de Tinscriplion de Maria nous reporte à la fin du 
vi*' siècle, si- ce n'est au vii®'^^. 



225 

CIMETIÈRE DE SAINT-VICTOR. 

Mémorial de F Allier, 3 octobre i883. 




C'est auprès de Montluçon, dans un cimetière mérovingien entou- 
rant l'église de Saint-Victor, qu'a été exhumée cette épitaphe commu- 
niquée par M. Deiort au Comité des travaux historiques ('). Gravée sur 
une plaque de grès, elle était encastrée dans le couvercle d'un tom- 
beau et, si j'ai bien compris la note de M. Deiort, tournée vers l'in- 
térieur, ainsi que nous l'avons vu en d'autres lieux ^^\ C'est là le seul 
objet sauvé de tous ceux qu'a produits la fouille. De nombreux sarco- 
phages de pierre avaient également été trouvés; mab, quand le savant 
professeur est venu pour les examiner, ils avaient été employés à la 
construction de passerelles dans des propriétés particulières. Un seul 
couvercle demeuré en place portait, en beaux caractères, la syllabe 

MOM surmontée d'un signe d'abréviation. • 

L'épitaphe de Sigegonde, au revers de laquelle sont gravées quel- 
ques lettres sans suite, ne présente aucune difficulté de lecture. Je ne 

'^ Imct. ckr.de k Gaule, xn** Sh ei àoT, ^'^ Imeriptknu ckrêUetmeê de U GmUe, 

^*) Bulletin êrckMogique du Comité ^ préface, p. xxxi. 
t883, p. i6a. «•^ Ibid,,jk* 3oi, elc 



PREMIÈRE AQUITAINE. 22Ï 

vois à y relever que quelques particularités orthographiques. La pei-- 
mutation entre C et le C> daus le nom de Sigegondis est un t'ait des plus 
connus : nous lisons de même sur les marbres Û.VADRÂC!NTÂ . (^AR- 
TACO, CONlVCi''i. Un trait plus curieux par sa rareté et que nous re- 
trouverons plus loin'-', consiste dans l'addition du v en tête de l'ad- 
verbe Hic. Peut-être faut-il Fattribuer à l'accent guttural des langues 
germaniques et y voir une marque de l'analogie existant, dans ces 
idiomes, entre le son du i; et celui de l'aspiration k. Elle nous est déjà 
attestée par le nom de Vhdoar dont lo radical est Illod''^^ et par ceux 
de Htvido et de Hmlan'^'^\ où l'h est inséré avant le v. 
L'épitaphe de Sigegonde appartient au vi* siècle. 



236 
VICHY. 



J'ai reçu de deux de mes conlVères, M. Révoii, correspondant de 
l'Institut, et M. Bertrand, vice-président de la Socitité d'énuilalion 
de l'Altier, des estampages de cette tipitapbe trouvée à Vichy en i88q 
et déposée à la mairie, dans la salle de la bibliothèque. Les lettres 
en sont très ell'acées, l'inscription ayant été, ou posée tout d'abord h 
terre, ou employée plus tard dans un dallage. 

Le prince nommé sur notre mari)re ne peut âtre que Thierry I"'; 
sa dix-neuvièuie année de règne correspond à l'an 53o. Les-preraières 
lettres de la sixième ligne sont d'une lecture difficile, et j'hésiterais 
à les interpréter si l'étude des inscriptions ne nous apprenait que les 
formules tendent à se repi-oduire dans les mêmes contrées. J'en ai 
consigné ailleurs des preuves nombreuses'^. Si effacés que soient les 



''' UeùestuB, W, h^; 
Eh-ur., {. UI, |}. 33a, elc, 
■" Ci-aprè«, n' a3o. 
'' Pordegsus, Diplomala 




Gori, Inteript. '*' Perti, Monummla Gmimnlm. l. VII[, 

p. 96; CWex LauruArtMAim, t. II, p 9i3. 
''' Iiucriptioiit ehrélienHes de In Gaule, 
. l. Il, p. 35i. n'iCy. 



À 



32& 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



caractères dont je parie, j'incline donc à y reconnaître la trace du mot 
partare (portai ou plutôt pin'tavit)^ comme dans Tépitaphe de Molles 
donnée plus haut et où nous lisons PORTAN; ANNYX ;EPTE. 




Iisoc r oAA 

O1.OR1 o ES 

(^o« I A I 
^viCf T / A 
PrTATANMV 
S.JHPi VTil AN 



<>% T «^ 



)«a««« 



In oc Unnolo reqescet bonae memoriae Dulcetia pptat annus xxxr; 
traniiet vu idus jlias anno vnii decemo regno domini nostri Thodorici reps. 

Nous rencontrons souvent ailleurs des nombres exprimés comme ici 
par moitié en toutes lettres et pour le reste en chiffres <*'. 

Le D oncial se montre, dès Tannée 3oi, dans Tédit de Dioctétien (*'. 
il n apparaît que plus tard sur nos monuments épigraphiques : à Bor- 
deaux, au Vf ou au vu* siècle f*'; à Vienne en 667 W. En Espagne, de 
même qu*à Narbonne'^', sur les marbres mêmes où cette lettre garde 
sa forme ordinaire, elle devient onciale dans les parties où elle est 
employée comme chiffre. 



^^^ Boaio, Roma êoUerranea, p. 5o6 : 
XX ET YHY; XX ET ^EX; Gawera, hertzioni 
erMane del Piemtmte, p. 88 : YICIHTI ET III; 
Hobner, Imcr. Hitp, ehrUt. , n* 1 1 : l^ ET 
VHO; Inter^flUm chrit. de la Gauk, t. I, 
p. 999 : CCC DECEM ET OCTO; l. Il, p. i5o : 
XX ET III ; p. Sis : HOHO X. 



^'^ Moramsen, Dos Edict Dioeietians, p. /16. 

'^^ Inscriptionê chritienne$ de la GauU, 
planches, n* 690. 

(') Iba., planches, n* SaS. 

^^^ Ibid. , planches, n* 5o9 ; Em. Hubner, 
ImcripL HUpaniœ ckristianœ ^ n** 1 9 , 3 3 , 3 5 , 
U, 6o, 65, 86, 99, ii5, i5S, iS8. 





^^T Awiâr de Viehy, th mars 1880;— Cvl/^bn dt la Société de) Attliquairet de Fnutce, , 
^^ 1880, p. 1^5; — Bulletin de la Société d'émulation du déparlement de CÂOier, 
t. XVI, p. 188 et 385. 




1 N h ocVo /v^ 
Ain s fsvi 


1 


Cette épilaphe a été trouvée à Vichy, au lieu dit les Capucins, en ' 
opérant le nivellement de l'ancien cimetière. J'en dois des estampages 
à MM. Bertrand etRévoil.De la m^e fouille est sortie une borne mil- 
liaire portant les noms des deux Philippes et que les chrétiens avaient 
évidée, comme nous le voyons souvent pour d'autres pierres antiques, 
afin d'en faire un cercueilf". 


^ 228 

^1 LE PUY-OE-GAUDY. 

^^ De Ce&sac, ButUlin de la Société dei Antiquaire» de France, 1874, p. i iS, 116; — 
L'oppidum du Puy-de-Gaudi/, p. a3 {extrait de la .ilii' tettion des Congrit tcienii- 
fiqiie» de France); — ThuoI, Rer?ue des Sociétés gavantes des départements, 1875, 

^^H Le lieu où a été trouvée cette inscription dépend de la commune 1 
^V de Sainte-Feyre, près de Guéret, département de la Creuse. C'est un 

^H ■' Siauve. Antiquilêê du Poitou, p. ij3, 71. 8u, 98 ; Mandet, L'aneien Ve%, p. 116: 

^^K iAm Renier, Itinérairei romainx de la Gaule, p. 5f| ; l.acnpi. ckréu de la Oanle, t. 1. p. 19. 



2S6 



INSCRIPTIONS CHHÉfriENNES. 



cimetière antique attenant à une chapelle et demeuré ouvert depuis 
les temps mérovingiens jusqu'au xîV' siècle. Plusieurs cercueils de granit 
y ont été découverts. Entre deux de ces tombes, écrit M. de Gessac, 
était crujie dalle gravée légèremesit bombée, creusée en gouttière en 
dessous et taillée d'une façon un peu négligée. Elle mesure i™,3o de 
longueur sur o*"28 de largeur près de la tète, o",aû aux pieds et en- 
viron 0"",!^ d'épaisseur. Ces faibles dimensions semblent indiquer 
qu'elle ne recouvrit pas une augede pierre, mais que, suivant un usage 
pratiqué à cette époque ,^ le mort qu'elle protégea avait été déposé sans 
cercueil entre les deux tombes placées près d'elle, n 




Je n.'ai pas vu cette inseiîption et je n'en ai pas d'estampages.. Trois 
copies eu ont été.données qui oifcentone variante notable. Après les 
lettKea Yll^, celle de M. de Gessac porte un S; celle de M. Thuot, que je 
reproduisr 1» trace d'ua caractère qui peut avoir été un 6 de forme 
iuQaii:e. Ou a. suoceasivement propxMié de lire : Dodolenus JiUus patti 
poiuitf et ce qui serait bien moins admissible: ZWa/a/2u<.jUuM Peirû pax 
os9ibu9 [tuis). Si la transcription de M. Thuot est exacte et si, dans la 
partie très ruinée qui suit le groupe Ûl^y où retrouve la trace d'un ^ , 
on pourrait voir ici les mots Dodolenus Jil. EppOy en se rappelant les sou- 
scriptions qui terminent plusieurs actes antiques : Anastasius vcjil. qdLeOf 
Thecfanius vhJUiusqd Th$odo9io>, VitatiêveJUmê^ Calianoro, Adelberto vc 
filkêê qnd Smnse , Ikfîêdedii vcfilius Félix VeneHco^^K Gela dit sous toutes 
réserves , \k pierre du Puy-de-6kudy n'ayant point passé sous mes yeux , 
j'ajouterai que le nom d'Eppo se rencontre dans les textes anciens, 
ainsi que celui de Dodolenus que r6n avait proposé de lire Bobolenus^^K 

C'est toujours pour moi, et cette observation s'étendra à Tépitaphe 



^^^ Marmi, I papîri diphmatici , p. t55, 
171, 19s, 194. 



^^ PôrstemanD, Âluhvtickes Ifàmenbueh, 
t. I,p. Sio et 358. 



PBEMIÈRE AQUITAINE. 227 

qui va suivre, cest toujours pour moi^ dis-je, un très vil' embarras 
que de me trouver en face de ces sortes d'inscriptions à grosses lettres, 
brutalement gravées, dont j'ai rencontré le type dans la seconde Aqui- 
taine, à Sivaux, à Neuvicq(^). J'hésite, en les donnant dans ce recueil 
ouvert seulement aux monuments des sept premiers siècles. Sont-elles 
mérovingiennes? N'appartiennent-elles pas plutôt à l'époque suivante? 
Rien ne le montre avec certitude et il nous faudra attendre que quelque 
découverte nouvelle, quelque épitapbe portant une date vienne éclairer 
ce point obscur. 

A côté de la pierre de Dodolenus s'en est trouvée une autre grossière- 
ment marquée d'une croix pattée à branches égales. Toutes deux ont 
été portées au musée de Guéret. 



229 

Revue des SoeUtée savarOes y 5* série, t. VI, p. 3i5 et 533; 
De Cessac, U Oppidum du Pm/^de-Gàudyy p. s/i. 






1 



' ■ ~ • • • » 

Inscription communiquée par M. Tliuot au Comité des travaux hisr 
toriques. Elle est encastrée aujourd'hui dans le mur d'une maison du 
village de Bains, au Puy-de-Gaudy. M. de Cessac estimé quelle doit 
provenir de cette dernière localité. De cette épitaphe qui portait un 
nom de forme gurraanique, trois copies existent; ia première donnée 
par M. Thuot, la seconde par M. de Cessac. J'ai^uivi la iroisièmerqve 
mon savant confrère, M. de Laurières, a bien voulu relever pour moi. 



^*) Itueripthnt ehrétietmei de la Gaule, t il, 357, ^^' 

«9 



»8 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



230 
VOLVIC. 



/RlTCOKBSbA' 
,.l7lTAVHiC 

fe;S?ST)VlfeïMAtl! ■. 



J'ai copié à Volvic cette inscription trouvée > en aoAt 1871, dans le 
sol de l'église. Je ne tenterai pas de restituer un texte si mutilé ; qu'il 
me suffise d'y relever une interpellation au lecteur : QY! I|.E(^l.r; la 

mention des péchés ou du pécheur : PECCA ; puis deux mots re- 

latife à l'admission du mort dans le séjour des bienheureux : KEGI.YIEM 

IH ^EDE , formule que permettent de compléter plusieurs textes 

antiques : «NCTORYM ;EDE POTITY^o, ;E&E BEATORYM RECIPIT TE 
I^ACTEY^ 0KBI5'^\ vTu imaginem tuam cum sanctis et electis tuis 



<'> Bono, A»aMl MUmum. p. i^. —■ <' 
CEâkmùUhfvn, i88â, p. iS6. 



Ardtœolagùdt BpignflnMehe MiUMMî ""* 



PREMIÈRE AQUITAINE. 229 

aeternis sedibus praecipias sociari (^) ^. cr Qui cupit aeterna sociari in sede 
beatis^T). 

La fin se lit facilement : obiet 9ub die viii kaJendas madias anno iv 
regno damini Dagoberii régis. Cette indication nous reporte au 2& avril 
de Tannée 636. 

A la cinquième ligne, je ne m'explique pas comment pouvaient se 
diviser les mots auxquels appartenaient les lettres IVITAVHIC. Nous ve- 
nons de voir dans la même région , au cimetière de Saint-Victor, une épi- 
taphe où le mot hic est orthographié VHIC (*' ; en serait-il ici de même ? 

Une inscription de Glermont porte les mots NATYRE ûtYIDEM 
COmP . . . VE . . . ■*). Ces mêmes paroles semblent avoir été gravées au 
début de ce qui nous reste de Tépitaphe de Volvic : NATYRE QtYI . . . 
MPl^EVE ... Le même marbre et deux autres que Ton verra plus loin 
donnent comme celui-ci la formule QtYI IJ.C\\S '*^ 

L'abréviation DMI au lieu de DHI [Damini) est insolite. 
On remarquera ici l'emploi simultané de TE carré et de V^ lunaire. 
Trois lettres provenant peut-être d'une inscription antérieure, in- 
complètement effacée, se voient à la droite de notre légende. 



•231 
LEZOIJX. 

Qulcherat, Bulletin de là SocUté des Antiquaires de France, 1879, p. 78. 

Le2oux, chef-lieu de canton du Puy-de-Dôme, est, depuis long- 
temps connu pour les objets antiques sortis de son sol. On y trouve 
particulièrement des vases de terre rouge, blanche ou noire qui se fa- 
briquaient en ce lieu et dont les débris portent les marques de diverses 

<'^ SacramenUuium Gelastamm (Mura- *^ N* aa5. 

tort, Liturgia ramona, t. I, p. 761). ^*^ Imcr. AriL de la Gauk, n* 564; cf. 

^*> Fortuoat, Miseell., I, 6 : «rDe Basilica ci-après n* a33. 
S. Martini)». ^'^ Ci-après n** aSa, 933 et 317. 



830 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

otiicines, celles de Primus^ PlautinuSy Libertuêy Borilluê^ AiioHcM. Pour- 
suivies par M. ie docteur Plicque, les fouilles ont mis au jour de 
nombreux produiU de Tespèce, des bronzes remarquables, et de plus 
un groupe de quinze sépultures à incinération où se trouvait une 
mé aille de Vespasien'*^ 

Dans la même localité on a trouvé, en a 86s, en travaillant aux 
fondations d'une mairie, une petite épitapbe portant cos mots: 



IHoCTHOAi^ 

Vpciv\ES 
CETS€>NEMEMo 

Rïc:e5aWV5vi> 




Je tiens de mon savant confrère, M. Chassaing, un estampage de 
cette inscription dont la partie inférieure a malheureusement difiparu. 
Gomme d autres légendes de la même contrée, celle^i se terminait 
évidemment par une mention chronologique semblable à celle du 

marbre dont je viens de parler IKkWSSUt dH TERTIO Ifalendas 

aHHO N domini nostri régis. 

Tel qu'il nous est parvenu, ce petit texte est intéressant par l'indi- 
cation, assez rare sur une inscription chrétienne, d'un nom de lieu: 
Lentinum. MM. Chassaipget Quicherat pensent qu'il s'agit ici de Lempsi, 
village voisin de Lezoux. 

La tombe de Césaire trde bonne mémoire t), banememoriae, ou bone 
memoriusy comme on le lit si souvent sûr les marbres funéraires de là 
Gaule (^^ n'était pas isolée; là devait être un cimetière mérovingien , car 
M. Chassaing a su qu'une ^pitaphe, portant également une date royale. 



^*^ I^e docteur Plioqae, Gatette areUohh- 
giquê, 1881, p. 17; Héron de Tiltefosse, 
BuUetin de la Sociàé d$ê AmiqmArm de 
France, i883, p. 89 et io5; Retue ar- 



ekMogique, numéro de dëeembre i8go, 
p. 397, etc. 

"^'^ Inêer^tiim ehrétietmee de iû Gauk, 
n** 16, 59, 70, 876, elc. • 



PREMIERE AQUITAINE- 231 

avait été rencontrée an même lien. On y lisait le nom de TauriUo. 
H advint qu'au moment de ia découverte passa un bomme appelé Tho^ 
rillon. Frappé de ce nom semblable au sien, il emporta la pierre que 
Pxm n'a po encore retrouver. C'est donc, jusqu'à cette heure, un mo- 
nument de plus à compter parmi ceux que nous avons perdus. 

A l'époque mérovingienne, Lezoux possédait un atelier monétaire; 
on lit sur ses pièces l^EDO^O VICO et l^EDOXYM VICO^^). 



232 
CLERMONT. 

Dom Estiennot, Fragmenta historiae Aquàanicae, t. III. 
(Bibi. naL, me. iat. n"* 19766, p. laS, i^/i.) 

In cimiterio Ecclœ i>'' Latireruii ClaromarU. repertafuù niaiiMrea 
tabula amw mdclxv. In qtia hœc scnbuntw^ : 

hoc tegelur tomolo qui 
Legis intell^e jacenteni 
Dtacan EmelUo nomine 
ipse ter denus et lustf^a sic 
gesseral annus set mars 
inveda abstolit javenim 
Vitam obiei sub die v kalend 
Augustas anno xxxvu rigni 
domi Chhthcani r^is 

Telle est la note relevée par M. Ghassaing dans un manuscrit de 
la Bibliothèque nationale. Elle reproduit un monument dont je n'ai 

^*' A. de Barthélémy, Luiê deê noms de lieux inscrite snr Utt monnaies mérocin^ 
gienneê, p. 17. 



232 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



retrouvé aucune autre trace. L'épitaphe est, comme tant d^autres, faite 
de lambeaux métriques maladroitement assemblés. Nous avons déjà 
rencontré l'expression gerere lustra ^^'. 

La mention finale viiam ohiit mb die v kalend. auguslaSy anm xxivu 
regnidomini Chlotarii régis correspond au a 8 juillet de Tannée 568, Vil 
s agit de Glotaire I^, de 6ai s'il s agit de Glotaire II. 



233 



KMfiEVAtWTEElC 

HKrAMRATfmcjastb 

ATVSyA^A\gRE 



J*ai, sous le numéro 56& des Ifiscriptions chrétiennes de la Gaule y noté 
comme disparu un marbre que je n'avais pas trouvé au musée de 
Glermont et que ne mentionne pas d'ailleurs le catalogue de 1867. 
C'est un débris d'épitaphe dont la transcription existe dans une lettre 
adressée par Philippe Radier à Ruinart. Je l'ai, dans un dernier voyage, 
rencontré au musée parmi quelques fragments, brisé par la moitié et 
ayant perdu le côté droit. Ce qui en reste permet de constater l'exac- 
titude de la copie envoyée à Ruinart. Je n'ai rien à ajouter à ce que 
j'en avais dit, si ce n'est que quelques mots de la première ligne 
paraissent avoir été également gravés suf une épitaphe de Volvic^. 
J'ai signalé ailleurs l'existence de certains formulaires épigraphiques 
dont l'emploi peut expliquer ces sortes de rencontres (^). 



^^' hêcriptionê chrétiennes de la Gaule, 
!!• 633. 



^'^ Ci-desgus, n* â3o. 

<'^ Inscr. ekrét. de la Gaule, n* 676. 



PREMIERE AQUITAINE. 



233 



23A 



R 



OA7fScjTBoH£[ 
TiiANSirv 



Inscription donnée au musée de Clermontpar M. Le Dru, architecte, 
et dont la provenance m'est inconnue. Les ornements qui la décorent, 
comme plusieurs marbres de la région, permettent de croire qu'elle 
y a été trouvée (*l En tête, sous une double arcade, est gravée la 
colombe buvant dans un vase. C'est la première fois que je rencontre 
sur une épitaphe chrétienne ce sujet appartenant à l'art païen et sans 
doute ici purement ornemental. 

Théobalde, dont le nom figurait sur notre marbre, a régné de 548 
à 555. Dans cette série d'années, la quatrième indiction ne s'est pré- 
sentée qu'à la dernière, après le i* septembre. Si donc le chiffre des 
calendes est complet, la chrétienne est morte le ai novembre 555. 



'») 



InscripHons ehréUeme$ de la Gaule, n"" ^(7, 65i et 669 des planches. 



3o 



nwaunfeu iatiovals. 



334 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



235 



TV)7AA\AT 
A/n/\TVRE 

CTVR 



Au musée de Glermont. Fragment qui , d'après la forme des lettres, 
appartient à l'époque chrétienne. 



236 

Matthieu, Atmale$ êcùntifiquu et UtUrmret de VAwoe^u, t. XXX, p. 176. 

•AI 0\JI<\ H< 

Marbi^e découvert en 18&0 au faubourg de Saint-Alyre. On y re- 
connaît les restes du mot onHOif indiquant l'âge du défunt, puis la 
mention du jour de sa mort et celle de Tannée du règne d'un prince 

dont le nom manque : anno DOMmi ^oslri REC\U. Par 

sa formule comme par ses caractères, cette épitaphe est exactement 
semblable aux inscriptions mérovingiennes de la contrée ; elle appar- 
tient au même temps et non, comme on Ta dit, au ix® siècle. N'ayant 
pu retrouver l'original , je la reproduis d'après la copie soigneusement 
exécutée qu'en a faite M. Matthieu. Phésite à interpréter la troisième 
ligne qui semble donner le mot Lemavicetms. 



PREMIERE AQUITAINE. 335 

237 

Cohendy, Mémoires de P Académie de Clermont, 1879, p, ti5o. 




h'aWSltï \\>uS anno REC\HO domininostri i^îS 

Fragment de marbre trouvé au même lieu; il appartient au musée 
de Clermont. 



238 

GHAHALIÈRES. 

G. G. de C. P., Simples notes à propos ittne inscription tumulaire tromoée en tSyg sur 
le territoire de ChamaHhes-lez-Clermoni , Clermont -Ferrand, 1879, in-8"; — 
Gohendy, Mémoires de F Académie de Clermont, 1879, p. 65o. 

Les travaux entrepris pour ouvrir une avenue entre Glermont-Fer- 
rand et Royat ont mis au jour, sur le lieu dit la Chapelle de Samt-Mt/rî, 
des substructions antiques et traversé un groupe de sarcophages. Au 
milieu de ces coffres de pierre, étroits au pied et grossièrement taillés, 
on a découvert le fragment d'une épitaphe brisée par le haut et sur 
la gauche, dont je dois un estampage à Tobligeance de M. Versepuy, 
conservateur du musée de Clermont : 




Le lieu où a été trouvé ce marbre , les lettres . . . ARTIYX de la pre- 
mière ligne ont donné à penser que Ton avait sous les yeux le nom de 
saint Mart, abbé de Clermont, auquel Grégoire de Tours a consacré 
le chapitre xiv de ses Vitae Patrum et dont un écrit du x^ siècle, le livre 

3o. 



I 

I 

i 

r 



1 
I 



236 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

De sanctis ecclesiis et monasterits Claromontii mentionne la sépulture ^'^ 
Telle est l'opinion développée dans le travail anonyme cité en tele de 
celte note. 

Je regrette de ne pouvoir partager le sentiment de lauteur; brisée 
comme elle Test, l'inscription, intéressante peut-être loi^qu'elle était 
complète, ne nous oflVe rien que d'ordinaire et de fort courant dans 
la contrée : la date du jour d'un décès avec la mention mutilée d'une 
indiction et d'un nom de prince. De nombreux éléments de compa- 
raison fournis par les épitaphes, par les cbartes, ne sauraient per- 
mettre le doute. Mais comme la lecture proposée soulève une question 
intéressante pour l'hagiographie française, je me reprocherais de re- 
jeter parmi les monuments vulgaires un débris oii l'on a cru voir un 
nom illustre et vénéré, si je ne réunissais des textes qui me semblent 
mettre hors de conteste l'interprétation comportée par notre marbre. 

Sous la première race de nos rois et jusqu'au commencement de la 
seconde, une façon particulière de dater était en faveur; pour indicfuer 
le quantième du mois, on employait une formule dont je trouve l'un 
des premiers types dans ces mots qui terminent un acte de donation 
de Ghildebert : datmn quodfecU menso décembre dies sex^^K Les exemples 
de cette façon de dire, oi^ ubi et quo remplacent parfois le mot quod^ 
sont nombreux jusqu'en 81 d dans les documents diplomatiques. Elle 
est également fréquente dans nos inscriptions chrétiennes. C'est ainsi 
que nous lisons à Amiens ('^ : 

DEf YHCTA Ul V | bifecit NOVEMBRi; | Dli; XV 
DEfYNCTV; Ul I YBl flCIT NO DI XV 
DEf YNCTY; • EH I VBI • f ICIT • C^ENA | RIV; • DIE; • XV 
DEf VNC I TA • EfT • YBI • f ICI | T • lY^V; • DIE; | XXIII 

^'^ SavaroD, Lé9 originei de la ville de phmaia, eharke, epistolœ, leffes, p. 80, 

CJmrmontt p. 364. 198 et suiv.; Du Congé, F. Facera et Quod 

^^ Jules Tflrdîf, Archivée de l'Empire, faciL 

monutnents hietoriquee, p. 3, 17, s3, o/i, <*^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 

s6, «8, 3o, 3u39«elc; PardeasuB» Di- o** Sad, 3a4, 3a5 et SaS a. 



/ 



PREMIÈRE AQUITAINE. 237 

 Plait, sur les bords du Rhin <') : 

DEPo;i I CIO Eiv; avo I iKu men;i I xerîâ d xiiii 



A Mesves : 



OBIEtI CtYODFlCitW 



A Poitiers : 

aYODfA RDIXE-IIIW 

Sur une pierre trouvée dans les ruines de la vieille église de Saint- 
Apre, près de Périgueux : 

rece;;io bohe me 
momae viviani 

CYM rECERlT OC 
TOB die; VII w 

Et enfin, à Bordeaux, cette formule qui réunit les deux modes d'in- 
dication : 

DiAE • vi° • idy; k\cynks • ybi • rECiT ayCxYHa die; ;epte (^ 

Si de ce type où le nom du mois est unifoiinément suivi du mot 
dies et d'un nombre, on rapproche la première ligne "du fragment de 
Glermont : ÏHARTIYX DIE^ V • . . W on est conduit à v reconnaître 
l'indication d'une date marquée par les mots tifri, quod ou quo fecil 
ifiARTIYX DIEX V Nous ne trouverions donc point ici, à mon avis, 

^*' Inscriptions chrétiennes de la Gaule, ^^^ Ci-après, n* 379. 

i>*36o. Je reproduis, comme je Tai dit dans ^^^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 

mon livre, une lecture qui n*est pas mienne n** 586 ▲. 
et qu*îl conviendrait de reviser. ^"^ La copie de M. Cohendy, qui porte 

^*ï /6W.,n' 6741. KKîViS DIUE, manque d'exactitude en cet 

^'^ Ci-après, n"* ûhb. endroit. 






1 

l 

1 

i 

1 

I 



4 



238 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

le nom de saint Martius, mais ia simple mention d'un quantième du 
mois de mars. 

L'auteur de la notice relative à l'inscription de Clermont estime que 
le chiffre VIIll se rattache au mot INDICTIONE; j'hésite à l'affirmer, car 
le marbre est brisé et peut-être incomplet sur la partie gauche; la por- 
tion disparue pouvait porter la mention de l'indiction, et le chiffre qui 
subsiste désignerait dès lors les années du règne, comme dans les 
textes suivants : 

INDICTIONE XV ANNO XIIII RE^NO DOMNI NOfTRI I,EOVH,DI RECxi; 
INdIc GlYARTA ANN X REC^H DO NO^ TEYDERE 

iNDlcf • iiii • ANN • V • dT- nT athanacadi rec^i; c) 

Si cependant, comme nous le voyons souvent à l'époque méroviuT 
gienne, le graveur s'était servi d'une dalle non équarrie, et si nous 
devions dès lors tenir pour complètes les deux dernières lignes de l'in- 
scription, rien ne s'opposerait à ce qu'on lût ici Indictione viti damini 
Theodoherti^^\ en prenant pour exemple une inscription de Clermont 
terminée par les mots : 

tran;iet h,en | da; ;epten | bri; indictio | giinta rec^i; | teydorici (^) 

Dans la double hypothèse dont je parle, nous nous trouvons en pré- 
sence de quatre dates possibles. Rattaché à l'indiction, le chiffre VIIII 
nous reporte à 5/i6 pour Théodebert I^, à 891 pour Théodebert II. 
Si ce chiffre désigne au contraire une année de règne, il correspon- 
drait, toutes réserves faites pour le jour précis de l'avènement de l'un 
et de l'autre de ces princes, à 5/i3 pour le premier, à 6o5 pour le 
second. 

^*^ Inscriplionê ehrétietmei de la Gauh, le chiifre supposé d'uoe indictiom i9« les 

n'* 61 1, 616 et 6ao. indictions se succédant, comme on le sait, 

^*' C*est par une erreur maiéridie que par séries de quinze. 
Fauteur de la brochure établit son calcul sur ^^^ Imct. chrit. de la Gaub, n* 670. 



; . 



/ 



PREMIÈRE AQUITAINE. 289 

239 

SAINT-CHAMANT. 

Deloche, Comptes rendus de VAcadéme des inscrtptiotis , 1880, p. aS/i. 




Inscription tracée à rebours sur une bngue d'or trouvée à Saint- 
Ghamant, canton d'Argentat, département de la Gorrèze. Au milieu de 
ce bijou était encastrée une cornaline très rapidement gravée,' portant 
rimage de la Fortune, debout, tenant de la main droite un gouvernail 
et de la gauche un objet défiguré par une cassure et qui peut être 
la corne d'abondance. De chaque côté du chaton sont soudés, selon la 
mode mérovingienne, des globules d'or. 

Mon savant confrère, M. Deloche, auquel appartient cet anneau, 
pense qu'après le mot fecit, écrit ici f EET, on peut lire MMCMI qui 
serait l'abrégé de medicamentum illud. Il incline dès lors à voir dans la 
bague de Saint-Ghamant un cachet de la nature de ceux dont les ocu- 
listes scellaient leurs médicaments. 

J'hésite à adopter cette opinion. La lettre qui suit TM initial semble 
un plutôt qu'un D, et rien de moins certain que l'existence d'un I 
avant la croisette. J'aime mieux, pour ma part, renoncer à trouver 
l'interprétation d'un ou plusieurs mots défigurés sans doute par une 
main ignorante, comme le sont souvent la légende des monnaies im-; 
périales frappées en province ^^\ 

Si singulier que le fait puisse paraître, nous savons par l'inscription 
d'une bague trouvée à Garanda et portant RYJTKYX f ICIT que par- 
fois les orfèvres signaient ces sortes d'ouvrages ^^^). J'ajoute que sur 
d'autre» menus bijoux, on lit une allusion à ceux qui les ont fabriqués ^^\ 

^'^ Cf. Cohen, Médailles impériales, l. II, *' Ci -dessus, b* 54. 

p. 5&0. '' Ci-dessus, n** 5f . 



v 

r 



t. 



f 
i 

4 

■A- 
f 

* * 



240 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Abstraction faite des caractères d'interprétation fort douteuse qui ter- 
minent notre Icgeilde, je pense donc que le nom gravé avant le mot 
fecii est celui de Torfèvre qui a fait l'anneau de Saint-Chamant, et que 
nous y trouvons une mention semblable aux signatures inscrites sur les 
monnaies de l'époque : MARETOMOX f ECET, f RANCIO flCIT, EBRYl^m 

acïï. 



•' 240 

> LE PUl. 




J ai reçu, il y a quelques années, un estampage de ce débris avec 
une seule indication : cr Fragment appartenant à M. de More, au Puy^. 
Plusieurs autres monuments de i antiquité chrétienne, des inscriptions 
et un sarcophage des plus remarquables existent, comme on le sait, 
dans cette ville '*^ 



241 

TDRENNE. 

Bulletin archéologique de la Société de Tam-et-Garomie, 187a, t. II, p. 67; — 
Ph. Lalande, Buttetin de la Société Metorique et archéologique de la Corrèze, 1879, 
t. I, p. 958; — Deloche, Befme archéologique y juillet 1880, p. aS. 

Anneau d*or trouvé dans le canton de Meyssac, près de Brive (Cor- 
rè2e) et non loin du bourg de Turenne ; il appartient à M. le baron 
Pichon, qui a bien voulu m'en donner une empreinte. Ainsi que plu- 
sieurs bagues antiques, celle-ci porte deux chatons taillés dans le 



;•) 



Inscript, chrit. de la Gaule, n""' b'j^.S'ji; Lee earcophagu ckritiens de la Gaule, n" 9 1 . 



f 



.PREMIÈRE AQUITAINE- 241 

métal aux extrémités opposées de la circonférence. On lit sur le pre- 
mier, en lettres autrefois émaillées, un nom au génitif: Al^DYHI, le mot 
Bïgillum étant sous-entendu. Sur lautre chaton est un monogramme 





rendu différemment par le graveur de la Société de Tarn-et-Garonne 
et par celui de la Revue archéologique. Comme tant d'autres chiffres de 
cette espèce, il est d'une lecture incertaine. 



242 

SAINT-CIRQ-LA-POPIE. 

Congrès archéologiques de France y session de i865, p. 397, 898. 

ip TMAWIVSW^ OFl 
. TIPAVLl'lVlPPAfCfl 

CADUNonaSNoVem 
BRlSLEoNETEKCoN^f 

Inscription trouvée en i858, dans un tombeau de grès, en construi- 
sant les fondations du clocher de Téglise de Tour-de-Faure , commune 
de Saint-Cirq-la-Popie , canton de Saint-Géry, département du Lot. Je 
dois à lobligeance de MM. de Laurière et de Fontenille , un estampage 
de cette pierre que je n'ai pas vue. C'est la première fois que je^rencontre 

3i 



nrincBii «AtroiAtt. 



242 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

le mol TYMYlyVy ainsi placé au début d'une épitaphe antique. La for- 
mule praecessù in pace est empruntée, comme je lai rappelé ailleurs, 
à la liturgie funéraire (^). In pace daminica se retrouve sur des tombes 
de la même région (^). La qualification neophytus permet de penser que 
le chrétien Paulus était un de ces nombreux clinici qui, malgré les 
objurgations de TEglise, attendaient Theure dernière pour recevoir le 
baptême ^^K 

L'épitaphe de Saint-Cirq-la-Popie est datée de Tan 466, c'est-à-dire 
du troisième consulat de Tempercur Léon dont le nom parait ici, 
comme dans une Novelle de Majorien et sur un marbre de Saint-Paul- 
hors-les-Murs , sans autre qualiGcation que celle de consulta). 

La fouille qui a mis au jour notre petit monument a également 
donné plusieurs tombes formées de grandes tuiles à rebords. 



243 
GAH0R6. 

L'auteur anonyme qui écrivit la vie de Didier, évêque de Cahors au 
vii^ siècle, nous apprend que ce saint personnage dota son église de 
vases sacrés et d'objets de grand prix dont il donne la curieuse nomen- 
clature : 

(T Jam vero, dit-il, in altari ecclesiœ ministeria dici non potest quan- 
. tum se fuderit, quantaque fecerit, quam numerosa, quam pulchra 
quamque nitentia quœ hodie constare melius puto intuentium oculos 
judicare quam nostro sermone exponere. Quantus sit in calicibus décor, 
in distinctione gemmariim nec ipsos intuensium obtutus facile dijudicare 
reor; fulgent quidem gemmis auroque calices, prominent turres, mi- 

^*^ iBêeripUoM ehréliemtes de la Gaule, cherches sur la Parabole de la vigne, {Revue 

1. 1 , p. 386 ; Manuel d*épigraphie ^retienne, archéologique, 1 865 ). 
p. g6; Élude sur les sarcopha(fes chrétiens ^^^ Novellœ Majoriani, ti(. VII {Cod. 

de la viOe d'Arles, p. xxi à xxxii. Theod,. é\\, Rittcr, Appemlix, p. i56; De 

^*) Inser. chréLdela Gaule, n* 6oi. RosBi, Inseripliones dirisùawe urbis Romœ, 

^'' iW. t. I , p. 477, 478, et me» Re- 1. 1, p. 467). 



PREMIÈRE AQUITAINE. 243 

cant coroûae, candelabra resplendent, nitet pomorum rotunditas, falget 
recentarii cœlique varietas, nec desunt patenœ sacris prôpositionis 
pauibus praeparate ; adsunt et statarii ceresium corporibus aptati. His 
omnibus Grux aima ac pretiosissima , varia simul et candida, arcubos 
appensa sanctisque superjecta fulgetris. Haec sunt opéra Desiderii, faœc 
monilia illius sponsœ , hoc studium pontîficis nostri ; hoc emolumentum 
pastoris egregii; in his sedalum studium impendit, quod dum prsepa- 
ravit Domino quidem honorem, sanctis autem vcnerationem et sibi 
providit mercedem perennem^^^i^. 

Plus loin, dans l'épilogue de son écrit, Fauteur, célébrant de nouveau 
la munificence du saint évèque, nous apprend qu'il avait fait graver 
sur les vases offerts de sa main de courtes inscriptions : crin quibus- 
dam autem versiculis sic scripsit : DE^IDERII VITA CHRirrYX. In quibns- 
dam autem sic scripsit : DEXIDERII TY PIY; CHRIHE JYKIPE MYNY;. 
In aliis autem ita : ACCIPE CHRIHE MYHERA DE TYi; TIBI BOW; 
OBI^ATA. In aliis quoque ita : ^Y^PICE XAHCTE DEY; GlYOD fERT DE- 

;ideriy; myny; yt maiora ^erat viriby; adde ;yi;. in aiiis : 

HAEC E;T ;APIENT1A ;APIENTIYM PRO^YNDI ;EN;y;. in aliis vero a^ 
breviatum illud dictum : ;AP1EN; VERBIJ INHOTEKIT PAYCi;w. 

C'est entre les années 629 et 663 ou 653 que saint Didier occupa 
le siège épiscopal de Gahors; ses inscriptions ont donc une date cer* 
taine qui en augmente le prix, car elles mettent sous nos yeux des 
types des légendes dédicatoires que l'on composait à cette époque. 

La première rappelle le verset de l'Epître aux Phiiippiens : Miki 
vivere Christus est (') et les textes nombreux où les chrétiens proclament 
avec TApôtre que le Christ est «rla vieT)'*l 

^'^ Vùû S, Desideni Coàireêmiê tfniwfi divinitate, c. 6; oq coonait les groupes où 

elcon/e$8ariê, e. n. (I^bbe, NôpabiUioAeDa les roots ^UJC ZUJH sont disposes, oomme il 

mamtêeripîmrwn lArontm, t. I, p. 7o&.) suit, en fbraie de croix pour réunir deux 

<'} IM., p. 71 5. ëpithètes du Christ: 
^'> I, ai. ^ 

^^' S. Iren., L i, c. ix, S 3; S. Damas., Z U) H 

Carm. vi; S. Gregor. Nyss., OrtU. x. Cou- C 

tra Eunominm ^ c. 9 ; Phabadios, Ik FïUi (Gard Pitra , SpidltgiÊm Si^smiHue, U III , 

3i. 



2/iA INSCRIPTIONS CHRIÎTIKNNKS. 

Les ,le,ix iétiendcs qui suivciil: DEflOERII TV PIYÎ CHRIHE ;V;CIPE 
MVNV;, ACCIPE CHRIHE MVNERA DE TVIJ TIBI BONi;OBI,ATA repio- 

(luisent des rorninU-s litiii'fiiques, fiinsi iju'oii U; vnii par o<^I.I<' oraison 
(lu vioux sacramonlaire de saint Gi^lasiCitSiiscipe munBra.qiiœsumuy, 
Domine, tjuee libî de lua iar^jitnle deferimus.n'" Ces itisci-lptions. 
comme la prière, procèdent des paroles prononciïes par David en pn^ 
sentant h Dieu ses oiïrandes et celles des chefs d'Israël : v Cimcta quas 
in ca>io suiit et in lerra, tua sunl . . . lua sunt omnia, el qua^ de manu 
tua accepinnis dcdiiiius tilii''".^ Aux temps anllipics, au moyen âge, 
les chrétiens ont aoiivenl reproduit cette pensée qui proclame le Sei- 
faneur comme le créateur, le maître, le dispensateur de tous tes biens 
d'ici baN, le souverain auquel nos dons ne peuvent que reporter huni- 
btemeiil le Truit de sus bienfaits. Si le prêtre Leporius, dit saint An- 
{{ustin.a pu élever une basilique, c'est à l'aide des ressources que Dieu 
lui a fournies par les mains de ses fidèles : n Hasilicam ad oclo Martyres 
fabricflvit de hiin qua! per vos Deus donavif'^Ln Donner an (Christ, lit-on 
ailleurs, c'est lui rapporter son propre bien'*'. A chacpifi page, les re- 
cueils de l'épigraphie chrétienne enregistrent des dédicaces grecques 
ou latines rappelant ainsi que i'objel olForl au Soigneur est l'un des 
présents mêmes de sa bonté. DE DONiy. EX DÛNIX DEl DEDIT, Ofl^RIT. 
fECiT y lisons-nous eu môme temps que les mots TA CA 6K TUJN 
CUJH TÎP0Ct€P0A6N'''1, empruntés, comme les précédents, au formu- 
laire de la liturgie'"'. 



p. XV et k^B•, Renan, Mîmon de Phinicir, 
p. stO; Mimoin* dt la Sociélé de* Anli- 
quairtt de l'OueH, ao' w^ric, t. IV, 

p. 357). 

"' tianlan,Ul'irffiaromana,l.\,f.ùBg. 

^'> l'antlipom. , 1 . «. 1 1 , 1 A el 1 0. 

I** Sermo r.ccm . S 10. 

"' ET TRrBYlT CHRIJTO QYOU fYII AHTE 
ÏVVM {Interiptiittui chrriienne» ih la Gaule, 
n- 585 ). 

'*' Mabitloa,1f«HiMiiln/i«wn,p.3t3;Ma- 



riiii ilana Mai , Seriptonm refenan novn eoBeC' 
tio,l, V. p. 8o,n*o;F[)nlai>ini,/)iiieni>'>tii'0, 
p. 17 et iiuiv. [.amémii ri>rmii1i>,iIirMlemi;nt 
imipirée por le leile des faralipom^nKi , se 
reUtnive dans une antique iosrription juive 
en langue grecque (Corpui tMcripliemm 
graeamm, t IV. n* «jSijft. (]f. dniprès. 
n-a-j»). 

'*' ïoi. Kiiptt ù 6cùc i^fiûv, ti ffi in 
tAp eAv xipoeSfh'V^tv (Rcnaudol, Lilurg, 
orienl., (. I. p. i5lj). 



ÉÊM 



PREMIÈRE AQUITAINE. 245 

Je ne connais point de texte à rapprocher du distique : 

;ykipe skwai dey; qyod f ert DE;iDERiYf myny; 

YT MAIORA fERAT YIRIBY; ADDE m 

Je n y relèverai que deux points relatifs à la quantité du nom de 
Désiderius. En ce qui touche les deux premières syllabes, il y a faute 
évidente : elles sont longues et il les faudrait brèves, pour que, sous 
une réserve que j'indiquerai plus loin, le vers fit acceptable. Des er- 
reurs de même nature qui se trouvent chez les poètes des bas temps. 
Prudence, Fortunat et d'autres encore, permettent de passer su r cette 
irrégularité (^'. Elle peut d'ailleurs s'expliquer d'une autre manière, si 
l'on veut admettre que, selon une coutume d'alors, l'évêque, se déga- 
geant de tout souci de la quantité, s'est borné à copier un distique où 
se trouvait un nom satisfaisant aux lois de la métrique et qu'il a rem- 
placé par le sien^^'. Ainsi ont fait ceux qui voulant introduire dans 
d'autres inscriptions ce vers de l'épitaphe composée pour sainte Paule 
par saint Jérôme : 

HOyPITIYM PAYl^AE Ul CAEl^EXTIA REC^HA TENENTi;w 

l'ont travesti des deux façons suivantes : 

HO;PITI YM BEATi;;iMI HONORII ABBATi; CAEI^EHI A RE(;N ATENENTi; w 
HO;PITIYM ROMYM l^EVITAE E;T CAEl^ErTIA RE^NA TENENTi;(^) 

Si l'auteur de notre inscription a tenu pour brèves les deux pre- 
mières svUabes de Dmderius, un autre point doit être relevé. Selon 



t*) Voir Prudence, éd. d'Arevalo, p. 176 
et, pour les noms grecs, Inser. diréL de la 
Gauk, n*' 9, ai^a; Miller, ManmeHs Pkiîœ 
earmina, pnebt p. xv. 

^•* Cf. ci-dessus, n* i3o. 

^'^ Hierofi. , EpisL cnii, ad. Eustodiium. 
Voir, pour ces emprunts iaits à d'autres épi- 
taphes, Itucriptions ehritwmet de la Gaule, 



n* 678; BuUetm de la Société de$ Antiquaires 
de France, 1867, p. A 7-60. 

(*) Uûbner, InecripL christ. Hisp. n* 69. 

(*) Bolland., 9 febr. (t. Il , p. 333). Pai 
cité ailleurs d'autres vers ainsi défigurés par 
rignorance de ceux qui les voulaient copier 
{Inecriptions ehrétiennee de la Gaule, t. II, 
p. 18, etc.). Certaines inscriptions grecques 



246 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

les règles des temps classiques , la désinence du nom devient en eiïet 
longue devant le mot munus. En admettant qu'en cet endroit lauteur 
ait pris souci de la prosodie, le fait peut s'expliquer par la suppres- 
sion que, pour l'oreille, les anciens faisaient parfois de YS final. C'est 
ainsi que nous lisons, sur des marbres, ces vers qu'auraient répudiés 
les maîtres : 

siki^m caiy; ha; ;ede; hayrany; tyetyr(o 
YT ;iNT aYi cinere; no;tro; bene ^oriby; ;erti; 
;aepe ornent w 
cETiBv; ;anctorym merito ;ociaty; re^yrcam <^) 

L'énumération des objets que l'évèque de Gahors oiïrit à ses églises 
appellerait un examen spécial ; je me bornerai à signaler, pour l'in- 
térêt qu'elles présentent au point de vue des monuments figurés, les 
tours qui figurent dans la liste. Ces tabernacles faits d'ordinaire de 
métaux précieux et dont il ne paraît plus exister de type , étaient des- 
tinés à contenir les saintes espèces W, attendu , nous dit un texte du 
\f siècle, que la tombe du Seigneur avait été taillée en forme de tour 
dans le rocher : frCoi'pus vero Domini ideo deferlur in turribus, quia 
inonumentum Domini in similitudinem turris fuit scissum in petra'^l^ 
Cette mention, que n'ont point relevée les archéologues, fait com- 

prëseutcDt des erreurs de même sorte (Des- recueil intitulé Les rouleaux des morts (p. 6ti 
rousseaux. Mélanges de l'École française de et 89) M. Delisle donne une prière où se 
liomcy 1886, p. 588). Dans sou important trouve rhexamèlre : 

Régula quod dat habens voeitamen domnus et abbas. 

Vers reproduit plus loin sous cette forme : 

Begula qood dat babens voeitamen domnua Basitiiia et abbit* 

^'^ Fabretti, Inseriptkmes antûfuœ, c. i, autels des églises, p. 196 et suiv.; VioUet- 

11" t3o. Leduc, Dictionnaire du MMlier, t. I, 

^'^ Jahn, Spécimen epigrapkicum , p. 107. p. a/i/i. 

^'^ Hûboer, Inscriptiones Hispaniœ ekris- ^^^ Dom Martoœ, Thésaurus nwus anec^ 

tianœ, n* 1 58. dotor%m , t. V, col. 95 , Expositio brevis an- 

'^^ Tbiers, Dissertadtm sur les principaux tiqum liturgiœ gallieanœ. 



PREMIERE AQUITAINE. 247 

prendre pourquoi les sculpteurs de trois monumeats plus anciens , des 
sarcophages d'Arles , de Milan et de Rome, ont donné au Saint-Sépulcre 
la forme d'une édicule ronde ^'^ 



LOCALITE INCONNUE. 
243 A 



ta; NT/' 

tnona;] 

JIONE 



Je place sous toutes réserves parmi les moauments de la Première 
Aquitaine ce fragment dont je dois la connaissance à M. Ghassaing et 
que le musée de Saint-Germain-en-Laye vient d'acquérir. Il faisait 
partie de la collection de feu M. Compagnon, architecte, qui lavait 
probablement recueilli dans les environs de Clermont-Ferrand. 

Gette pierre est, comme on le voit, incomplète par le haut et veis 
la gauche. La restitution en est fort difficile et Ton ne peut rétablir 
avec probabilité que quelques mots insignifiants des quatre lignes du 
début : 

quivixïï ANNY 

^aiwilTNONA; 

iWtCTIONE 

anno .... regnî domini noslri . . DEBERTI 

^'^ Etude sur les sarcophages d'Arles, Ggurë dans une mosaïque de S. Apollinare 

pi. XXX; Bugati, Memorie stonco-^tieke nuovo de Ravenne a de même une forme 

di S, Celso mardre, tav. I; Bottari, Roma arrondie (Gamicci, Storia deW arte cris- 

sotterranea, tav. XXX. Le Saint-Sëpolcre Uana, pi. q5i, n"* G). 



•248 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

S'agit-il ici de Tliéodebert, souvent nommé dans les. marbres de la 
région de Glermont, ou de Ghildebert II qui, lut aussi, régna en Aus- 
trasie ? Je ne saurais le dire. 

Le signification des trois dernières lignes est pour moi des plus dou- 
teuses. Y était-il parlé, comme nous le voyons à Lyon et à Narbonne, 
du jour où se célébrait la commémoration du défunt'^)? Quel est le saint 

que désignent les lettres XCI P ? Que faut-il voir dans les lettres 

RIVATI? Est-ce le reste du nom de Brioude, introduit ici dans l'inscrip- 
tion comme celui de Lentinum sur une pierre de Lezoux^^^? Tout cela 
est pour moi fort trouble. Une chose plus certaine à mes yeux c'est 
que l'épitapbe étant très incomplète à gauche, comme parait le montrer 
l'étendue des suppléments que réclament son début, il serait hasardeux 
de relier, comme on l'a proposé, le F de la sixième ligne aux lettres 
RIVATI qui restent à la dernière. 

L'O terminé en haut et en bas par un appendice se retrouve dans 
nos inscriptions du vu* siècle'*' et sur une pièce de Dagobert V' que 

possède le Cabinet des médailles '^l 

• 

^'^ /iMcr. chrél, de la Gauh, a* hi ei ci- ^^^ CVst la pièce dont a parle mon savaat 

après , n* 3 1 7. confrère , M. Deloche , dans sa noticejntitulée 

^'^ Ci-après, n* a3i. . Dissertation sur une médaille d'or méravin' 

^^) Inêcr, chréL de la Gaule, n* 91 et ci- gienne {Mémoires de l'Académie des inser^ 

après, n* 107. Uons, t. XXIX, 9* partie, p. 3io.) 



SECONDE AQUITAINE. 



2à9 



SECONDE AQUITAINE. 



DOLÉ-LA-FONTAINE. 

R. de Lasteyrie, Bull, archéol, du Comité, 1887, p. 3o ; 
Revue archéologique, 1888, t. I, p. 981. 




Je dois à M. de Lasteyrie un estampage de cette double épitaphe 
gravée sur un calcaire très Gn et qui fait partie de la collection de 
M. A. Michel. Elle a été trouvée à Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire) 
dans les ruines de Féglise de Saint-Denys ^^K 

Bonememani est le pluriel de Tadjectif bonememarius qui se rencontre 
fréquemment sur les tombes chrétiennes de la Gaule. 

Le premier des noms, Ismainuilla^ est, pour moi, d'une forme abso- 
lument nouvelle. 

L'âge des défunts s'indique de même quici dans d'autres inscrip- 
tions; c'est ainsi quon trouve à Rome EYTICIO aRE IN ANNO^ XXII W, 
RECxYlyVy IN ANIiyw. Rien de plus variable que la formule relative 
à cette mention ; nous voyons à la fois sur les marbres : vixity irantiit in 



'*) Insérât, ckréL de la Gaule, n* 69. 
^*^ Boldelti, Ouenaziom, p. 698. 



^^^ Mei^Ser^^lorumveierummovaeoileeiio, 
t. V, p. 409, n*9. 

39 



itt. 



^f^ 



250 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

ou per annos^^\ vixit^^\ habuit^^\ lulit^'^\ pertuUl^^K porlavi&\ g€ssU^^\ 

egU^^\ fecit annos W^ Jecit annorum '*^) ou simplemenl an- 

norum suivi d'un nombre^"'. 



POITIERS. 



De grands travaux de terrassements, opérés en 1878 , à Test de Poi- 
tiers, par le génie militaire, ont mis au jour une série d'objets anti- 
ques, et le savant Père Camille de la Croix a reconnu, dans le lieu 
exploré, l'existence d'une nécropole gallo-romaine. Continuées sous 
son habile direction dans des propriétés voisines, les fouilles amenèrent 
d'abord la découverte de plus de trois cents sépultures; poussées plus 
loin, elles firent reparaître un hypogée long de cinq mètres sur troin 
de large, et auquel on accédait par un escalier dont huit marches sub- 
sistent encore. Le linteau de la porte placée au bas des degrés porte 
une inscription qui fait coiniaitre la destination funéraire de cette salle 
souterraine. Au fond se voient les restes d'un autel élevé sur deux de- 
grés. A gauche, une tombe de pierre et deux autres à la droite sont ap- 
pliquées au mur. Une petite fenêtre s'ouvre au-dessus de l'autel. 

Au point de vue épigraphique, la découverte est d'un vif intérêt. 
D'autres inscriptions se lisent sur les montants de la porte, sur la 
pierre du seuil, sur une autre dont la position ancienne n'a pu être 
déterminée, sur une grande marche demeurée en place, sur deux frag- 
ments ornés de gravures, et enfin sur un débris sculpté. 

Plusieurs légendes tracées en couleur sur les parois peintes de l'hy- 
pogée viennent s'ajouter à ces documents. 

Les inscriptions, les sculptures de la crypte ont soulevé une longue 






^'^ Imcr, ehrét. de la Gaule, n'* 55 1 , 569. 
^*) Ibid., Il- 585. 

^') Mai , Script, vet, novœ eoU, , t. V, p. &5 1 , 
n*8. 

••*^ Inêcr. chrét, de la Gaule, n* «77. 
^^^ Muralori, 1996, 1. 



^•^ Inscr, chrét. de la Gaule, n* 877 a. 
^') Ibid., n'ÙZi. 
^*' Orelli, n* aaoï. 
(*) Inscr, chriL de la Gaule, w* iZk, 
^**^ Oderici, Dissert. et annot,, p. 960. 
'^) Imcr, chrét. de la Gaule, n* 910 



\. 



SECONDE AQUITAINE. 251 

polémique, et je dois, mal|jré ma coiilume, renoncera eiiregistrci' la 
liste véritablement interminable des écrits auxquels les fouilles de Poi- 
tiei's ont donné lieu, me bornant ù rappelei- les plus notables. J'inscrirai 
ici en première ligne la magnifique piiblicaliun du savant religieux à 
la sagacité duquel revient tout l'bonneur d'une découverle capitale'"', 
un mémoire de l'abbé Ducbesne '^', d'autres signés par M. Ramé'*', 
M"' Barbier de Montant'*' et finalement une note communiquée par 
M. de Ilossi à l'Académie pontificale d'arcbéologie'^'. Ceux qtii souliai- 
teraicnt d'entrer plus avnnt dans le détail de la controverse, en trou- 
veront de nombreux extraits dans la notice de M^ Barbier de Montaut 
intitulée Docvments sur la question, du marlyrtum de Poîliers et dans la 
Hevue poitevine et sainton^eaise '"'. 

Une lettre du savant religieux dot bien tristement la série des no- 
tices consacrées à sa belle découverte, rt J'ai remis, écrit-il à M. Berthelé, 
j'ai remis, il y apeude jours, dans cette intéressante substruclioti toutes 



les terres quî avaient été extraites en décembre i 



Bflf'i, L'invasion 




du public dans l'bypogée qu'on ne pouvait faire garder efiicacement, 
la dégradation incessante des peintures, des inscriptions, des pierres 
sculptées ont contraint le R, P. de la Ceoîx à ce dur sacrifice. La masse 
des terres rapportées avec un soin intelligent gardera et rendra du 
moins, à ceux qui voudront l'étudier à nouveau, un ensemble unique 
jusqu'à ce jour et dont la découverte lionore si grandement le nom de 
son inventeur. 

Une suite de moulages placés par lui au musée des Antiquaires de 
l'Ouest, et où les lettres sont rehaussées do rouge, nous représente 
seule à celte heure les inscriptions lapidaires disparues. C'est sur ces 

"' Monogrnphie de l'ilgpngée-mnrtynum 

■'' La crypte de MéUbaude et leiptviendut 
mnrtijTx de Pùicien. 

''' Ohftrtation* sur le monunteat de Melle- 
baade à Poitiers. 

'' Lf miirlyriam de Poilitrt. 

'"' Acciidemia romaiia ponlifcia di iirfhfO- 



logia, séance du a5 février 1886, p. 3;t. 

'" Je roppcllerni enlre nuire» loa înt(?rev 
saiiteriapprécialinns des Ittl. PP. Pioliii , Chn- 
ninrd et de Smedt, de MM. loa abbft Auber. 
Krniit. .le MM. ArlLur Lolli. Iterlhelé. de 
Crieuneer. 

<'' Lf Ffinlilaiemenl ik l'hypogée des dunes 
Jf Pc.VcrWi88(i,iti-8"). 



■252 INSCIUI'TION.S CHHÉTIENNES. 

plâlrus ainsi coloriée, comiilG \g motilrc la teinte tbncéti des caractère:;. 
(|u'ont été prises les pliototypies jointes au recufiii du savant religieux 
l't que je reproduis à mon tour. 



'là 



a ET 



•2i5 A 



,(< H. I'. <li^ in Croix, Monograpkir île rhypogée-mart^rium de Poilieit, p. €i, 6a, 
l'I [il. I\; — L'althJ Ducbosne, La eryple de MeUebaiiile , p. lo, 1 1; — ■ Rainë, 
1^ tiumamml dr Mellrbaudr, |), i u , 1 1 ; — M''' itnrlijor do Monlout , Le Martyrium 
lie i\>ilien, [i. 'Mil — De Hossi, Acaulemin pontifida, i88fi, p. la, iU. 



Uni' iusei'iption inipurtaiitc pour l'intellifrence du monuiuent s'est 
])r('>»i>nt<''t' dans des conditions insolites. C'est une M{;ende murale peinte 
dans un arcusolinui. Au niunient de In découverte on y voyait ce texte' 
niutilr : 




1.4'slfUi-cs dfs Irois rlornii k liants i liu nt d mu conhnir autre que 
ci'llfs des prt!cr(!t'nli's l'I li' U P di li ( i»i\ i loni d ahnrd vu ([u'clles 
nvîiicnl ('-It' hMpci'|insi''os à un \v\U- plus ancien. Vu lavage opéré avec 



SECONDE AQUITAINE. i'ô3 

soin les fit disparattre, après qu'on tes eût scrupuleusement copiées, et 
l'on déf;agea ainsi cinq des lignes qui composaient l'inscription pri- 
inilive. On eut alors sous les yeux la légende suivante : 




Due épitaphe sur pierre que nous verrons plus loin tlt-sigiiail la 
rryptc comme étant ta memoria d'un abbé nommé Mcllebaude. On sr 
divisa cependant à son sujet en soulevant la question suivante : L'In- 
pogée est-il un mojjument des premiers temps chrétiens consacré à 
des martyrs locaux et reslauré vers le vi" ou le vir siècle par Melli'- 
baude; est-ce une crypte sépulcrale que ce dernier a fondée pour lui- 
même en y rassemblant des reliques venues de lieux divers? 

A mes yeux la question n'est jamais demeurée douteuse. Ici, comme 
ailleui-s,le mot niewiocia désigne un tombeau''* et je ne pouvais oublier 
<|uc, dans notre pays même, à Vaison, un pci-sonnage iionnné Panta- 
gatlnis s'élail Fait élever un édifice funéraire dans le(|ue) il avait placé. 



■' l'iilirilL, /j.*m/)/(V>«?.i,r. m, lï itii : 
PAREHTEÎ I COHTRA VOTYM f.'UAE I DVl^Clî- 
ÎIMAEI MEMOlRMAfYîlDAMEHTIf fECEH 



PoMio S. A/i-a, S ft : - Kopif veninl iiiewi:)- 
rinni sBi-iiicdlis cl ypinis sicris • ( Artj tinr. , 



25i INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

selon la coutume du temps, pour s'assurer protection dans la tombe, 
des reliques de saint Vincent et d'autres bienheureux : 

PANTACxATY; rRACxH,EM VITAE CYM yNQYERIT YXYM 
MAI,1,Y1T HIC PROPRIAE CORPYX COMMITTERE TERRAE 
Q.YAM PRECIBY; QSKUl^Sl ;01,YM.;i MACxNA PATROHi; 
MARTYRIBYX CtYAERENDA dYIEX-^ANCTIXIlMY; ECCE 

CYM ;ocii; pariby;ciye ;yi; vincentiy; ambit 

ho; aditoxjervatqye domym dominymcive tyetyr ' 

ATEHEBRi;.l,YMEH PRAEBEH; DE I^YMINE VERO<J&<''« 

Ainsi me parait avoir fait Mellcbaude et j'ajoute qu'une inscription 
d'ivrée, témoigne d'un fait de môme nature: 

MARTYRIBY; DOMINI ANIMAM CORPY;aYE TYEHDO 
CRATIA COMMENDAN; TYMYl^O REOlYlEKIT IN IXTO 

;h,viy; hic pi,eho cyncti; dii^ecty; amore 
pre;biter aeternae oiyaeren; praemia yitae 

HOC PROPRIO ;YMPTY DiVJNO MYHERE DlCyNY; 
AEDiriCAVIT OPv; ;aNCTORYM PlCxNORA CONDEN^c^). • 

La première des inscriptions peintes que j'ai^données plus haut 
parle de soixante-douze martyrs (MARTHERY HOMIRY l,)CX ET H) dont 
les reliques ont éU\ déposc^es dans la crypte. M. l'abbé Duchesne, si 
v(M'sé dans l'étude des antiques martyrologes, et aux démonstrations 
duquel je me borne à renvoyer, pense qu'il faut voir, dans ces vic- 
times, la célèbre phalange des saints Chrysanthe, Daria et de leurs 
soixante-dix compagnons. Tel est également le sentiment de M. de Rossi. 

|>. 'iây); Mdl'aori, 997,7 : MEMORIOUM ''' lunrriplioni ehrétiennes de la Gante, 

VETYJTATE DEUPJAM REfICIT; Cog «l. ftou- i.' iga. 

ro//if« erploration* en Tvnixie, 1887, p. 7^ : '*• Gozzi-ra, hrritioni cristiane iel Pic- 

m MEMOMA ...0-. -AORl, de. moule, p. fio. 



SECONDE AQUITAINE. 255 

Un groupe de même nombre de martyrs locaux n ayant pu être produit 
par ceux auxquels cette altribution répugne, je me range à l'opinion 
de mes savants confrères. 

L'inscription remise au jour par le lavage des lettres qu'on avait 
superposées indique, comme on l'a fait remarquer, deux particula- 
rités distinctes : d'abord la dédicace de l'hypogée, IN PRIMI^ ^CA 
DEDICATIO, faite le 3 des kalendes d'août, puis, avec une autre date, 
l'introduction des reliques de saints'*' dont les noms, difficiles h recon- 
naître, suivaient les mots HIC E^T'^'. 



^•^ I^Ç^ISSIO KORYM. (Gt de Rossi. loc. 
cit. ) 

''^ Pour Hoc est, sinon pour id est que 
nous voyons dans les textes contenant des 
nomenclatures. Cf. Boldetli, Ossenazioni, 
p. 54 : parente; PO^VERYNT ID E^T VIQO- 
RIANV; ET CYRIACETE; de Rossi. Borna sot- 
lerrane,!, t. III, p. 5aa : IP ETT PETRO ET 
MICINO; Bulletin du Comité des travaux histo- 



riqites, i88q, p. i5A : MEMORIA BEATI^w- 
MORYM MARTYRYM ID E^T ROC^ATI MATENNI 
ENA;;I MAXIMAE; Inscriptions chrétiennes de 
la Gaule, n* 879 : REUQYIT UBERTY^ (liber- 
tos) ID E;T KYPIUONE CEROHTIYM BAk- 
DAREDYM kEWERA OROVE^DA KDEWNE; 
n- 6a 1 ; TRE; f IU • • • ID ISl IYHY; MATRONA 
ET DYVIOREkkA. Cf. Journal dfs Savants, 
1873, p. 3ao. 



256 INSCRIPTIO.\S CHRÉTIENNES. 



2/16 

Le R. P. de la Croix, p. 66 et pi. VI; — L*abbé Duchesne, p. 6 et 8uiv.; 
Rnmë, p. 5; — M^ Rurbicr de MoDtaut, p. 7; — De Rossi, p. 9. 

Il importe maintenant de donner rinscription gravée sur pierre 
(iont j'ai parlé plus haut et qui se lisait sur la face extérieure du linteau 
de la porte. Voici la teneur de cette légende malheureusement mulilée : 




Deux faits en résultent clairement, c'est que la crypte découverte 
était le tombeau, la metnotia de Tabbé Mellebaude (wwîMORIrt MEl^ly^E- 
BAYDI ABBI), puis que les fidèles, attirés par la sanctification du lieu'^^ 
y venaient prier en foule (DEVOTI VENIVN/ VNd*OtYE). Il est de plus 
probable, si Ton consulte, comme Ta fait M. de Kossi, les légendes 
inscrites sur les portes des églises antiques, que le mot REMEANT se 
ratUichait à quelque formule rappelant le sentiment d'allégresse spiri- 
tuelle que les dévoU? rapportaient de ces sortes de visites. 

Ici, comme dans une autre inscription que nous verrons plus loin, 
Mellebaude se proclame reus CImsii, Que, dans cette expression, ?'eM« ait, 
comme on le voit ailleurs, le sens de débiteur et qu'elle veuille dire cr dé- 
biteur du Christ T je crois pouvoir l'admettre si je me reporte aux mots de 
l'oraison dominicale : DmiUe nohis débita nostra. tr Ce sont nos fautes, écrit 
saint Qyprien, que le Seigneur appelle nos dettes ('^^^. Tertullien^^^ saint 
Chrysostome'*^ parlent de même, et saint Augustin, commentant à son 
tour la grande prière chrétienne, dit que frnous sommes tous ici-bas 

'' Voir plus loin, p. qSq, dans rinsrri|>- "[ Poccata] qiioî débita Dominus appetlatn. 
tiondii montant de la porto Jes mots : ^I QYI^ ^^^ De orationcy c. vu : rDebitum autem 

(«fT) œn^NON HIC AMAT.AI^ORARE.DNM. in Scriptnris delicti (1 pira est «. 
IHM XPM. '*^ In Matth. , Iloniil. , xi\ , S 5: Kii^ovrai 

'*) Liber de oratione dominiea, c. x\ii : hè oLrot ifiapTy^yLOtra éa^roîs l$àntvot. 



SECO\DE AQUITAINE. 2^7 

d^iteure, non pas d'une somme d'argent, mais par le fait de nos 
péchés''', n 

En ce qui touche les compléments |)roposés pour restituer la légende, 
j'hésite il les accepler. Une parlîe notable de la gauche a disparu, 
connue le montre la place occupée h celle heure par le monogramme 
qui tenait autrefois le milieu; il me paraît hasardeux de chercher dans 
ces conditions à relier immédiatement la (in d"une ligne à ce qui nous 
reste de la suivante. 

Avant le mol meinoii4i se trouvait probablement une croix suivie de 
la Ibrnniie initiale que nous verrons plus loin : IN DEI NOMINE. 



247-2^8 

LeR. P.deiaCroix.p. 71 et pi. VII; — Rarncî, p. la; — M*' Barbier de Montfiut, 

p. i5; — Dom Clmmard, L'Hypogée des Duuet, Si; — De Rossi, p. 10. 

Une autre légende lapidaire , gravée sur le montant droit de la porte 
d'entrée, constate une fois de plus la destination funéraire de l'hy- 
pogée. 

Cette inscription, intéiessante par la rusticité du langage, nous offre 
un type imjiortant du latin vulgaire paidé chez nos ancêtres au vu' siècle. 
Le mot ii"PEI^YHCOl^A, pour spehmciila précédé d'un I euphonique, ne 
figure pas dans les lexiques. La pi'ésence de i'H dans l'abréviation IHM 
représentant le nom de Jésus a fait l'objet d'une discussion. OueI(|ues- 
uns ont proposé d'y voir TH latin, d'aulres l'H grec'**. Quoi qu'il en 
soit, cette façon d'écrire se rencontre dés le v^ siècle, car le revers 
d'un contorniate bien coinm porte la léjjende BH IH.f XPJ" DEI f'II^lV.f W. 



'" Sermo L VI , c. vu : <• Nabis ilebila di- 
iniUi piMtuiamuB. Dabilores eiiim Bumus 
non pecuniarum se<l [teccatorunii. 

'"' OaverlDni, DeU'origiite delta xcrittura 
IHS {Memorie di nligione di inorale e di 
letleratiirn. siW UI, l. III, i8^(i) el i'op- 



[leudicc de ce mémoire (Mesiitgiere di Mo- 
dtma, tiDoAl i655). 

''' \Mon,DemonogrammaleSS.nommiii 
Jesm, p. Go; UUtertalio apologetiea, p. 6; 
Ëckhel. Doeliina n»mortm velenan, t. VIII, 
j>. 174. 

•33 



358 



INSCRIPnONS GHBÉTIENNES. 



Une inBcription d'Espagne^ datée de l'an 617 de Tère iaoalo (ASg de 
noire ère), offre les mots IN PACE DOMINI N IH; XRW. 

On remaniera ici [ardente affirmation de ia divinité^ de ^incarna- 
tioD dotChrist, pois l'imprécation reproduisant les paroles de saint Paul 
et dwigée' contre celui qui, dans le lieu sacré où repose Meilebaude, 
a adorerait pas le Seigneur (^), contre Timpie qui oserait ruiner la tombe. 
J'ai déjà, dans mon premier recueil, parlé des imprécations inscrites 
dans les épitaphes contre les violateurs des sépulturea^^^. Nous en troi»* 
vans un autre exemple dans cette nouvelle série de marbre» ciirétiens'^). 

En exaaiinaat les types divers de nos inscriptions, j'ai eu ToecasioB 
de remarquer que leur texte accusait souvent l'emploi de formulaires 
composés à l'usage même des lapicidcs^^). Parfois aussi , nous l'avons vu, 
on y introduisait des phrases qui ne procédaient en rien du style cou- 
rant de l'épigraphie. C'est ainsi qu'une inscription de Lyon se termine 
par une salutation épistolaire : OPTAM VOBi; Û\[QSSM\ YW^EATi;; 
qu'un marbre sépulcral d'Evian reproduit une mention qui semble 
empruntée aux rédacteurs des chroniques : XYB YHC COHSS BRAHDO- 

BRICI REDIMTIONEM A DNMO CYDOMARO RECxE ACCEPERYNT. Le mot 

notaviy placé avant la date sur une épitaphe lyonnaise et qui se trouve 
aussi dans une> inscription de Molles , représente une façon de dire 
très fréquemment employée dans les textes diplomatiques (^). C'est aux 
mêmes documents qu'il faut se reporter pour trouver dos intitulés 
semblables à celui de l'inscription de Mellebaude : IH DI HOMIHI E(^0. 
Je relève en effet le même en-tête dans des actes datés des années 678 
et 676 : (tEgo Bercharius, in Christi nominen; (cin nomine Domim 



(') BulbtmdelaSoetétiditAndqummdê 
France, 1881, p. io5. 

^*^ / Corinth., xvi, a a : «tSi qais non 
amat dommum nostraro Jetiim Ghristuin, 
Bit anathcma maranatba». Une imprëcatâan 
ioterite dans on codidUe de l'an 675 dtablit 
la coirâatioa admise par nos pères entre 
ces deux termes : «rSit anathema maranatha, 
quod est penlitîo iii advenlu domini nostri 



Jésus ClirislLff (PordassuB, DiphmatA, L lU 
p. 166.) L'analkème maranatha est inscrit 
sur un marbre antique de Sulamine {Corp, 
imer* ffrœe,, n" qSoS). 

(*) Inseripi, ehrtt. de la GmJe, n* aoy. 

i*^ N* 333. 

<^> InseripL chrét. de la Gauh, n*" Ujù. 

^*^ Ibid., préface, p. vu, et ci^dessua 
n** aa/f. 



SECONDE AQUITAINE. 




■MMjm'm 

|ÎTA5'ç£lTStù:_ 

■là' 




't' Ih Det ttomtne «go. 
+ flic Mellebaudu, 
ieu8 et tertm» Jfim Chrisio, 
mtsMut mxhi ttp»- 
Itmœla tsta ubt 
jacil tndtgnt 

$qȐlbtra mea 

qaemfeà in -nome- 

MÎ ûomini JAm Chrùtt quem 

amavi, inquod. . . 

er»Mi. Ven dïgnum 



M «ï eonfeliri 



,[ct(jiM giori^ magna e$t; 
uhi pax, fedU, J^an\- 
Us «(. /;»e Dftu el 
Amio «s(, 9f /)nM inilh. 
Si quis [est] qui non hic 
amat adorare Bominum Jfan 
Christvm et distruit opéra 
ista, lit anathema 
nUÊraaatha 
luquià in sempùtrmm. 



^^D^lMtttth'S (CHRÉTIENNES. 

jM towwiws^ " et dans plusieurs autres du vii* el du 

► «wh* diffi^rence que le nom propre y remplace 



I voi**' 



bta*.)*î**l* B^seriplioi) se trouve à droite sur la face intérieure du 

1^ 1)1^ ^.<t \» i-roix aux branches de laquelle l'A et l'IJU sont sus- 
■ijHil^i^ Mr des rliainettes, comme cela se pratiquait pour les croix 
dAtHMHtli^ '*'• l'(* savant auteur de la découverte restitue les quatorze 
wvmit^iva li({n»fl de la façon suivante qui ne me laisse des doutes que 
iM>«r l'iivant-dcrnier mol : «T Alplia et UJ + initium et finis. Quoniara 
iiuidqiiid quotidie pejus et pejus, quia jam finis adpropinquat. . . t La 
formule initiale est tirée de l'Apocalypse où elle est répétée par trois 
foisW, Dans le second des versets oii elle figure, iJiiVt'inrt remplace comme 
ici pfindpium; il en est de même dans les citations qu'en font plusieurs 
Pérès: saint Cyprien, saint Jérôme et Fulgence'*'. De quelque façon 
inu! l'on doive tire le mot qui précède adpropinquat , il s'agit évidemment 
ici d'une allusion à la fin du monde, considérée autrefois comme im- 
minente, ainsi qa'en témoignent tant de vieux textes chrétiens!*'. 

Les petites cavités carrées semées sur lapierre entre les lignes avaient 
servi, suivant la mode des âges mérovingiens, à recevoir des incrusta- 
tions imitant les pierres précieuses '''. Plusieurs de ces verroteries de 
couleur verte, bianclie et bleue ont été retrouvées en place. 

''' Pardessus, Oiphmafa, t. Il, p. i5r| 



et 166. 

'•' }bid.. p. 99, i6, 137, 170, 3io 
(annis 63'i, G37, 664, 675, 717). 

'*' Le» tareophagef ekrèlîem de la Gnulf. 
p. 139. 

'" 1.8: XXI, 6; XXII, i3. 

'*' S, Gypr., Tettimon., Il, 6; Hioron., 
ConlntJovinianum, 1,6; Fuigenl. , Ad Tra»i- 
Mundum, II, 5. 

'■' S. Cyprian., Ad Demelrianam, III: 
ffJam mundi finis in proximo esli-; Greg. 



Tur. , HUl. Franc, Proi^. : itAdpropin 
quanle mundi fino; Patno S. PhSippi 
lleracL, S a ; «Mutanlis Kceciili entrcma 
ïolvnnlur*. {Acta rincera, p. liio)\ Innerift. 
flirét. de la Gaule, préface, p. Linri.etc. 
"' Des appliques de même sorte iêco- 
raienl le sarcopliage d'un ëvéque de Cai^ 
peniras [Les sarcophage» chrétiens de la 
Gaule, p. 139). La pierre sëpnicraie d'un 
i^vAqne de Chartres, saint Cbaytric, ëlail 
ornée d'incrustations en os {inieripl. chrét. 
de la Gaule, t. I, p. 3o6). 



SECONDE AQUITAINE. 

249 
Le B. P. de la Croix et M'' Barbier de Montaut, bc. a>. 




■•f 



362 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

La légende cî-dessas, gravée sur le dormant de gauche a puis soqF- 
fert encore. On y retrouve ces restes de caractères : 

KKfk ETC) 
....EOVE 

U^ 

( OlYI 

j ... TOl,yT 

AU 

m 

ECA 

AP 

CA 

VI 

H 

dy; 

HE 

IT 

Des traces de trois dernières lignes ont été retrouvés après le tirage 
des planches que je reproduis d'après le savant religieux. On y voit 
|(i$ lettres suivantes : 

AR 

...WiS 

....ERIT 

*■' Alja et (omegii). 



SECQXDE AQUITAIN EL 



263 



2âO 

Le R. P. de ia Croix, Monographie^ p. 76 et pi. Vf; — Longpëricr, Jowrrud des 
iSmanlSy iSS-i, p. lUk; Paivstre, BuUeiin monummlal^ 1B79, p. 3&6. 




'.WT'^- 



^imai^Wff^^i 








Légende gravée sur le seuil de l'hypogée et faisant face à Tautel. 

l^e regretté Longpérier et le R. P. de la Croix ont essayé d'en dé- 
gager un sens; le premier y a lu : ANAC\RAMA • PAX XRI CYM VOfew 
KCyot; le second : ANACxRAMA • ACxRYM CARYM PIO. 

Cette inscription, dont l'original est anjourd^hui enfoui sous plu- 
sieurs mètres de terre (*), m'embarrasse à plus d'un point de vue. La 
copie publiée en i883 par le savant religieux et que je reproduis ici 
diffère d'une autre, signée de son nom, et jointe, dans le Bulletin mo- 
numental de 1879, à une note de M. Palustre. Ce dessin porte, au 
début de la seconde ligne, non point AHA, mais: 

Laquelle des deux transcriptions devons-nous suivre? Et si c'est la 
première, que devient. la leçon AH AC\RAM A que l'on a tirée d'un ren- 
veFsement de deux mots superpoaés? La photographie d'après laquelle 
est reproduite la seconde copie ferait foi sans aucun doute si elle avait 



(») 



Voir ci-de8N«h p. s6i. 



26Â 



INSCRIPTIONS CHRETIENNES. 



été prise sur i original et non sur un moulage en plâtre où les lettres 
ont été rehaussées de rouge, ainsi que je Tai dit plus haut et comme le 
montre d'ailleurs, je le répèle, la teinte foncée à l'excès qu'elles pré* 
sentent dans les phototypies du R. P. de la Croix. Cette sorte d'enlu- 
minure, disons-le en passant, est un fait toujours regrettable parce 
qu'elle force l'œil à accepter ce qu'a vu ou cru voir celui qui tenait 
le pinceau; et s'il me fallait choisir ici entre les deux copies dissem- 
blables, je préférerais la première, celle que nous devons au crayon 
du savant religieux. 

Ni l'une ni l'autre ne peut toutefois nous mener, me semble-t-il, 
à l'intelligence du texte. Son assemblage incohérent de mots et de 
syllabes représente, pour moi, l'une de ces formules mystérieuses et 
dépourvues de sens qui faisaient, aux yeux des anciens, la valeur des 
incantations et des phylactères ^^^. 

La juxtaposition des vocables Grama, Grumo ne peut que m'affermir 
dans ce sentiment. Rien de plus commun en effet, dans les formules^ 
auxquelles on prêtait autrefois une vertu surnaturelle, que cette ré- 
pétition sous une forme approchante de certaines paroles secrètes. 
Darxes, Dardartes, Astataries; — hta. Pista, Sisla; — Cumay Cucuma, 
Ucujna, Cunuiy Uma; — Argidam, Margidam, Sturgidam; — Cmi, Cro^i, 
Cancrasiy telles sont celles que nous relevons chez Caton Tancien, et 
dont, par une persistance dont il est d'autres preuves en cette matière, 
quelques-unes figurent encore cinq cents ans ])lus lard, dans le livre 
de Marcellus Empiricus ''^l 



^'^ Apuleiiis, Metamorphoseon , lib. III, 
«Milion d'Oiidendorp , f. I, p. 9o5; Orige- 
nos. Ilomilia xi , in lihnim Jesii Nave, S i; 
Kiiseb. , Pnepcu^atio evanjelica, I. IV, c. i; 
I. VI, c. X, etc. 

" Goto, De re rustica, c. CLx; Mar- 
cellus, De medicamenhs empiricis, phy- 
jficis et rationalibuH liber, c. x, xii et xiv, 
t^iition de G. Ilelinreicli, Leipsig, 1889, 
p. 110, ia3. i.3)V Pour la persistance 



de l'usage de certaines formules dites pré- 
servatrices, je rappellerai le verset Os nott 
comminuetia ex co inscrit sur un phylac- 
tère antique (mon mémoire intitulé Les 
actes des martyrs, supplément aux Acta 
sincera, S 38) et que citent aussi pour 
sa vertu prétendue tant de vieux livres 
des derniers siècles ( In Enehiridion manuale 
oratioties devotœ Leonis papœ, p. 10a, 
Moguntiœ, 1G33: Dclrio, Dûquititio 



SECONDE AQUITAINE. 265 

Parmi les très nombreux vocables de ce type que contiennent Icp 
livres imprimés aux trois derniers siècles''', je remarque le groupe 
Hax, Pax, Max plusieurs fois cité et qui rappelle le Cax Pïx final de 
l'inscription de Poitiers'**. Notons encore, sous toutes réserves, que le 
mol I^PÂMMA, si semblable h notre C\RÂMA, fipurc sur plusieurs phy- 
lactères'^'. 

S'il s'agit bien ici, comme il me pai-aît, d'une légende empruntée 
au formuiaii'e cabalistique, sa présence dans un hypogée chrétien est 
à coup sûr chose fort inattendue. Elle n'est pus toutefois sans quelque 
rapport avec les idées superstitieuses dont témoigne un autre détail : 
je veux dire l'admission dans le môme lieu de l'image de Raguel, l'un 
des prétendus anges dont l'Eglise a condamné le culte"', 

En résumé, et si je n'ai fait fausse route, Mellebaude aurait fi la fois 
voulu assurer le repos de ses restes par la présence des reliques saintes, 
par l'anathème contre les violateurs inscrit sur la porte de l'hypogée, 
et en faisant graver sur le seuil même une de ces formules que nos 
ancêtres tenaient pour de puissants phylactères'^'. 

rerum magiearum, édit. de ifio3, t. Il, Bel {Le DeaiMterio» de Itoeh le Bmllif, 

|>. ko-i; Tbierg, Traité det auperêlitionê , 

.V iklitioD. t. I, [I. Aïo et Agu). Le type 

d'un vers que l'on récitait au irii* siècle 

pour écarter les laHax-.Çeiyrte xavrapiies, 

}.iitos iypios ifiiie iiéxei {Tliicrs, t. I. 

p. A 17 ) se retrouve daos les moLa cabalisti- 
ques doDt Pline {B. N. . XXVH . lkv} et Mar- 

cetlus (c. VIII, p. 89) conseillaient l'emploi: 

^svyi, i^tvye, «peiwv ae hûnti. Je le re< 

lève égflieinent sur un phylactère antique : 

♦ïTÉlTOUrPÀTrePCtycaillIJXICKoetiler. 

Erlâiilerung-eine» von IlubemgerithlelenDaitlc- 

tchreibens, p. aS, a6. dnns les Mémoires 

de l'Aeadimie de Saint-Pètertbourg , t. III). 
"' ^1(1, Ailai. — Aglaii, Aglala. — 

Aglm, Algada», Algadamns. — Ber, Fer. 
I — Câlin, Cala. — Dabé , Uabé. — Dabil, 
' Habit, lUbet. — Gla, Eghiten, Egla. — 

Ibel. Abi-l, FMI. — Orbal, Orbot. — Tel. 



p. ii5; Enehiridion Leouis papie, Mogun- 
tiœ, iti33,p. 166, 16g, 175,176; Detrio. 
t. II. p. 3o3; Tliie», t. 1. p. 189. 190. 
191. Û07). 

'" Le Deniioterion , f. 1 iS; Delrio. (. 11. 
p. io3; Thiers, 1. 1, p, ^09. 

'*' Passeri, Theiauriu gemmarum aslrîfe- 
rania, t. U, pi a6o, a63; cî. p. 97^. 

'" Ci-après, n° aS'i, 

'" Une tombe païenne que signale Pa- 
ciaudi porte avec l'inscription TVHEVE1.UÎ 
A1.IEHA-HEHERA-IHQ.YIETAIIE. des figrures 
ot)gcènes auxquelles les anciens allribuaienl, 
Mmme on te siiit, une vertu pr^rvetrice 
(IHottumeala Peloponneiia , t. 1. p. 9o3. 
aoi. Cf. Jalin. Ueber den Abenglaubeit de» 
bàien Blickif bel den Alten dans les Beriehte 
liber die Verkandlungen der kônigUeh Sàehti- 
sr-ken GeselUehaJi, i8B5, p. 76). 



^ 



r 



INSCBIPTIONS CHRÉTIENNES. 



251 



Le B. P. de la Croix, p. 77, et pi. XI; — M'' Barbier do MonUul, p. io 
de Rossi, Accademia pantijicia, 1886, p. 11. 




Le H. P. de la Croix hésite à indiquer la place qu'occupait cette 
pierre, jadis moulurée, où se lit le nom d'Emmanuel aven .son inter- 
prétation latiue. 



252 

U H. P. de la Croix, p. 81, 8a, el pi. VIII; — Vf»' Barkicr de Monlaut, p. 47. 




Au nombre des morceaux découverte dans la crypte funéraire de 
Mellebaude 6gure un débris de pilastre sur lequel se détachent le buste 



SECONDE AQUITAINE. 267 

sans tète et, jusqu'au-dessous des genoux, les jambes d'un personnage 
tenant, de ses deux mains croisées sur la poitrine, une croix à courte 
hampe. Au-dessus de cette dernière est écrit sur une seule ligne : 

+ Hic sanctus Symton. 

Le bienheureux ainsi représenté est, selon toute apparence, le 
célèbre stylite. Une particularité semble pouvoir l'établir. Sur le devant 
des jambes passe une traverse qui peut être une barre ou une coi'de; 
dans le premier cas, ce serait, comme l'a pensé M. l'abbé Duchesne, 
la balustrade du sommet de la colonne sur laquelle saint Syméon passa 
tant d'années, balustrade que je vois figurée dans les miniatures du Mé- 
nologe de Basile (^'. Si le sculpteur a voulu représenter une corde, on 
peut se rappeler que le saint fit dresser, sur le sommet de sa colonne, 
une poutre à laquelle il s'attachait pour se contraindre à demeurer 
debout, sans pouvoir ni s'asseoir, ni se coucher f^^. 

Le mot sanctus de l'inscription parait avoir été représenté par les 
lettres SIS. Ce serait là une singularité, l'abrév iatio n régulière de ce 
mot se composant, comme on le sait, des sigles SCS. 

D'après certaines traces demeurées mal distinctes, le R. P. de la 
Croix pense que les bras du personnage étaient couverts de plumes. 
Ne faudrait-il pas plutôt y reconnaître l'indication du vêtement de peau 
que portait le saint et que les dévots venaient toucher avec respect (*^? 

Les cavités creusées dans la croix montrent qu'elle était incrustée 
de verroteries (*J. 

Notons en passant que, dans son voyage en Syrie, M. de Vogué a 



^*' Menologium grœcorum, jussu BatUii 
imperatoris editum, 1 1, p. ^ ; cf. la planche 
représentant saint Ephrem sur sa colonne, 
planche insérée en tète du tome III de la 
Roma 9oUeranea de Bottari. 

'*^ Theodoret, ReUgùna historia, S «6 
(t. III, p. «971) : Èvei hè èvi rov xiovo§ 
éaJïf, xartévat (lèv ovx livei^jB/ro, ifMHJX"^' 
vijtrŒTO le T))v aléffiv éTépà)s, àonàp yàp 



rtva 'Opoahitraç w xiovt, xai axoviois 
«rôAiy éonnàv t^ 3oxâ) ^poaapfiàaas , ràç 
TsaaapétKOvra o^rcj heréksaev ^fU^as. 
^^^ Ibid., p. 1979 : Ènetitf, toivMv àpiO- 

hè âvcan€6 èvexj^poxtp, ntU timl ciAoy/oi» 
èità r&p hepiiarivûiP ix9hùfv Iftar/m rpv- 
y&v, 

^^^ Cf. ci-de«6ua, p. 960. 

3i. 



Î6« I!lSCBIPTIO?îS f:HBÉTIE3S3SES. 

retronv^ ie rorh^r qoi a senrî de bas^ à la colonne de saint Srméon et 
de» di^brw de eelte colonne * . 



253 

Le R. P. de b Croix, p. 65 et pi. Kl. III. 

Snr le mur du fond , derrière Tante! , était peinte en lettres ronges une 
injicription dont il ne reste plus que le commencement de deui lignes : 









il serait hasardeux de chercher à deviner le sens des paroles qui 
suivaient ici la formule initiale : In Dei nomme. Je noterai toutefois que 
souvent le mot manitus Ogure dans des textes relatifs à des offrandes 
faites, à des œuvres pieuses accomplies par des fidèles à la suite de 
songes, de visions qui leur avaient paru apporter un ordre, un aver- 
tissement du cieL DIVIHiy i\hlAHl\S VIXIOHIBw fREClYEHTER AD- 
MOHITuir, est-il dit dans une inscription de Cologne qui rappelle Térec- 
tion d*une basilique par un chrétien nommé Clematius (^) ; Grégoire de 
TourH emploie souvent, comme l'avaient fait d'ailleurs les païens (^), les 
mots monerBy monitWj en mentionnant ces sortes de révélations venues 
d'en hûutW. 



'*' Syrie centrale, Architecture civik et irQuod non praesamerem , nisi bis et lertio 

religieuse du i" au fif êiècle, t I, p. i&6, admonitus fuissem per vi8ani.9) (rAlia vero 

1 bg, die, admonita per soporem . . . » (Z)« mirae, 

'*^ Ineeript. chrét, de la Gaule, n* 678 B. S. Martini, Epist. praevia et 1. II, c. xxxi). 

^*^ Sueton., Auguêt,, f* 91; Gruter, 69, Cf. Acta S, Devotœ, 8 5 : crBenenalus près- 

9; 701 7; 80, 9 et 5; 101, i; i3o, 11. byter Sabaudus et ApoUinarius diaeonus qoi 

^^) «rSequenti vero nocte admonetur vir moniti sont per visuni. . . » (Bolland., 

ille per visum . . . ^ ( Ghv, martyr, , XLVIII). 97 jan.). 



SECONDE AOnlTAINE. 



254 



LeR. P. de la Croix, Monographie, p. 36, 87, 79, et pi. VIII ; — L'abbi^Ducfaesne, 
La crrjple de Mellebautle, p. 1 i ; — Bamd, Le monument He Mellebaude, p. i a ; — ■ 
M*' Barbier de Moutnut, Le martijrîum de Poitiers, p. ûa. 




Un morceau portant h la fois des sculptures et des inscriptions a 
été trouvé dans l'hypogée en deux fragments posés sur des sépultures 
différentes. J'y vois le haut du couvercle d'un de ces sarcophage étroits 
vers les pieds qui existent dans l'hypogée. Quatre figures s'y détachent 
avec un très faible relief : les svmboles de l'homme et de l'aigle avec 
s noms de MÂTHEY^ et de lOHANNIi", puis deux bustes d'anges auprès 
els on lit ; RAfAEl^, RAf\VEI^. A la suite devaient se trouver les 
images de saint Marc et de saint Luc. 

Nous avons déjà vu à Gémigny, dan."* le Loiret, le nom de trois 
anges, Raphaël, Raguel et Ariel, inscrits avec leur image sur un moule 
de patènes des temps mérovingiens'". Cet objet et la pierre de Poitiers 



f 



270 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

nous apportent ainsi la double marque d'une superstition longtemps 
restée vivace chez nos pères. Comme Ta déclaré le concile de Rome tenu 
en 7/15 sous le pape Zacharie, TÉglise ne reconnaît que trois anges : 
Michel, Raphaël, Gabriel; les autres noms ne désignent point des 
anges, mais des démons trnon angelorum sed dœmonum nomina '*'??. 
Dès la fin du v*^ siècle, un autre concile de Rome avait condamné 
l'usage des phylactères où se lisaient ces noms : (r Phylacteria omnia 
quas non angelorum, ut illi configunt, sed dasmonum magis nominibus 
conscripta sunt'^^Tj 

Deux lignes d'inscriptions sont gravées au dessous des figures. La 
seconde, dont les lettres n'ont gardé que des traces de leur paiiie su- 
périeure, est d'une lecture très difficile. On lit dans la première, 
dont le début et la fin manquent : . . . DIMi; • SYX ACHAHI • l^ARITI ' 
YARICxATI • HEl^ARII • MARTINI!. . . Saint Aignan d'Orléans, le diacre 
saint Laurent, saint Hilaire, saint Martin, tels paraissent être ceux 
dont l'on peut reconnaître ici les noms et dont Mellebaude aura réuni 
les reliques. Il serait difficile de dire la forme du monument auquel 
appartenait la pierre où figure cette liste. 

Les petites cavités carrées qui y sont semées avaient servi à rece- 
voir des incrustations de verroteries imitant les pierres précieuses^. 



^'^ Vtia S. Boni/atii, auctore Othlono, 
lib. II, dans Mabilion, Acta ganclamtn Ord. 
Bened,, pars I(, p. 64. 

^'^ CoHcil. Homanum, I, a* 693 (Maosi, 
t Vin, p. i5i). Cf. ConeiL Laoéicense, 
a* 3ao, c. xxxv(Mansi, l. II, p. 569). Voir, 
ponr la perpétuation de Tinvocation super- 



stitieuse d anges non reconnus par l*Église, 
Eymencus, Director, inq^tiêit. , Venet. , 1607, 
p. 4 8 1 ; Martinus de Arles , TraeL de ntperstii. 
dans le Flagellum hœretic, , Francofurti , 1 58 1 . 
p. Âoi; /n Enchiridion manuale oralwneê de- 
votœ J^^nis papœ, Anconœ, 16^9, p. a A. 
^^^ Voir ci-dessus, p. 960. 



r 



SECONDE AQUITAINE. 



271 



■25^ A 

Un aulrc débris de même sorle a été reirouvé eu deux parties; 

l'une d'elles, au revers de laquelle on avait sculpté une croix en relieC, 

lermait un sarcophage; la seconde servait de marche dans l'escalier. 

Au bas de celte dernière on lit le commencement d'une inscriplion : 




Hic 



Dni f 



Quel pouvait être le mot comniencatit par les trois dernières lettres 
de celte ligue? Probablement la troisième personne du présent de 
ijuiesr^re souvent écrit sur les marbres avec la forme c(wy«ere"' et qui 
témoigne de la prononciation gutturale de la lettre C*='. Il s'agirait 
ici, dans ce cas, d'uue tombe sur huiiielle on aurait sculpté les images 
de plusieurs anges. 




Lpipi, fJpilaphima Seome laartijn». [i. ii^ii : CEfQYAT; B^ddelli. [.. :(6o : CETOVE ; 
CEÎQVET, etc. — ''■ Cf. ci-desaoïis n" Z~h. 



^ 



278 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



255 



Le R. P. rie In Craix, p. 7S, et pi. Vif; — M*' Barbier de Montaut, p. 98. 




■ inairlui i|ui divise en deux parties i'inlt'rii.'nr di' 1» i-liainliri' 
■ihU- esl tivnéo. du dix rosaces atitrelois rainiies de verroteries el 
qiur |tr<''ot'ilf? iiiHï croix de forme monograiiiiiialiquft. Une autre croix 
latine reposant sur sa base « élé ajoulëe en surrliarge sur la première; 
il n'en reste que le creux qui contenait les incrustations. 

Au-dessus de la ligne des rosaces est une inscriplion niulil'^e où le 
H. P. rie la (Won h dr'rhiffrr'- les mois suivants: 

HOMOtQYi;-CAORiA[TVR)?. ..Q.fi... MkEM... RDE. . . KvHORAT 

Dans relte plirase que Ms' Barbier de Montaut rapproche de plu- 
sieurs passages des livres sainLs, il s'ayissaït sans doute d'un préceplo 
contre le vain orj{;ueil; <»n le voit par la li|!ni.' suivante qui esl ijrav^» 
sous les rosaces : 

+ MEUv; ■ e;t • ENiM • m MAi^Ef acti; ■ HYMEi^i; ■ coNrE;;io ■ 

QVAM-IN BONi;;VPEKYA-CAOMAaO 

Ainsi que la fort bien reconnu le R. V. de la Croix, celte sentence 
se lit. rédigt^e comme il suit, dans le Ltber mnlillarum du moine 
Defensor qui l'atlrilme A saint Bnsilr- : rrMelior enim est in ninlis faclis 
pura corifessio quaui in bonis operibus supcrba |;loriatio'''.-n Saint 
Bernard r|ul la rt'-pr'-lc rie mr^rm-. on i'allribuant à un r-ertain sage. 

■'I L. un, iJf c.»/™..nnr I Mif-nr Patnlogie iatint . t, lAXWIII, CrtI, Gnj). 



J 



SECONDE AQUITAINE. 273 

quidam hapiem, en donne un lexte plus conforme à celui du monument 
de Poitiers : «Melior est in maiis factis humilis confessio quam in bonis 
factis superba gloriatio W, i) Le sapiens dont parle saint Bernard ne 
serait-il autre que le grand évêque d'Hippone? Le fait est possible, 
car je rencontre la même maxime dans un recueil attribué à saint 
Prosper et intitulé Liber senientiarum ex operibus S. Augustini deliba- 
tanirn ^^\ 



256 
SAINT-CYR-EN-TALMONDOIS. 

B. Fillon, Archives historiques du Poitou, 1872, t. I, p. 297. 




Inscription de type assez ancien , comme le montrent ses caractères 



^'^ De sepletn donis Spiritus Saucti sermo, 
éààt de 1690, vol. II, p. 769. 

^*^ C. cxviii. Je n*ai pas retrouve textuel - 
lemeDt cet adage chez saint Augustin. Dans 
celui de ses traités auquel il est référé et 
qui vise la parabole du pharisien et du pn- 
blicain , on lit à propos de ces deux person- 
nages : rrlile superbns erat in bonis factis, 
ille humilis in malis factis. Videte fratres. 



placuit Deo magis humilitas in factis quam 
superbia in bonis factis. Sic odit Deus su- 
perbosi» [Enarr, in Ps, xciii, S i5). La 
forme de la maxime qui nous occupe parait 
avoir fait fortune chez les anciens. Je la re- 
lève dans ces mots de Cassiodore : «rMelius 
est enim in tam occultis causis confiteri 
ignorantiam quam periculosam assumere 
fortassis audaciam.f) (De anima, c. vu.) 

35 



tUPIIMCntl JItTIOXALI. 



( 

1 

r 

k 



27A INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

et la simplicité de sa formule. Elle a été tirée de terre par le soc de 
la charrue dans un champ de la villa romaine d'Ansou, commune de 
Saint-Cyr-en-Talmondois (Vendée)^ que Ton nommait autrefois Aron. 
f?La fondation de Téglise de cette localité « écrit M. Fillon, est fort 
ancienne, car on y a découYert, il y a quelques années, parmi les dé- 
bris de Tédifice reconstruit au xi* siècle, un chapiteau mérovingien et 
des briques de la même époque provenant d*un bâtiment antérieur et 
qui avaient été employés comme simples matériaux de maçonnerie. • 



257 
BÉRCGES. 

MhÊoirm de la Socièiè Je$ Àniiqtimrei de FOunty 9* série, t, \I, p. 697. 

TATA4E ^ I //«r 

Des fouilles opérées à Béruges, prés de Poitiers, sur remplacement 
d\me église romane, ont mis au jour un couvercle de sarcophage de 
pierre où Ton distinguo quelques lettres d*une inscription très ruinée. 
\u-de880U8 de celte légende qui, diaprés la forme des carocléres, peut 
appartenir au vu* siècle, sont gravées, entix* des bandes d'ornements, 
deux colombes buvant dans un vase et Tiniage d*un aigle aux ailes 
déployées, J ai déjà rencontré à Lyon, sur une tombe clirétienne, cette 
dernière ligure très rarement reproduite ^^\ C/est selon toute apparence 



SECONDE AQUITAINE. 275 

un symbole de la résurrection attendue, conformément à ce qu en- 
seignent les Pères dans leurs commentaires sur les mots du Psaume eu : 
R Renovabitur ut aquilae juvenlus tua^'). n 



258 
PERSAG. 

R. de Lasteyrie, BuU. archéol. du Comité des travaux historiques, iSS'y, p. 6. 




Le R. P. de la Croix a récemment communiqué au Comité des tra- 
vaux historiques uoe note sur l'un des cimetières de la Vienne qu'il 
fouille avec tant de sagacité et de persévérance. C'est à Persac, canton 
de Lussac-le-Châieau , que se sont trouvées les pierres qu'il venait de 
découvrir. Là était une nécropole antique, d'une large étendue, que 
Ton supprima au commencement de ce siècle et dont les tombes furent 
enlevées. Plusieurs des vieux couvercles servirent à fermer les cer- 
cueils d'un nouveau cimetière; on les retourna pour cet usage et le 
savant religieux a reconnu, dans l'une de ces dalles, la pierre qui 
avait clos un sarcophage de l'époque mérovingienne. Son ornemen- 
tation est des plus simples; elle se rencontre souvent dans le pays, à 
Antigny, à Saint-Pierre-de-Maillé'^^ Au-dessous d'un signe dont la 
valeur m'échappe et que présentent de même quelques tombes de 

^'^ S. Augustin, Enarrath m Psalmos ^'^ BuUetm arckéokgique du Comité des 

LTvu et en; S. Epiphan., Aneorat., c. c. trataux historiques, 1886, p. 958 et suiv. 

35. 



276 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Givaux est gravé en gros caractères, suivant Tusage local, le nom du 
mort : 

BAYDO 
l,ElfO 

nom qui se lit, avec la forme BaudeleifuSy dans le testament de saint 
Rémy'^^ J'hésite, comme la fait M. de Lasteyric, à proposer une inter- 
prétation des lettres, en partie mutilées, qui sont inscrites au bas de 
la pierro. 

259 
SAVIGNÉ. 

Lo P. (le la Croix, Bull, archéol. du Comité des trav. hislor., 1886, p. 988. 

Près (le Civray, dans cette région de l'Ouest qui nous a déjà fourni 
nombre d'inscriptions gravées en grosses lettres sur pierre, se trouve 
un fragment provenant sans doute de quelque couvercle de sarcophage. 
On y lit h» nom Doniavedo, 




Ce débris, long d'environ 1 m. 5o, est placé dans la margelle carrée 
d'un puits public sur la place de Savigné. Il a été tiré des fouilles de 
l'ancien cimetière. J'hi^ile, comme je l'ai déjà dit, à estimer l'âge de 
ces sort(\s de monuments qui peuvent appartenir au vu** siècle. 

On rc^ncontre souvent, dans le Poitou, des pierres funéraires char- 



'' PnrftoftsuH, lUplomata, (. Il, p. 8i. 



SECONDE AQUITAINE. 277 

gées, comme celle-ci, de grossiers ornements. Le musée de Poitiers en 
possède un certain nombre. 



ANTIGNY. 

En i884, k commune d'Antigny, canton de Sainl-Savin (Vienne), 
a dû emprunter, pour l'établissement d'une route, plusieurs milliers 
de mètres cubes de terre à son ancien cimetière. Poussée à plus de 
deux mètres de profondeur, la fouille a mis au jour environ deux 
cents tombes à couvercles grossièrement ornementés et dont quelques- 
unes portent des inscriptions. Signalées à la presse locale par le R. P. de 
la Croix, ces épitaphes ont été, de sa pari, l'objet de communicatioos 
insérées dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest^ de notes 
présentées à la Société des Antiquaires de France et d'un intéressant 
mémoire adressé au Comité des travaux historiques (^). Je transcris 
celles de ces légendes qui ont été sauvées de la destruction. 



260 

Btdl, de la Soc. deê Anliquatres de FOueêt, t. III, 9* série, p. /i55; — Bul. de la Soc, 
des Antiquaires de France, i885, p. aïo; — BuU, archéol. du Comité des trav. 
histor.y i886, p. aCa. 




Ëpitaphe gravée sur le couvercle ornementé d'un sarcophage d'en- 



^'^ Bulletin archéologique du Comité des 
travaux historiques, i886, p. aSG à 998. 
On trouvera dans ce recueii des bois reprë- 
sentant les sarcophages carieusement orne- 



mentes où se lisent les inscriptions. J'au- 
rais voulu les reproduire; mais l'extrême 
réduction qu y ont subie ces landes m'a 
fait préférer d'autres copies» 



278 



INSCRIPTIONS CHRETIENNES 



l 



■• 



I 



tant. Le cercueil, dit le R.P. de la Croix, est creusé dans un libage 
ayant servi auparavant à quelque construction, comme le prouvent 
les trous de scellement qui s'y voient encore. 

Le nom du jeune chrétien d'Anligny est d'une extrême rareté. Je 
ne le retrouve qu'une seule fois, et au féminin, donné à une sainte 
dont l'autel existe à Luray, localité du département de l'Indre **'. Le 
précieux Onamasticon du R. P. de Vit n'en relève aucun exemple chez 
les païens. Porté par un fidèle, il peut indiquer que le défunt avait été 
appelé ainsi, suivant une coutume bien connue, en mémoire de quelque 
saint personnage'*), l'un de ceux qui, par esprit de haute pénitence, 
se condamnaient à vivre chargés de fers. Les écrivains ecclésiastiques 
en mentionnent un grand nombre. Je citerai notamment saint Sénoch, 
saint Jacques, saintes Marana et Gyra, saint Audoenus, évèque de 
Rouen, saint Platon, saint Théodore l'Archimandrite'*). Se soumettre 
à cette sorte de torture, c'était accepter le sort des misérables auxquels 
l'Eylise l'imposait en expiation de quelque crime ^*'. 

Pénitents volontaires ou contraints, tous n'avaient pas droit à un 
même respect. Saint Jérôme engage à se défier de ces catenaU aux 
longs cheveux incultes, barbus comme dos boucs et marchant les pieds 
nus^^; un capitulaire condamne le vagabondage des prétendus péni- 
tents qu'on voit errer nus, chargés de fers et cherchant à faire des 
dupes '^'^ 



''^ I^bbe, ^'ova bibliotheca fihronnn ma- 
HWfcriptontm, t. Il, p. 666, et la (abie. 
f Fcrcincla nul FoiTooincln r ; Bulletin de la 
Société des Antiquaires de rOuest, 1879, 
p. /i9'i. 

^*^ S. Chrysost., HamiL xxi in Gènes,, 
S 8, etc. 

*'^ Greg. Turon. , Ki te Patrum , c. xr, S 1 ; 
Rosweydo, Vitœ Patrum, p. 889 et 856; 



Rolland. , VitaS, Dadonis rel A udoeni episeopi , 
S a3 (â^ °"g*)« ^"^ ^* P^tonis Hegumem, 
S a3 et 36 {h apnl.); Vita S. Tkeodori 
Siceotœ, S 28 (aa aj»nl.). 

**' Grog. Tumn., De glor, eof^essorum, 
c. Lxixvii; Mabillon, Prœfat. in II sœe. Be- 
nedict,, S 7a. 

^^^ Epist, ixit, ad Eustoch., S 98. 

^*^ BaluEC, Capitularia, t I, p. 989. 






SECONDE AQUITAINE. 279 

26t 

BuUetm de la Société des Antiquaires de TOuesly t. III, 9* série, p. /107; — Bulletin 
de la Société des Antiquaires de France, i885, p. 916; — Bulletin archéologique 
du Comité des travaux historiques, 1886, p. 960. 






262 

Bulletin de la Société des AtUiqiuùret de TOuett, vol. ciL, p. Ao/ï; — Bulloin de la 
Société des Anti^puùres de France, i855, p. 3i6; — BuUetm arMologique du 
Comité des travaux historiques, 1886, p. 969. 



fPNAA/rAwtrtîfA 



263 

Bulletin de la Société des Antiquaires de TOuest, vol. cit., p. /io6; — Bulletin de la 
Société des Antiquaires de France, i855, p. ùi6; — Bulletin archéologique du 
Comité des travaux historiques, 1886, p. 960. 






280 INSCRIPTIONS CHRETIENNES. 

264 

Bulletin de la Société des Antiquaires de F Ouest ^ t. III, a* sëric, p. 867; — Bulletin 
de la Société des Antiquaires de Fratice, i884, p. 3to; i886>p, 88 et ato; — 
Bulletin archéoloffique du Comité des travaux historiques y 1886, p. 9 Sa. 




Formule nouvelle dans la série nombreuse de celles qu on inscrivait 
sur les tombes pour tenter de les protéger contre la violation. 

La réunion de ces trois dernières épitaplies semble faite pour mettre 
sous nos yeux une marque de Tinconstance des formes grammaticales 
qui caractérisait le langage de nos pères. 

La première inscription porte le nom RYMYl^lANE PETRA, c est-à- 
dire (t pierre sépulcrale de Rumulianar». 

Dans la seconde, la mc^ine formule, Tauri pelra, est écrite TAYRY 

PETRAM. 

A la troisième, les mots TEOYAI^DO l^APEDE NON REYOl^YATYR me 
paraissent devoir être lus : Teœmîdi lapin non revolvaluv. 

Que les accusatifs petram et lapide (pour lapidem) représentent ici 
des nominatifs, le fait me semble des plus probables, si je me re- 
porte à une charte originale de Dagobert l^*" où nous lisons nosiram 
prœceptio pour nostra prœcejuio^^^; une môme irrégularité se trouve dans 
les intitulés de plusieurs formules antiques et, pour n'en citer ici 
qu'un seul, dans celui qui, au lieu du mot ahsoîutioy porte absolu- 
tionein^'^; je relève encore cette faute sur un marbre des catacombes 
romaines où ^\\JkS est écrit au lieu de fiKae^^'. 

En ce qui touche les deux noms TAYRY, TEOYAy)0, qui, malgré 

'^ Tardif, Archives de l'Empire y Monu- p. 11 A. (if. p. 398 : Rem ipsa pour res 

mcfits historiques, p. 6. ipsa, elc. 

*' De Rozièro, Recueil général des for- ^'^ Boldelli, Osservazioni , p. 807 : fl\}kS 

mules usitées dans l'empire des Francs, l. I, IN PÂCE fECEKYKT. 



SECONDE AQUITAINE. 281 

leurs désinences, me paraissent être au génitif, je rappellerai d'abord 
cinq de nos épitaphes qui présentent la même particularité. MEMBRI 

AYDOI^ENA, YR^INIÀHO mDIACONO OSSk, [}mS Ûl^lk VEI^ANDY, 

fiyi MACxNO, ;ervy; ihm xpo, porr con;; horio, y sont écrits 

pour membra Audolenae, Ursiniani mhdiaconi ossa, Lindts Jilia Velandi, 
filii Magniy servus Jesu Chrisiiy posl consulalum Honorii^^K C'est dans la 
même catégorie que je place rinscription d'une coupe de verre : 
OflKiNA lyAYRENTIY, inscription où je lis, d'après ces exemples et 
contrairement à ce qu'on a proposé, offikina Laurenliu(8) pour offictna 
Laurentii^^K 

J'ajoute à l'appui de ma lecture qu'à côté du nom de ly^AYRENTIV 
nous en trouvons un certain nombre dont, par un fait bien connu, 
ry final du nominatif a été supprimé. Il en est ainsi pour ceux d'EP- 
POGtY, EYTYCIV, lYCYNDY, ou avec le changement de l'Y en 0, pour 

INCxOBERTO, l^EONARDO, YAI^ENTINIANO, BAYDOl^EIfO, DOMAREDOW, 

INC\Hs^DO(*^ et pour quelques-uns de ceux que j'ai cités plus haut. 



'' fnscript, ckrét, de la Gaule, n" i5, 
•jgS, 3A6, 878, et, dans ce volume, les 
II**' 367, Q77, 3î»3. Vers le milieu du 
i\* siècle la forme nominative était gardée 
(le même, alors qu'il eût fallu employer le 
génitif. Voir Marini, / jktpiri dtplomatia, 
p. i53, ]5^, i55 : ir Peints filius quondam 
Lucianus . Pelnis filio quondam Ursus , Pe- 
(ms filius quondam Petrus, Ijentaiius fdio 
Lupicinus, Anastasius filio quondam Léo.?; 
Une épitaphe conservée au nuisée de Saintes, 
et que je crois du même temps , porte les mots 
DEPOniIO RECEPTO pour depositio Receptû 
^*' Celte coupe a été ti-ouvée par M-Tabbë 



Hamard, dans ses belles foaHies du Mont- 
de-Hermes. Mon savant confrère, M. Maxi- 
min Deloche, qui la publiée, y lit : Vienna 
{de) officina Laurenti {Mémoire» de VAcad. 
des inscr., t. XXX, a* partie, p. 365-367). 

^'^ Inscr. chrét, de la Gaule, n*' 338, 
355, 58 1 6. H, 1, K, et ci-dessus, n" 358, 
359, etc. 

^*^ Ci-dessous n* A a 9. Notons qu'ici, 
comme pour BAYDOUIfO, il ne peut s'agir 
de noms de la troisième déclinaison. Ces vo- 
cables en effet se retrouvent ailleurs avec la 
forme régulière INÇI^DY^ (ci-dessous n* 639 ) 
et Baudoleifus (n* 358). 



36 



m»tfBtUB lATieiAU. 



282 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

265 

Bntltm de la Soeiélé de» A*tiqm\nt de POmtl, a* série, U Ul, p. ASq; — BuUttm 
de la Sociélf de* Antiquaifn de France, 168Ë, p. aià-, ' — Bullftin arthàtlagifiir 
du Comilè du travaux hitti<ri^s. i88C, p. s58. 




Inscription mutilée d'un couve'i'cte de sarcophage. Les Ivtlres . .BEDE 
représentent probablement le reste du mol ^APEDE de l'épilaphe pré- 
cédente. Il y aurait ainsi là une nouvelle marque de la localisation des 
formelles épigraphiques''). 



Bullelin de la Société dei Antiquairet dt 
Société da Antiquaires de France, t 
Comité de$ iravaitx hittoriqueê, 1886 



266 

rOueit, 



«1)1. cil., p. 4&5i — Bulktin de la 
, p. 313; ^ BiUletin archéologique du 
363. 




Êpitaplie gravée sur le couvercle ornciiienté d'un sarcopliage d'enfant. 
Il eal difficile de tirer quelque chose de ce texte si mutilé. Api>ès 



' Ihict. ckrét. de la Garnie, n" 467 el Ofii. 



SECONDE AQUITAINE. 283 

le mot PYEIy^/a, qui semble probable, peut-être faut-il y reconnaître le 
début d'une formule de date en usage sous les Mérovingiens et au 
début de l'âge suivant : Qttc[d\fe[cit] 8eptem[b^]r [dieg ]'*^ 



267 

Bulletin de la Société des Antiquaires de V Ouest y vol. cit., p. &58; — Bulletin de la 
Société des Antiquaires de France y 188 5, p. ai 3; — De Rossi, BuUettino di arche- 
nlogia cristiana, i88/i-i885, p. i3i; — Bulletin archéologique du Comité des 
travaux historiques, 1886, p. 9 5 a. 



I 

t 





vA(Do 




Inscription du couvercle d'un grand sarcophage donnant un fragment 
de nom propre : TeovaMo pteut-étre ^*^. La signification-dé lafigure gravée 
en tète est douteuse. Il ne parait guère, aelon Tobservation de M. de 
Rossi, quauYi'' ou au vu^ siècle, lé trident* ait été employé, ainsi qu'on 
le faisait aux premiers âge$., eainme udq figure secrète de la croix ^^K 
Peut-être a-t-on voulu représenter ce derôier «igné portant des cierges 
sur ses branches ^*^ C'est ce qu'au vu de notre inscription, M. Prou, 
incline comme moi, à reconnaître sur un tiers de sou de style Or- 
léanais où figure la croix fichée sur un globe, et dont chaque branche 
est surmontée d'un trait vertical ^^). 



^'^ Cf. ci-dessus, n* 2 38. 
'•) Cf. n- a6A. 

^'' BuiietL, \S^o,f. la, Aa-A5;i88i, 
p. 18, 19. 



^^^ Cf. Bottari, Roma sotterranea, plaiH 
che XLIX , etc. 

^^) Monnaie mérovingienne du Cabinet 
de France, n* 916. 

36. 



284 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



268 

Buttetin de la SoeUU des Àntiquaire$ de TOueet^ a* stSrie, t. III, p. & 69; 
Bulletin de la Sociiti des Antiquaires de France , i885, p. 9i&. 




Fragment d'une inscription gravée sous le couvercle d'un grand 
sarcophage. 



269 

Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1886, p. 1266. 

La tranche d'un autre tombeau fermé par un couvercle richement 
décoré porte en graffiti trois noms difficiles à déchiffrer dont le R. P. 
de la Croix donne, dans la même notice, des copies très réduites. Lie 
dernier de ces noms semble être Atulfo. 



. I 






SBCt)NDE AQUITAINE. 



285 



270 

SAINT-PIERRE-LES-É6LISES. 

Ledain , Catalogue du tmuée de$ Antiquaires de VOue$t, p. 38 ; — Le R. P. de la Croix, 
BuUetin archéol<^^ique du Comité des travaux kistoriques, t886, p. 378; Mono- 
graphie de Vhypogie nu^yrium de Poitier,, p. 87. 

Un fragment trouvé à Saint-Pierre-les-Églises » canton de Ghauvigny 
(Vienne), par M. Tabbé Miton, et conservé au musée du Temple 
Saint-Jean à Poitiers, porte l'inscription suivante : 




Je n ai pu savoir dans quelles conditions a été rencontrée cette 
pierre. 

Des épitaphes que j'ai citées plus haut^^' montrent que les mots 
(yYNDERAMNO SOM pour Gunderœnm mm(^) ont probablement désigné 
une sépulture. 



(» N'ia6. — w Cln'aô*. 



286 INSCRIPTÏONS CHRÉTIENNES. 



271 
■ ROM. 

Ricard, Bulletin de la Société de» Antiquaires de VOuett, i88a, p. 607, 5o8; 

Palustre, Bulletin monumental, i883, p. igS; — Rcrtholé, Antiquités gallo- 
romaines et mérovingiennes trouvées à Rom en t883 , p. 9. 






^jfll 



Lé{;eii(ie gravée en grosses lettres sur une pierre que Ton croit avoir 
été un couvercle de sarcophage. Elle a été trouvée à Rom, localité 
dont j'ai déjà publié deux inscriptions ^^^ On y a rencontré un grand 
nombre des restes antiques, colonnes cannelées, vases de terre, de 
verre et surtout des tombeaux de pierre superposés ^^). L'épitaphe de 
Baulhtldis, donnée par M. l'abbé Nigot au musée de Niort, me paraît 
appartenir au vii*^ siècle. 



272 

Rorlhel(S Antiquités gallo-romaines et mérovingiennes trouvées à Rom en t883, p. 9. 

HIC dayei^de; et domnoi,enty; 

M. Tabbé Nigot a vu sur le couvercle d'un sarcophage, large de plus 
d'un mètre et contenant deux corps, cette inscription malheureuse- 

<*^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, ^*^ Voir sur cette localité la note de 

n" 677 ol 578. M. Ricard, citée plus haut. 



SECONDE AQUITAINE. 287 

ment disparue. La pierre qui la portait a été, dit-il, divisée et em- 
ployée daus les travaux de restauration faits à l'église de Rom. 



273 

Etude archéologique et religieuse -à propos de la consécratimt de C église de Bom (Poitiers, 
i858); — Berthelë, Antiquités gallo-romaines et mérovingiennes trowsées à Ihm 
en i883 , p. 9. 

Dans la petite brochure que j'indique d'après une note de M. Ber- 
ihelé et que je n'ai pu me procurer ^^\ on annonce avoir trouvé, en 
pratiquant des fouilles à Rom, une pierre tumulaire de petite dimen- 
sion sur laquelle était gravée une croix au milieu d'un cercle dentelé. 
Au-dessus se lisait cette inscription : 

fAY^TE VIVAT IN DEO ;EMPER 

Entre les bras de la croix étaient tracés grossièrement, comme avec 
la pointe d'un couteau, les mots suivants : 

VIVAT rAv;TiNv; MAgn'ER 

Cette pierre, signalée par M. l'abbé Laillant, a disparu; je le re- 
grette d'autant plus qu'il aurait été désirable de contrôler la lecture 
de la seconde inscription écrite, parait-il, en graffito. 

L'acclamation Vtvas iusDeOy in Chnsto figure sur plusieurs de nos 
monuments funéraire?. Je la retrouve à Binson^^^, à Mandourel^^^ et, 
dans la Seconde Aquitaine même, à CivauxW et à Antigny'^^. Elle est 
de môme, comme on le sait, fréquemment gravée sur les lijoux, 
agrafes et anneaux ^^^ rattachant ainsi le chrétien au ciel dans la vie 

') M. l'abbë Laillanl, auquel elle est at- ^'^ N* 691 d. 

tribuée , me fait rhooneur de m'écrire qu*eile ^*^ N' 5 7 6. 

n'est pas de sa main et qu'il on ignore Tau- ^'^ Ci-dessus, n* 963. 

tour. ^*^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 

f'^ Iivicr, chrét. de la Gaule, n' 336 c. 1 1, p. 66 et AgA; ci-dessus, m" 69 et 187. 



288 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

comme dans la mort. nNcmo sibi vivit et ncmo sibi moritur-n, écrit 

Leidradc, nui vivimus, Deo vivimus; si moriemur, Deo moriemur^'^n 



Un mot inséré par M. Berthclé, dans la brochure citée plus haut, 
m'apprend que l'épitaphe de Gummaredus, conservée au musée de 
Nevers et que j'ai autrefois donnée sans indication de provenance '*>, tt 
été découverte à Rom. 



27d 
SAINTES. 

ItuUelin de la Sociéti de» archiws kitloriquet de la SainlOHffe, 1880, [). 118; — De 
Tilly, Recueil de la Commution Je* artê et motmmenlt hûtoriqueê de la Cluirentt- 
Ii/érieure et Société d'archéologie de Saintes, 1 880 , p. 1 5 1 ; — Audiat, Bulletin mo- 
numental, i88t, p. 387-S9Û; — IjO R. p. <1r In C.i'oix, Moimgraphw de Thypogée 
martyriiim de Poùiert, pi. XXVI. 



'•<lpËP6l'n'IOBDNfl£ME/A°^ 



OUÔNTIfVBPli'^'^K'ir^OCTOgRt- 



f 




Derrière le cimetifVc actuel de Sniiites, il y a vin(;t ans à peu près, 



<'' Epitl. Il, dans AgDlkan). l'ilit. de 
Baluxe, l. II. p. i39. 



''' IfUeriptitMii chrètieimet de la Gaule 

r 577. 



SECONDE AQUITAINE. 289 

ont été exhumées plusieurs tombes, les unes avec des couvercles pris- 
matiques, les autres fermées par une simple dalle : une nouvelle fouille 
pratiquée en 1880 a fait découvrir au même lieu, avec des ossements 
tombant en poussière, des restes d'un tissu d'or. Parmi d autres débris 
se trouvait une pierre portant la légende que je viens de transcrire. 
Les recherches poussées plus loin ont mis au jour un pavé en moellons 
sous lequel étaient des cercueils sans épitaphes encastrés un par un 
dans des excavations du roc. 

Ce cimetière était, sans doute, celui du monastère et de lantique 
église Saint-Saloine , près desquels il se trouvait placé (*). 

L'épitaphe d'Orontius, mort le 16 des calendes d'octobre ^^^ ne pré- 
senterait aucune difficulté si le principal de ses éléments de date de- 
meurait aussi clair pour nous qu'il l'était au moment où fut placée la 
pierre. Le fidèle trépassa, y lisons-nous, a l'an quatorzième du règne 
de notre seigneurs. De quel prince a-t-on voulu parler ici? La question 
est embarrassante, car il ne s'agit pas, selon toute apparence, de cher- 
cher qui a possédé pendant quatorze ans, au vi^ ou au vu* siècle, le 
pays de Poitou. Bien qu'on ait cité d'autres modes de supputation ^^\ 
nos inscriptions tendent en eiïet à montrer que, même dans les pro- 
vinces d'annexion postérieure, les années de règne des princes mé- 
rovingiens se comptaient à partir du jour de leur avènement au 
trône. Ainsi en est-il pour un marbre de Briord daté de la quarante- 
sixième année de Glotaire II qui ne régna que quinze ans sur la Bour- 
gogne (^), pour une épitaphe de Narbonne (^) datée de l'an quatorzième 
de Léovigilde, c est-à-dire de 692, bien que ce souverain ne possédât 
la Septimanie que depuis 57a. 

La haute compétence de mon confrère , M. Longnon , en ce qui touche 
les divisions politiques du sol de la Gaule mérovingienne le mettait 

^*^ Cf. GalUa ekrisikna, t. II, p. io5&. iiont ekrétien$tes de ia Gaule, o** 3i et 667. 

^') J'ai à peine besoin de noter que le ^'^ Pardessus, Diphm,, Proi^.^p. 19^. 

signe qui suit le chiffre X est Tepùmon mnc ^*^ ItueripL chrét. de ia Gauk, n* SyS. 

représentant le nombre VI. Voir pour ce ^*^ Ibid., n* 611. Cf. Dom Vaissète, 

signe et pour ses" formes diverses, Imarip- Hiêtoirt de UmgMeioe, t I, p. 677. 

air»IBCMC «ATIOSILC. 



290 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

mieux que tout autre en mesure d'éelairer ia question et je tiens de 
son obligeance une note que je m-empresse de reproduire : 

((Je suis de plus en plus convaincu que les années de règne des 
rois mérovingiens doivent être comptées, dans les différentes cités, à 
partir de l'avènement do ces princes. On en trouve un exemple irré- 
cusable dans Tinscription de Briord, n"* 376 de votre recueil 4 laquelle 
est datée de la quarante*-sixième année du règne de Glotaire et que 
vous pensez être Glotaire II, et avec toute raison, je crois. Or Glo- 
taire II a régné quinze ans seulement (de6i3 à 6s8) sur le royaume 
de Bourgogne. De même, dans la chronique bourguignonne de Fré- 
dégaire, les années du règne de Glotaire II ne sont pas comptées à 
partir de 61 3, mais de 586. Par conséquent le 16 des calendes d'oc- 
tobre de la quatorzième année d'un règne ne peut ici se traduire, que 
par le 1 6 septembre de la quatorzième année de Gbildebert I^, de Gon- 
Iran ou de Théodoric II, les autres souverains qui ont possédé Saintes 
au cours du vi* siècle ou au commencement du vu® siècle n'y ayant point 
dominé au cours de la quatorzième année de leur règne. 

(T Le 1 6 septembre de la quatorzième année de Gbildebert I**" cor- 
respond au 16 septembre Bu 5, les années de ce prince comptant à 
partir de la mort de Glovis I** (27 novembre 5i 1). 

((Le i6 septembre de la quatorzième anivée de Gontran représente 
le 16 septembre 67 5, puisque ce prince fut l'un des quatre successeurs 
de Glotaire 1^ lequel mourut en 56 1 , ce qui résulte de la date du second 
concile de Mâcoii (6 des ides de novembre de la t^/i^ anii^e du règne 
de Gontran, qui correspond au 10 novembre 585; voir à ce sujet Le 
Gointe, Amiales eccles, Fi^ancomm, anno 56 1). 

((Il est moins facile de réduire à notre façon de compter le 16 sep- 
tembre de la i4* année de Théodoric II. Est-ce 609 ou 610? le pen- 
cherais volontiers pour la première de ces années, mais je n'affirme 
rien. Ge qui parait probable, c'esl que Ghildebert H, père de Théo- 
doric II, mourut entre le 28 mars cl le commencement de novembre 
596. S'il est mort avant le 1 6 septembre, la t Z»"^ année de Théodoric II, 
dans l'espèce^ se rapporterait à 609 : autrement, il s'agiraiiide 610. 



SECONDE AQUITAINE. 291 

crje propose donc, comme date de rinscription de Saintes, 53 5, 
576 et 609 ou 610. Peut-être vous sera-t-il possible, par l'étude du 
monument, de rejeter uiie ou plusieurs de ces dates. Pour moi, il 
m'est impossible de serrer la question de plus près. 

trP. S. Je ne me sbîs pas expliqué ci-dessus, au sujet des motifs qui 
me font placer la mort de Childeberl II entre le 28 mars et le début 
de novembre 696. Les voici : 

trLa première de ces dates est fournie par Frédégaire, selon' lequel 
Ghiidebert II serait mort dans la quatrième année après la mort de 
Gontran, anûvée ie 128 mars bgS. La seconde me paraît résulter de l'in- 
scription li'jk de votre recueil, laquelle est datée de cette façon bizarre : 

IDA; tAI^ENDA; NOVEMBRA; ANNYM aVARTYM RENYM DOMIHI 
NOTRI THEODORICI RIC^E; INDICCIYHE DYDECEMA. 

cr Comme vous l'avez remarqué, Tiiidiction ne correspond pas à la 
quatrième année de Théodoric II ; il faut donc admettre une erreur 
quelconque et il me semble que la plus facile à commettre est certai- 
nement celle qui consisterait à écrire quartum pour quarttMi deeimum^ 
car la quatorzième année de Théodoric II commençait certainement 
l'an 609, correspondant à Tindiction douzième, t) 

Les moyens communs d'appréciation qu'une inscription chrétienne 
d'une époque non certaine peut fournir à qui veut tenter d'en déter- 
miner l'âge sont ici d'un faible secours, attendu la forme exceptionnelle 
que présente l'épitaphe de Saintes. 

Si l'on voulait, en s'appuyant sur la formule initiale DEPO^ITIO 
ORONTI, conclure rigoureusement pour la plus ancienne des dates pro- 
posées, on s'exposerait à faire fausse route. Le début par DEPO^'ITIO 
suivi d'un nom propre au génitif appartient surtout au iv® siècle. 
Ainsi le montrent nos inscriptions en môme temps que celles de Rome^'l 

^^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, aUestée par ce feit qu'une épitaphe dëbutaot 
n*' 6s et 591 (aunëes 336 et 6o5). De par lés mots DEPO^ITIO fE^TI a ëtë effacée 
Roesi , Inscript, christ. Rom. , t, I , luioées 3^ 1 , pour faire place àUDaaotre inscription datée 
3^3, 367, 373,381, 383, &01, &i5, hh6. d'un des post-consulats de Basile, c'e8^4hdire 
L'antiquité de la formule dont je parle est postérieure è Tannée 5&i. 

37. 



292 mSCRiPTIONS CHRÉTIENNES. 

A côté des enseignements souvent précieux qu'apportent les relevés 
de la statistique, il faut toutefois se souvenir d'une loi que jai eu 
l'occasion de signaler, celle de la localisation des (ormules épigra- 
phiques^^l Or une inscription probablement carlovingienne conservée 
au musée de Saintes et qui porte les mots DEPO^'ICIO RECEPTO (pour 
Recepti^^^) nous apprend que, dans la Seconde Aquitaine, cette façon de 
dire s'était maintenue, alors que, dans les autres régions, elle avait 
cessé d'être en usage. Nous ne pouvons donc en rien conclure, en ce 
qui touche l'ancienneté de l'épitaphe d'Oranttus. L'expression laudative 
botuw memoriae ne nous apporte également rien d'utile, puisque nous 
la trouvons en Gaule depuis l'année iyS^^^ jusqu'à la fin du vu* siècle. 
Rien non plus de démonstratif au point de vue chronologique, dans 
la présence du monogramme du Christ, dans celle des lettres A UJ qui 
se montrent sur notre sol dès l'an 877 W. 

Quoi qu'il en soit, le style simple de l'épitaphe d'OronUtis, la régu- 
larité relative des caractères me porte à estimer qu'elle ne doit pas 
être classée à une époque trop basse et qu'elle appartient au vi* siècle 
plutôt qu'au vn^ siècle. 



275 

Recueil de la Qnmnission des arts et monuments historiques de la Charente-Inférieure y 

a* sërie, t. I, p. lao. 

Au milieu des débris exhumés dans le même cimetière, on a trouvé 
deux fragments d'une pierre plate portant les mots DEfYHCTY^ E^T 
ot ^EPTEMBRI^*. . . Cette inscription, aujourd'hui disparue et dont je 
n'ai ni dessin ni estampage, a été attribuée au v^ siècle. 



<*) Inscriptions chrétiennes de ta Gaule, ^*^ Inscr, chrit, de la Gaule, t II, f, 60b, 

n*' ^67 et Ooi. note pour la page 169 du tome I. 

'*^ Cf. ci-deMU8 n* îi6^. *** Ibid., préface, p. xu, xiv, xxi?, xxv. 



SECONDE AQUITAINE. 293 

ANGOCLÊME. 

J ai signalé, en publiant les vieux sarcophages chrétiens de notre 
pays, une belle tombe de pierre découverte à Angoulème, il y a en- 
viron quarante ans, parmi les débris provenant de Tantique église 
Saint-Ausone(^). Au même lieu se sont trouvés, dans un cimetière qu'il 
importerait de fouiller, d'autres sarcophages à ornements qui, par mal- 
heur, n'ont pas été conservés, puis deux épitaphes et un vase à inscrip- 
tion dont je parlerai plus loin. 



276 

BuUetin de la Société archéologique et Uêtorique de la Charente, U* série, t. III, p. & 1 5 ; 
Lièvre, AngouUmey histoire, institutions et numuments, p. 16-18. 



v'^^°^l^vmlcv 



"I^V: 



Inscription gravée sur un tombeau de pierre dont il ne reste plus 
qu'un fragment. Elle est conservée à l'évêché. 

Avec l'antique acclamation Vivas in Deo si souvent reproduite en 
Gaule, on remarquera ici le nom ^Ahgia^ qui ne s'est encore ren- 
contré que chez les chrétiens (^^ J'ai, daAs un précédent travail, noté 
que nos pères, heureux de souffrir pour le Christ, semblent s'être 
fait gloire de prendre pour noms propres les mots injurieux que leur 
jetaient les païens. J'en ai réuni des preuves nombreuses parmi les- 

^'^ Les sarcophages chrétiens de la Gaule, Galliœ, a* 669 {Coneii Aurel. V) : Ahdius, 

p. 87. alias, Alogius; Bulletin du Comité des tra- 

^'^ Mnràogom, Cose gentilesche,f. hbk, vaux historiques, 1889, p. i35 : META 

AWIA; Surius, 3i jul., Alogius.; ConciL {mensa) h\OQïS. 



294 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



quelles figurent les vocables AlogiuSy Alt^ia^ qui rappellent laccusation 
de fotie dont on poursuivait leis fidèles, leur èXoyictj comme disait 
Joiieii rApostat^'). 



277 

lUfCm Jk la Soàài mf€UolôgipÊ& ib U Charmttey iSSi^P* xxxv; — De Lainière, 
Efkmpkf ekréêietme de Bamlim; — Ibacciii» i/Wfe €û9ffHnmê dd tukm ii arekeêkgië 
criuiana m Anna, 1875-1887, p. 38&; — De Roasi, BuUHtmo H ankeohgim 
cristiamay i884-i885, p. 33. 










J 



J ai copié au musée d\4ngoQiéme cette épitaphe découverte en 1 88a ; 
elle est gravée à la |K)inte sur un carreau de terre cuite posé vertica- 
lement dans on tombeau derrière la tète du squelette ^^ On y trouve les 
mot^ : D$pa$iiio Basilime^ luuhdmo kahmdas Jehruarims y die solisy po$t rem- 
fmlaium fhmnii $exinm. La chrétienne d'Angoulème est donc morte le 
1 1 des calendes de février, un dimanche. Tan qui a suivi le sixième 
postconsulat de Teropereur Honorius. Ce postconsolat correspondant 
à Tannée hok^ c*est en &o5 que Basilia a quitté ce monde. Une in- 
scription de Sainte-Croix-du-Mont^^^ et d autres encore trouvées à 



I. Il . p. 66. 

' Un cerUin dooiInv <f ëpHaplM» oot ëlé 



pbc écg aimi dans ie» tombe». {Imstr^ < 
dt k GmA, taUe, «a mot fyùÊ^im. 



SBGONDE AQUITAINE. 



î»5 



Rome et à Milan portent la même indication chronologique, dans la- 
quelle M. de Rossi fait remarquer l'absence du nom du consul Ariste- 
nète, collègue pour l'Orient d*Honorius <*'. 

Grégoire de Tours écrit que, de son temps ^ le vulgaire avait con- 
servé l'habitude de nommer, comme nous le voyons ici, le dimanche 
jour du Soleil'^). Sî plusieurs inscriptions portent la désignation 
chrétienne DIE; DOMIHKA, HMCPA KYPIAKHW, 9n en trouw, et «n 
pareil nombre, où figurent les mots: Wtf ;0^i;, HM6PA HAIOYW; il 
on est de même dans dans des teites ofliciels^^) et plus anciennement 
dans les écrits des Pères de l'Eglise (*>. Les âges ont fait disparaître 
cette appellation des temps antiques. Seul, entre tous ks jours de la 
semaine, le dimanche s'est affranetir du nom donné par les païens. 
Il en devait être ainsi pour une journée «anctifiée par le grand' sou- 
venir de la Résurrectton>et<|ue)es écrivains ecdésiastiqaes ont nommée 
la première et la reine des fêtes ^^^ 



^^' Inscript, christ. Rom,, t. I, n" 5a8. 

'^) (rEcce dies solis adest, sic enim bar- 
baries vocitare diem domiiiicum consueta 
est. 19 {Hist, Franc., III, xv.) Saint Augu&tin 
fait une même remarque au sujet du mer- 
credi dont le nom antique a prévalu : trQuarta 
feria qui Mercurii dies dicitur a paganis et a 
raullis christianis. n {Enarr, in Psaltn. , xcui , 
S 3.) 

^^^ Torremuzza , Siciiiœ inieript., p. a65 : . 
HM^PÀ K/PIÀKH; Guasco, Museo CajntoL, 
i. m, p. i53 : DIE POMINKA; Marini, Let- 
tera al sign. Garatoni, p. 16 : DIE DOMIHIGk; 
Renier, Inscriptionâ de V Algérie, n* 343 1: 
DIE DOMH; lnscr.ekret.de la Gaule, n* 9^8: 
HH€PAH'B;n*'597:DDNIC0. 



^*^ Torremuzza, op. cit., p. 378 : HM^PA 
HAIOY; Marini, op. cit., p. ai : DIE SOUS; 
p. aa : DIE ;0U^; p. 3i : D- SOiJS; Cavedoni, 
Ctmeteri Chiusini, p. 33 : DIAE ^OU^; p. ào : 
D' D' SO\\S ; Resoconto délie con/erenze di ar- 
cheologia cristiana, 1875-1887, p. 3ao : 
^EXT' ID' OCTOB- D- S^ ORA PRIMA. 

^*' Cod. Theodos., lib. II, tit viii, c. 1; 
lib. VIII, U'L vm, c. 1 et 3, etc. 

^•^ S. Justin., Apolog., S 67; TertulL, 
ApologeL ,i 1 6 , etc. 

^^) S. Ignat. , {Eptstctlœ interpolatœ) Epist. 
ad Magnesioêy c. ix et ia note de Cotelier. 
Fortunat nomme le dimanche Dies resur- 
rectionis ( Vita S. Germani episcopi urbis Pa 
risiansis, c. ui). 









596 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

■278 
De Rencogue, Bulletin de la Société archéologique «I Mitmique de la Charente, 1 866 , 
&* sërie, t. m, p. tii5, 4i6; t. IV, p. lu, li; — Lièvre, Angoulime, Aùlaùvi 
ilutitutwu et monumenle , p. t6-i8. 

Non loin de la porte de l'église actuelle de Saint-Ausone , dans les 
tombeaux dont je viens de parler, ont été trouvée deux vases de terre 
grise, sur l'un desquels est légèrement gravée à la pointe l'acclamattoa : 

I,EA VIYA; 

Rien ne nous fait connaître la croyance de la femme dont nous li- 
sons ici le nom ; le lieu oii le vase a été découvert permet toutefois 
de penser que Lea était une chrétienne. 

J'ai copié cette petite inscription chez madame de Rencogne, à la- 
quelle appartient le vase. 



SECONDE AQUITAINE. 297 

279 
SAINT-APRE. 

Bulletin de la Sodité historique et archéologique du Périgord, 1878, p. a3&. 

Une lettre sans adresse, datée du 5 octobre i833, et que Ton a 
bien voulu me communiquer, parle comme il suit d'une épitaphe 
trouvée à Saint-Apre, arrondissement de Ribérac (Dordogne) : 

(T En jetant les fondements d'une chapelle à côté de la vieille église 
de Saint-Apre, on a exhumé une foule de tombes en creuset, placées 
les unes sur les autres, qui paraissent remonter à une haute antiquité. 
Sur un de ces monuments on lit TinscriptioA suivante, que j*ai copiée 
figuralivement : 

rece;;io bone me 
moriae viviani 

CYM rtCERIT OC 
TOB die; VII 
AH Xyil 

(t Voici comment on Ta lue : 
Becessto bonismMe Mariae VividnU cum fecerit octobre dies vu anno luu. 

(( Je vous serai infiniment obligé, Monsieur, si vous vouliez bien vous 
donner la peine de nous en faire une explication, car nous ne saurions 
nous en rapporter à ce que nous avons cru voir. 

«r Je suis avec respect votre dévoué serviteur. 

Le début de cette inscription disparue ne présente aucune diflQculté. 
On y lit : Recessio bone memoriae Viviani cwn fecerit october dies vii^^K 

^^^ Voir pour cette fonnaie CMlessiu n* a38. 

38 



m INSCBIPTIOMS CHRÉWENNES. 

Les derniers mots, AN Xl^III, peuvent s'interpréter de deux onanière». 
Donnent-ils l'âge du défunt : anuomm xuii, ou bien faut-il y voir, 
ainsi qu'en Auvergne, à Auch, k Peyrçbert, à Saintes, la vague indi- 
cation de l'année d'un règne {anno ji///)'*'? C'est ce dont je ne saurais 
décider. 



•280 

PÉRIGUEUX. 

(f rater, 1161, 5; — Baronius, Amnalety a"" 5i!i5, n"" xtiii; — Lebeuf, Histoire de 

r Académie des inscriptions ^ t. XXIII, n"" S07 ; — Blanchini, Opuscula vorûi, t. H, 

.p. &b, 55; — Marini, dans Mai, Scriptorum veterum nova coUectio, t. V, p. 69, 

n** 1 ; — Wljjrin de Taillefer, Aniiquith de Vésone^ t II, p. 570 6t> et b'jhi — 

Verneilh, L architecture byzantine en Fratux^ p. 176. 

11 existe à Périgueux, dans Téglise Saint-Etienne, une table de 
pierre où se lit un cycle pascal. Ce monuoient, que Blanchini signale 
à tort comme disparu, a été vu autrefois par Scaliger et par Pierre 
Pilhou, dapros lesquels Gruter en a publié une copie. Le point de 
départ du cycle concorde naturellement avec plusieurs périodes parmi 
lesquelles s'en trouve une qui commence en 5 i 7, et c'est à cette année 
que la plupart des éditeurs de Tinscriplion • Grtiter, Baronius, Blan- 
chmi et le docte Mariai lui-même en oipl report^ la date. 

Quelques personnes se sont montrées surprises de ne pas la trouver 
dans mon premier recueil. Elle ne pouvait y prendre place. La forme 
de SCS caractères, et, sauf grande exception, les points superposés qui 
séparent les mots '^ , ne sauraient être attribués au vi* siècle. \\en est 
de même do la façon de noter les jours : MARCIY^ XXIIII. AP XII, 
AP IIII. C est donc avec raison que le savant abbé Lebeuf a fixé à 
Tannée 1 1(>3 la date initiale du cycle jvascal de Périgueux. 



Noir n" <)7i. «90. iot. «93 H Irnscr^tions chtùennes de k Gtfdlf, n' à63. — 
* M,, t. I, p. 167. 



SECONDE AQUITAINE. 



'281 



LE FLEIX. 

L'abbi? Aiidierne, Lt Pén'gord îlluslré, p. 558. 

Le sol de la coinnium; rie Fleix, silui^e dans l'arrondissement de 
Bergerac (Dordogiie), recèle un grand nombre d'antiques débris. On 
y trouve des instruments de silex, des poteries gauloises, des tuiles et 
d'autres objets provenant de constructions romaines. Le lieu dit la ville 
de Meille a fourni un beau vase de bronze et plusieurs monnaies du 
Haut-Empire'''. 

Une pierre, trouvée dans le voisinage, porte l'inscription suivante 
en tête de laquelle est gravé le monogramme et dont les deux pre- 
mières lignes sont seules nettement lisibles : 




La troisième ligne fort mutilée et dont la fin manque a été trans- 
crite de trois façons divei-ses : ;VMM DIE DEP; ;VMM EUE DEP; ;CMM 
DIE DEP[OnTVI'] et lue summo die deposilm. 

On a vu ici l'épitaphe de l'évêque de Périgucux, SaiTarius qui 

'" Voir, 9iir*ce liemiil, le viconile de Gourgues, Dictionnaire lopographiipu de h Dor~ 
do^, p. 68, et l'Bbbé Andierne, Le Périgord illustré, \t. SSy. 558. 



300 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

reçut, en 690, avec d'autres prélats de Bordeaux, d'ÂngouIème et de 
Poitiers, la difficile mission de faire rentrer dans le devoir les reli- 
gieuses du monastère de Sainte-Radegonde ('). 

L'examen d'un moulage qu a bien voulu m'adresser le savant conser- 
vateur du musée de Périgueux, M. Galy, me donne sur la lecture de 
cette troisième ligne et sur la nature même du monument des doutes 
que je dois exposer. 

Aux yeux de ceux qui Tout vu avant moi, sa destination funéraire 
est uniquement établie par la lettre qui termine ce qui reste lisible à 
la fin de la troisième ligne; or cette lettre, mutilée sur la droite, 
n'est pas nécessairemont un P, la courbure qui devait, en ce cas, relier 
entre elles ses deux barres horizontales ayant entièrement disparu. Ce 
peut être également un f et c'est pour ce dernier caractère que j'in- 
cline par les raisons que je vais dire. 

En me transmettant le moulage, M. le docteur Galy m'a écrit qu'une 
barre transversale surmonte l'I de cette troisième ligne et que la lecture 
du mot DIE est dès lors sans doute inexacte. C'est là aussi mon sen- 
timent. D'après les règles ordinaires de l'épigraphiô chrétienne, Dl est 
l'abréviation de Dei; TE, attribué au mot Dte, appartiendrait donc au 
suivant qui débute par EDEf , selon moi, plutôt que par EDEP. Un 
grand nombre d'inscriptions nous permet en efTet de supposer ici 
l'existence du prétérit EDEftrot^t/. 

EDIfICAYIT HANC DOMYM 
AEDIfICAVIT OPY; 
EDIfICABIT inAMJCCI,E;iAM 

IN NOMiNE iHv xpi . . . EDif icaty; e;t hahc ciyoriy; 

EDIf ICABIT TEMPl^YM DNI ;ANCTI ;AI,YAT0RI; 

AEDif ica; hoc ip;e DEO YEHERABII^E tempi^ym 

Telles sont les formules que nous offrent les marbres ^*l TEMPl^YM, 

'^ Gregor. Turon., Uist, Franeorum, /fclio, t. V, p. 83, i36, i5'i, i83; Hûbner, 
iib. I\, c. iLi. Intcript. IlUpan, chrisL, h* 909; Inscript, 

^*' A. Mai, Scriptorum reterum nova col- ckréL de la Gaule, n* 867, elc. 



SECONDE AQUITAINE. 301 

ECCI,E;IAM, AEDEM, DOMYM, vollà donc, si je ne me trompe, l'un 
des mots qui doivent précéder ici le génitif Dei. Or, si l'on veut bien 
remarquer que le D de ce mot est de forme onciale (d), on verra que 
la lettre du début, prise pour un ^ à cause de sa boucle inférieure, 
est un D du même alphabet. A bien la regarder, la seconde lettre, 
oii l'on a vu un C, me parait être un 0, et les deux M qui suivent 
forment, par la juxtaposition étroite de leurs bases, l'Y qui complète 
le mot DOMYM. . _ 

Je propose donc de lire ici DOMYM DI (Dei) l\>l^icavit et je serais 
peut-être plus affirmatif si, au lieu d'un moulage , j'avais sous les yeux 
la pierre originale, car je crois voir après l'f la trace d'un 1 court et 
ne descendant pas jusqu'à la ligne inférieure, et de plus la courbe 
d'un C. 

On me permettra de consigner ici de brèves observations qui , dans 
une mesure diverse, peuvent appuyer mon sentiment. Je noterai 
en passant que la pierre de Fleix est un bloc épais de i8 cen- 
timètres, tandis que, sauf de très rares exceptions, les épitaphes 
chrétiennes sont gravées sur des plaques minces. Le fait de l'ense- 
velissement de l'évêque dans une localité secondaire peut faire hé- 
siter, alors qu'on sait avec quel soin les églises réunissaient d'ordinaire 
les tombes de ceux qui les avaient gouvernées (^l C'était l'application 
d'une vieille coutume, si j'en crois un témoignage des temps mérovin- 
giens, et relatif à notre pays même. Lorsque les Poitevins voulurent 
disputer aux Tourangeaux la possession du corps de saint Martin, 
ces derniers 6rcnt valoir que, d'après un antique usage, la ville oh il 
avait été sacré devait posséder son tombeau : Si mos antiqnitus insti- 
tutus servatur, in qua urbe ordinatus est habehit^ Deo jubente^ sepulcrum^^K 
La formule de début IH NOMINE ... est particulièrement fréquente 
dans les inscriptions non funéraires, tandis que sur les épitaphes les 
exemples en sont peu nombreux. J'ajouterai que la pierre, taillée 
en forme de simple parallélogramme, n'a rien qui me semble justiGer 

^'^ De Rossi, Bullettino di archeologia crisîiana, i86Â, p. Sa; Roma sotterranea, t. Il, 
p. 3 1 ; Socrat. , Hist. eccL , t. VII , p. ^5 , elc. — ^*^ Greg. Turon. , Hist. Franc. , lib. I , c. xliii. 



302 INSCRIPTIONS CHRETIENNES, 

le nom de cippc qui lui a été donné. Dépourvue de toute moulure, 
ouvrée seulement sur le devant et laissée brute sur ses faces supérieure 
et latérales, elle me paraît avoir été faite non pour figurer isolément 
mais pour fttre encastrée dans la paroi de l'édifice dont elle aurait, si 
je De me trompe, désigné le fondateur. 

Le monogramme % formé de l'I et du X réunis sans insertion du P 
est d'un usage, fréquent en Gaule. Bien qu'on puisse se borner à n'y 
voir que la double initiale d'IïjcroCs \pitj]os, il me faut toutefois noter 
que les anciens avaient coutume de figurer ainsi les astres"'. Sur plu- 
sieurs sarcophages de la Provence l'étoile qui a guidé les Magee est re- 
présentée par la sorte de roue gravée en tète de notre inscription et 
qui contient ce signe, tandis que, sur une fresque des catacombes, le 
chrisme Cx)-, entouré de môme d'un cercle, remplace cette étoile 
dans ]a même scèneW. II y a donc Heu de croire qu'aux yeux des 
fidèles le monogramme, dégagé de la lettre P et réduit ans éléments 
IX entrelacés, rappelait, outre les noms du Christ, les épitbètes ^p&js, 
lumen, lux, xUuminaloi; que lui donnent si souvent les anciens'*' et 
parmi eux Grégoire de Tours, compatriote et contemporain de Saf- 
farius'*'. 

La pierre de Fleix, aujourd'hui conservée au musée de Périgueux, 
est le seul monument où figure le nom de ce dernier évêque qui ne 
nous est connu que par une mention de XHisloria Francorum. 



*'' GaiTUccï, ReB»e numismalique 



de Phènicte , p. ai 6; S. Damas., Conn., VI; 

Paul. Noi. , Epitt. mit, ad Sevenim; Bur- 

'*' Imer. citrét. de la Gaule, Ti° 388. maan. Anthologia, U II, p. 335; cf. Uate, 

'" S. Ireii.. I, 9, 3; ie Gartl. Pitra, n, 19, etc. 

SpiciV. Solesm., l. III, p. iv, ùi8, et la '*' Vita patrum , c. iY\u , De Urm et Lto- 

pierre gravée publiée par Benan, Manon balio abbalibm. Pncfalio, 



SECONDE AQUITAIWE. 303 

282 

6AINT-VmCENT-DB-eOSSE. 

BtdUtin de la Société archéologique du Périgord, 1 88& , p. ^91. 



r^Q\/X 



La Société archéologique du Périgord a reçu de M. Louis Carvès 
communication de cette inscription trouvée par lui à Saint-Vincent-de- 
Cosse (Dordogne), en avril 188/1, dans une sépulture renfermant, 
avec des ossements, une petite boucle de bronze; Tépitaphe, grossiè- 
rement gravée, était placée sur la face intérieure du couvercle du sar- 
cophage. C'est là encore un de ces monuments' que, faute d*indication 
précise, je classe, sôuâ toute réserve, au Vu* siècle <*\ 



283 
BORDEACX. 







^^ 



Inscription d'une bague d'or de l'époque mérovingienne ayant ap- 
partenu à mon regretté confrère M. Dabadie. Elle a été trouvée, vers 
i836, à proximité des ruines du cirque romain de Bordeaux que l'on 
nomme. vulgairement (t Palais GallieuT). Les fouilles d'oii elle est sortie 
s'opéraient sur l'emplacement de la voie qui, probablement, entourait 
la façade extérieure de l'édiGce. 

^'^ Voir ci-dessQS, n* 399. 



304 INSCRIPTIONS CHRETIENNES. 

284 

Sansas, Le Progrès y Revue de Bordeaux, i865; — Peigné Delacour, Supplément aux 
recherches sur le lieu de la bataiUe d^ Attila en à5i; — JuUian, Inscriptions de Bor- 
deaux, t. II, p. 307; — Mommseii, Neues Archiv., t. XVI, p. 61. 




Épitaphe gravée sur une tuile, comme celle de Pascasia également 
trouvée à Bordeaux et disposée de même^*^. Elle a été découverte en 
i865, alors qu'on démolissait le^ mur de la ville, près de la place 
Saint-André. Les deux premières lignes sont inscrites dans un cercle 
figurant une couronne de feuillage qui encadrait sans doute le mono- 
gramme du Christ. On y lit les mots vixtt annos mu . . . mensis m 

dies Plus bas, était gravée la date du décès : v kalendas 

domino nostro Tu Le prince nommé ici est sans doute Thuris- 

mond, qui mourut en 653. Attendu l'inconstance de l'orthographe aux 
temps barbares, il pourrait également s'agir de quelque autre souve- 
rain wisigoth dont le nom commencerait par la syllabe Théo; le nom 
de Théodose, en effet, est écrit Thudosiits dans une épitaphe chré- 
tienne (^^. 



t^î Inscrtpt. ehrét. de la Gaule, n* 583 a. — <»» THYDOnO AYC; ET RYMODORO CON^; (De 
Rossi, Inscr. christ,, t. I, o** 619, a** 6o3). 



SECONDE AQUITAINE. 305 



28â 

Le comte de Chasteigner, Congrès archéologique de PirigueuXy t858, p. 55; 
Jullian, Inscriptions romaines de Bordeaux y t. II, p. io3. 







J'ai, dans le second volume du recueil de nos inscriptions chré- 
tiennes'*', mentionné, sur un renseignement sommaire, l'existence 
d'une bague d'or mérovingienne trouvée à Bordeaux et apparte- 
nant à M. de . Chasteigner. Cet anneau m'est aujourd'hui connu par 
l'importante publication de M. Camille Jullian d'après lequel je le re- 
produis. 

Sur la base du chaton oii est gravé le monogramme du nom 
d'AJTER, on a inscrit ce même nom en relief et en toutes lettres, ainsi 
que saint Avit recommanda de le faire pour une bague qui lui était 
destinée (^). Il est précédé du signe représentant le candélabre à sept 
branches, emblème bien connu de la foi judaïque, et ce type se détache 
encore sur les deux côtés de l'anneau qui touchent au chaton. Il s'agit 
donc ici d'une bague juive, car l'image du chandelier d'or que Titus 
victorieux enleva du temple de Jérusalem est répétée à l'infini sur les 
vieux monuments des israéh'tes, sarcophages, épitaphes, vases et au- 
tres, objets usuels. Ajoutons que le nom d'AyTER, représentant celui 

^^' Tome II, p. So. — ^ Epist. mrm, Apoilinari episcopo. 

39 



#•1 



nirMBiua sATMiAti, 



3M INSGBIPTIONS CHRÉTIENNES. 

d'Esther, se lit sur deux inscriptions juives de Naples et de Sétif^'^ 
Ce n'est pas la première fois que nous voyons les israélites inscrivant 
ainsi sur leurs anneaux le symbole de leur croyance; nous le trou- 
vons avec la palme et le schofar sur plusieurs chatons de bagues dont 
Tun porte, en même temps, le nom caractéristique de lYDA^'^; il y 
tient ainsi la place que les chrétiens donnaient au monogramme du 
Christ >). 

Dans une lettre récente, M. Salomon Reinach a rappelé que, parmi 

les types sans nombre où les Pères voyaient une Ggure du Sauveur, 

se trouve le chandelier à sept branches et il s'est demandé si parfois il 

^ ne pouvait pas être dès lors tenu pour un emblème chrétien^ . Je ne 

, connais point de monument qui eo puisse apporter la preuve et je ne 

saurais, comme le propose le Jeune et laborieux savant, la trouver 
dans le sujet empreint sur une lampe antique de terre cuite découverte 
à Carthage par le savant Père Delattre. On y voit le Christ nimbé, 
tenant une bngue croix gemmée et foulant aux pieds le serpent au- 
dessous duquel est immédiatement placée limage renversée du chan- 
delier juif ' . Cette représentation me paraît symboliser la ruine de la 
Synagogue terrassée par TEglise Tsub pedibus versata-, comme le dit 
un vieux texte ' , et le sujet n a rien d*inattendu sur la terre d'Afrique 
où Tertnllien, saint Cvprien, Commodien. saint Augustin multiplièreet 
leurs attaques contre le judaïsme. Quant à la réunion du serpent et du 



f«L\.B*i97i. 7»iir«i, L \IX, p. loi. 



L Tl. pL s9i«Q* 1. o, 7. 5. iS: Cflrpci Unpe a éLe poUk-» pv djg sTMit 

, l.\. p. ^$7. a"">DÔ;i, i5i. frère, M. d» V.>j^*, ^q t^r^;^ ii» b 



> w fcH|B! p«iâ!e pv le P. «^arrawi %i^- 

y ^i«ir «a s^v ekrOes Sivii ' Ik akemàmt £mircir «r 

. fL ^77. B* ^9 . C^ Àafafw: -Ecdeâd^i: Eont ^ûpedîfa«» 



fe we nwi y «sr oa bodasa ie broc» p«- [>»» rjçç tf a fc e g i^ fjEcr-?* de ««: 
Vëf par V. R«riper Gc:<ae art^fW^m. Jt^vtta. *. \1I1. p : :3: it f-^ibas A* 
i*79.pi.\\l 



SECONDE AQUITAINE. 307 

candélabre biblique, elle me rappelle la pensée exprimée dans les vers 
suivants où un poète du vi^ siècle assimile la Synagogue à un serpent 
que foulent aux pieds les disciples du Christ : 

Judaea veneaum 
Semper ab ore vomit, crudelior agpide surda; 
Perfidiae coluber Synagogaç sibilat antro. 
Discipulis Salvator ait : Calcabitis anguea, 
Purior obsequiis ut ait coeleatibus actus^^). 



285 

GIRONDE. 

Longpërier, BuUetin de la Sociéti des atuiquaire$ d€ France, i863, p. 198, 




Des fouilles opérées, eni 863 , dans le cimetière de Sainte-Pétronille, 
k Gironde, près de la Réole, ont fait trouver plusieurs tombeaux de 
pierre dont Tun contenait deux lames d'épée à un seul tranchant, une 
boucle de ceinturon, une plaque d'ivoire gravée, deux autres en argent 
ornementées de même et terminées par une tAte de cheval, et en6n 
une bague d'or portant le nom de (^Yl^fETRYD. Ce bijou, d'époque 
mérovingienne, appartient à M. le baron Pichon. 



^'^ Arator, DeAcûbut Apoitoiorum ,]Sb, I, vers 733-737. 



39. 



INSCRIPTIONS CHBÉTIENNES. 



286, 287, 288 
LE TODRON. 



AHmer, Revue épigrapkique da midi de ta France, t. I, n" 179; — Magin et Tholin, 
Tmù âipUme» d'honneur du if* »ikte (Bévue arclihlogiqiie , 1881, t. I, p. 81, et 
Hecueildes trawuxde la Société d'affricuhure,mences el arU iAgm, i88i, p. 386); 
— Bladi!, Eptffraphie antique de la Gascogne, p. iù5; — Vaudin, AnliquUéi de 
la France monumentale et historique de la nation des Sénones, p. 6 , 7. 

C'est dans i'acrondissemeiil de Villeneuve-sur-Lot, près du bourg 
de Monségur, au lieu dit le Touron, qu'ont été déterrées les trois tables 
de bronze dont je donne la copie; elles étaient posées à plat sur un 
lit de ciment qui paraît avoir été l'aire d'une grande liabitation. Tout 
autour se trouvaient des tuiles à rebord , un reste de serrure en bronze , 
des débris de vases de terre et de verre irisé. De petites masses de verre 
et de bronze agglomérées par la fusion, des amas de terre noircie mon- 
traient que les constructions avaient été ruinées par le feu. 

En tcHe de chacune des trois plaques est gravé au pointillé le mono- 
gramme du Clirist accosté des lettres AUJ. Le premier des bronzes est 
dédié à un personnage du rang des clarissimes, Claudius Lupicinus, 
consulaire de la Grande Séiionic''i, pour ses mérites éclatants, par la 
Civilas Senonum dont il est le patron. La deuxième tablette lui est con- 
sacrée par la Cwilas Autissiodurensiam; un distique la termine où il est 
dit que la pi'ovînce, heureuse sous l'administration du vertueux raagis- 
trat'*^, lui consacre ce faible hommage, alors qu'elle voudrait lui élever 
des statues. La légende de la troisième plaque a été dictée par les 
Àureiiani dont les âmes débordaient, disaient-ils, de reconnaissance. 
Elle était sans doute jointe à quelque présent, quelque œuvre d'art qui 
a disparu. C'est là ce que désignent tes deux mots HOC Qf^S par les- 
quels commençait le second vers resté en suspens; ainsi débutent, en 



'" C'est la première fois qiie nous voyons celte province qualifii^ Mao: 
PROVINCIA P£R TI (pour te). 



' rtUX 



J 



SRCONDF. AOtlITAlINK. Soy 

effet, [jlusicui's iriscriplionH arruinptign.'iiit <l''s donarta^". ^ous po»- 




' Marmi,<)ai>jMm. 5m>[< 
cf. 198.9. 



collettio.t \ p 131, 9; 1^6, 1: 9U7, g; 



ÎW IXSCUPTÏOS CBltTICnVES. 

sédias va Oftaio ■■mhrg <1« aMMMMotU épigraphi^acs ééâUs aiariV. 

|Mr (les pn>«wcà«t à àe ^na^ pcnaanagcs qa'ik c 




» ^tU M «W, ^ 



^H Sr.CONDE AQnTAINE. 


Zï\ ^^^^^Ê 


^^H sion plus ou moins sinct^rR d'aiïeeliuti et de 


reconnaitiMtiCQ^'!. I^es ^^^^^^| 


^^H statues que la Civitas A uf issiodurensium s'excuse de ne pas ofl'rir. en ^^^^^^^| 


fc ^:, 


. J 




W^F' 


1 


^1 




^^^^^^^^^Hr. 


'•■'B 


'^^^^H 


H 


^^B 


i 


^^^^^^M 
^^^^^^H 


^^^^^1 
^^^^^^p 


^^B- 


■ 




WÊÊÊtÊÊÊÊM 


WÊ ■ 




CjjSBEir^i ' iiiy wjiJjiiliJniH 




^^m 








^^^^^H 


^^^^^ mâme Icmpii (jue la table de lironae, accompagoAwnt soiivriit cet ^^^^^^Ê 


^^M ''* GuM-a. M»mm« dtlk r*al« Aceatkma ddk uitm* H Torixo, i83q, L \X\V. p. t ^^^^^^| 




J 



312 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

hommage plus modeste; un cippe, trouvé en Campanie, porte ce 
reste de dédicace : 

IVVABERIT 

HVIC • VNIVERSVS • POPVLVS 
AQV IN ATI VM • TAB VL AM 
AENEAM • PATRON ATVS • TRA 
DITAM • SED • ET • STATVAM 
PERPETVABILEM • CVM • PIC 
TVRAM • SIMILITVDINIS 
EIVS • IN • HOC • LOCO • AD PEREN 
NEM • TESTIMONIVM • CENSVER 
CONSTITVENDAM (•). 

Je rappellerai de même ici ce passage d'un traité où saint Augustin, 
s'adressant à un ami tombé dans Finfortune , parle des vains honneurs 
décernés aux puissants par la foule : cr Si municipalis tabulae te non 
solum civium sed etiam vicinorum patronum aère signarent, collo- 
carentur statuae, influèrent honores. . • ^^K-n 

Une lame de bronze conservée au musée de Naples constate, par 
son inscription, qu'en Tannée 896 le titre de patron de Genusia a été 
conféré à un personnage nommé FI. Successus Honoratus; il y est dit 
en outre quen exécution d'une délibération officielle cette tablette se- 
rait placée APYT ODEHATE; (penatos) DOMY^ HYIY; W. Une mention 
semblable se lit sur un autre bronze où figure le nom de Silius Julianus 
choisi comme patron, en 190, par le Colïegium fabrum et cenUmariorum 
Regiensium^^K Possesseur, au même titre, des tables retrouvées au 
Touron, Glaudius Lupicinus les avait emportées, après l'expiration de 
ses fonctions, dans sa maison de la Seconde Aquitaine. 

En commentant ces monuments MM. Magen et Tholin proposent 

^') Mommsen, Corjms inter. latin., t X, «*» OrelU, 4i33 : TABVLAMQVE- 

n- 5^9 6. AERJEAM • CVM INSCRIPTIONE • 

^*> Qmira Acadmicos , lib. I , c. 1 , S 9. HVIVS | DECRETI • IN • DOMO • EIVS 

t*> Corp. in$er. lot., i. IX, p. 969. PONI • CENSVERVNT. 



SECONDE AQUITAINE. 313 

d'identifier Glaudius Lupicinus avec un personnage du même nom que 
mentionne Ammien Marcellin. Il est difficile d arriver sur ce point à la 
certitude. Tout ce que l'on peut affirmer, c'est que les inscriptions du 
Touron appartiennent au iv^ siècle. Elles sont, en Gaule, des premières 
où figurent les lettres symboliques AU) qui ne s'y montrent pas, avec 
une date certaine, avant l'année 877 '^). La deuxième de nos tablettes 
présente, dans le mot fElJX de la quatrième ligne, l'f en forme d'E 
dont j'ai réuni ailleurs plusieurs types épigraphiques^*^^. 
Ces trois bronzes ont été acquis par le musée d'Agen. 



^'^ Inscription* chrétiennes de la Gaule, 
n' 369. 



^'^ Revue archéologique, 1881, t. II, 
p. 989. 



:> ■' 



Ito 



IVPtiMXtlB tATIOSALC. 



1% 



• 



/ 






314 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



\ NOVEMPOPOLANIE. 



289 

AUGH. 



J. deLaurière, BuUetin monumental , i88i, p. 885; — L'abbë Casauran, Épigrofhiê 
gaUo-romaine iu Gers, et BulleUn épigraphique de la Gaule, 1889 , p. q8 et pi. Il; 
— Lavergne, Revue de Gascogne, i883, p. 10 ; — Allmer, Revue épigraphique du 
midi de la France, t. I, p. 979; — Biadcf, Épigraphie antique de la Gascogne^ 
i p. 5i. 



CR/VVM 



fC) 



C'est dans le mur de sa maison que M. de Gommarque, propriétaire 
à Auch, a trouvé cette inscription encastrée avec un reste d'épitaphe 
païenne que publie en même temps M. l'abbé Cazauron. Ces deux 
marbres avaient été signalés depuis longtemps, car Séguier s'en oc- 
cupa dans une lettre inédite adressée à M. d'Orbesson, qui lui en avait 
communiqué des copies. Je transcris ici cette pièce conservée à la bi- 
bliothèque de rinstitut de France : 

A NtmeB, ce si jaillet^i86o. 

(T Monsieur, 
rr Je VOUS suis extrêmement redevable de la bonté que vous avez eue 
de me communiquer les inscriptions chrétiennes que vous avez vues 



NOVEMPOPULANIE. 315 

à Auch chez M. Tabbé d'Âignan. Je n'en connoiasois aucune de cette 
espèce qu on eût trouvée dans cette ville. Le caractère qu'elles portent 
est très conforme à quantité d autres qu'on a découvertes ailleurs. Il y a 
cependant quelques sigles qui semblent être topiques, comme dans celle 
de fACYHDI, TIH pour IH^i et ik pour iilta. C'est ainsi que je lis 
cette inscription : 

f^ACYHDl supple memoriae 

iy;;it-ih \à est incidi 

CYPITA ik id est Jilia. 

er Je lis à la seconde lussù iieri ^IBI et, qu'il faut suppléer Qaio iilio 
ou tel autre nom qui peut commencer par cette lettre PATKI. 

(rPour la troisième il n'y a pour moi que le mot fElJX d'intelli- 
gible; ce qui suit est eb énigme (^). 

(t La quatrième me parait devoir se lire ainsi : 

HIC ♦ k\>quiescunt IHHOCEHTEM 
ET PERECxRIHYM YRJICfflYM 

pour Innocens et Peregrinus Ursicinus. Lorsque la langue latine cessa 
d'être en usage dans le moyen âge , il est très fréquent de trouver sur 
les monuments et surtout sur ceux des chrétiens des solécismes et des 
mots barbares. 

(T Le monogramme du nom de Jésus-Ghrit avec le mot ^TERYX pour 
XERYYX Chrisli est une preuve convaincante de christianisme , mais il 
est singulier d'y trouver ce mot servus au-dessous du monogramme. 

ce Si tous les gens de lettres avaient autant d^ soin que vous de re- 
cueillir les prédeux monuments de l'antiquité , il s'en conserverait un 
plus grand nombre dont on regrette la perte. 

rrM. Moynier a été bien sensible aux marques de votre souvenir et 
il m'a chargé de vous offrir la continuation de ses respects. Recevez 

^'^ Cette inscription que S^nier considère la Gauk, t. II, p. s8). D s*tigit d*après ce 
à tort comme chrétienne a été publiée par dernier, non d'ëpiiaphes distinctes, mais de 
M. l'abbë Gaxauran {Bulletin éjngrapUque de fragments d*un seul et même marbre. 

60. 



3!6 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

les miens et soyez bien persuadé iiu'on ne peut, être plus que je ne 
le suis, 

«Monsieur. 

rf Votre tri^s humble et très obéissant serviteur. 
tSegiiieb.ti 



C'est so hasarder fort que de prétendre apporter l'explication de 
l'épilaphe si singulièrement rédigée qui fait l'objet de celte noie. On 
a pensé, en se fondant sur une inscription de la G.iule où les mots 
MEMBRA AD DVOy f'RATilE^ sont manirestement écrits pour membra 
dmrumfratrum^'\ que HIC AD INNOCENTEM peut avoir été mis ici pour 
hic innocentis (/otiis). Je n'ai pas à y contredire, et si je propose une 
autre interprétation, c'est sans prétendre la fournir meilleure. Je 
noterai donc ici, sous toute réserve, que souvent, cbez les anciens, la 
préposition ad suivie d'un accusatif s'est employée pour désigner un lieu ; 
c'est ainsi que, d'après Ammien Marcellin, celui où furent ensevelis 
des malheureux injustement mis à mort par Valentinien, fut appelé 
Ad itt7wœnles^-\ La formule in.solile Hic ad innoceiitein . . .'peut donc 
équivaloir aux mots tumulus innocenli» 

Le jeune Ursicinus était un de ces peregrïni que nomment souvent 
les textes chrétiens et dont j'ai déjà eu l'occasion de parler''*. 

Le groupe %. 5^ERV,f qui se détache dans un cadre ovale au milieu 
de l'inscriplion paraît pouvoir être in : Chrisli sotthï, les graveurs ayant 
souvent supprimé le second des deux V qui se rencontrent'^'. 

datuBi (Mlam)., 3i maii.); Passio S. Get^ 
«ont», S li : "Kl i(>sc locus Ail Martyres ab 
iiicolis acceptura servat vocabuliim» (Bol- 

land., 10 oct.)- 

''' Inscr. clirét. de la Gaule, n' 656. 

"> GniLer, lafi, PERPETYÎ; 089. 8, 
tAVf; 755, 8,fl.AYf, otc, 



i" Inscr. ehrél. de la Gaule, n" SyS. 

'*' "Ouorum memciriani colenles ntinc 
usqiie cliristiani, lociim ubi sepullj sunt Ad 
innocentes, adpeUanl « {lib. XXVII, c. vu). 
Cf, Rufus De neffioHibus, VI : itAd gallinas 
albasii Âcla SS. Cantii , Canùam et Canlia- 
nillie, S 3 : bLoco ubi Jicilui' AU a<juas gra- 



NOVEMPOPULANIE. 



317 



290, 291 

Lavergne, Revue de Gascogne, i88i, p. sGo. 

La bibliothèque du grand séminaire d'Auch possède, dans ses ar^ 
chives, deux manuscrits inédits d'un ouvrage latin intitulé DescripUo 
Vascùniœy écrit par un jésuite, le Père Mongaillard, et que M. Tabbé 
Gazauran a signalé à M. Lavergne. En y parlant de deux sarcophages 
de pierre autrefois placés près de Tautel dans Téglise de Saint-Orens 
d'Auch et de l'opinion d'après laquelle ces sépulcres auraient renfermé 
des reliques de la Vierge et d'anciens évoques d'Eauze, le Père Mon- 
gaillard dit que le fait ne saurait être admis : (rLa raison, ajoute-t-il, 
en est dans ce que ces tombeaux paraissent avoir été la sépulture d'un 
mari et de sa femme dont voici les épitaphes : 




+ trahxity; bohae memoriae heracuae 



POn'l=AVIYyA;-DIE-V-AHNO-VIRECxHO DHl H 




îfc OYIIT- BOHAE MEMORIYJAHTONIANY; 
niIX • KAV DECEMB • ANHO • YIIII • DHI • H 





L'abbé d'Aignan du Sendat, nommé dans la lettre de Séguier à 
M. d'Orbessan '^\ s'est beaucoup servi des recherches du Père Mont- 



Ci-dessùs, p. 3i5. 



318 



INSCRIPTIONS GIinÉTIENNES. 



gaillard pour rédiger quatre gros 111-6" conservés à la bibliothèque' 
d'Auch, sous les n" 83 à 86 et intitulés Mémoires pour setTir à l'his- 
toire ecclésiaslique du diocèse d'Auch. A la fin de son premier volume, 
dans des feuilles supplémentaires, il reproduit, sans en donner ie 
dessin, les deux épitaphes ci-dessus, et ses copies ne diffèrent de celles 
du Père Montgaillard que par le mot domini qu'il transcrit en toutes 
letli'cs. En mai^e se lit cette note : cDeux tombeaux, vraisemblabie- 
loenl celui d'un mari et de sa femme qui étaient au côlé gauclie de 
l'autel de Saint-Orens A AucIi.t A la page 1378 de son quatrième 
volume, l'abbé d'Aignan du Sendat reproduit ainsi, mais celte fois en 
lettres courantes, l'épitaphe d'Antonianus : 



1 Oïiil boDfP memorius Aalonianus 
décima tertio calendas dccembris 
anao 9 regao ilotn. n. Tirée de dessus 
une pierre nu milieu du cimetière. 

Rien de moins certain que les noms de ceux qui possédèreul le pays 
d'Aucb au vi° siècle, date probable des inscriptions disparues que je 
viens de transcrire"). C'eût donc été pour notre liistoire chose inté- 
ressante que de savoir qui régnait, alors que moururent Antonianus 
et Heraclia; ici malheureusement, et comme trop souvent ailleurs, on 
s'est borné à noter que leur décès a eu lieu w l'an sixième, l'an neuvième 
du règne de notre seigneur u. 

Je ne vois à relever, dans nos deux textes, que des détails d'une 
valeur assez mince : la formule inscrite du début de ces épitaphes, 
la présence du singulier adjectif bonœmenwrius qui ne se trouve qu'en 
Gaule et sur un marbre du nord de l'Espagne'*'. Bien que classique, 
l'indication de la date par les mots POi"T FAVIV^AX- DIE ■ V est ex- 
ceptionnelle. Je la relève dans ce texte du Digeste : rrPost calendas 



*'' \oirLoDga(m, Géogrt^hie delà Gaule 
au ri' lièclc, p. 606. 



'*' Inecriptiotu . 
[■55i. 



J 



NOVEMPOPULANIE. 319 

januarias die tertio pro sa lute Princlpis vota suscipiunturD^'^ et plus 
tard Bur un marbre chrétien des Gatacombea romaines ^^. 



De Saalcy, Compte» rtndtu de TAeaJhiie da miar^twtu, 1869, p. 173, et Borne ds 
rinttruction publique, 7 octobre 186g, p. 436; — J. Larocque, ibid.;^ Cter- 
mont-Ganoeau, ibid., 17 février 1870, p. 788; — L'abbé Caoâo, £iiAelM de 
la Société deÊ Àntiquairee de France, tS'jo, p. 1&6, i&7,-et Momimentê lapidatmAt 
r tiicU de notre ire au zir" , p. 16 (Aucb, 1875); — Tb.Reinacb, Revue detéfudei 
juives, 1889, p. ^i<|. 




L'inscription juive dont je reproduis le fac-similé provient des 
fouilles d'Anch ; elle appartient au musée de Saint-Germain-en-Laye. 
A l'eitrémité de la première ligne manque la lettre finale du mot 
tancto écrit en abrégé SGT[o]. Au bas, figurent la palme, le chandelier 
à sept branches, le »eiu^ et le mot Sehahm {pox) écrit en lettres 
hébraïques. Notre regretté confrère, M. de Sanlcy qui, le premier, a 
fait connaître ce monument , a verbalement proposé de tire ce qui suit : 

/n Dei nomme tancto 

Peteeer qui ktc Ben Nid 

(faporàw ett cum ^0. loeoK 

iimdioti! Crepen Jedù 

doman; Janafiâl. 

Un autre érudit, M. Larocque, ne reconnaissant qu'un simple trait 

'" Da oerberum tiffpi/ieathae, 1. iii "' Boldrtlii Otiwmuiam Mf t a i eimiieH, 

(lib. V, (iLiTi). Voir, pour la controverse en- de' m. martiri ed antieU erittiani ii Roma, 

gagée sur ceUe forme de date, Balaie. /Vol« p. àa^ : DlKEfflT " CE SlC/\.0 POn" 

orfV^wCnrtnMi.p. tiS^I'Mtiondeifigs. TERTIY- n,- PHliAf - ' 



i' 



È. 









320 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

séparatif et non pas un ly^ dans la barre qui précède, à la troisième 
ligne, les cinq lettres OCOly^l, a présenté cette autre lecture : 

In Dei nomine sancto 

féliciter 

depositus €:>t oculi 

invidiosi crêpent! Dedicatum 
donum Jonafecet. 

Une troisième transcription a été donnée par M. Tabbé Ganéto : 

In Dei nomine sancto 
f / Pelester qui hic Ben nid 

Deus esto cum ipso ! o cœli 
invidiosi, Crepen dédit 
donum Jonafecit. 

avec celte version : 

«Au saint nom de Dieu! Pelester qui est ici, fils de Nid, que Dieu 
soit avec lui! cieux jaloux! Crepen a fait don. Jonas a gravé. ^ 

A ces lectures viennent se joindre le déchiffrement et la traduction 
proposés par M. Th. Reinach : 

In Dei nomine scto (sancto) 

pehster (féliciter?) qui ic (hic) Bennid 

Ds (Deus) esto c(u)m ipso, ocoli (oculi) 

invidiosi crêpent dédit 

donum, Jonafecet (fecit). 

Au saint nom de Dieu 

heureusement (repose celui) qui est ici Bennid 

(Dieu soit avec lui. Que les yeux 

envieux crèvent) a fait 

don. Jonas a gravé. 

Paix. 

Je hasarderai à mon tour quelques mots au sujet de cette in- 
scription. 

Après la première ligne sur laquelle tout le monde est naturelle- 



4 



>f 



NOVEMPOPULANIE. 321 

ment d'accord, je proposerai de lire le nom de Peleger (pour Pereger^^^) 
traduction latine du vocable juif Gerson^^\ comme veut bien me l'ap- 
prendre M. Halévy, et dont le Cv se retrouve plusieurs fois avec la même 
forme (*'. 

Xe n'ose proposer, pour la fin de la ligne, une transcription qui, 
bien que justifiable par les voies méthodiques, ne me parait pas assez 
claire. 

Viennent ensuite, non point, comme l'a cru M. Larocque, les mots 
depositus est cum ipso^ mais Deus esta cutn ipso y après lesquels il Ht 
avec raison l'acclamation ocoli invidiosi crepeni c'est-À-dire oculi invidiosi 
crêpent! On peut noter, à l'appui de cette leçon, que souvent, sur les 
marbres, le J final de certains mots disparait, comme il aurait fait ici 
pour crêpent W. 

Ce qui reste de l'inscription ne me paraît pas avoir été compris 
jusqu'à cette heure. On a vu, dans les dernières lettres de la quatrième 
ligne, le mot dédit ou dedicatum. Il y a là, je crois, une erreur, et c'est 
sur ce point que j'appellerai l'attention. 

La fin de cette ligne présente, si je ne me trompe, une formule 
dont l'existence peut s'établir par de nombreux exemples : de Dei donum 
(pour dono)^^^ Jonafecit, formule équivalente aux mots de suo fedt. C'est 
l'expression de la pensée de l'homme reconnaissant et proclamant que 
tous ses biens sont un don du Très-Haut. Ainsi que je l'ai noté ail- 
leurs, elle est d'origine biblique et nous la retrouvons dans le texte 
d'une inscription juive de l'île d'Egine reproduisant ces mots des Para- 

(*) Voir pour oe changement de \\ en R, pL III. Mémoires de t Académie ie$ tiifcr^ 

qui a pris place dans Titalien, Itucr^on* tians, t. XXXII, i** partie). Il reparaît plus 

ehrétienneê de la Gaule, n* 656 : f^-MAYRI- ^rd encore. 
CIV; INNOCEN; CIVU CAKW PEUCWHV;. ^*^ Reinesius, Inscript, on/., XX, 8a, et 

^'^ InseriptioHs chrétiennes de la Gaule, Passionei, Iseriz. anticke, 63, 17 : f£- 

t. II , 678 , pour ces sortes de dissimnlations CERYH , etc. 
des noms hébraïques. ^'^ C*ëtait là, comme on le sait, mie er- 

^*^ Voir ci-dessus p. 80, 81. Le même rear des plus communes aux bas temps et 

caractère se remarque au ix' siècle dans un dans laquelle Grégoire de Tours s*accuse de 

manuscrit de Quediinbourg (Delisle, Mé- tomber, confondant, dit-il, Tablatif et Tac- 

maires sur l'École calligraphique de Tours, cnsaiit {De ghria confessorum, prœ/atio). 

ht 



322 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

lipomènes : (tCuncta quae in cœlo sant et in terra tua sunt. . . Tua 
sunt omnia et qo^ de manu tua accepimu» dedimus tibi?)(^)« Les chré- 
tiens aussi i ont employée et, à chaque page, les recueils de Tépigraphie 
grecque ou latine nous en offrent des exemples. DE DONIX, EX DOHI^ 
DEDIT, Of f RIT, f ECIT y lisons-nous, en même temps que les mots TA CÀ 
^KTUJN CUJN Tf POC^^OJlI^N (^) empruntés, comme les précédents, 
au langage de la liturgie W. 

La formule de l'inscription d'Aucb reparaît avec la même faute : 
de donum pour de dono Deiy dans la légende d'une mosaïque de Grado 
que Bertoli a reproduite en fac-similé : 

i^ayrentiy; Te 

PAI^ATIN/; vo 

TYM CYM ;yi; 

;0I,Y1T ET DE DO 
NYM DEI fECE 
RYNTIN PACE(^) 

En résumé, je proposerai de hre, avec un point de doute pour la 
tin de la seconde ligne : 

In Dei nomine sancto. Peleger Dem esta cum ipso. 

Omit invidiosi crêpent! De Dei dono Jonafecil. 

Que signifie cette inscription d'un type absolument exceptionnel? 
Ëst-elle funéraire ainsi qu'on Ta pensé et comme pourrait porter à le 
croire la présence du mot schalom {pax) qui termine d'ordinaire les 
épitaphes juives? Si le nom de Peleger écrit à la deuxième ligne est celui 

^'^ I, V, i4 et 16; Corpus inseriptionutn notice intëressante, M. Prou signale sur une 

grœcarum, n" 989/». monnaie d'argent du vi" siècle, la formnle 

^*^ Mabillon, Muséum italieum, p. ai 3; DONO Ï>1 {Revue numismatique , 1891, p. 4o). 
Marini, dans Mai, Seriptorum vetèrum nova ^^^ Renaudot, Liturg, orient, 1. 1, p. 1 56 : 

colleetio, t. V, p. 80, n* a; Fontanim , Z)f«co Coi Kùpis b dsàç r^yL&v, rà (xà ht twv o&v 

voHvo, p. 17 et suiv.; De Rossi, Romasot- vposSifHayLev, 
terr. cristiana, t. I, p. 3oo, etc. Dans une ^•^ Le antiehitdd'AquHeja, p. SAy. 



NOVEMPOPULANIE. 



323 



d'un défunt, je m'eiplique mal raoclamation qui raccoropague Deu$ esto 
mm ipso; ce ne sont pas les morts, mais les vivants q«ie l'on Feoooi- 
mànde à la garde de Dieu. Ajoutons que, sa^uf une seule exception, la 
formule de Dei dono fecit ne s€St encore rencontrée que sur des monu^ 
ments dédicatoÂres ''). Peut-être s agit-il ici de qiielque offrande faite 
au Seigneur par Jonas en faveur de Peleger, crpro salutei), comme l'on 
disait alors (*). 

L'imprécation oculi invidiosi creperUi mérite doublement d'être notée. 
Son dernier mot se retrouve dans ces formules de deux inscriptions 
grecques: <l>eONUJN PArHTUJW, TTATAil [0] BA[Z]KANOZW, et c'est 
par l'expression invidia que Pline, Catulle, Macrobe désignent l'instinct 
méchant des jeteurs de sort, hommes au regard malfaisant contre les- 
quels on s'armait de phylactères '*^. Il parait donc s'agir ici d'une ma- 
lédiction lancée contre le mauvais œil, cet effroi des anciens W, et que 
quelques Israélites redoutent encore, comme le faisaient leurs pères ^■'). 

Au point de vue paléographique, notre monument n'est pas sans 



-'^ Je ne sais encore qu'un seul exemple 
d'un analogue de cette formule ûgarant sur 
une tombe : 

m-ateri aorenti et lyu 
ae vauriae vivi feci 
my; de data dei 

( Notiiie degli scavi , 1 87 7 , p. 3 1 ). 

('> Cf. De Rossi, Bulletiino, 1 88s, p. 1 ^6 : 

Yir^p cujthpiac mapiac. 

^'^ Waddington, Inscriptions grecfues et 
latines de la Syrie, n* siiiS. 

^*^ Bas-relief trouvé à Beyrouth ei por- 
tant cette inscription au-dessus d'un phallus. 
Je dois À M. Ciermont-Ganneau la connais- 
sance de ce monument 

^^ Win. , Eiêt, nat, , xxtiii, 7 : vr Fascinas 
imperatorum quoque, non solom infantium, 

cnstos currus Iriumpfaales mh his 

pendens défendit medicus invidisi»; Ma- 
crob.. Satitm,, 1,6: rrNam sicut prtaelexta 
magisiratuum, ita huila gestamen erat 



triumphantium quam in triumpl\p prœ se 
gffl^hant, iodusis in eam remediis qu» cre- 
«fereat «Mlversas inyidiam talentissima n ; 
CatulL, V, id : crNe quis malus invidere 
possis)) ; Cf. VI 1 , 11, 1 a : «rQuee nec pemu- 
merare curiosi possint nec mala fascinare 
lingua » et les notes sur ce passage. 

^•^ Voir Jahn, Uber den Aherglauben der 
Bœsen Bliks {Beriehte der K, Sâchs. Gesell- 
schafï, i855, p. 38-79). Aux monuments 
releva dans ce savant mémoire, se joignent 
le bas-relief de Beyrouth dont je viens de 
parler et on phylactère de terre cuite publié 
par Fr. Lenormant dans la Gazette archéo- 
logique, 1879, p. 160. 

^'^ Le Talmud , Traité des BerMitk, IX , 
1 (Traduction de M. Schwab, p. &56); 
M. Schuhl, Sentences et proverbes du Talmud 
et de la Midrasck, p. ^70; L*abbé Girard, 
Betme des soeiéies savantes des départements, 
187a, p. i4a. 



324 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

intérêt. J*y ai signalé un C\ d*une forme exceptionnelle. L'O affectant 
celle d'un 8 non fermé par le haut est fréquent dans l'écriture cur- 
sive du vn"^ et du vni^ siècles (^'; il se montre ici, pour la première 
fois, que je sache, sur un monument épigraphique. Je n'ai encore 
relevé dans aucun texte un i semblable à celui du mot f ECET. 



Avec les inscriptions qui précèdent, le sol de la ville d'Auch nous a 
donné plusieurs sarcophages chrétiens décorés de sculptures dont j'ai 
parlé ailleurs ^^l Un dessin grossier d'une de ces tombes, dont nous 
ne possédons plus qu'un fragment, existe dans des papiers de Peiresc 
nouvellement acquis par la Bibliothèque nationale ^^\ 



293 
PEYREBERT. 

Lavergue, Revue de Gascogne y i883, p. lU; 
Ailmer, Revue épigraphique du midi de la France y i883, p. SgS. 




* 

Marbre découvert, il y a environ vingt ans, dans une vigne du ha- 



^'^ Delble, Authentiques de reliques de l'é- 
poque mérovingienne {Mélanges d'histoire et 
d'archéologie publiés par VÉeoh française 
de Rome, i88&,|)l. 1.) 



^*) Les sareop. chrét. de la Gaule, p. 97. 

^^^ Voir, à ce sujet, ma noie inm^rëe dans 
le BuUetin du Comité des travaux historiques, 
section d archéologie, 1889, p. 33. 



NOVEMPOPULANIE. 325 

meau de Peyrebert, situé à i kilomètre d'Ornézan (arrondissement 
d'Auch).M. Lartet, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse, 
a retrouvé cette dalle chez un cultivateur qui avait déterré au même 
lieu des tombes et des débris romains. D'après ce dernier, la lettre 
initiale du nom , aujourd'hui disparue, aurait été un B. Le nom de Brit- 
tula est rare; je n'ai rencontré d'analogue que dans celui de Brictula 
inscrit au q i octobre dans ïappendix du Martyrologe d'Adon. 

Notre légende, quoi qu'il en pui&se sembler par sa formule Gnale, 
anno tertio regni damini nostri, est complète par le bas. Nous n'en avons 
déjà que trop souvent rencontré où l'on s'est borné ainsi à dater par 
les années du règne d'un souverain que l'on ne nomme pas (^). Gela est 
en particulier regrettable pour le pays d'Auch à l'égard duquel tant de 
données historiques nous manquent aux temps mérovingiens. 



294 
EAUSE. 



Pielte, BulUiin de la Société det Amijuairei de France, 1881, p. 8&; — ^ Hëron de 
Villefosse, ibid., p. 97/1; — Lavergne, Bévue de Gaecogne, 1881, p. i5/i; i883, 
p. 11. 

Inscription trouvée par M. Piette dans les ruines de l'antique 
Elusa et donnée au musée de Saiut-Germain-en-Laye. Entière lors 
de sa découverte, elle a été brisée par les ouvriers et quelques-uns de 
ses fragments ont disparu, enfouis dans les remblais du chemin 
de fer. 

Le principal intérêt de ce monument est dans la mention du nom 
d'une cité et d un saint gaulois. 

La restitution du texte est difficile. On y voit clairement qu'un per- 
sonnage nommé Quietus^ curateur de la cité des Elusates^ avait fait un 
vœu au martyr Lupercus, Luperdus ou Luperculus. Le vœu certainement 

^** Voir n** «90, ^91, 974 et 309. 



St6 * INSCRIPTIOMS CHRÉTIENNES. 

accompli , comme le constate l'ioscription , semble lavoir été par une 
femme étrangère (pei'egrina) appelée Aoimâa. 



TJUM.UO 

CTRoihoiSlJ] 




Ce fait probable a conduit mou illustre c^mfrère, M. de Rossi, à 
penser que les lettres HTO, par lesquelles commence la cinquième 
ligne, nous représentent la fin du mol to/am^NTO, et que Quielus avait 
chargé ^annila de remplir sa promesse. 

On sait peu de choses sur saint Lupère, martyrisé à Elusa, et l'ab- 
sence de renseignements certains donne un prix particulier à Tinscription 
qui le mentionne. Ce chrétien, dont les Actes, donnés sous toutes ré- 
serves, sont des moins authentiques^*^, aurait été mis à mort par Da- 
tianus, gouverneur, sous Dioctétien, de la province Tarragonaise et de 
l'Aquitaine méridionale. Le nom de ce magistrat, cél^lH^ pour ses 
cruautés, comme le fut son collègue Anulinus^^^ se lit à chaque instant 
dans les sermons de saint Augustin ^^ dans les vei*s de Prudence ^^^ et 
dans Thistoire des martyrs. Partout on Ty maudit pour ses fureurs : 
cunciis pesiilentior Datianus^ prœses scela-aiimmuSy telles sont les invec- 
tives dont le chargent les fidèles. Saint Vincent d'Abula et «aint Vin- 
cent le diacre, sainte Eulalie, saint Juste et saint Pasteur, sainte Foi 
et saint Caprais ont péri par ses ordres ^^^ ; dans la vieille église d\4gen. 

'" Bolland.. âS juD., t. V, p. 35i, .4rta ^'- Strmimeê 'à'jk $6 et 477 S 6, otduis 

MINI» proba, YÀppendir n* a 88. 

' Les Actes des inarl^rs , svpplihimil ans ^^' Pàrùtepktm. . Iiynui. \\ v. ào. 

icia «tukrni. p. «lâ, *j6. ^^' iWm 5\ luiMiilii kviitt (Riiiiuirt, 



NOVEMPOPULANIE. 



327 



dédiée à ce dernier martyr, un chapiteau à inscriptions, où figure Da- 
tiamis présidant au supplice des chrétiens, montre combien resta vivace 
le souvenir de leur persécuteur '^J. 

On lira avec intérêt, à propos du titre de Curator civiiatis qui figure 
dans notre petit texte, la notice consacrée par M. de Rossi aux charges 
municipales exercées par des fidèle du iv* siècle au vi* siècle ^*^^. 

Je n'ai pas souvenir d'avoir vu TIU du groupe ÀUI remplacé, comme 
il l'est ici, par un 0^. 

On rencontre rarement des inscriptions offrant, comme celle d'Ëause , 
des lettres onciales^^^. Le P dont la haste se recourbe au bas et vers la 
droite est de forme exceptionnelle ; je la retrouve , au musée du Vatican , 
dans la curieuse épitaphe de Pupus TorqfMtanus et dans une autre que 
Marini a également publiée ^^K 



•295 
EABNES. 

Beuue archéologique du midi de la France, i866, p. 8. 

J'ai reçu de MM. de Bonnefoy et Bruno Dusan des estampages de 
cette épitaphe trouvée dans un vivier du domaine de Farjac, commune 



Acta Mtneera, p. 366). AetaS, Eulaliœ, S s; 
Acta martyrii octo dee. tnartyrmn, $ ù\ Acta 
SS, Justi, Pastoris, S i ;Paêno SS, Fidei, Ca- 
prasii, S a ; Acta SS. Vineentii^ Sabinœ, S i 
(Bolland., la feb.; i6 april.; 6 aug; so et 
37 oct. ). La prëtendae insciiptîon d*Espagne 
où figure ie nom de Datianus est avec raison 
rejetëe comme fausse par M. Hûbner (/n- 
scriptiones Hispaniœ latinœ, n"* 17*). 

^^^ Labbë Barrère, Histoire religieuse et 
monumentale du diocèse d'Agen, t II, pi. III, 
fig. 3, et 1. 1, p. a3i. 

^*J BulUttino, 1838, p. a8. 



^^^ lio second A en lient la place dans une 
(épitaphe de Revel Toiutlan {Inscriptions chré- 
tiennes de la Gaule, n" 667) et sur une at- 
tache de plomb qui fermait un sarcophage 
d*Arles {Études sur les sarcophages chrétiens 
d* Arles, p. a 3). 

^*^ L'une des plus intéressantes à ce point 
de vue est, comme on le sait, Fëpitaphc 
métrique trouvée en i883, par M. Letaill« 
près de Makter, en Tunisie {Comptes rendus 
de l'Académie des inscriptions , 1 SSh , p. 6à ). 

^^^ Arvali, planches des pages ^9 et 
a63. 



328 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

d'Eaunes, dans la Haute-Garonne. M. Figuères, qui la découverte, 
pense qu elle doit provenir d'une église ou chapelle depuis longtemps 
ruinée dont les fondations ont été reconnues dans le voisinage. 



//^ICRfe^lVlAEScr 
N EnÏEriORiYS DR 

OCTEBODESLjViyi 
XlTAN H 05Ta; 

TMT/ketHY/S/h 



On a écrit iudiiïéremnient sur d'autres marbres des temps méro- 
vingiens bonememoriîis et benememorius '^^ ; le graveur de notre inscrip- 
tion paraît avoir hésité entre ces deux orthographes. Remarquons ici 
la forme onciale de l'M, celle du Ct et celle de l'Y qui, à la troisième 
ligne, présente l'aspect d'un Y. Je cherche en vain à trouver dans 
cette réunion de caractères exceptionnels des éléments de date pour 
notre monument qui, bien que gravé avec soin, appartient au vi* siècle, 
si ce n'est au vii^. La lettre Ct se voit tracée de même au temps de 
Dioclétien ^^^ ; l'Y sur un marbre appartenant à la première moitié du 
iv^ siècle W; l'M se montre ainsi à Rome sur une vieille inscription des 
catacombes '*>. 

Une épitaphe chrétienne de Besançon nous a déjà donné, comme 
celle d'Eaunes, la forme TRIENTA pour triffinta^^\ conduisant, par 
l'oblitération du C\, aux mots trente et ^etita du français et de l'italien. 

^'' Inscr, chrét. de la Gaule, n" 69. ^*^ Marini, Arvali, p. 36a ; voir aussi De 

^*^ Memorie romane, iA, p. 29 (pi. III). Vogué, Syrie centrale, p. 85. 
^^^ Biscaii , Discorso accademico sopra un' ^^^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule , 

antica iscrizione, p. xiv. n* 679. 



NOVEMPOPULANŒ. 329 

296 

YÂLGABRÈRE. 

J. de Laurière, NouveUe mser^tùm chrétienne de T église de Vakahrhre {BuUetm 
monumental, 1887) — BuUetm de la tociété det Antiquaires de France, 1887, p. 999. 

- C>ffOc»T/6 J 

On doit à M. de Laurière la connaissance de ce fragment encastré 
dans l'église de Valcabrère et qui avait échappé jusqu'à présent à 
l'attention des visiteurs de ce monument presque entièrement con- 
struit avec des débris antiques. Ainsi que l'a proposé mon savant 
confrère, il faut, je crois, lire iH ^ace au début de la deuxième ligne. 
Placé, comme il l'est, après la date de la mort (XV Kalendas MaKUas) , 
le nom VAl^ERI peut être celui du consul de l'an Su i déjà signalé dans 
deux inscriptions (^). Ce serait, en ce cas, sur notre sol, la troisième 
épitaphe datée portant la mention initiale Ûepo9Ùio que nous avons 
déjà rencontrée en BSA et en Uob^'^K Elle se trouve plus tardivement 
encore sur une pierre du musée de Saintes t^'. 

'^ De Rossi , Inseriptiones christianœ wins '^ Inscr, ehrét. de la Gaule, D*' 6a et ^9 1 . 

Ramœ, t. I, p. hhi; ci-dessous rinscription ^*^ Guide de$ viiiteurs du Musée de Saintes , 

n"" 3oi. p. &, n"* i5. 



&9 



INSCRIPTIONS CHRÉTIRNNES. 



397 



De Francetle d'Agos, Momgrap\if de ]* btuH^ne de Sainl~Jmt, p. ùo; — Barry, 
lutcriptioM inédites des Pyrénées, p. 38; — Ramé, Revue des SocOtis taeantet, 
1875, p. 593 ; — De Rossi, BasHica di Santo Ste/ano rolondo, etc., g. a3; — 
Tio. Laupièrc . Compte rendu du congris tenu à Toulouse en iS-ji , p. 78 et Nouvelle 
inscription chrétienne à ri/flise de Vakabrirt {Bulletin nu>numenlal , 1887). 




bn renaeignemenl iuciacl m'a fait noter autrefois comme perdu le 
marbre de Vafetia Severa et do prêtre Patroclia^'l H existe et, à mon 
fffand regret, je n'ai pu l'atter voir. Je me' bornerai donc à d'onwer, 
d'après un estampage, la partin écrite en l'encadrant dans îo dessin 
publié par Dumège. nCe morceau, dit mon regretté confrère, M. Ramé, 
est exposé à toutes les intempéries, dans un coin du cimetière de 
Samt-Jusl; il se dislingue autant par sa forme que par sa dimension 
(1 m. 70 cent, dt^ longueur sur o,35 cent de hauteur). Les deux épi- 
taphes sont gravées sur le cintre d'arcades en saillie; le champ évidé 
avait reçu une décoration en applique, peut-être une mosaïque, mais 
dont il ne reste plus de trace, n Nous avons déjà vu, sur notre sol, des 
épitaphes ainsi ornées d'incrustations '■'^ Ce dernier détail et la dimen- 
sion insolite du marbre montrent que notre inscription provient d'un 
monument important. 

''I Inscripi. ehrél. de la Gaule, I. Il, n" 696. — '*' Ci-dessus, p. 960. 



NOVEMPOPUiANlE. 834 

La double épitaphe qui porte la date de 3U'] est, en Gaule, la plus 
ancienne de celles où figure le monogramme Gonstantinien Ifi. G'est 
aussi, que je sache, la première qui présente l'O étroit et long, formé 
de deux arcs de cercles se coupant à angles très aigus. 



297 A 
LE PROTET. 

L'abbé Douais, Bulletin de la Société archéologique du midi de la France, i8go, p. 63; 
Le Capitaine Ëspérandieu , Revue de Vart chrétien, 1890, p. 3 18. 

HIC lACET UTOYIR 
C y\Sm AHYX . . E 

axiT DIE ka; . . . E 

CEMBRi; 

Hic jacet Litovir «(ut) vimt anus . . . decesit die kalendas decembris. 

Plaque de marbre encastrée dans b vmt d'une maison particulière , 
au Protêt (Haute-Garonne). La formule initiale Hic jacet ne se lit pas, 
sur nos marbres datés, après l'année hk^^^\ Comme le montre une 
photographie incomplète que j'ai sous les yeux , les caractères de Tépi- 
taphe sont réguliers et d'époque ancienne. 



(i) 



Inscriptions chrétiennes de la Gaule, fi°^67 et préface, p. viii. 



/19. 



INSCRIPTIONS CHBÉTIENNES. 



PREMIÈRE NABBONNAISE. 



■298 



VILLES EIVE-LEZ-AVIGNON. 



AmJku AUatica. MaDnsfril^ de la Bibliothèque lulionale, toad» talin, n' il 90s, 
f* 103. ei liisloria ms. Andres Valladerii, abbalis S. Aroul6. el D* 1*796, 
f' 93 : — Germer Dunod. Dàomrrut arrltêologiqiÊa J4àtt$ à Simu et Jwu If fiarj 
ftniaut F a tÊn ff 186g iMrmtnm de t.ieadêmie du Gard, t^fuj-t^-fif. p. 9); — 
De Gailbrnny. René de* SoâtUe earamet, 1870, t II. p. »6: — Labbé Al- 
hanès. JfÂw reemeH. 1875. 1. 1, p. 138; — De RoMi, iMMeiipùme» mMi Rimm 
. n, p. 9l>i; — HilseUeld, Cûejmi iuer^Umm UUrnaim, L XII, 
oSi. 



MNSTfjr 
VIVIÇ 

/loi 
isimm 

IVH 
Nul 

+oaTBûiiww9- 

; xiisstrfhsiWHWGliSl 
inififca»avvNij*VF£l 
' A)ïlicniiâtivwja«<M| 



M. Coulondre^. uiair? de ViJleDeuve-lei-.A>igQoD. a reltx>UTé. 
en 186$, ce$ deui fragmeut^ d'une iD«enptioo }ierdae que j'aTab dâ 



1 



PREMIÈRE NARBONNAISE. 333 

donner autrefois d'après d anciennes copies <*'. Importante au point de 
vue de la paléographie, cette découverte laissait toujours incomplet 
un texte dont la mutilation remonte peut-être à plusieurs siècles. Les 
recherches de M. fabbé Albanès me semblent devoir nous le rendre 
en entier. 

Les Antmadversianes qui précèdent le tome II de la Gallia christianay 
et où figurent des additions au texte du premier volume, donnent la 
note suivante restée inaperçue pour les très nombreux éditeurs de l'épi- 
taphe de Gasaria : 

(rCol. 179 in Yalente. Monuit me D. Jac. Boyer legendum Casariay 
non Cœsaria, vocaturque vulgo Sainte Casaire. Idem ad me misit inte- 
grum S. Gaesarie epitaphium, quale legitur apud S. Ândream.*» 

Suit le début de Tépitaphe que je transcrirai non d'après la Gallia 
christiana, mais, comme la fait Tabbé Albanès, d'après Dom Polycarpe 
de la Rivière dont j'aurai à parler plus loin : 

Gondita Cœsariae (^^ sunt hoc pia membre sepulchro 
Gui probitas virtiis faciès mens nomen origo 
Gonnubiumque fuit simili splendore refulgens 
Et dulcis proies cujus post ^^^ fata superstes 
Se totam vovens caro cum conjuge Christo 
Jejuoans crans mendicis laata^^' ministrans 
Bas scias censebat opes mercedis opimœ 
Qua» iiiis sacrisque dabat de divite censu 
Templis. Unde satis meritis felicibus aucta 
Lustris jam dénis et quatuor insuper annis ^'*^ 

Tel est le texte nouvellement remis sous les yeux du lecteur par 
le savant chanoine de Marseille et dont les lignes suivantes^ repro- 



^^^ Inscriptùmt ehréUennes de ia Gauk, ''^ Gallia ehriiùana, Casariae. 

t II, p. ^17. Les indications bibliogra**- ^*^ Go//. cAm(.> Posl cojus. 

phiques inscrites en tète de cette notice ^^^ Gall, ehrisL , \Kta, 

s^ajoutent à celles de mon premier recueil ^*^ Ce yers manque dans ia Gall, christ. 



Uh INSCRIPTIONS CHflÉTIENWES. 

(luites seules depuis longues aouées, forment le complémeut naturel : 

MEH^lBVy ET CEMIHi; CONCI^V 

îtm TEMPORA ViTAE 
VIVIT IH AETERNVM NYI,I,YM 

MOMTVRA PER AEYYM 
IHA VAI,EN; riERI ri,ETY MAHAN 

TE ROaVIT 
lYRA yACERDOTII ;ERVAH; 

NOMENftVE IYC>Ag; 
t OMIT BONE MCA;aR1A ME 
DIYM HOCf D DNiœ INl^YCIKEHTE ' 
VMD-^EMBaYATRÂÇxJE; 

etvi-pcba;h,(iyniorv-cc- 

ANÏi Xi! REc;H DOMHI CHEl^DE 
BERTI REC,I IHDICT QYINTA 

Dans une note adressée au Comité des travaux historiques, M. l'abbé 
Audré de Vaucluse, a refusé d'admettre le supplément signalé par le 
chanoine Albanès'*'. A son estime, comme dans la pensée de M. Au- 
gustin Canron, intervenu plus tard dans le débat <'''^ les vers transmis 
à laGalUa chmliana sont l'œuvre d'un faussaire. Jacques Boyer, qui ne 
dit point d'où il les a tirés, a dâ les emprunter à Dom'Polycarpe de la 
Rivière, chartreux à l'existence mystérieuse et qu'on soupçonne d'avoir* 
donné plus d'un document apocryphe. Ce religieux l'aurait retrouvé, 
ai on l'en croit, dans un très ancien manuscrit de l'abbaye de Saint- 
Audré'", fait impossible à contrôler, les manuscrits de l'abbaye et ses 
archives étant perdus. L'on doit encore remarquer que Vailhen, Nou- 



'*' Ibid., 1876, Ll,[i. 993. 
'*' -rNos vero miDiiue iDutiluin et lace- 
ram , «ed plane uunm et une vulnere in- 



l«^rum , velut illud oacti buidub vetulistimia 
membraniB Saoctandreuii ccBûobii, eihi- 
beaiasn Aveniim.Eeel.Anitalm,Ll, p. 3S7, 
(Bibliolbique de GarpentrM, nu n* &o3). 



* 



f REMIÈRE NARBONNAISË. 



335 



guier, Fantoni, Ménard et Dom Ghantelou, l'auteur de Thistoire ma- 
nuscrite de labbaye de Saint-André, n'ont pas fait mention du supplé-- 
ment ; que dans le texte de Dom Polycarpe , le nom de la défunte est écrit 
ÙBdaritty tandis que le marbre original porte CAJARIA; que Ménard 
déclare Tinscription complète telle qu'on l'a publiée, rien n'ayant, 
d'après l'état du marbre, pu précéder les mots MEN^lBY/ ET C^E- 
MINIX^^); qu'enfin, d'après une ancienne tradition, sainte Casaria était 
vénérée comme restée vierge dans le mariage. 

Tels sont les points sur lesquels on a insisté. 

Il n'est toutefois pas certain que Boyer n'ait point vu> le manuacrit 
cité et qu'il se soit borné à copier Dom Poly<carpe, avec la transcription 
duquel il ne se montre pas toujours d'accord. J'ajoute qoie le début 
aujourd'hui suspect a été enregistré par Boyer, Durup de Sainte-Marthe, 
l'abbé de Massilian ^^\ et par Fornery qui l'accepte comme rainant la 
légende relative à la virginité de sainte Gasaire(^). 

On ne saurait donc écarter tout d'abord, et sans l'ayoir examiné, le 
texte donné par un homme qui, suivant l'expression de M. de Mazau^ 
gués, acquéreur de ses manuscrits: «a mêlé à de» faite peu sàps des 
recherches très curieuses d^*^. Ménard se trompe en écrivant que le 
marbre nous donne le commencement de l'inseriptioiv de Villeneuve 
et que rien n'a jamais précédé les mots MEN^IBYX ET CxEMINlJ. Au 
point de vue du sens matériel, cette assertion est inadmissible, une 

pièce débutant par les mots «r et deux moisT> ne saurait être 

tenue pour complète et la forme des débris retrouvés par M. Coulondres 



^') Lettre k M. Bouquîer, du 98 mars 
r864(Bibiiôtbèqued*Aix). 

^'^ Recueil manuscrit, L VI, f^ 198 et 
t. XlVf 36(MiMëeGalvet). 

^^^ Histoire du Cdnaat Vewaism, t. H, 
p. 61, BiUiothàque de Garpentras, manu- 
scrit n*" 53q, et! r 3 1, 39 de la copie exi- 
stante au moeëe GaWet : irTout le monde 
convient afijeui^'bui que sainte Gasarie • 
été i'ëpouse de Valent. On avait cm jusqu'ici 



qoHis avaient vécu dans une parfaite con* 
tinence, mais il parait, par TëpiCaphe dt* 
cette sainte, qu*on a aujourd*bai tonte en- 
tière^ qu'elle aurait eu un enfant dans les 
premières années de son mariage avec Va- 
len»; mais qu'après lavoir perdu jeune, ces 
deux ëpoux avaient pris la rMution de 
vivre dësonnais comme frère et sœur, y» 

^*^ lettre du 28 a lût 1717, dans les ma- 
nuscrits de Gahret 



336 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

montre suQisamment que le marbre est coupé aunlessus de ces roots. 
C'est ce que nous affirment en même temps 1 abbé de Massilian ^^\ 
Claret, correspondant de Baronius^*^), Golumbi (^) et de plus deux notes 
de manuscrits venant de Tabbaye de Saint-Germain » où nous lisons : 
Marniori inscriptum est epttaphium cujus superior pars deesL — Deest m^- 
Utim(^). L'inscription a donc été très probablement gravée sur deux 
plaques séparées dont nous ne possédons que la seconde (^). 

Je suis peu touché de la difficulté résultant du nom Cœsaria inscrit 
dans le texte nouveau tandis que le marbre original nous donne la 
mauvaise orthographe CAXARIA ^*) ; il y a pu avoir sur ce point quelque 
erreur de transcription, et d'ailleurs il faut remarquer qu'à l'époque 
mérovingienne on trouve les noms propres orthographiés diversement 
dans une même pièce C'I 

Quant à la tradition d'après laquelle la défunte serait restée vierge 
dans le mariage, tradition que contredit le début en nous la montrant 
mère, je n'en éprouve pas d'embarras. Bien des légendes sans fonde- 
ment se sont attachées à nos inscriptions, comme à nos tombes chré- 
tiennes (*' et, si la tradition est heurtée, l'application des règles cano- 
niques est sauve. Rien de plus fréquent que de voir, en ces temps 
anciens, les prêtres mariés et pères de famille; leur paternité était tou- 
tefois antérieure à leur élévation à la prêtrise, la règle exigeant que l'on 

t*) (rDeeslverausinquonum vitœCaesariœ Rossi, Roma sotterrahea, t. III, p. 19A el 

indicabantur. t (Manuscrits, t. XIV, f 35, les observations faites au sujet de cette pièce 

mus(^ Calvet. — Je dois cette indication k par M. rabb<^ ï)uc]iesne{Hevue du monde eor 

Tobligeance de M. Dcloye). tholique , nouvelle s<$rie, t. XXXII, p. 3a 6). 

^*^ Barouius, Annales, t. X, p. 6^8. ^*^ J'ai indique ailleurs, d'après les mar- 

(^^ De rébus gestis Va$ionensium episco- bros et les manuscrits, des exemples de cette 

porum,f, 19. orthographe (/li^crtjpfibiu ckréUenneê de la 

^^^ Bibliothèque nationale, fonds latin, Gaule, t. II, p. Aao). 
n* 11909, P i53,et n" 19769 T 96. Tel ^'^ Pardessus, Diphmata, t. I, p. 197: 

était aussi le sentiment de M. de Guilhermy, Bertrannus; p. 9 1 5 : Bertichramnus; t. II, 

qui a fait précikier par des points la partie p. 9 : Teudilanœ; p. 10 : Theodilanœ. 
depuis longtemps connue de notre inscrip- ^^^ Inscr. ckrét. de la Gaule, préface, 

tion [Hevue des Sociétés savantes, 1870, p. cxxx, et n** 5i5, 609, etc. Les eareo- 

p. 56). phases chrétiens de la Gaule, introduction, 

^^^ Cf. rinscription donnée par M. de p. xiv, et ci-dessus, p.3 17. 



PREMIÈRE NARBONNAISE. 337 

se séparât charnellement de sa femme en entrant dans les ordres ^^K 
C'est là ce qu'ont fait, comme tant d'autres, les époux de Villeneuve- 
lez-Avignon. 

Les objections tirées du style de la partie contestée ne me convain- 
quent pas, je l'avoue, et je crois plutôt y reconnaître. des détails ras- 
surants. L'accumulation des mots : 



Cui probitas, virtus, faciès, mens, nomen origo 



(2) 



l'éloge de la beauté ('), de la noblesse de Gasaria^^), la mention de ses 
dons aux églises ^^\ l'idée que les richesses employées en bonnes œu- 
vres sont les seules profitables (^), offrent autant de traits. en rapport 
complet avec l'âge auquel ce texte nous reporte. 

^*) Hieron. , ii(jt7. Fi^'iaiil. : ffQaid facient mariti esse désistant»? Sirmond, Notœ ad 

Orientis ecclesiae , quid ^gypti et Sedis Apos- Sidon. , p . 6 1 , etc. 
tolicœ, quœ aat virgines ciericos aocipiunt, ^^^ Cette particolaritë est frëquente dans 

aut continentes; aut si uxorem habuerint, les poésies de Tespèce : 

Ambo pares animo, Toto, spe, moribiu, aeta, 
Certantesque sibi mente, décore, fide. 

(Fortontt, lY, tS, v. kk, A5.) 

exorhah; proayo; mente pydore ade 

(Marini, GwnêU 4ê'UUtf^J&Pim,i. YI, p. t6.) 

;AH(r/i^ HOHOR (ïniy; probita; coh;tahtia virty; 

(Ennodios, Efiit., Y, 7.) 

CORPORE MEHTE AHIMO PARITER DE NOMINE fE^IX 

(S. Dunas. , C«nH. . XV.) 

CORPORE MEHTE AHIMO PARITER QyOQYE HOMIHE MA(;NE 

(Marini , dans Mai , Scriftorwi wlir. «mw «QMliie . l. Y, p. 8â. ) 



pIETA; PRYDEHTIA VYI^TY; 

*om0R probita;gi-pydorq 

( Int m if H Ê mê tkrHimum iê U Gmtl*, n* &57 b. ) 

Un grand nombre de Yen de basse ëpoque sont formés d'épithètes accumulées : 

MAHT/ETY; PATIEH; MITI; VEHERABIU^ APTY;. etc. 

^'^ Ifueriptionê chrétiennes de la Gaule, SyBA, ^39, &6a, 5â3,et préface, p. xcu. 
Il** 897 et préface p. xcvi ; ci-dessous, p. SSg. ^'^ Ikid. , n*' 217, 687. 

*> Inscrit, ehrét de la GauU, n" 217, ^*^ Ibid., n'* a 1 8, 585, 687, 683. 

63 



IV 



I 



r 



I 



338 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

On y B reconnu et signalé R un latin ptu8pur,plus renaissance, «que 
dans la partie conservée. La distinction m'échappe, et dans la Tonne 
comme dans la pensée , j'incline plutôt à reconnaître le type vulgaire 
et maussade de la nania mérovingienne. Une latinité pare s'accom- 
moderait d'ailleurs assez mal de la faute de quantité vôvem pour vàvMM 
que nous donne le cinquième vers. 

Une note récemment publiée par M. Jdien Havet sur Les découvertes 
de Jéiftme Vigitier nous a fait voir avec quelle habileté on fabriquait, au 
vn\* siècle, des pastiches de documents antiques t^>. Rien ne saurait 
mieux que cette étude, appeler une juste défiance sur l'authenticité de 
certains teites dont les originaux ont disparu. Toutefois et jusqu'à pro- 
duction d'arguments décisifs, il serait, je crois, hasardeux d'écarter les 
vers rendus suspects par le nom de Dom Polycarpe, mais qui ne me 
semblent présenter par eux-mAmes aucune marque de supposition. 



299 

MHES. 

Germer Durand, Mimoirei de rAcadémù du Gard, i865-i866, p. i&3; — Allmer, 
Remt ^ligTttphiqtte du nuJi de la France, t. I, p. 359 ; — Hirschfeld, Corptu m- 
uriptionum latmarwn, t. XII, d" &057. 






J'ai copié à Nimes ce fragment découvert, en 1866, dans une 

'') QiiMti'oiM mérovingieiuttâ {Biblnlhèque de PÉeole des charte*, t. \LV1 , p. aoS). 



PREMIÈRE NARBONNAISE. 339 

maison située à langue de la place du Châtelet et de la rue du Bât- 
d'Argent. II ne porte que le milieu d'une épitaphe dont la restitution 
est difficile. 

Les mots INTER SI de la deuxième ligne donnent lieu de penser que 
le monument marquait la tombe de deux époux. On le voit par cette 
inscription tirée des Catacombes romaines : 

CEPAW CHEMINE MERENTI Q.YE ViaiT 

AHi; coHTiHYi; XXI dece;;it vu • idy; iyhia; • 

ET fECEKYHT IHTER SI AHHY; IIII 

mnsis • VII (•) 

A la deuxième ligne, on peut lire^EHTEi*, crediKÏÏS, ou quelque 
mot semblable (''. 

L'épi taphe suivante, comprise dans mon premier recueil (", nous 
ofite une formule analogue à celle que portait le marbre de Nimes : 

IH m NOMENE IH HYC \jKo quiescunt 

IH FACE riDEg; im\lm Dei AmpeUu 
S ET XIHCxEHIA CIYI VlXERuiu m «m^ 

Ck\\ ADf ECTY ET CARITAfe 

ANHi; CIRCITER U AYT A 

IHY; IH PACE OOMIHICA P«rma». 

yERYHT CtYORYM VITA Ul^lSfuit ut Unr 

CIYEH; CONIYX MARITYM XX Annos 

EXCEDEH; IH CAHITATE PERPEtoa 

PERDYRARET 

'•> Murangoni, AetaS. VieUirm, p. iia. p. 916 : (H WID KÀI XMCTID TTlCrçrCÀC: 

'') Borne tmUtmme, trad, par Allard, Godiiu,i4ii<»;ii0M«er^>li«w*, p. 367,11*8: 

p. 8a : fECIT YPO^EYM «Bl ET ms rtJEH- IH CHRIHYM CRttEW. 

TltY/ IH (OMIHO; RoUer, CaUu<mbe$, 1 1, o Ituer. dmt. de la C«fe, d* Sgi. 

i3. 



340 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Gomme ceux que nomme ce texte, les deux chrétiens de Nimes ont 
donné l'exemple de Tamour conjugal, de la charité (^), de la chasteté. 
Je ne saurais dire s'il s agit également ici de celte continence dans le 
mariage, honorée, aux premiers siècles chrétiens, comme un sacrifice 
qui aurait sa récompense. 

La Préface de mes Inscriptions chrélienties de la Gaule contient, en 
ce qui touche la viile de Nimes, une observation sur laquelle je dois 
revenir f^': «rLa civilisation romaine fut, ai-je dit, l'un des meilleurs 
agents de la propagation évangélique. Aussi, les cités où abondent les 
inscriptions des gentils sont de même les plus riches en marbres chré- 
tiens. Pour ne parler que de la Gaule, nos grands centres épigraphi- 
ques, Trêves, Lyon, Vienne, Arles, Narbonne, montrent les monuments 
des fidèles succédant à ceux des idolâtres. G'est la condition normale. 
Nimes, au contraire, si largement dotée en inscriptions des temps païens , 
ne possède pas d'épitaphes chrétiennes. Où faut-il en chercher la cause? 
L'élégante cité aurait-elle opposé, comme nous le voyons pour quelques 
autres, une vive résistance à l'hitroduction de la foi nouvelle '*'? J'in- 
cline à le croire , car l'absence des marbres des fidèles me paraît devoir 
être là, ainsi qu'ailleurs, le résulUU d'une cause historiques. 

La découverte du fragment unique dont je viens de parler ne modifie 
point mon sentiment. Si la ville de Nimes s'était trouvée dans des con- 
ditions semblables à celles des cités que je viens de nommer, ce se- 
rait par séries que les inscriptions chrétiennes auraient dû s'y mon- 
trer avec celles des païens. Il n'en est pas ainsi et ce point demeure 
à mes yeux digiïe de remarque. Une particularité qu'on me permettra 
de rappeler, entre plusieurs autres, concorde avec ce fait matériel, 
c'est le martyre de saint Baudèle, chrétien étranger à Nimes, qui y 
périt, après le triomphe de l'Église, massacré par les idolâtres. Là 
,. donc et de môme qu'en Afrique, au temps de saint Augustin, ces 

^') C[A/2riY<i(]£(fiQde la quati'ièmc ligne et joindre la ville de Gaza, encore païenne en 

d(^but de la cinquième). Tan 36 1 , et qui fut un foyer do réaction 

(^) P. LYiii. contre le christianisme (Theodoret, HÙL 

^^^ Aux localitësque j ai indiquées en note ecchs,, 1. Ill , c. vu). 



PREMIÈRE NARRONNAISE. 3àl 

derniers demeuraient nombreux et redoutables, sinon maîtres de la 
contrée <*'. 

A défaut d'inscriptions, Nimes possède des sarcophages chrétiens 
sculptés. Je le sais, mais comme je lai dit ailleurs, rien ne nous montre 
qu'ils lui appartiennent (^). Il ne faut pas oublier que souvent, pendant 
le cours du moyen âge, ces monuments fort recherchés ont été im- 
portés de loin pour recevoir les restes de personnages saints ou puis- 
sants, et j'incline à penser que les tombes de Nimes sont venues d'autres 
pays. Il en est là de deux sortes et qui présentent, les uns le type du sud* 
est de notre sol, les autre celui du sud-ouest, tirés, selon toute appa- 
rence, les premiers d'Arles, les seconds de l'Aquitaine. J'estime, d'ail- 
leurs, peu probable que Nimes ait possédé, comme Arles, un de ces 
ateliers qui, après avoir produit pour les gentils, ait pu sculpter des 
tombes chrétiennes. Cette industrie, selon toute apparence, n'y était 
pas exercée aux siècles du Haut-Empire, car aucun sarcophage païen 
à ornements n'a encore été rencontré parmi les marbres si nombreux 
que l'on a exhumés dans cette ville. 

^') Epist, L , SuSectanis; £p»r. jc/, S 8 , ^*^ Les Mreophages chrétienê de la Gauk, 

Nectario. Cf. Sermo LKll, p. 108. 



iiî INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

300 

BELLEGARDE. 

Detove, Congrit itrchéologiqttei de îa France, Séances tenues i Avignon en tSSa, 
p. 373 ; — Hirscbfeld, Corjitu itucnptionum latmarvm, t. XII, n" &o8â. 



mcwpAcf , 
Rtav/fSciT J 

ifOQ.vivixn- 

ANKOSVflKtT/ 






Épitaphe du vi* siècle acquise par le musée Galvet; elle -a été 
trouvée à Bellegarde, localité voisine de Beeucaire. Son type est âes 
plus communs et j'y relèverai seulement la façon dont te graveur a 
exprimé ici le chiflre décima. Pour ne parler que des inscriptions , je n'en 
ai encore rencontré d'exemples que sur des monuments de la Gaule'''. 



"' Iiuer^ioiu eMtimui dt la Gank, n* i : 
dessus , n* 1 6& ; »o. 



PREMIÈRE NARBONNAISE 



301 

Detoye, Omgrii ardiiologiqvei de la Frwue, p. 876 ; 
Hirscbfeld, Corpui itucriptionam latmanatt, t. XII, □" /i8o3. 




Débris trouvé au même lieu et également acquis par te musée 
Catvet. 

Tenter la restitution complète d'une légende si mutilée paraîtrait 
chose hasardeuse; mon savant confrère, M. Deloye, a toutefois pu 
rencontrer juste en proposant de reconnaître ici, aux lignes 3, /i et 5, 
mdgré une transcription barbare, les mots $anctontm, martyntm, agau- 
nennum. En admettant avec lui que la ligature A/ qui termine la 
deuxième ligne représente un A et un H, début d'onntWsonb, les pro- 
babilités s'accroissent par la présence du mot (OÇTOBREX, le martyre 
de saint Maurice et de ses compagnons se fêtant le a a septembre qui 
correspond au onzième jour des calendes d'octobre. 

On rencontre deux fois dans les fastes, en /i3a et en 5a 1, le nom 
de Valerius qui sert de date à ceUe inscription. La grossièreté de sa 
gravure me porte à l'attribuer à l'époque la plus récente. 



Uh 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



302 
TOULOUSE. 

Bam', Sole tur une hucription médite rfeemment trouvée à Touhuêe (Revue df T Académie 
de Toulouee, 1807); — Ramé, Bévue de$ toeiétée eavantet, 6* série, 1. 1, p. h^h; 
— Hirschfeld, Corjnu itucriptionumlatinarum, t. XII, D* S'ioo. 






■"îll 



!l!' 



Ce fragment, qae je reproduis d'après un estampage de M. Ramé, 
a été trouvé, en i856, rue du Tour, à quatre mètres de profondeur, 
sous la tête d'un squelette. Les deux premières lettres sont incer- 
taines; peut-être y faut-il voir TR et TA du mot îrasiti pour transivii. LTC 
de vint a été sommairement indiqué par une barre transversale coupant 
un B gravé par erreur. J'ai à peine besoin de noter que requiehit est 
écrit ici pour requievit^ comme ftit pour quœel paeiponr paee. La formule 
m pace dominica s'est déjà rencontrée à Toulouse ''>. Je ne saurais dire 
ce que signifie le signe en forme de C placé à la gauche de la croix. 
Inscrit à droite du monogramme sur des marbres grecs de la Sicile '^ 



* ïnMcriphQHM ckrrtienme* de ia Garnie, D* 6o«: cf. n* 601. — ' Ferrara. SlorU di 
Cattima, p. 3tî5 . 368. 369: Inscr, ekrtL de U Gmak. pré^K^, p. xxxnn. 



PREMIÈRE NARBONNAISE. 345 

et sur une pierre gravée (*), il représente la dernière lettre du nom 
du Christ. 

L*épitaphe d'Ermeneldis n est pas antérieure à la 6n du vi* siècle. 



303 

Bruno Dasan, Revue archiologique du Midi de la France, 1866, p. 8/i; — Ramé, 
Retme des tociitéê savantes y 6* série, t. I, p. 696; — Hirschfeld, Corpus inscrip- 
tionum kUtnarum^ t. XII, n^ 56os. 




Au vieux cimetière de Saint-Sauveur, dans le lieu que Gatel dé- 
signe sous le nom de Terre-Gavade , on a retrouvé des restes antiques: 
substructions, colonnes, chapiteaux, débris de statue, vases de terre 
rouge et grise, sarcophages de pierre contenant encore des squelettes, 
et enGn plusieurs inscriptions chrétiennes. Là, comme si souvent ail- 
leurs, ces marbres ont été brisés par les ouvriers, et M. Bruno Dusan 
n en a pu copfisr que quelques fragments portant, f un deux lettres 
(^V) et l'autre trois (lOM); sur un dernier se voit une étoile à six 
rayons dans une couronne de laurier. C'est aussi de ce lieu qu'est sorti, 
il y a déjà quelques années, m'a dit le même savant, un reste d'épi- 
taphe publié dans mon premier recueil (^) et dont l'ancien conservateur 
du musée n'avait pas noté la provenance. 

Le seul morceau que l'on ait pu garder entier parmi ceux qu'a 

^') Perret, Catacombes, t VI, pi. XVI, ^'^ Inscriptions diritiennu de la Gaule, 

n* 8. n* 606. • 



lU INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

donnés le vieux cimetière est Tépîtaphe de Fdieisfifna gravée sur une 
dalle cintrée par le haut qui semble, d'après sa forme, avoir été en- 
castrée dans la &çade d'une tombe. La chrétienne, morte le t3 des 
calendes de mai, est qualiGée aneilla Dei. C'était donc, selon toute ap- 
parence, une religieuse ^^\ et Ton peut dès lors se demander si le chiffre 
de &5 ans noté sur le marbre marque son âge, ou seulement^ suivant 
la pieuse coutume que nous révèlent les monuments épigraphiques. le 
temps quelle a passé au service du Seigneurial 

On n'a pas encore trouvé, en Gaule, après l'an &o5, d'épitaphe à 
date certaine débutant par le mot deposiUo^^^; je ne crois pas dès lors 
notre inscription postérieure au ^ siècle. 



304 

Bruno Dttf«n, Revue ardifokgique dm Midi delà Framce^ 1866, p. 8& 
Hirschfeld, Corfnut tnuripiiammm IoIûmh-wr, t XII, n* S&io. 



Fragmeat sorti de^ mêmes fouilles : Tépitaphe se termiiiait par Fi»- 
dicalion de celui qui avait (ait ensevelir le mort, c'est-4*dire par une 
formule telle que la suivante : peter JiUo carlSSltAQ fOsmiL Les nonii- 
menls chrétiens retrouvés jusqu'à cette heure sur le sol de la Gaule 
ne nous ont pas donnée au delà de &70, de mention de cette nature «^ . 
Votre marbre n^est donc pas. sdon tonte apparence, postérieur] au 
%'' siècle. 

Voir €t-^kiftm«. p. 1,^8. (^t Da r^i(^. tinui de U (rtfiflf . pUnclie L^L 
^ I mmrif Êitm ê cAiAiiaiDi éê im Garnie ^ ptéiâXû. p. a. 1. 



PREMIÈRE NARBONNAISE. 347 

Sous l^inscription est le monogramme ^ inscrit dans une couronne 
sommairement indiquée, dont deux colombes tiennent les lemnisques 
flottants. Deux étoiles se voient au-dessus d'elles; si ces étoiles ne sont 
pas ici purement ornementales, elles peuvent, comme ailleurs, sym- 
boliser le cigl où brille le signe du Christ ^^J. 



305 

MASASSY. 

Noguier, Bulletin de la Société archéologique de BézierSy 1878, p. 3i5 et La colonie 
romaine de Béziers, p. 77; — Aiimer, Revue épigraphique du Midi de la France, 
1879, n** ta3. 




£ 



D V ivf A\TJ /v A^ 



.V.niE5XXViIM/^£l^ 

MATE/L 

TE 



Ëpitaphe gravée au revers d'-un fragment d'inscription romaine dont 
voici la copie : 

LTERENTIOI 

PORTiTO • FIL • AGEN 

XXVII -DECVRIONrC 

CLAVD • LVTEVA • Q; lï • VIR • D 
L'TERENTIO-PO 

<*> Lu tareophage* chrétien* de k Guide, lampe aatrefois pabHëe par Bartoli et h 
p. lâa. La téte du Bon Pasteur symbolisant laqaeila M. de Rowi a consacré one notice 
le Christ est entourée d'étofles sur tme spéciale, (finffettuio, 1870, p. 85.) 

•4*. 



348 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Ce marbre, dont je reproduis la première fietce d'après la copie de 
M. Noguier, a été trouvé au domaiae de Masassy, près de Béliers; il 
était encastré dans les murs d'une maison de campagne abandoBoée. 

On a pensé que Tinscription de Viventius pouvait ètie chrétienne, 
et je ne vois à cela rien d'impossible, bien que In préseï^ des aigles 
D M et celle de Yascia qui suit le nom propre puissent apporter des 
contre-indications sérieuses. 

D'autres considérations me font hésiter à l'exclure de ce recueil, où 
je ne l'admets d'ailleurs que sous toutes réserves : l'emploi fait par le 
graveur d'un débris d'épitaphe païenne, la forme des caractères qui 
accuse une époque basse ^^^ enGn le contexte même de l'inscription. 
Viventius, y lisous^nous, a, par son testament, c'est là le sens du mot 
reliquit^'^\ donné la liberté à un esclave. Par deux fois déjà, sur des 
marbres exhumés dans notre pays, j'ai relevé des mentions de cette 
sorte. Le premier marquait une tombe sur laquelle on lit : 

HIC REl^IQlYIT 
l^EVERTO PYERO 
HOMINE MAHHOHE 
PRO REDEMTIONEM 
AHIMAE ;YAE 

Haec reliquil libertum puerum noniine Mannotiem pro redeniptione 

animae suae. 



^^^ J'appellerai prmcipalemeot ratteolîon 
sur la lettre E do la première ligne : sa hastt* 
dépassant les membres horiioutaux, ne se 
montre que de la un du v* siècle au milieu 
du vu* siècle. {ImcriptHms chrétiennes de la 
Ganle, préface, p. iiir.) 

^^ Miner\ini, Bullettmo XapoleUmo, 
i84à, p. 83 : HOC SEPVLCRFRH- 



QVENTENT A ME QVI SVNT LI- 
BERI Cum VNIVERSOS QVOS RE- 
LINQVAM VEL MAMVMITTl VO- 
LAM; cf. Cod^ Ju9t. L VII, tit. Il, I. là: 
^Dirpctas libertates gnecis verbis iiceal in 
testamentis relinquere^; I. t5 : «rSî qui» 
condito iestameato vel aine testamento mo- 
riens, libertates rdiqueriL. . . ^ 



PREMDEnE NAliBONNAISE. :t49 

La seconde épitaphe porte les mofs : 

REyQYIT yVERTV; ID EH 

yCYPH,10HE 

CERONTIYM 

BAI^DAREDYM 

yVVERA 
OROVEl^DA |l,DEI,ONE 

Reliquit liberlos id eut: Sciipilionem, Geronltuin, elc. 

Je n'oublie certes jias que les païens affranchissaient par testameut 
et que ie Digeste contient un litre leiatil' à cette malière'''; mais, je 
le répèle, la ressemblance de notre inscription avec celles dont je viens 
de parler me laisse sur son caractère un doute que j'ai tlû soumettre 
au lecteur. 

La mention finale qwUuor ^liorutn matert témoigne de la haute estime 
que les anciens professaient pour ta fécondité'"'. En racontant les mi- 
racles de saint Hilarion, saint Jérôme parle d'une femme que son mari 
tenait on mépris parce qu'elle ne lui avait pas donné d'enfants'"'; dans 
les éloges qu'il adresse ailleurs à sainte Paula, figurent les paroles irfœ- 
cunditale ac pudicitia probataW. n L'hommage rendu sur une tombe 
aux vertus d'une fenmie africaine se complète par le mot f^ECVNDAE'*'. 
Nombreuses sont, dans les épitaphes, les mentions de celle sorte: 
païens et chrétiens y inscrivent les foimules ; TRIVM I^IBEROR'*', fH,IOJ" 

PROCREAviT vw'K ;eptem circvmdata NATir^^'. ^yperhitiby; ■ 

TRIBV; l,lBEIli;-TOTIDEMÛ-NEPOTIBM; CvEHVIT ^1,10; III ET fl- 



, lil. XIII, 



''' L. IL, lit, IV : "De d 
niBQloi. 

''' tleioeccius. An 
S 6; Gruter, 1081, 1. 

''' G. 1» : sMulicr quatdam Eleudifii'o- 
polttaiia ceruens despecUù 6« haberi « viro 
ob BterililDleni . - ..» 

-'' F.pitaphiiim Paulae [Epist. CFiif), S 4. 



''' De ViUefosse, Arehiveu des 1 
xcieitlijliiues , 3' série, L II, [i. h-jB. 

'■1 Oreiii, aûyi. 

'^ Paasionei, lscrii,ioni antiche , cl, viii. 
n' 1,9. 

''' Burmaim, Antholo/fin , 1.11, p. aSi. 

'*' ViscDoli, Ceato ùcnzjoai Oatieim, 



J 



350 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

\lkS II W; DYODECIM fiyORYM MATER W; EX QSk HABEO HATO^W; 
MHTHP TTAIAIUJN l w. 



306 

TRUILHAS. 



Job. Pastritius, Patenae argenteae mystieœ quœ utpote Dhi Pétri Chrysoktgi eoUtur 
detcriptio et expUeatio, p. 66, 67 (Romae, 1706, ia-ti*); — Vthhé Mortala, 
BuBetin de la Commission archéologique de Narboime , 1. 1, p. blii ; — Lebègue, Éjri- 
graplùe de Narboime, n* 1989; • — Hirechfeld, Corpus inseriptionam latinarum, 
t. XII, n»/i3ia(*>. 



! 



CETp^OJSIHMOPIO 

X VASNOxniiR E«»N06l O 
^^NOSTKlU®YlKc||gf<ï)lS 

0^ 




Cette inscription, depuis longtemps perdue, et que j'avais publiée 
d'après la copie donnée dans le Nouveau traité de diplomatique , a été 



''^ Maffei. Muséum Venmeuse, p. 66&, 
n'6. 

-'^ BoldeUi, Osservazwtîi , p. as 9. 

'^^ Carrara, Ausgrabun^en von Sahma, 
p. 9 à. 

^*' Leemans, Animadeernones m Mutaei 
Lugd. Bat, ùucripÈiauei, p. 99. Voir eneore 



entre autres les inscriptioiis domnées par 
Marini, Iseriziom deUe vUle e èn^ pukzzi 
Alhani, p. 19^. 

^*' Les indicatioiis bibliographiqiies in- 
scrites en téCe de cette note s'ajootent à eeOes 
que j^avais données dans mon premier 
recueil, n* 611. 



PREMIÈRE NARRONNAISE. 



351 



récemment retrouvée; la pierre, posée à rebours, servait de pont sur 
un fossé du domaine de Truilhas. Une inondation Ta déplacée en 
1875, et Ton s'est aperçu alors que la face postérieure était gravée. 
Au bas de Tépitaphe antique, il en a été inscrit une autre, qui date 
du xvni^ siècle, celle d'un ancien seigneur du Treilhas, nommé Claude 
Fournas de la Brosse. Un descendant de la famille, M. le baron de 
Fournas, possède ce monument aujourd'hui conservé au château de 
Pouzols, près de Ginestas. 



VILLESÈQUE. 

Les trois marbres suivants se trouvaient dans une petite chapelle 
romane, à quelques pas du château de Gléon, commune de Ville- 
sèque, canton de Durban (Aude), et près de Mandourel, localité qui 
a déjà fourni plusieurs épitaphes antiques. Ils appartiennent au Musée 
de Narbonne. 



307 

Bulletin de la Société des Antiquaires de France ^ 1866, p. ia&; — Barry, Jotimat de 
Toulouse, ù 3 février 1 867, et Académie des sdeticesy inscriptions et belles-lettres de Tou- 
louse y 1867, p. 443; — Lebègue, Epigraphie de Narbonne, n** 1 280 ; — Hirschfeld , 
Corpus inscriptionum latinarum, t. XII, n** 534 9 et additamenta, p. 856. 



tCRIMimSJMWrfdl^ 

CONDlDlTHECDNÎOCr 

VVHîESlMDASiBl^MPWl 

QVlVOTVMJociiFIt»' 

VODVOtV irVoLViWf sr! 

'N' 'TIME TE HHO LOcHiNïfl 



Al^STANTfRADEOIT 
"fVITVNiADVoRVM 
TATrv.iAJFTo 



La première de ces inscriptions est brisée par le milieu et fort 
mutilée. C'est une légende dédicatoire métrique de rédaction confuse, 
comme nous en voyons si souvent aux v^ et vi* siècles. La copie de 



352 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



M. Tournai, i estampage qu'il a bien voulu m'adresser, et la tran- 
scription faite sur place par M. Barry me semblent permettre de lire 
sur le marbre : 

t CRIMINIBw; MYI,Ti; OBR. . . . . ECCA. AS AI^YMHV; 
CONDIDIT HEC DNO Cum CONIYCE TEMPl^A DIY;VIRY; 

yyiue;indaVibi ;emper erente riDEi^E 

QYI YOTYM ;0CI1 Ûeri?(') iN;TANTER ADEgT 
QYOD YOl,YIT VOl^VERE SU dei^ÏÏ YNA DYORYM 
MEN; et IH ETERHO l^OCAV^iNT ATRIA XPO^ 

Ainsi donc, un chrétien a, pour racheter ses péchés, élevé un 
sanctuaire au Seigneur, et sa femme Wiliesinda s'est associée à cette 
œuvre. 

I^e nom écrit ici Diusvv'us est peut-être celui de TheuUwar. On 
retrouvera des altérations analogues dans les vocables Dioiswind, Diu- 
dolfy Irmindiuy Widiu, Thieldivy et pour la seconde dans Erlevenus^ 
Freiovems^ Leubovera^^K 

Ainsi que je le rappellerai plus loin, la présence de la croix inscrite 
au début de la première ligne tend à montrer que notre légende est 
postérieure à la première moitié du v** siècle. La forme des lettres 
n*a rien qui ne conGrme cette attribution. 



^'^ Pour le mot votum, pris dans le sens 
d*offrande faite h la divinité, voir Marini, 
dans Mai, Scriplorum veterum nova coliec- 
ïio. 1. V, p. 19, n« 4; BOTOTM OlîTOrAH; 
Pétrone, Satyricon , 89 : Stipant graves equi 



recessiis danai, et in voto latent Cf. 
Cod, Theod, VII, xxiv, De oblatione yo- 
tonim. 

^*) Voir Fôrsteinann, Altdeutêeheê Nêmeu- 
buck, p. 11 56, 1190, 1193, 1958. 



PREMIÈRE NABBONNAISE. 



308, 309 

BuUelin de la Sociêii dei Antiquaires de France, 1866, p. lai; — Barry, Journal de 
Touioute, 93 février 1867; — Ram^, Bévue deê Sociélis tavantes, 6* série, t. I, 
p. &07; — Tjebtigue, Épigraphie de Narbonne, □"* 1381» taSa; — UirBchfeld, 
Corpus inscriplionum latinarum, I. XII, n° 53'i7. 




Débris portant sur chaque face une inscription. Comme le montre 
son début, la première, qui était métrique, se lisait sur la porte d*un 
sanctuaire. 

Ce texte est d'une époque assez basse, si l'on en juge par la pré- 
sence de la croix gravée en tète de la première ligne. De tous nos 
symboles chrétiens antiques, la croix est, en effet, celui qui fut em- 
ployé le dernier. Les fidèles des anciens âges prirent d'abord comme 
marque distinctive les signes secrets, l'ancre, le poisson; et, quand 
l'Église fui triomphante, le monogramme formé du X et du P entre- 
lacés; puis le chiffre que donne le P coupé par une ligne transversale. 
La croix ne se montra qu'ensuite, et c'est plus tard encore que nous 
la trouvons inscrite au début de la première ligne des légendes lapi- 
daires monumentales. En Gaule, et dans ces conditions, elle paraît 
pour la première fois le ag décembre liU^ ''). Les monuments de Rome 



''' Interiplions ckrétîenmet de la Gmdt, préface, p. im. 



354 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

assignent la même époque à ce mode d'emploi du grand symbole chré- 
tien (>). 

Gela posé, je dois noter que la mutilation de Tinscription monu- 
mentale de Yillesèque remonte à un âge ancien, comme l'atteste Tépi- 
taphe qui, par un fait dont je ne sais pas d'autre exemple (^), et sans 
qu'on ait pris soin d'équarrir et de dresser le maAre ^^\ a été gravée à 
son revers. Ce dernier texte est daté vaguement de la sixième année 
d'un règne qui n'est point indiqué. On y lit : 

HIC RECIYIIKE 
iN PACE BENEME 

m?... âetiana;ta 

«YB DIAE III TERCIYM 

kkK maia; indk 

dECEMA ANHO 
«(?XTO f 

Hic requtesce in pace bene memoriae Tianasta (ou benememoria Etianasta) 
sub diae III tercium (^) kal. maias indictiane décerna anno sexto f . 

Dans le nombre des princes visigoths qui régnèrent sur la contrée , 
il en est deux seulement auxquels l'on puisse songer ici : Euric, monté 
sur le trône en 666, et qui, le 29 avril /i72, quand s'écoulait la 
dixième indiction, pouvait être parvenu à l'an vi de son règne W; Rec- 
carède, qui, le 29 avril 692, dixième indiction, datait peut-être aussi 
de l'an sixième de son gouvernement'^'. 



^*) Marioi, dans Moi, Scriptorum ve- 
ieruin nova collectio, l. V, p. i36, n* 9. 

^'^ Parmi les marbres opislographiques 
chrétiens , je n*ai encore trouvé , si je ne 
mo (rompe, que des ëpitaphes gravées. au 
revers d*autres épitaphes. 

^^^ La face sur laquelle on a gravé Tin- 
scriplion funéraire est légèrement concave. 



^"^ Nous avons déjà rencontré des nom- 
bres ainsi exprimés h la fois en chiffres et 
en toutes lettres. Itucripltons ekrêtteimeê de 
ia Gaule, n* 679; Boldetti, OMeriMuioiii» 
p. 433; de Rossi, BuUeUino, 1897, p. to5. 

^^) Dom Vaissète, Uiit. de Languedoc, 
t. I, p. 656 et 661. 

<•> /6t(/., t. I,p. 677. 



PREMIÈRE NARBONNAISE. 355 

On sait toutefois combien est mal déterminée la chronologie visigo- 
thique. Nous ignorons le jour de Tavènement des deux princes que je 
viens de citer, et il est regrettable qu'ici le nom du souverain ne soit 
pas exprimé. En ce qui touche Euric, nous n avons point de données 
précises ; pour Reccarède , nous savons bien , par le troisième concile 
de Tolède, quau 8. mai Bgâ (dixième indiction), il était parvenu à la 
septième année de son règne (^), mais rien n établit que neuf jours 
auparavant, le 29 avril, date de notre légende, il fût déjà dans la 
même période. Il ne saurait donc être permis de l'écarter, et nous 
demeurons indécis pour l'épitaphe de Villesèque, entre le nom d'Ëuric 
et celui de Reccarède, cesi-à*dire entre les années /iya et 692. La 
présence dans notre inscription du monogramme cruciforme f qui, 
sur nos marbres antérieurs au vui^ stède, figure pour la dernière fois 
en 5/io, et disparait en même temps à Rome(^), porterait, dans une 
certaine mesure, à se prononcer pour l'époque la plus reculée. Un 
autre détail y peut conduire encore : c'est le fait même de la destruc- 
tion de la légende sacrée , c'est l'emploi à un usage vulgaire d'un reste 
qui, selon les idées des premiers sièdes chrétiens, devait, semble-t-il, 
être vénérable W. 

li est, en effet, dans l'histoire de la Wisigothie, un temps où le soi 
fut jonché de débris de sanctuaires. Sous le règne d'Euric, prince 
arien, qui semblait plutôt, selon le mot de Sidoine Apollinaire, chef 
de sa secte que roi de sa nation, l'Eglise catholique fut dans le deuil. 
Des évéques étaient violemment arrachés alors de leurs sièges ^^K Sidoine 
écrivait à Basile : (t Bordeaux, Périgueux, Rhodez, Limoges, Cabale, 
Ëauze, Bazas, Gomminges, Auch et d'autres villes en plus grand 
nombre, dont les évèques sont morts, n'en ont point reçu de nou- 

^*' L*eii4éte de ce concile nous apprend jnngi , nisi ad ecdesiam aliam ... in laicata 

que, le 8 mai 689, Reccarède datait de la opéra non debent procéderez (Wasserschle- 

quatrième annëe de son règne. lien, Die Bussardmingen , p. aoi); cf. 

^*' Inscriptions ekrêtiemies de la Gauk, p. i&G et 346, Pctnitentiale Theodori, Ca- 

prë£ice, p. XIV. piiula Daekeriana, c. xtii et Pœnitenùale 

(') Pœnitenfiale Theodori, 1. II, S 3 : Pseudo Egberti, additamenla, S 16. 

(T Ligna ecdesiae non debent ad aliod opus ^^^ Sid. ApolL, EpisL, vii, 5. 

65. 



356 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

veaux. Les vides du clergé inférieur ne peuvent être remplis en leur 
absence, et le désastre spirituel s'étend au loin. Dans les diocèses et 
les paroisses, tout périt. Les toits des églises s'effondrent, les portes 
sont arrachées de leurs gonds, l'entrée des basiliques est obstruée de 
ronces et d'épines. malheur, les troupeaux couchent dans les por- 
ches entrouverts et broutent l'herbe qui croît autour des autels. Ce 
ne sont pas seulement les églises des campagnes qu'affligent l'abandon 
et le délaissement; les réunions des fidèles deviennent rares dans les 
sanctuaires des villes ('^.-n Ainsi parle le grand évêque, et devant notre 
marbre, brisé presque aussitôt que mis en place, ramassé comme un 
vil débris pour recevoir une vulgaire épitaphe je ne puis me défendre 
de songer au tableau que trace Sidoine de la dévastation des églises 
catholiques, et de penser que ce fragment a pu être tiré des ruines 
que l'intolérance des ariens accumula, au v*' siècle, dans le sud-ouest 
de la Gaule. 

Les futures découvertes de l'épigraphie viendront nous apprendre 
sans doute de quels jours se dataient les années des règnes d'Euric et 
de Reccarède, éclairer la question que j'indique, et jeter, en même 
temps, quelque -lumière sur une page obscure de notre histoire. 



^'^ Sid. Apoll. loc. cit. Je dois, pour ne 
rien oublier, noter ici qu au début du règne 
de Reccarède, en 687, suivant IW^totre (ie 
Languedoc (t. I,p. 3o8), Narbonne vit un 
soulèvement des ariens contre le roi nou- 
vellement converti , et qu'un grand nombre 
de catholiques furent massacrés alors. On 
pourrait donc penser que la destruction de 



notre légende date de cette époque. Mais, 
dans le texte de Paul d'Emerita , qui raconte 
le &it avec le plus de détails {Lthei"^ de vita 
et miraculis Patrum Emeritensium , c. xix, 
éd. de 1 638 , p. 65) , rien n'indique que les 
sanctuaires aient souffert, dans cette sédi- 
tion, de dommages semblables à ceux dont 
parle Sidoine Apollinaire. 



PREMIÈRE NARRONNAISE. 



357 



310 

NARBONNE. 

Lebègue, Epigraphie de Narbotme, n° 1998; 
Hirschfeld, Corput inscriptionum latinarum, t. XII, n" 5348. 



OR/fAI 



Fragment conservé au musée de Narbonnc. 

Hic requiescit in pace bonae memorie Ann qui vixit plus menus 

annus m obiit sub die xvi kalendas augustas. 



311 

Guilbermy, Revue de» Soc. sav., U* série, t. III, p. 207; — Tournai, Ibid., I. IV, 
p. &81 ; — Ramé, Ibid., G* série, t. I, p. 696; — Lebègue, jliin. de la Fac. 
des lettre* de Bordeaux, 1889 p. 906, et Épigr. de Narbotme, n' 1976; — Hir- 
schfeld, Corpus ittscr. lai., t. XII, n° 53 60, avec indication d'une copie dans un 
manuscrit de Garrigues appartenant au duc de Devonshire. — Thiers, Bulletin 
de la Commission archêologi^ de r arrondissement de Narbonne, 1890, p. Uti. 



VIXDVMTRANSCVRXjXfaSIVAWNGAEDFM/ 

Tf p. B.oi"ÀV/y 1\Ji RATf t Rsî K A mfAMriN vs ( xavo 

1 TAA0JTA<?AeCOMofE5M/ACfyi\MVLO 
AN N l VOTAS / M M LH( Hî yaVAMPARV/1 A/f /^V NT 
■ H(VQV>^V1TAB RtVIXaVAMfiKfVJlCONIVGlVAX 
AnAJJOLAV^llvjOR NAMaiWAMAyi/^'î'tS'TAE 
KDf tCW5pl f TAîfQRMA?V/)/<:/nA . 



flSlAWCVSMoJJ. 
51/SlHUVlTAP/lO, 

ATTVXANCrAW/ 
MŒATAaVAI 



Marbre du musée de Narbonne, autrefois signalé, puis perdu. 



358 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

C'est en i865 que M. Tournai la retrouvé brisé, comme on le voit, 
sur la droite, dans une maison, où il servait de support à une caisse 
d'oranger. Un épigraphiste narbonnais, Rainouard, en avait relevé 
l'inscription vers iSSg, alors que les quatorze vers restant d'une 
plus longue épitaphe étaient encore complets. Une copie de son ma- 
nuscrit, qui a appartenu à Burmann, existe maintenant à Leyde. C'est 
dans ce recueil que M. Lebègne a pris le texte reproduit dans sa 
notice (^). Bien que fautive et intervertissant l'ordre dans lequel se pré- 
sentent les vers, la transcription de Rainouard a son intérêt, car elle 
permet de compléter ainsi ce que nous possédons de l'épitaphe : 



Vix dum transcursis Elysium ingrederis, 
Ter rosa vix fuerat, ter spicae et pampinus ex que 

Tradita Gregorio Pesta jaces tumulo. 
Aoni vota simul beheu quam parva fuerunti 

Heu quam vita brevis, quam brève conjugium I 
Aetas sola minor nam cetera maxima Festae : 

Adfectus, pietas, forma, pudicitia. 

Angelicae legis docta dicata Deo 
Hic jacet boc superis placitum est, bue ibimus et nos, 

Sit modo sancta fides, sit pia credulitas. 
Pesta, deeos nostrum, certe veaiemus in unum 

Si mihi vita proba, si tibi cura mei est, 
At tu, sanctarum moderator summe animarum, 

Pac rata quae cupimus, fac cita quae volumus. 

Moins embarrassée dans son allure et d'un style moins barbare que 
ne le sont communément les poésies épigraphiques , l'inscription funé- 



(»! 



Vix dam transcurait elisiam iogrederis 



Aageiieae iegis docta dicata deo He roM vix fuerat ne spico et pampioas ex que 

Hic oc fupibit placitom est hac ibimas et nos Tradita gregorio fetta tamiilo 

Si modo sancta fides sit pia credulitas ànni vota simal heheo quam panra faerant 
FeaU deenr ooatrom certe yeniemas in annm Hea qaam vita brevis qoam brève eoi\)ilgiin 

Si mihi vita proba si tibi cura mei est tJtar sola minor nam maxima fcMa» 

At ta sanctoram moderator pie animoram Adfertur pietas forma pudicitia. 

Fae fata qam eapimos Isc eita qvae irohunis 



PREMIÈRE NARBONNAISE. 359 

raire de Festa me semble appartenir au coDimencement du y^ siècle. 
Gomme les pièces similaires de ce temps, elle présente des façons de 
dire qui nous montrent dans son auteur un homme nourri de la litté* 
rature païenne. Bien que nous rencontrions souvent ailleurs des ex- 
pressions semblables, le mot superi, la mention des Champs-Elysées où 
est reçue la morte nous étonnent toujours dans un texte chrétien (^). 
L'accumulation des termes élogieux que contient le septième vers 

Adfectus, pietas, forma, pudicitia 

est un trait commun dans ces sortes de naeniae funèbres. 

J'ai parlé longuement ailleurs du prestige que la beauté physique 
exerçait sur nos pères, et jai rappelé le grand nombre d'épitaphes où 
les anciens louaient les morts d'avoir possédé ce cr présent divin (^d. 
Il était à leurs yeux, si on peut le dire, comme l'enseigne ,. le signe 
extérieur de toutes les perfections morales, et c'est à ce titre qu'il est 
rappelé ici en même temps que les vertus de la jeune chrétienne. 

Le mot credulUas qui termine le dixième vers de l'épitaphe appel- 
lera un moment mon attention. C'est à côté de l'Erreur que, dans le 
palais de la Renommée, Ovide place la Crédulité W, cette faiblesse de 
l'âme que devaient tant reprocher les gentils aux chrétiens qui voulaient 
la foi sans examen W. «r Toute votre science, leur disait l'empereur Ju- 
lien , est contenue dans un seul mot : cr croyez d ^^\ et longtemps avant 
lui Minutius Félix avait montré un infidèle accusant les enflants du 
Christ d'abuser de la crédulité des simples (^). Sans perdre leur accep- 
tion première, les mots credulus, credulitas devaient, avec le christia- 
nisme, admettre un autre sens et désigner une haute vertu, celle de 
la Foi profonde. Credula est le nom d'une martyre d'Afrique dont parle 

^*) Ituer, chrét, delà Gaule , préf., p. xci. ^^^ Gr^rius Naz., Invectiva prior in Ju- 

^') Notes sur quelque* actes des martyrs lianum , éd. de 1 63o , 1 1 , p. 97 : ovièp vvèp 

{Mélanges de l* École française de Rome, rd 'aUrlevov rrfs (tiierépas èall ao^ias, 

i885, p. io3) et ci-dessus, p. SSy. ^^^ Octavius, c. tui : (rQui deoltima faece 

^') Metamorph., 1. xu, v. 89. collectis imperitioribus et mulieribus cre- 

^^^ Orîgen., Contra Celsum, lib. i, c. u. dolis sexos sui fectlitate labentibas, plebem 

M}) é^éraKs, àXkà vlaltvtrov. proiiBmae coojoratioois instituant, n 



360 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

saint Cyprien^^^ et Ton aurait, à coup sûr, étonné les persécuteurs en 

leur disant, comme nous le voyons écrit dans Tantique concile d'EI- 

vire, que tel grand coupable pouvait racheter sa faute rsi ad credulî- 

fatem venerit^^?^. 

Nous voyons souvent sur les tombes Tirnage réelle ou symbolique du 

fidèle, représenté debout, les bras en croix, dans lattilude de la 

prière ('^ C'est pour les survivants, et non pour lui, que le défunt 

implore le Seigneur; tel est le secours que fépoux demande ici à la 

morte, dans fespoir de lui être réuni, et en Tadjurant au nom de son 

affection : 

Si tibi cura meî est. 

Très nombreuses sont les épitaphes où les chrétiens se recomman- 
dent de la sorte aux souvenirs de ceux qu'ils ont perdus ^*^ 

L'inscription de Fe$la est, je le répète, moins barbare que ne le 
sont communément les poésies épigraphiques. Ajoutons que fauteur 
savait exactement la quantité du nom de Gregonuê, dont Fortunat 
fait la première syllabe brève, se trompant, ainsi que Prudence et 
d'autres encore, sur les noms d'origine grecque ^^. 



-* EfuL iiiiif CdaimOj^^.CL Inêcr, n* 56^; Moue. Me$9eM, p. aa, elc. 
dknfC de ht Gauk, t. II, p. 66. ' Itueriptitms ckrèûame* de la Garnie, 



* CaiLXLIV. n"«. i86, tcjh, t^S; cf. n' a4«; Pni- 

^' Le$ êarcopkages dirétiem de ia Garnie, ifent.. va. Areralo, p. ii6: Weîi. Accem- 

able.aax moto Orofil et Oronie. tmatHm lattMe, p. ^39: MSler. Matmid, 

^ Inêcriftiûmi ckrétietmes de la Garnie, Pkilét carmma, pnebt p. x\. 



PREMIERE NARBONNÂISE. 361 



312 



Ramé, Revue des Sociétés savantes, 6* ^érie, t. I, p. 596; — Lebègue, Epigraphie de 
Narbonncy n° 1274; — Hirschfeld , Corpus inscriptionum latinaritm, t. XII, n" 533c). 






Marbre du musée de Narbonue provenant de la démolition de la 
partie nord des remparts en un point appelé Dos Moulinasses. Je le re- 
produis d après un estampage que m'ont adressé mon regretté confrère 
M. Egger et M. Brun. 

C'est par erreur que Ton a lu , au commencement de la deuxième 
ligne, DOHEHA au lieu de BOHEM abréviation de la formule honae me- 
moriae ou de ladjectif fton^memorûis qui se rencontre souvent en Gaule ('^ 

Je ne me rappelle pas avoir encore rencontré sur un marbre le pluriel 
hts lumulis. 

Tai fait remarquer ailleurs qu'à en juger par les monuments alors 
connus, les épitaphes appartenant au règne d'Amalaric (5o7-53i) se 
dataient par les noms des consuls (^). Le marbre de Maximus étant du 
i"^*^ juin 5 08, on en a conclu qu'il en avait été de même pendant la 
durée de l'usurpation de Gésalic qui s'empara de Narbonne dès l'an 
607 et ne mourut qu'en 5i 1. Avant de se prononcer sur ce point, qui 
peut avoir son importance , il conviendrait de savoir à quelle date pré- 
cise Gésalic a perdu Narbonne qui, d'après l'opinion de Dom Vaissèie, 
lui aurait été enlevée par Gondebaud dès le milieu de l'an 5 08 ^^K 

'^^ Voir ci-dessus, d*" 107, 391, agS. dans le mot OBIIT de la troisième ligne. 
La lettre initiale que Ton a prise pour un D ^^ Inscr. ekr. de la Gauk, préf., lxv-lxvii. 

est un B qui se retrouve avec la même forme ^^^ Hiaoke de Languedoc, t. I, p. 664. 

&6 



:t6> INSCRIPTrONS CHRÉTIENNES. 

Ici, comme sur d'autres marbres, le titre de Domtuu wmter n'est 
pas joint au nom de l'empereur consul t". 



313 



Bibl. nat., ms, latin, d' SgSs,- fol. m ; 
Hirschreld, Corjmt tiwcr^rfùnuM latinanm, n' 535&. 

HIC aVIEKIT BO 

HE-M-yECYNWNA- 

aVAEVlXITP(M 

AHN-l,XK-OBI!TÔ 

XII-K-MAR- 

A la note tirée des papiers de Pciresc. ofi se lit cette iuscriptiou ao- 
jourd'hui disparue, est jointe la mention suivante : tcChei Mons^ Re- 
noardi, archidiacre de Bhasès-n. L'N et l'E de BOHE sont conjurés. 



3U 

Tournai, Cabài^me dm mtuit Ht Sarboiuu, 186&, d' 536. 

fFvVA t«--^-M'r>4i's;'.ï«-.^;t V y Û fi 't 

•f WaUi. .m. . . uxori 

■f tue Siniojrtàa + quiunce .... 

Je tiens de l'obligeance de M. Bertbomien un estampage de ce reste 

d'inscription gravée sur la tranche d'un fragment de tombeau orné 

'' Voir ci-dcsMJs. d" a4t «1176. 



PREMIERE NARRONNAISE. 363 

d'entrelacs mérovingiens et portant à sa face latérale une colombe bec- 
quetant des fruits. 

Le nom de Seniojred se trouve dans un document espagnol du 
x^ siècle ^*). 



315 

Tournai, Catalogue du mttsée de Narbonne, i864, p. loi, n" ia3. 

On voit au musée de Narboune un fragment de couvercle de sarco- 
phage dont le type se retrouve au musée d'Arles ^^^. Au milieu, un car- 
touche sans inscription, sur les côtés deux bustes de personnages 
tenant le volumen et dont l'un a la leœna des clarissimes. Chacun de 
ces trois motifs est accosté de deux génies ailés. C'est un ouvrage du 
iv** siècle ou du commencement du v*. 

Sur la partie plate du couvercle était gravée une inscription métrique 
disposée en deux colonnes. La seule ligne qui en subsiste est brisée 
dans le sens de la longueur et ne conserve plus que les sommets de 
quelques lettres. Le premier vers semble avoir été terminé par le mot 
ANNiy avant lequel on lisait peut-être yiAC\Rl; le second laisse encore 
deviner une fin d'hexamètre : VIRO SkWClOS VENERATA PA- 
RENTES. Ce serait donc le reste de l'épîtaphe d'une femme. Cette 
femme était-elle chrétienne? Je ne le puis dire, et la preuve du con- 
traire résulterait, si un pareil signe pouvait être tenu comme absolu, 
de la présence des sigles D M qui surmontent l'inscription ^'J. 

Une épitaphe qui se trouve à Orange et que j'ai autrefois publiée 
se lit sur le couvercle d'un sarcophage auquel elle est postérieure ^^^ 
Il n'en est pas ainsi pour notre marbre. Le type de la sculpture et 
celui de l'écriture s'accordent trop bien ici pour qu'on ne les croie pas 
exécutés en même temps et pour la même personne, chrétienne ou 



i) 



Geronimo Çurita. ;l>w/e« rfe /rt Cbrona de la ville d'Arles, planches XIV el W. 
de Anjffon, t. L fol. i/i, col. i. ^'^ Imct. chréu de la Gauk, n" 30 1. 

"^ Etudes svr les sarcophages chrétiens ^*^ Ibid. , n'' Soi, 



Uh INSCRIPTIONS CHKÉTIENXES. 

non, mais vivant à ane époc|oe où les monuments de la foi nouvelle 
remportent en nombre sur ceux du vieux culte. 



a 16 

liniri'*, fif^ve de$ Sociéth êavantes, 6* s^rie, 1. 1, |i. 097 ; — Lebègue, 

d^ Sartffmne, d"" 1297; — Hirscbfeld, Ofrpuê irueriptionitm tatinamm^ t. Xlf 

n'' 5357. 




Hir requieêcil in jHice inan qui vixit anwpê 



Marbre du musée de Narboiiiie. On Ta tiouvé en démolissant le 
bastion de la poudrière dans le mur duquel il avait été employé, au 
xvf siècle, lors de la construction des remparts. Les lettres sont d'une 
dimension peu ordinaire, car elles mesurent huit centimètres de hau- 
teur. Comme ceux d'une inscription chrétienne de Lyon 's ces carac- 
tères sont remplis d*un mastic fort tenace dont la couleur les rendait 
sans doute plus apparents ^-^ 

Je dois un dessin de ce marbre à Tobiigeance de M. Berthomieu. 

InMrr. ckreL de la Gaule ^ 11 i\) \. ^h: -Minium clariores litU'ras vel in aui-«>. 

l'iiri.. Hut. nat,, I. XXXIII. r. il. in marmore etiam in sepalcris facit.* 



PREMIERE NARRONNAISE. 



365 



317 



Hii'sohfeld, Cor/jus iiucriptionum latinarum, I. Xil, n° 53oCc 



5ftP TfAA5IVi 



V/ 



Is H 



"i, 



Inscription trouvée en septembre i885 dans le parc de Saiut- 
Grescent, près de Narbonne. Elle a été donnée au musée par M. Gou- 
rai. Son texte, incomplet par le haut et sur la droite, se com- 
prend facilement, sauf en ce qui touche le chiffre qui suit le mot obiit. 
J\ lis : 

(qui) vieil OHtios à a . . . obiil jr ctijus cofmnefnovalio venil 

y kalendas septembres indiclione xv. Tu q{ui) legis orapro (eo). 

Nous avons déjà vu mentionner comme ici, dans une épitaphe de 
Lyon, le jour de la commémoration d'un fidèle (^^ 

Une femme, gauloise sans doute, fit autrefois un long voyage pour 
venir célébrer celle de son mari, mort dans le nord de l'Italie ; c'est ce 



'' ^ Gniter, Corpus inseripthnum , i o6ti , i ; 
Muratori, Nacus tkesaunu vetentm inserip- 
lionum , 1 97a, 1 7 ; Lupi , EpUaphium Severoê 



martyris, p. 167; Cardinali, Iserizioni veli- 
terne, p. qiâ; Hûbner, Imcriptiones Hispa- 
niae ckrittia$iae, q"* qqq, a83, etc. 



3M INSCRIPTIONS CHRETIENNES. 

que nous apprenr] un îvaQtneni d'épiUplie trouvé dans l'église de Sailit- 

Floriaii. près rie Maroslica'" : 

aVI VinV ANw» 

t(1S MINV; XI, MA 

RTINA CARA CONIVX QS«- 

VENU DE «WA PER MAN 

;I0NE; I, YT COMMEMO 

RARET MEMORIAM OVfci. 

«Ml MARITI 

ùem OyUCkS DYI,Cmi»ie 

mi ïniwiTE '"^i 
La demande de prières qui teriiiiile l'inscription de Narlioone se lit 
Irérjuemmi'nl sni- les monuments épigraphiques'*'. 



318 

Lel)(:([ue, Efijjrajtkk dt Narbomte, D° i 398 ; 
Hiiïicbreld , Oirput imcrifitioiiuot tatiiutruii , l, XII, 11^ Û3b8. 

IN yyACE BOne me- 

MORIE ANN 

VIXITPl,VJIE... 
ANNV; ni 04.il 
m DIXVKa/«iiffo- 
HkS 
ription trouvée en démolissant le bastion de Saint-Félix. 



A -j I kil. nord de Vicvucu. 
Miiliilbu, Ittr ilaiiatiH, |i. uob; Cor- 
ÎHtcnfit. lai., t: V, it* a 108, etc. 



'^' Imcriplioiit chrélleimet de lii (iuuU, 

D' 4i ; HIC COMMEMORA ÏAHTA IH 

Ea.E<IA tVOVHEHd A I « aU»M< AV. 



PREMIERE NARBONNAISE. 367 

319 

Lebègue, Épigraphte de Narbonne, n" 1299; 
Hirschfeld , Corpus visrriptionum latinamm^ n® 5369. 



XXX OB 

mbre; 

Vùcil annis XXX OB»V sub die . . . kal? nove?MiKU. 

Fragment conservé au musée de Narbonne et provenant 8an« doute 
d'une épitaphe chrétienne. Je n'en possède pas d'estampage. 



M. Lebègue a publié, sous le n" 1378, une épitaphe sur brique 
trouvée, dit-on, en mars 1788, sur la route de Gourson, et aujour- 
d'hui perdue. Je n'ai qu'une très médiocre confiance dans l'authenticité 
de l'inscription, où auraient figuré ces trois lignes: 

IxeYe 

MAXIMA 
Az XIV 



320 



(rtv- 



E/RrOtfiVAREÇMAl 



Le débris que je reproduis ici, d'après un estampage de M. Ber- 
thomieu, a été retrouvé en 1876 au milieu de décombres dans les fon- 
dations d'une maison du quartier Saint-Just. C'est ce'qui reste d'une 



368 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

inscription vue et copiée autrefois par Guillaume et Gérôme Lafont, 
d'après lesquels je l'avais reproduite, le marbre étant alors perdu (". 
J'en donne ci-dessus un nouveau dessin, qui montre le peu d'etactitude 
de celui des premiers éditeurs. 

Voici, en combinant ce qui nous reste avec la première leçon , ce 
petit texte, plus facile à transcrire qu'à expliquer: 

CERINÀ 

tm? ERATA I^IMINA PO 

I YT MEREAR POXiVA RE^NA TV. . . 

obiii die OECEMB- INDICT ■ IIII ANN V 

H re^mi gh-iosissirniVim ATHANA<;il,DI UQS 

Il s'agit ici de l'épitaphe métrique d'un chrétien, probablement 
enseveli dans un sanctuaire {venerata limna) et qui souhaite de trouver 
place au royaume des deux. 

J'ai déjà parlé de la date de ce marbre, où se lit le nom du roi 
Athanagitde. 



331 



Manuscrit de Guillaume Lafont, 1«( antiquitei Jt Narbonne, coiileHatU iei uuenpùnnt, 
tombeaux H épitaphe* rvmainet qui se trmtwtU m dîven endroài de la dite ville, 
fol. 81 ;— Uirechreld , Corput intetiplùmuin latinantm, n" &3S8. 

cft 

FKID NON 

T E 

La copie de ce fragment disparu est accompagnée de la note Bui- 
'' iMtripIitHU ehilicma de lu Gaule, n* 690. 



PREMIÈRE NARBONNAISE. 369 

vante : cr Servait de coussinet au jambage de larceau que M. Martin 
Fauce fit reOBÛre en 1826; la pierre fut retaillée, t) 

Je ne lis clairement ici que la mention pridie nonas indiquant 

la date d'un décès. 



322 



r— 



«■MliVa*-^ 



iïVKKEl 
Ko M 



<VllZl3»> 




C'est à Tépoque wisigothique que me paraît appartenir ce débris 
d'une inscription monumentale, si j'en juge d'après les dimensions 
des lettres et par celles de la pierre large de 78 centimètres, épaisse 
de plus d'un mètre. M. Berthomieu, qui a bien voulu me le commu- 
niquer, n'a pu savoir d'où il provient. 



323 
MANDODREL. 

Tournai, Catalogue du musée de Narbonne, édit. de 186&, p. &&; 
Lebègue, Épigraphie de Narbanney n* i979* 

Inscription tracée légèrement et en caractères très barbares. Elle 
vient de Mandourel, près de Durban, département de l'Aude, où a 
déjà été trouvée une épitaphe chrétienne de la même époque (*). La 



'^ Inscripîioiu ekrétiemies de la Gauie, n* 6a 1 b. 



?7 



370 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



pierre dont je donne ie dessin, ne m'est connue que par un estampage 
dû à l'obligeance de M. Berthomien. 




O/Vo 






^ T 



fa 






n^ u 



A Deo onorem amen Trasemudus pbr8[pre$hyler) r Thod 

J'hésite à croire qu'il s'agisse ici, comme on l'a pensé, d'un monu- 
ment funéraire. A me parait être écrit pour ad^ comme dans ces mots 
d'un testament de la fin du vu* siècle dont l'original est conservé aux 
Archives nationales : <r A sœpe dictas basilicas delegavi per hune testa- 
mentum meum7)(>). L'équivalent de la formule ad Dei honoreniy que je 
crois retrouver sur notre pierre, se lit au début de six inscriptions dé- 
dicatoires : 

AD HOHOREM DEI HANC COl^YMNAM fECERYNT NECxOTIATORE; etc. w 
AD HONORE BEAT! lOH BAPTArtc.w AD HOHOREM ; • ^IMPy CI ^te. (^) 



> Tardif, Anhitm de VEmpir$, Monu- 
fne9iU historiques, p. aa. Cf. Du Gange, v' A, 
S A pour Ad. 

^*) Gori, InscriptioMê antiqua quœ in 



urMuê itcUmt, U 111, p. •^67. 
^^^ Marini, dans Mai, ScripL vet, nmph 
colleetio, t. V, p. 101, n" 1. 
«*> /i«.,p. i63,n*3. 



PREMIÈRE NARBONNAISE. 



871 



AD HONORE W ET Kl limW\S etcA') AD HONOREM DNI NO^TRI IHV 
XPI, etcA^) AD HONORE DNI lïÎY XPI, etcA') 

En proposant de lire le mot Dei où le graveur a écrit Deo, je 
n'étonnerai aucun de ceux qui savent toute l'irrégularité des décli- 
naisons à l'époque mérovingienne. Mon savant confrère M. d'Arbois 
de Jubainville a réuni un très grand nombre de textes où le nomi- 
natif, avec changement de l'Y en et chute de ¥S final, figure ainsi 
au lieu du génitif (^', et j'en ai pour ma part déjà cité de nombreux 
exemples ^^K 

Quant à la forme d'interversion ad Dei hanorem pour ad honorem Deiy 
il est à peine besoin de noter que les exemples en sont fi^équents '^^ ; elle 
se trouve, et de même avec Deo pour Dei, dans les mots Pro Deo amur 
par lesquels débute le célèbre serment de Louis le Germanique. 

Une étoile à cinq rayons est gravée entre les mots DEO et ONOR^M. 
Ce signe, sans doute purement ornemental, se retrouve sur une épi- 
taphe juive de Tortose que j'ai autrefois publiée ('>. 

En tête de l'inscription est une large croix pattée. 

La cinquième ligne R THOD parait donner le mot r^nante suivi des 
premières lettres du nom d'un prince wisigoth. Nous avons déjà vu , 
dans le pays même , des légendes dédicatoires datées ^^\ 

Sur la tranche gauche de la pierre sont gravés quelques caractères 
d'une autre forme que ceux de l'inscription de la face; ils semblent 

pouvoir être lus ARIV. 



'^ Mariai, dans Mai, Script, vtt. atapl. 
collectio, t. V, p. 166, n* i. 

t*> /W.,p. i84, n^a. 

^^ «frf.,p. i85,n*3. 

'^^ La déclinaiêon latine en Gaule à l'é- 
poque fnérovingienne , p. ho, 

'^ Voir ci-dessus, n*' aaS cl a6à. 

^^' IngeripUons chrétiennes de la Gaule, 



n" 375 : IH XPI NO, pour in Christi nomine; 
n* iu9A : IN M N, pour m Dei nomine; 
n* 691 B : IH XFI NE pour m Ckrieti no- 
mine, ete, 

^^ Revue archéologique, juillet 1860. 

^'^ Inscript, chrét, de la Gaule, n*' 609, 
618; cf. Marini, voi cit., p. 101, n* 1 ; 
18A, n*a; i85, n* 3. 



h' 






INSCBIPTIONS CHRÉTIENNES. 



324 
MAGÏELONE. 

L'abbë Boucassert, Hiitoire du liige épiicopal de Magveïorte et de MontjxUitr 

(1876). p. 7. 




J'ai déjà eu l'occasion de signaler, dès 1878, cette épitaphe , trouvée 
à Maguelonc par M. Fabrège, et qui me parait offrir un intérêt parti- 
culier. 

Si le lieu de la découverte n'était constaté, nul épigraphiste ne la 
pourrait croire ct'origine provinciale tant elle est, par la simplicité de 
son texte, la forme de ses caractères, par la figure de l'agneau (fui 
l'accompagne, semblable aux marbres des catacombes. Je ne pense 
pas qu'elle puisse être postérieure au m* siècle et je la range parmi 
les inscriptions qui témoignent le plus nettement de l'antiquité du 
cbristianisme dans le sud de la Gaule. 

La provenance originaire de ce monument est inconnue. Au xvi*' et au 
xvti* siècle, les chanoines de Maguelone, m'écrit M. Fabrège, recueil- 
lirent, pour orner leur abside, tous les débris de marbre qu'ils purent 
trouver dans l'tle; la dalle funéraire de Vera avait été retournée, 
comme on l'avait fait pour les fragments sculptés, et employée ainsi 
dans le dallage de l'église où on l'a découverte. 



SECONDE NARBONNAISE. 373 



SECONDE NARBONNAISE. 



325 

MOUTIERS. 

Ducis, A«ou«<at)otnenii«, i885,p. loo; — Movit, Bulletin épigraphique,l.\, p. i&8; 

Hirschfeid, Corpu$ tnscriptionum latinarum, n' 6790. 

a;ec 

IrmSin ï\lWdis 

; vicie; po; 

consulklO mn^l IYnû»m 

IHDICXIOHE X 

Fragment d'inscription trouvé au haut de la ville de Mouliers. La 
vingtième année après le consulat de Basilius junior correspond à 
l'an 56 1. L'indiction dixième ayant commencé le 1^ septembre de 
cette année, il y a pu avoir, au début de la troisième ligne, septem- 
briS , novembriS ou decembriS. 



326 

TODRETTES. 

Garrucci, Siaria delF arte rrûrûma, t. VI, p. 33 et pi. &97, n"^ 7. 

Un monument chrétien découvert aux Tourettes, hameau dépen- 
dant de la ville d'Âpt, m*est connu seulement par un dessin, par des 
renseignements du savant M. Deloye, conservateur du musée Galvet, 



374 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



et aussi par une gravure qu'a publiée le R. P. Garrucci. C'est un 
marbre à moulures dont le plan supérieur, formant table, est légè- 
rement concave. La f{^ce antérieure porte l'inscription : 




Entre les deux mots se trouve un cercle dans lequel a figuré le 
monogramme ^ accosté de l'A et de l'UJ. Ce chiffre disparu, mais 
dont la marque demeure reconnaissable , était sans doute en bronze, 
comme me semblent le montrer les trous percés dans le marbre, et 
qui devaient servir à l'y Gxe^r. 

Sous r€ de TTPOC^YXOY est une petite cavité incisée en ligne droite ; 
trois autres en forme de losange se voient sous le premier du même 
mot; d'autres semblables sont semées sur la partie supérieure du 
marbre ainsi que sur ses côtés. Ces cavités, aujourd'hui vides, avaient 
probablement été remplies par des verroteries de couleur, comme sur 
des pierres découverte à Poitiers ^*l 

L'inscription NltAM€NOC TÎPOC€YXOY, (t Fais ta prière après t'être 
lavé 7), montre que notre marbre faisait partie d'une de ces fontaines ou 
vasques placées à Tentrée des lieux saints pour que Ton s'y lavât les 
mains et le visage avant de se mettre en prière. C'était là un usage 
commun aux peuples de l'antiquité; juifs ^^^ et païens ^'^ le pratiquaient, 
ainsi que le firent les fidèles. Un très savant prêtre, Jean-Baptiste 



'' Ci -dessus, p. q6o. — ^'^ Prophêtia haiae, I, 16; cf. Justin. Apolog. I,$6i, 69. 
"^ Marini, ArvaU, p. 370. 



SECONDE NARBONNAISE. 375 

Thiers, a réuni des textes nombreux mentionnant les bassins oà les 
chrétiens venaient se puriGer ^^\ Une de ces fontaines jaillissantes est 
représentée dans une belle mosaïque de Ravenne (^) et une inscription 
célèbre, cent fois citée pour sa forme singulière, rappelle qu aussi 
bien que le corps, l'âme doit être lavée de ses souillures ('). C'est la 
redite d'une vieille pensée : «rQuas ratio est, écrit Tertullien, manibus 
quidem ablutis, spiritu vero sordente, orationem obire W?7) Saint Chry- 
sostome parle de même : trBien des gens, le soir, après avoir commis 
des fautes pendant tout le jour, se lavent, ditril, puis viennent hardi- 
ment à l'église et lèvent leurs mains pour prier. Les prières ne sau- 
raient être pures, alors que l'âme ne l'est point. '^'t) Et ailleurs, avec 
cette claire ingéniosité qui caractérise sa parole, il nous montre d'un 
mot, à rentrée des sanctuaires, les pauvres, pressés en foule à côté des 
eaux purifiantes : crNos pères les y ont admis, afin que la vue de la 
misère provoque la pitié de ceux qui franchissent le seuil sacré. De 
même que les fontaines doivent se trouver devant les temples pour 
que l'homme en prière puisse lever vers Dieu des mains sans tache, 
ainsi les pauvres y ont été placés pour que nous puissions purifier nos 
âmes par la charité avant d'adorer l'Etemel Wt». 

D'après la forme de ses caractères, l'inscription des Tourettes ne 
me parait pas être antérieure à la fin du vi^ siècle. 

''^ Dissertation sur ks porches des églises, ^^^ De oratione, c.*xiu. 

p. 37. ^^) In Epist, II ad Timotk, Homit. vi, 

('> Gamicci, Storia deU* arte eristiana, SA. 

pi. CCLXIV. (*) De verUs ApostoU : «rHabentes eum- 

^^ Gniter, 10&7, 3. dem spiritann') (in, S 11). 



» 

f 



376 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

327 
ANTIBES. 

Blanc, Ëpigraphie antique des Alpes-Maritimes , t. II, p. 991. 




Fragment appartenant à M. le colonel Gazan , qui a bien voulu m'en 
adresser un estampage; il a été trouvé dans les déblais du chemin de 
fer, à Notre-Dame-d'Entrevignes, près d'Antibes. Ainsi que je l'ai dit 
ailleurs, en traitant de la localisation des formules épigraphiques , 
Tentête B M [bonae memoriae) caractérise les marbres chrétiens de la 
contrée et ceux du nord de l'Italie ^^\ ' 

Le souvenir de saint Genès, si célèbre dans la Provence (^', n'a peut- 
être pas été sans influence sur le choix du nom donné à la chrétienne 
d'Antibes. 



328 

F. Brun, Inscriptions ancietines retrouoiesou inédites, p. 10 et planches fig. 3 (extrait 
du 11' volume des Annaks de la Société des lettres y sciences et arts des Alpes- 
Maritimes; — Lieutaud, La province artistique et pittoresque, 1 883 , p. 169, d'après 
le colonel Gazan. 

Marbre opistographique trouvé à Antibes au quartier du Cap. C'est 
par erreur qu'on l'a présenté comme bilingue ; les épitaphes gravées 

^'^ haeriptions ckrétisHnes de la Gaule, ^*^ Études sur les sarcophages d'Arles, 

t. II, p. tbli et 485. p. 36. 



SECONDE NARBONNAISE. 377 

sur les deux faces sont évidemment en langue latine. D'après la forme 
de ses Caractères, celle que j'ai transcrite la première me paraît être 
antérieure à l'autre. 




Hk requiescil in face RIA • Q^uae vixit plu$ nUnui AHNot . . . 

depasila est ^VB Dû V kalendas avgtutfkS IHdietùme ? . . . . 

Hic requiescit in pace bonae metnOK\ae NIA quœ vixit onNO^ . . . 

deposiia est mb dit Ya!endas ? ^OvembrlS indiettone . . . tieClMA. 



329 
AIX. 



CATV/TOVil 



J'ai reçu de M. Alfred d'Aubergue un estampage de cette inscription, 
découverte i Aix en i86g, près des anciens bains romains, à l'angle 
des rues de la Sabaterie et de la Glacière. Elle était enfouie à une 
profondeur de plus de trois mètres, et se trouvait sur l'ancien sol 
couvert de cendres et de débris de poteries antiques. A la gauche des 



378 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

caractères est une bordure ornementée, large de o m. 1 1, dont l'es- 
tampage ne ma pas donné Tempreinte. 

Mutilée comme elle Test à cette heure, l'épitaphe d'Aix semble peu 
faite pour appeler 1 attention et peut-être cependant, a-t-elle marqué la 
tombe de quelque personnage historique. 

Le seul point certain est qu'il s'agit ici d'un homme dont on vante 
la chasteté (^) et à la charité duquel on rend hommage, comme me 
paraît en témoigner la dernière ligne \AR(iA MA , si je la rap- 
proche de ces vers, écrits à la louange de deux martyrs : 



Divitias proprias Christi prœcepta seculi 
Pauperibus larga distribuere manu (^). 



C'est au ciel que le chrétien a dû recevoir le prix de ses bonnes 
œuvres W, et le début de la sixième ligne , JEHTARI, reste pro- 
bable du moi praesentari ^ semble nous laisser entrevoir que, dans la 
pensée du survivant, un bienheureux l'a ce présentée, introduit au sé- 
jour du bonheur éternel W. 

On m'excusera de m'engager plus loin encore dans le champ des . 
conjectures. Le mot C\REC\E de la septième ligne me paraît désigner 
ici la foule des fidèles, ainsi que dans ces vers épigraphiques écrits par 
Fortunat : 

Triginta et géminés pie rexit oviie per annos 
Et grege de Christi gaudia pastor habet. 

Te pastore gregi reddita plaudit ovis ^^K 

Ces paroles ont été inscrites sur les tombes de deux de nos évoques, 
Grégoire de Langres, Ghronopius de Périgueux. Le mot gi^ex se lit à 

^*^ Lignées. chrétiens de la Gauk, p. 79, 99; Revue 

^*^ Marini, dans 'Mai, Scnjp(orum v^terum archéologique, juillet 1877, p. 357; cf. 

nova collectio, t. V, p. Aâi, n** 3. Garnicci, Storia deW arte eristiana, l. II, 

f'ï Ligne 4 : AD CAEWM. p. 1 16 et pi. c. 

^*^ Études sur les sarcophages chrétiens ^'^ Fortnnat. , IV, 3 et 8 ; cf. Inscriptions 

de la ville d'Arles, p. 8; Les sarcophages chrétiennes de la Gaule, n*' 9 et 58a. 



SECONDE NARBONNAISE. 379 

chaque instant dans d'autres pièces de même nature ^^\ et je me de- 
mande si cette expression n indique pas ici qu'il s'agit également de 
quelque pasteur des peuples. 

Une particularité que je signalerai, sans vouloir y insister plus qu'il 
ne convient, peut mener à la même conclusion. Il est un certain 
nombre d'inscriptions dans lesquelles, en marquant l'âge du défunt, 
on fait deux parts distinctes des années de sa vie. Pour les prêtres, les 
religieux, on compte séparément le temps passé dans le siècle et celui 
qui a été donné au service du Seigneur ^^). Ainsi en est-il dans l'épitaphe 
d'un évêque de Numidie, où nous lisons : 

HIC IH PA 
CE RECIYI 

EKiT ;ah 

CTE MEMO 
RE PAl,I,ADI 
y; EPIK • VI 
XIT AHHi; UI 
EX Q.YIBY; 
VIXIT IH EPi; 
AHHiy XII w 

Cet exemple nous permettrait-il de chercher à compléter la pre- 
mière ligne : 

HO; EX CIY 

et d'y lire : vixit annos sext^eWOS EX Q^ibus vixit m episcopatu an- 
no» ? Je ne saurais à coup sAr l'affirmer, bien que la mention 

''> Foriunat., 111, i&.tS.tg, 3&, 99; ''> Notieu et mémoire* de la SoeUli ar- 

IV, 3, A , 6; V, 9, 19. ehêolcffique de CmMmtme, t. XIV. pi. XII, 

'" Iiuer.chrét.dekGauk,fT&.,f.iivim. d* 9. 

i8. 



\ ■ 



380 



INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 



des Aquemes nommés à la seconde ligne (') me porte à penser que notre 
marbre doit avoir marqué la sépulture d'un personnage ayant exercé 
chez ses concitoyens quelque fonction importante. 



330 
NOTRE-DAME-DE-SPÉLUQUE. 

Je dois à Tobligeante amitié du savant chanoine Albanès communi- 
cation d'une copie du fragment suivant, conservé dans le jardin de la 
chapelle de Notre-Dame-de-Spéluque, près de Montfort (Var) : 

hic REQIYIE£C 

il in pkCi sa 
menwKll DOW 

IV; PRB 

qui vixit . . AHH 
os VIII 

lE 

Ce marbre, dont je ne possède ni dessin ni estampage, est large de 
o m. 6â et haut de o m. 65. L'inscription me semble, d'après son 
style, devoir prendre place parmi celles qui m'occupent. Sa formule 
initiale se rencontre en Gaule dès l'année 669 (*^). Quant aux mots 
sanctae memoriae y nous les retrouvons dans plusieurs textes antiques: 
les lettres de saint Jérôme^*', un concile de l'an 669 W. Je les relève 
aussi dans quelques épitaphes : celle de Galla, que rapporte Grégoire 
de Tours ^^\ celles du prêtre Eripius, qui mourut en 5 1 9 '^' et du diacre 
SantoluSy datée du vingt et unième post-consulat de Basile (^l 



^'^ AQYEHwnM. 

^*^ Ifucriptioni chrétiennes de la Gauk, 
prëbce, p. ix. 

t*> EpiêL, XLVIII, S 18 (Ad Pamma- 
chium ). 



^*) Conctliae Galiia, p. 5o6. 
^*^ Glor. eonfesê. , XXXV. Cf. Inscriptiofu- 
chrétiennes de la Gaule, n* 558. 
(•> llnd., Il* A 19. 
f'^ Ci-dessus, n* i3i. 



SECONDE NARBONNAISE. 



Si notre marbre appartient en effet aux premiers ftiècies chrétiens, 
il conviendra d'y remarquer la qualification de Dominas précédant le 
nom mutilé du prêtre dont il marquait la tombe. 



331 

LA GAÏOLE. 

Gamicci, Cmitii taaoUea, 1878, p. 310 (série 10, l. VIII); — l'abM Duchesoe, 
Bulletin critique, 16 septembre 1686, p. 355; — l'abbé Albanès, Deux itucrip- 
lîoiu mitriquee trouvées à la Gai/ole; — Hirschreld, Corpus inseriptionum latinarum, 
I. XII, n- 5750. 



-iSÉÇNË/^CENEtvACrivceSMvNiMENESEpty f 
^<'i9»NT:BnNV'}-lAPECCAT'! S.ORSEFvCA'Pyj/vs.- ; 



't* Imegnem genetian, cruees tnunimene sepium, 
Insontem, nuUa peccali sordejucatum, 
( The)udonum parvum, quem pwa mente parentes 
Ppfoftanl saerof&ntes baplesmate tinguî, 
{Im)proba mon rapuit. Set summi rector oïimpi 
[Pra)ettabel requiem membris ubi nobele tignmt 
(In)fixum est eruee», Christique voeavetor eres^^K 

En même temps qu'il retrouvait le beau sarcophage chrétien de la 



' Otrùligw MMtilirr iflVf (cT. Rom., VIII. t;). 



382 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

Gayole, connu seulement jusqu'alors par une note de Peiresc^^), 
M. le chanoine Âlbanès ma signalé, dans le même lieu, rinscription 
que je viens de transcrire. Elle était plantée debout dans un ruisseau 
rapide, et Teau qui la couvrait en grande partie ne permettait ni de 
l'estamper ni de la lire. Enlevée par les soins du savant ecclésiastique, 
elle a été portée au séminaire de Brignoles, où je l'ai copiée. 

Une intéressante controverse s'est engagée sur l'interprétation à 
donner à celte épitaphc. On s'est demandé si Tespoir de voir l'enfant 
sauvé sans le baptême n'accusait pas chez ses parents une insuflisance 
d'orthodoxie; si le mot patims désigne ou non un catéchumène au ber- 
ceau, comme l'enfant de quarante jours dont il est parlé dans la Vie 
de saint Amand^-^; si le jeune Théodose comptait déjà au moment de 
sa mort quelques années, en d'autres termes s'il a pu concevoir, avec 
ses parents, ce désir du baptême, qui supplée à sa privation ^*J. 

II ne m'appartient à aucun titre d'émettre un avis dans une question 
relative aux matières théologiques, et je ne puis ici que m'abstenir. 
En ce qui touche l'espoir exprimé par les parents du jeune Théodose, 
je me bornerai à rappeller qu'un canon attribué par plusieurs au con- 
cile de Garthage contre les Pélagiens porte les mots suivants : a Si quis 
dixerit ideo dixisse Dominum : fn domo Patm mei mansiones multae 
8unt etc., ut intelligatur, m regno coelorum ent aliquis médius, aut 
ullus alicub locus, ubi béate vivant parvuli, qui sine baptismo ex hac 
vita migrarunt, sine quo in regnorum coelorum, quod est vita aeterna, 
intrare non possunt : Ânathema sit. Nam cum Dominus dicat : Niêi 
quis renatus fuerit ex aqua et Spirilu SanciOy non intrahit in regnum cae- 
lo}^my qui catholicus dubitet participem diaboli fore eum qui cohaeres 
non meruit esse Christi?^*^^^ 



^*) Leê Sarcopkageê ckriùeHê de la Guule, 
p. 167. 

^'^ Baudeniundus , Vita S» Amandi , c. IV, 
S liû (Bolland., 1. 1, feb. p. 865). 

^** S. Ambros., Deobttu Valent,, S 5i. 
'^ Co canon quo publie Qucsnel dans 
ton Codex canonum Ecelesiae romanae (S. 



Leoiiiê opéra, L llrf» 7&)i et qui nest 
rappelé qu en note par Mansi au concile de 
âi8 {ConciL, t. IV, p. 5o&), se trouve 
mentionné dans un traité de saint Au- 
ipistin {De origine animae, 1. H, c. xii, 
S 17), et aussi par PliOlius {Biblioth, 
cod. lui). 



SECONDE NARBONNAISE. 383 

Ce qu^admettent comme certain tous ceux qui se sont occupés de 
Tépitaphe, c'est que la mention répétée du signe de la croix fait sur 
le corps de Tenfant se rapporte aux cérémonies qui précèdent le bap- 
tême. 

J'ai rappelé plus haut deux textes qui nous disent la hâte d'un 
père et d'une aïeule courant à l'église pour demander que deux en- 
fants en grave péril reçussent le sacrement régénérateur^*'. Moins em- 
pressés ou moins heureux, les parents du jeune Théodose ont été 
prévenus parle trépas, et la légende placée par eux sur la tombe de 
l'innocent n'a pu dire que leur confiance dans la miséricorde divine, 
dans la vertu protectrice de la croix. 

La perte des enfants morts sans baptême laissait, dans les cœurs, 
une impression particulièrement funeste. Quel était le sort de ces 
innocents? Demeuraient-ils dans un état moyen entre la damnation 
et la béatitude? Nul ne pouvait l'affirmer, et, pour des esprits sans 
culture, une telle inquiétude devait s'exaspérer plus tard jusqu'à se 
traduire par une croyance sauvage. Au xi^ siècle, et plus tôt sans doute, 
quoique la preuve ne s'en trouve qu'alors, quelques superstitieux ima- 
ginaient que ces enfants devenaient des démons redoutables. C'est 
ainsi que, dans un Pénitentiel célèbre, le Correcior Burchardi, je relève, 
parmi tant d'autres interrogations étranges, cette question que pouvait 
poser le confesseur: trFecisti quod quaedam mulieres facere soient, 
instinctu diaboli, cum aliquis infans sine baptismo mortuus fuerit, toi- 
lunt cadaver parvuli etponunt in aliquo secreto loco, et palo corpus- 
culum ejus transfigunt, dicentes, si sic non fecissent, quod infantulus 
surgerit et multos ledere posset? Si fecisti, aut consensisti, aut credi- 
disji, H annos debes penitere ^^'. t) 

Après ce qu'en dit excellemment M. le chanoine Albanès, je n'ai 
point à revenir sur la forme de l'épitaphe de la Gayole, sur son or- 
thographe barbare, sur la singularité de l'expression rector olympiy 
qui rappelle tant d'autres termes mythologiques familiers aux poètes 

^^' Ci-dessus, n* 37. ordmingta der ahendîàndiscken Kircke, 

('^ C. ciLYi (Wasserschleben, Die Buss- p. 669. Cf. ie S 1&7). 



384 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

de l'épigraphie chrétienne ^^'. J'ajouterai seulement que, comme l'a fait 
Arator dans son poème De actibus Apo8tolomm^^\ Fauteur de l'inscrip- 
tion, en écrivant les mots summi rector olympiy s'est souvenu des hé- 
mistiches de Virgile : 

Superi regnator oiympi (/En. y II, 779); 
Sumrai regnator oiympi {ibid., VII, 558); 
Magui regnator oiympi {ibid.y X, 437). 

Le savant ecclésiastique rattache avec toute probabilité à la famille 
d'Ennodius, qui fut aussi enseveli à la Gayole, le jeune Théodose, 
rejeton d'une race illustre, ainsi que l'atteste le premier vers de l'épi- 
laphe. 

J'ai décrit ailleurs le lieu d'où est sorti notre marbre, et j'ai dit 
que des fouilles opérées sur cette place seraient probablement fruc- 
tueuses '^\ J'en ai pour garants les découvertes dès à présent acquises, 
les débris épars sur le sol ou encastrés dmis les murailles de la vieille 
chapelle, transformée en grange, qui fut le heu de sépulture et le 
sanctuaire d'une famille illustre. J'ajoute que les monuments déjà 
signalés sont faits pour appeler l'attention, non seulepient ppr leur 
valeur propre, mais par la diversité des temps auxquels ils appar- 
tiennent. Le sarcophage de la Gayole est, jusqu'à cette heure, le plus 
antique de ceux qu'aient laissés les premiers chrétiens. L'épitaphe qu'il 
reçut, alors qu'on y plaça un autre corps, ne saurait être antérieure 
à la fin du vi® siècle, et c'est au v^ siècle que me paraissent devoir être 
attribuées celles d'Ennodius et du jeune Théodose. 

^^' Inscriptions chrétiennes de la Gauk, ^^^ Les sarcttphages chrétiens de la Gaule y 

préface, p. xci. p. 159. 

t'> L. i,v. 37et346. 



ALPES MARITIMES. 385 



ALPES MARITIMES. 



332 

SAINT-DONAT, 




A Saiut*Donat, commune de Montfort (Basses-Alpes), est une col- 
line au sommet de laquelle on remar(}ue une excavation large de 
â*j à 3o mètres sur i o mètres de profondeur. Au fond de cette cavité 
sont des ruines appartenant peut-être à une église fortiHée. M. Tabbé 
Andrieu, à un rapport duquel j'emprunte ces détails, nous apprend que 
des fouilles entreprises sous sa direction par la Société scientifique et 
littéraire du département des Basses-Alpes ont mis au jour les restes 
d'un édifice probablement carolingien. Au milieu des débris s est trouvé 
le petit fragment d'inscription chrétienne dont je donne le dessin, et 
qui me paraît appartenir à la fin du v^ siècle. C'est le reste d'une épi- 
taphe où se lisait la formule banale : Htc in pkCÎ.KïquiesCn hOnae me- 
wiORlAE .....!" CtYi vixit annos. 



û9 



i 



r i 

1 

386 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

333 

PÉRUIS. 

Alliuer, Revue épigraphique du Midi de ta Fraïue, a* 35o; 
Hirscbfeld, Corpue tnecriptiomtm htituirum, t. Xlf, n" ^'yâô. 

Le fragment qui suit a été trouvé , en 1869, à Péruis (Basses- Alpes) , 
en préparant les fondations d'une maison, au quartier de Sous-Vière, 
au bord de la route de Forcalquier à Sisteron. Je n*en ai ni dessin ni 
estampage, et la copie que je reproduis a été communiquée à mon 
savant ami, M. Allnier, par M. Lieutaud, ancien bibliothécaire à Mar- 
seille : 

+ HIC REGtlesol in pace 

BQHE MlMoriae . . . qui vi 

XIT AHYJ ?lm minus . . . 

JiaiYJCY 

VOl^VEnV 

g AHATEMA 

taciam;im 

Cette inscription, dont la partie de droite a disparu, est difficile & 
) compléter dans son ensemble. Les mots VOl^VEnV el AHATEMA mon- 

trent clairement que, comme un certain nombre d'épitaphes que j*ai 
citées dans mon premier recueil ^^\ elle contenait une imprécation contre 
Timpie qui oserait violer la tombe, soit pour y chercher des trésors, 
soit pour y déposer un autre cadavre. S\ CtYIJ \SJk JEPYIJYRA . ; . 

i APERIRE VOI^VERIT . . . w S\ mS AI,1YD CORPY; JYPERPOJVERIT . . . <'' 

HABEAT AHATEMA. . .W, telles sont les formules courantes, l^e début 
de la quatrième ligne i^"! ClIY^ CV. . . rappelle les mots S\ QYi; CYM 

'^ InscriptioHê ehrétieimes de la GauU, ^'^ Gruter, 8o3, G. 

I. i, p. 090-993. ^*^ Muratori, 1900, 9. 

*^ De RoHsi, Buliettino, t86&, p. 16. 



! 



# 



• 



^r 



ALPES MARITIMES. 387 

fSIS . . . que nous tisons sut une inscription Àe même nature, malheu- 
reusement très en désordre W. Je noterai de plus, sous toutes réserves, 
f|ue le mot cupay synonyme de vas^ que nous avons vu plus haut'^^ a 
parfois désigné une tombe (''. Peut-être l'épitaphe de Péruis a-t-elle 
donc porté la fornude SI OtIYJ {quis) Clpam hanc aperire VOlvYEWT. 



334 
GIMIEZ. 



Brun , Amiakê de la Soeiiii de$ lettrts^ seiencet et arts dt$ Alptê-MaritiwMi^ 

t. II, p. 1 10 et pi. B, iig. 1. 

fJiÏÏCRE QVftsCtfBO.Nt AAlMORWS^ 
|T SPECTABiLlS'EXPECTAT VSQ.VIXrrc'* 
ANNV5i^lMVII CVIVSc^DP/^ 
ESTSVB-DI tV/miVKT DNltOK-IViSRI 

L'inscription funéraire ^Expeclalm^ depuis longtemj)S perdue lorsque 
j'ai publié le premier recueil de nos marbres chrétiens W, a été depuis 
retrouvée. frL'épilaphe, dit M. Brun, est gravée sur un morceau de 
marbre {K)rtant au revers trois moulures. i» J'en reproduis, d'après un 
estampage, un fac-similé qui rectifie la lecture autrefois éditée |)ar 
Gioffredo. Elle doit être transcrite comme il suit: 

T Hic requiescet bone memoriae speciabiKs Expectatus qui vixii aimus l 
mense^ vu cujus depositio est sub die viii kalendas junias ^ domino noslro 
Leone juniot*€ viro clarismmo^ cansule. 

C'est au IV*, au v* siècle, époque où furent renversés les monu- 
ments païens, que Ton rencontre en Gaule, ai-je dit ailleurs, des épi- 

^'' Albert Dumont , Revue areUolofiquê , et Cuba ; Doni , Inser, , xi , 6 ; De Rossi , Roma 

187a, 1. 1, p. is3. êotterranea, t. III, p. A 17, &18. 

') N*^ i85. (') Intcriptums ekriuefwes de la Gauie, 

'^ Orelli, n* 455o; Du Gange, v" Cupa n* 63i. 

A9. 



388 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

taphes gravées sur des marbres provenant d anciens édiGces^*). Celle 
àiExpecUUus, qui porte la date de li'jk^ confirme mon observation. 



335 
GIMIEZ. 

Marbre placé dans les marches du jardin du cioitre. J'en dois un 
estampage à l'obligeance de M. Tarbé. Les quelques mots gravés sur 
ce fragment montrent que Tinscription était métrique. D après la forme 
des caractères, elle était probablement du v^ siècle et chrétienne. 

(*) Imcriptiont chrétienneê de la Gauk, pn*face, p. xiix. 



LOCALITÉS INCONNUES. 389 



LOCALITES INCONNUES. 



336 

Je trouve dans un des recueils manuscrits laissés par Peiresc ('), et 
parmi des monuments de la Provence, celte inscription du v' ou du 
VI* siècle, donnée sans aucune note : 

HICIH PAC. . . . . . . 

pi,y; mihy; A . . . . 

CYM ÛljOS S\.... 

OCTOBRE IRA 

RAHIMiy Di; 

lycis^ûm 

;ericordia F 

Une grande part de la légende manque sur la droite, car la resti- 
tution de la première ligne, si courte qu'on la suppose, comporte tout 

au moins les mots : Hie m paee requieteit N quivixit. . . . L'épi- 

taphe marquait le tombeau d'une mère ou d'un père enseveli avec ses 
enfants ; elle se terminait par un appel à la miséricorde divine. 

''> BiU.nat.. Ibod* latin, n* 8968, f. s6i. 



890 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES 

337 

J ai vu au musée de Samt-Gerniaia-en*Laye une cuiller d argent 
donnée par M. de Saulcy qui la tenait d'un abbé de Gontréxeville. On 
ne sait rien de certain sur sa provenance, et je ne puis affirmer qu'elle 
ait a})partenu à un chrétien. Je n ai pas voulu toutefois écarter de mon 
recueil cet objet, qui date évidemment du v*^ ou du vi* siècle. Dan» 
la partie concave de la cuiller, est gravée Tacclamation VIGVRE0 
VIVAy. On possède un certain nombre de ces cuillet*s à inscriptions, 
dont la forme est très caractéristique. Nous en avons vii plus haut une 
qui a été trouvée à Sasbach('). Une autre sur laquelle on lit HAEVI 
VIVAy a fait partie de la collection du baron Davillier ^^^ et j'en ai publié 
autrefois, en signalant des pièces de même nature^une troisième, qui 
provient des environs de Libourne (*. 

'^ N* 79. la Société des Antiquaires de France, t88o, 

^'^ Elle a éié mcnlionmfe par mon coih p. 8&), 
frère M. Héron de Villefasac (Bulletin de ^^^ Inscript, chrét, de la Gaule, »• 686. 



SUPPLÉMENT. 



PREMIÈRE BELGIQUE 



C'est à Theure où était imprimée h plus grande partie de ce volume 
que j*ai reçu du savant M. Kraus un recueil d'ensemble réunissant les 
inscriptions chrétiennes de la région rhénane. Je reproduirai à mon 
tour ceux des monuments de Tespèce dont je dois la connaissance à la 
publication nouvelle, me bornant à renvoyer, pour leurs fac-similés, 
aux planches héliotypiques qui accompagnent ce bel ouvrage. 



33« 
TRÊVES. 

Hausen, Beitrâge zur Geichickte der eirizelnm I^arreien dei Stadic^ 169; — 

Barsch^ Der MoieUtnm von M^ Ut CoUenz^ p. 83=;-— Kraus, Die AbdiriitUd^eH 
Inêchri/ien der Rheinlande^ n"" 87 et pL X, n'' 18. 

HIC BEHE CIYIEKET IH PACE 
kHÎXJNS aVI VIXIT AH 

Ho; xxxnii et meha; m 

die; XV RYTA fiyO 
aRIX;iMO TITYI^YM TOPiïï 





Marbre trouvé à Saint-Mathias et conservé au musée de Trêves. 



392 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES, — SUPPLÉMENT. 

A la gauche du vase est un arbre, symbole de la résurrection ^^K 
Porphyre nous apprend , dans la Vie de Platon , qu'un disciple de ce 
maître changea son nom d'Amelius dont la signification lui était déplai- 
sante ('^). kfiéXeiOL veut dire, en elTel, ainsi qu'on le sait, tr négligence i) ; 
et si les chrétiens, chez lequel le nom à'Amelius est assez fréquent, l'en- 
visagèrent, comme le philosophe, au point de vue de Tétymologie , peut- 
être y a-t-il lieu de Tinscrire à côté de celui de Neglecla et de le joindre 
ainsi aux documents nombreux (^) qui nous montrent, chez les anciens 
fidèles, un absolu mépris de la parure et même des soins du corps (^^ 



339 

Trieriêche Landzêitunff , 17 nov. 1880; — Kraus, n"" io3, et pi. XII, n* 5. 

HIC REaYIi;CIT MARCm 

; et vi/xiT any; xxv 
py;ena tityi^ym hsu 

IT IN DIE fATI ;Y1 

® 

Marbre blanc venant du cimetière de Sainl-Mathias en 1880 et 
conservé dans l'église. 

L'expression IN DIE f ATI ^YI me semble empruntée à la pliraséo- 
logie païenne (*'. On en trouve toutefois l'équivalent dans ces mots do 
trois épitaplies chrétiennes de Rome dont l'une est datée de l'an 388: 

fATYM fECIT PRID-IDY;-MART; III MS MAIAJ fATYM fECIT; fECIT 
TATY {pour fatum) IIII IDY; OCTOBRIJi^). 



^'' ItucriplioM chrétiennes de la Gaule, 
n" ùSù el(. IL p. (>oG. 

^'' Porph yrins , De vita Plotini, S 7. 

''^ Voir ci-dessus , n* 1 78. 

^*' Inncriptionê chrétiemies de la Gaule, 
pn^face, p. xcvii, xcwiii. 



^^^ Cf. Fabrotli, Inecriptionum axuiquaruin 
quœ in œdibus paterniê asservantur explicatio , 
p. 87, 88; Morini, Atti e ^notwmenti de'/ra- 
teUi Anali, p. 555. 

^•^ Vellori , Disserlatiophiloloffici, planche 
et p. 7. 



PREMIÈRE BELGIQUE. 393 

3A0 

Hettner, WesidetUschland Zeitêdir. KwretpondenzbL^ i*' nov. 1889; 

Krau8, n"" 10& et pi. VIII, n"" &. 

ITIN 

roiecty; 

vixiT ah; xxiii 

i,YM po;yit pa 

R ET MATER 

ACE 

Hk requiescit in pace Projeetus qui vixit annos xxin. 
Titulum pomit pater et mater in paee. 

Fragment trouvé à Saint* Matthias, dans le cimetière de Saint- 
Eucber situé au nord et à lest de l'église ^^\ 

Gomme les six marbres qui vont suivre, il appartient au musée de 
Trêves. 



341 

Bone, Trierisehe Zeihtngy 1877, n^ 16; — Hettner, Jahrbùcher von Allerthunuk. in 
Rheinl.y fasc. lxi, p. 87; — Diel, Die S. MatMaskirche , p. 180; — Kraus, 
n** to5 el pi. IX, n* 7. 

eyticiany; ih pace 
fiDEy; 





Marbre tiré, comme le suivant, du cimetière Saint-Matthias. 



^'^ Voir, au sujet de cet antique cimetière, les Jahrhùeker wm Ahertkumsk, in Rheini. 
t. XII, p. 71, et surtout Wilmowsky, Das Cœmeterium S. Eueharii. 

5o 



IK. 



394 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

342 

Trierische Zeitung, 7 mai 1881; — Hettner, Westd. Zeitsckr. Karrespondembl , I, 
270; — Diel, Die S. Matthiaskirche^ p. 181; — Kraus, n** 106 pi. X, n** t3, 
et Addenda, p. 6. « 

IC • CtYIEXCET • VITA 

K\s • ei^eariy; • codo 

RACOfU,Y;ET-VITA 

ï,iany;-et-codora 

INOCENTi; • GtYIE • IN • PACE 
Inscription de formule confuse, découverte en 1881. 



343 

Hettner, Westd. ZeUschr, Korrespandembl. , i*"^ nov. 188 a; 
Kraus, n'' 107, pi. X, n® &, et Addenda^ p. &. 

...YR/ECYf 

IO?ATAIACE( 

ORE DEI • I^EONTIm» 

et Aï>i\f\k po;yerynt 

Fragment trouvé, comme les suivants, dans le cimetière de Saint- 
Eucher. 

Je ne saurais dire comment s'agençaient avec le texte les mots atnore 
i)«^'' qui paraissent avoir été gravés sur le marbre. 

'*' Gi-dessuB, n° 6. 



PREMIÈRE BELGIQUE. 39S 

Uà 

Hettner, Wettd. Zàtadhr. KttrmpmiaabL, i" dov. 1889; 
Kraus, n" 108, et pi. X, n' 19. 

Hic in PACE aVIE/CYHT 
très? DYl,Ci;;iMI fRATm 

ioviniahy; inhOc 
«htiy; et dedamiy; 
ity; etbs ykbaha fa^t 
e; tityi^ym po;yiryiu 



3^5 

Hettner, Wettd. Zeitn^r. Korre$p<mdenzbL, t" nov. 1889; 
Krans, n* 109, et pi. X, d* 5. 

Hic miscïï 

;...TAIHPACE 
quœ VIXIT AH Y M II 

dies XV MATEr 
titulutn posuit 



U6 

Hettner, Westd. Zeitichr. Korreêpandembl., i*' nov. 1889; 
Kraus» vt* iio, et pi. X, n"" tS. 

hic CtYIEKIT IH PACE 

. . . voaTv; CYi vixit 
p/«; Mehy; ahho; 

. . . XY f RAHCOl^A COIYX 
... A TETYI^YM PO^YII 



ôo. 



£ 



396 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

347 
Kraus, a" m, et pi. XII, n* 9. 

HIC BEHE CIYIEKET 
lOVINA ClYAE VIXIT 
AHHO;X...ET-M-X-DV 
VIATorCOHIYCyl 

f 

liftil^YM pomit 





348 

Idem , n° 1 1 9 , et pi. IIX , n* 6. 

® 

XOIH 

.....A PO 



349 

Idem, 11° ii3, et pi. XII, n* h. 

Hic lACET ClYAE VIXIT 

mEN;E; IIII • ET 
dies... fionfOW CON 

jux eCis ET rigi ;yi 
etï^epidy; 

. . . oftwîVEHTi;;iMAE 
tituJum postitfRYHT 



PREMIERE BELGIQUE. 397 

350 
Kraus, n" ait. 

pallK TITYl^O fOmit ? 



351 

Idem, n* ii5. 

lA 
MA 

ht; 

RIM 
AM 



352 

Heltner, Kùrrespondembl. d. Weitd. Zeitschr.y V, n** Sa; 
Kirsch, Rôm, QuartaUehri/i^ t* I» p* ^85; — Kraus, d** 1 16, et pi. XV, n* 3. 

HIC BEHE PAY;AHT SCOTÏO 
m VIXIT AHHO; I,XV COIYX D 
Yl,Ci; • yiMA POXYIT TITYl, 
YM PRO CARITATEM 
SCOUl PAX TI 

CYM/IT 





Inscription en beaux caractères. 

Nous avons déjà vu les mots pax teeum sur nos marbres les plus 



398 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

antiques t^>, puis au vf siècle et probablement au vn*<^). I/épitaphe de 
Trêves nous en apporte un exemple qui appartient au v*, La présence 
de cette formule ne peut donc fournir, en Gaule, un moyen d'estimer 
Tâge des inscriptions sans date. 



Sous le n° 1 17, M, Kraus enregistre iq8 fragments trouvés dans le 
cimetière de Saint-Eucher et conservés à la sacristie de l'église Saint- 
Matthias. Un grand nombre de ces débris, que le savant auteur repro- 
duit dans ses planches XIII et XIV, ne donnent que des lettres isolées 
dont on ne peut rien tirer. Quelques-uns portent des mots ou des 
signes chrétiens. Notons les formules tN PAG (n° 36), HIC lACET, HIC 
PAYJAT, HIC CtYIE^CIT (n°* 65, 67, too); un personnage en prière 
et une colombe (n** 38); une autre avec un arbre (n° Û5); des mo- 
nogrammes du Christ (n*"* 39, ûo, ûi, 67, 5û); de nombreuses 
traces d'images de colombes (n*^ 62, Û3, 64, 45, Û6, 68 à 53, 55, 
56,57). 

Je transcris ici les moins insignifiants de ces débris : 

353 

Kraus, n° 117, 87. 

/)o«tieRYHT 




• ^'^ Inscriptions chrétiennes de la Gaule, *^ Ci-de«suB, n 187; Inscriptions ehré- 

n*** /197, /199, 619, 5ao, 5Qa, 533, 54t. tiennes de la Gaule, n" 829 \. 



PREMIERE BELGIQUE. 399 

35â 

Kraus, n° 117, 58. 

DE ClViT 
ITOCAE 



355 

Idem, n* 117, 69. 

onN ietme;i;. 

TICvRi; IHf AiM 

ece;;it PATréw 

titulum posuERYNT 



356 

Idem, n<* 117, 65. 

HIE PAYmu 

<;ENE;itM? 

dl Vixù, . . 



357 

Idem, u* 117, 67. 

HIC lacet 
EYT)IA 

rithy; 

MIT 



I 
I 

9 



I 

t 



t 

t 
t 



400 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

358 

Kraus, n" 117, 100. 

C • CtYIEKû in pa 
CE El,BEC 



: 359 

t 

t Idem, n** 117, 19&. 

;ioi 

NICETIA . 
;7PREMYM 
M 



360 

Weêtd, Zeitschr. Korrespondenzbl y VUI, n° a8; — Bucheler, ibid», n** 5i; — Ibm, 
• Rom. Spiehafeh {donner Stud., Stultg. 1890, aa3); — Cngnat, Revue archéoL, 

t ' 1889, t. Xn, p. 285; — Kraus, n° 118 et pi. XII, n*»' 1 et 3. 

J MEMORIO CONIVg 

DYI,Ci;;iMO GlYI 
VIXIT ANNi; XXXVII 
aSlk P057IT i 
IN PACE 

Inscription découverte, avec les suivantes, dans le cimetière de Saint- 
Eucher et déposée de môme à la sacristie de l'église de Saint-Mat- 
ihias. Comme tant d'autres trouvées aux catacombes romaines'*^ elle 



^'^ Lupi, Epitaphium Severœ, pi. IX et p. 67 ; De Rossi, lioma solterranea cristiana, t. III, 
p. 35o, 369, 37 A, 376, 3H3, 389, 39t. 



PREMIÈRE BELGIQUE. iOl 

se lit sur le fragment de Tune de ces tabulae lusorxae qui sortaient, ainsi 
que les épitaphes, de Tatelier du lapicide. 

La tabula brisée porte les mots suivants, qui rappellent à la fois et 
les élans d'orgueil d'un grand peuple accoutumé à vaincre et cette 
passion du jeu, qui devait, aux jours de l'invasion, rester ardente chez 
les gens de Trêves au milieu d'effroyables désastres W : 

virty; imperi 

HOrrE; VINCTI 
l^YDANT ROMANI 



361 

« 

Sous len'' 1 19 (i-qS), M. Kraus enregistre des débris portant quel- 
(]ues caractères sans suite qui proviennent tous sans doute d'inscriptions 
chrétiennes. Sur l'un d'entre eux est une croix, sur l'autre l'image mu- 
tilée d'une colombe. 



• » 



362 

Diel, Die S. Matthia$kireke, 181, 81; — Kraus, n" i90 et pi. VIII, n" 5. 

VRA avE 

vixit annos. . . V ET ME 
nses COHIV 

gi E 

T 

Ce fragment et les neuf qui vont suivre ont été trouvés à Saint- 
Matthias. Les six premiers sont au musée de Trêves. 



^'^ ffSimul omnia, luxds, polationed, perdidone^; euocU omQeâ pariter agebant, lude- 
bant, ebriabantar, enectabanlur. « (Salvian., De gubematkme Dei, VI, i3.) 

5t 



nviiatiiK ■ârio^ALi 



U» INSCRIPTIONS CBRgTIBNNES. — SIPPLÉMBNT. 



363 

Sfl«««»....JM . «h.»>l*> C iii fc > ^ ^«i>fc*t y iiii>H B i. a Tnir. 1869, 6i'. 
nM. flir .s; ifilliiiiriill. 178, Jo; — Kma, •• I9t •( fL H, 11- >S. 



.^■uiOyVIETMEHnyil ET 

«. . . . ^.!>» iioi,ie; 



/Mm« ^ t>cnl ici (tour lUiinM ^''. Nous retrouveraiiï plus loio reipres- 
ïfcw tUfm '- fixsiuenle sur les épitiphes de Rome •*' que nippelleat si 
s^Mivenl «Jles de Trêves, 



HMtXT. H«^t J»< U.( JUairjD t ^ tiiiUL. |\. 9i«l: 

OAMUIVIHVM 
HIC lEHE W 
EiCET IH î 

fV— nW m t umtrm im lût km* fWwv* w fMnr. 

1^ tWunt luo iwnill «\<Mr e(e Tun «le ces ihMubrvux VMKlhHtiMiire^ 
»|«e r«weupdilHW (\MiMine a«ail réunis à TVvw^ 






^ liHa». Amm *A.. |k 1*5; MMî. 
t ^u ntw. [^ 3C^<. $^. S$«. rtr. 



PREMIÈRE BELGIQUE. A03 

365 

Hettner, Jakrbikker v<m AUerthmnik. m Bheùd., f«BC. lxix, p. aa; 
Diel, Die S. Mattinadàrdu, p. 181; — Kraus, n' 196 et pi. VIII, n" 8. 

Hic jaeetf in PACE Cjy 

wXIT-AH-l,V 

«mj-YX-TITY 

lum posait 



366 

Hettner, Jakrbicher von Aberthumsk. m A&em., fasc. lxix, p* 99 ; 
Diel, Die S. Matthiaskirehef p. 181 ; — - Kraus, n® 197 et pi. X. o"* 3. 

HIC M? 

DEHTIA QjuB vixit antios 

XXVII ;ic 

PII lltdutn po? 
S\ 




Devant la colombe est gravé an olivier. 



367 

Hetlner, Wettd. Zeitidtr., IV, 918; — Kraus, n" 138. 

HIC CtYIEXCIT IH PA 
CE • CIYI VIXIT AN VIII 
EMEHBI CYI VIHARDY; 
PATER ET I^YPERCA Ma 
TEr TETOl^VM fOnirunt 

5i. 





404 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

La lecture du commeDceioenl de la troisième ligne oà Bgurait pro- 
bablement le nom du défunt est incertaine. Les mots cm Vùmihu polar 
et Luperea moMr ftAi&aii ponenau me semblent permettre de voir la 
même formule dans une inscription de Trêves aujoard'hui perdue H 
d'y lire : etu Urwhu et Mmaiu tt Hetha littUum ponenmt C, 



368 

HIC aVIEKlT IK PA 
CEJMECTVf ftVI VI 
Xrr AH XVI VIHDE 
MIOl,A MATER TETO 

kVM torm 

Marbre blanc venant de Saint-Matthias ainsi que les trois suivants. 
Au revers sont des cannelures. /Vùcfws est écrit ici poor IVct^eetiu. 



369 
Idem, n* i3o. 

ymeTCET IN PACE 

«EOfITAftYAE 

parehte; 

MmAun potuenmt 
Voir pour le mot tuoplu/U, ci-dessus, n' i&a. 



rt«iiN> Iranscriptina, prob«bl«nM>ot butire. 
|Mrlr ïYrYRm.Yï. elr, U fermale qoe je 



propoM de rettibMT id te trnuTC mt ta- 
nnin mailira de Ti^rts (lUd., a~ »*k, 
ait, 169. !)•)> 



PREMIERE BELGIQUK. 



i05 



370 
Kraus, n* i3i, d'après une copie du D^ Hettner. 

HIC lACET IN P 
ACE DAfINi; a 
VI VIXIT AHH 
oS XXVI Dtes 

';ii 

Dafinis est sans doute rois ici pour Dafnis. Celte insertion d'une 
voyelle est un fait connu. Aux exemples réunis par M. Seelman^^^ on 
peut ajouter entre autres les mots 0P1TYMA«, TEMPVl,YM W, YBERI- 
TAJ, IJBERITA^'W et DOME^'ITICY^ que nous avons vu sur un marbre 
de Trêves <*). 



371 

Idem, n* 9&8. 

SK. 

...aRi;;iM... 
f 

Fragment de marbre rouge trouvé en 186& 



^*) Dk Autpraeke des Lalemt, p. s5i. 
^*) Wilmanns, Extwtpla mteripU latU., 
,11* 555. 

^^^ Corput ùucrftimum laimarum, t X, 



n* 1 5 78 ; Inêcr^tlkms ekrétwmet de la Gûule , 
n* 5&91. 

<*) Marini, ArvaH, p. 616. 

(') Ci-de8BU8. n* 38. 



406 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

372 

Schoemann, Jahresbericht der GeselUehaJifûr nûtzliche Fonchungen zu Trier, 
i865-i8C8, p. 62; — Kraus, n^ i58 et pi. VII, n^8. 

. . IC PO;iTA Ul Cl,ARi;;iMA f EMINA 

. . yae mervit mixerante deo yt f yhv; 
nexciret natae glyae mox in pace si 
. . . conce;;ym eh ;oi,amen eu 
ve potyit c 

R 

Hic posita est clarissima femina quae meruily miseranle Deo^ utfunus nescivet 
natœ. Qiue mox in pace sequi concessum est solamen ei . . . ne potuit . . . 

Dalle de marbre blanc trouvée près de Téglise de Saint-Maximin et 
appartenant comme les suivantes au musée de Trêves. 

La femme dont elle couvrait les restes était de famille sénatoriale, 
comme le montre la qualification clarissima. Son épitaphe, Tune des 
plus touchantes qu aient laissées les anciens, sort du type banal des 
légendes rédigées sur des formulaires. Elle nous apprend que, par la 
miséricoixle de Dieu, une mère est morte sans avoir su que sa fille 
lavait précédée dans la tombe. 

Comme on le voit parfois sur d'autres marbres , les f de femina et 
à^ funus ont la forme de TE^^'. 



373 

Uettner, Westd, ZeiUchr., VIII, 975 ; — Kraus, n** 169. 

i,ARi; 

; PATER Th«/ 

YM ?Omit 



'^^ Cf. Comptes rendus de l'Aeadimie des inscriptions, 1881, p. s&&-a&7. 



PREMIERK BELGIQUE. /i07 

374 

Hettner, Trieritehê Latideszeitung. , a i juillet 1 888 ; — Trier. Zeitvng, iU août 1888 ; 
KomspondembLd, We$ld. Zn'ttcA., Vil, n"! 18; — Anzeigerd. Germa». Mtu.,i888, 
1 1 7 ; — Kirscb , Rôm. QuartaUchr.f. ehrùtl. Aherthunuk. , 1 889 , p. 3o& ; — Kraus , 
a° 160 et pi. XVII, n* 1. 

UJA6 KITÀI 6H ^ 

OYPCIKINOC ÀNATO 
AIKOC 6ZHC6H A6 
MIKPUJ TÎAIUJ 6TH 
Ke-aYI-VIXITAN-XVIIlI 

ÙSe xetrat iv Xpê</I^ Oùpaixtvoç AvaroXixàs. Etl^rjaev Se (iixpA «rXe/si» Irii iâ9. 

Qui vtxit amios xvuu. 

Dalle de marbre blanc. 

On trouve souvent, comme ici, le monogramme du Christ repré- 
sentant son nom (''. 

L'indication de la patrie, rare dans les épitaphes latines des chré- 
tiens, se rencontre souvent, ainsi que je Tai dit ailleurs, dans leurs 
inscriptions de langue grecque W. Plusieurs de ces dernières sont termi- 
nées, comme celle d'Ursicinus, par une légende latine ('\ 

Il y a ici défaut de concordance entre le chiffre rond xvnn et la mention 
yuiKpSi 'ufkzltfi hri xff qui veut dire : erun peu plus de vingt-neuf ans i). 

Le chrétien de Trêves était peut-être, comme XAzizos Agtnppa mort 
dans la même ville, un de ces nombreux orientaux, vulgairement ap- 
pelés syriens qui venaient en occident, le plus souvent pour y (aire la 
banque ou le commerce '*'. 

La substitution du x grec au c latin dans le nom ôiUrsicinHs n'est 
point un fait isolé. Dans quelque partie de la Gaule qu'elles aient été 

(') Boldetti, p. 3&5, 873, &63, 486, Rossi, Itucript., t. I, p. loa (a* 867); 

n^h'jy etc. Ituer. chrét, de la Gank, n* 6i3. 
<'> Inser. ehrét. de la GauU, n* 67. ^'^ Ibid., n* aaS et 6i3a. S. Hieron., 

'^^ Marini, Arvali, p. 61 3 a, ^Sh; De £p. cxxi, S7:(rNe^otialonbu8etavidi88iinb 



408 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

{][ravées, au nord comme au midi, depuis les plus anciennes jusqu^à la 
fin du vu^ siècle, nos inscriptions chrétiennes nous montrent le c conser- 
vant, suivant Tusage antique (^), sa prononciation gutturale devant Ye et 
IV non suivis d'une voyelle (^'. C'est ainsi que nous y trouvons CHIHXIT 
pour cinxity PYl^CER, ARCEPRB pour pulchm\ archipresbytery /YMACI 
fouY Symmachi , IN PAFE et, par trois fois, IN PACAE ^^K De tous nos mo- 
numents, un seul apporterait une exception ; c'est une épitaphe d'AHes, 
gravée vers le début du vi* siècle et sur laquelle on lit très nettement 
REGtYIEXET pour requt€8cil^'^\ forme qui, au premier abord, semble 
fournir une marque de l'adoucissement du c devant l'i non suivi d'une 
voyelle. Bien que le fait ne soit pas sans exemples, il ne peut toutefois 
s'agir ici que d'une lettre omise par une de ces erreurs si fréquentes 
sur les marbres W; quelques lignes plus bas, en effet, lec parait avec 
le son guttural dans le nom du consul, Symmachi écrit JYMACI. Telle 
était aux premiers siècles chrétiens, dans les conditions dont j'ai parlé, 
la manière courante de prononcer cette lettre. Quand on veut, en 
effet, examiner de près les exemples épigraphiques produits en sens 
contraire^^), on en voit disparaître le plus grand nombre. C'est ainsi que 



mortûlîum Syris». An qua palude, ëcrit 
Sidoine Apollinaire h propos de Ravenne, 
indeainenter rcrum omnium Icge perversa , 
fœnerantur clerici, Syri psallunt.'» (Lib. I, 
Epiêt, VIII ). Cf. Eumon., Paneg, pro restaih 
randiê seholis^ c. x : rr Syrus mercalor 9 ; Greg. 
Turon., Hist. Franc, vu, 3i : irEiifronius ne- 
gotiator syrus»; x, qG : (rEuschius quidam 
negotiator, génère syrus d; VitaS, Genove/œ, 
c. VI, S â6 (Bolland., 3 jan. t. I, p. i&o.) 

''^ Quintilien, 1, vu. 

^*' Cf. InscripL ckrét, de la Gaule, n" 17 
( a* 6oa) , NECVCI ATORi;, SlkClQ , ORACIONEM. 
Vê qui s'emploie comme le c dans les mêmes 
conditions témoigne (également du son doux 
de ceUe dernière lellre. (Ibid., n* 18 : IH 
OB;ERVAnOHE; n* 438 a : IDY; MAKHA;.) 

<^) Intérêt, ehrét, de ta Gaule, n*' 91, 



34&, tiili, 69&, 697 et, dans le pr^^scnl 
volume, n** 169, sâ a a et 376; cf. n* 387. 

^*^ Ci-dessus, n* 169. 

^*^ Voici un relève sommaii*c de mots in- 
complets que présentent les inscriptions: 
Bosio, p. 4oi : CRIPINA (Crispina); Boi- 
detti, p. 4io : COMCJ, VIT, GlXIT {conjugi, 
vixtt, quœ vixtt); Marangoni, Acta S. Vie- 
tor,, p. 46o : IH PAE (m pace)\ Marmi, i4r- 
vali, p. 171 : COHROIA (C(mcordia)\ Oreili, 
n* 4670 : fERYNT (Jecerunt); Fea , FrammenU 
difasti eonsulart, p. 90 : BRCÎNIA (Virginia); 
Perret, Catacombes, pi. L, n* q6 : YX^R» 
REDET, hllKkS {uxêor, reddedet, decembras); 
ci-dessus, n* aQÔ : lUA^ {Julias), etc. 

^*^ Voir Schucliardt, De Vocalistnus des 
vulgar Lateifis , t. I, p. i63; Seelmann, 
Die Ausprache des Laleins, p. 348. 



PREMIÈRE RELGIQUE. /i09 

la copie ûgurée d'une épitaphe aujourd'hui disparue, celle de saint 
Cloud, substitue JCEPTRYM au mot septrum qu'on avait transcrit par 
erreur^»). Il en est de même pour REQVIESIT, DVLSISSIMO, 
CIRIAM, CETAES, pour d'autres mots. également cités d'après des 
inscriptions inexactement lues (^). Il ne m'appartient pas d'examiner les 
textes étrangers à ceux dont je poursuis l'étude. Je noterai toutefois 
qu'une pièce d'or mérovingienne du Cabinet de France , mal ûgurée dans 
la Notice des monnaies de la collection Rousseau ^^\ ne porte pas, comme 
on l'a dit, fEXETW mais bien fECET; j'ajoute que dans l'original d'un 
diplôme de Clotaire III^*', conservé aux Archives nationales, le papyrus, 
détérioré en cet endroit, parait plutôt donner requiescet que requiesset. 



375 

Hetiner, Wesid. ZeiUchr., VIII, 375; — Kraus, n* 161 et pi. XVII, n'' 1. 

Hicjaeet IN PACAE ikVsUna? 
pll^U Q.YI VlXh annos 
men$\S X PRO MERITO . . . 

; vireiy; 

TITu/um 
potuù f IH(?) 




^'^ Voird-après, p. 469. 

^') Les marbres aoxqueb on s^est rétéré 
pour ces quatre derniers mots avaient été mal 
déchiffres. Ils ne portent ni requietit, ni 
duUissimo, ni eiriam pour St/riam, mais 
bien REQVIESCIT (Cf. Corpus inser. laL, 
t.X,n-.j793),DVLCISSIMO(/*iy.,t.V, 
pars. 1, n* 9^5), MACERIAM {Ilnd., 
t. VIII, u' 1089). CETAES n'est point, 



comme on Ta suppose, écrit pour Zetaes, 
Diaetaeê ; c'est un mot dont le sens exact n'est 
pas connu ( Ibid, , t. V, n* 3787). Un travail 
que prépare mon savant confrère , M. Gaston 
PAris , ajoutera à ces premiers redressements. 

<»> PI. I,n*90. 

'*^ Engel et Serrure, Traité de nmmitma^ 
tique du mopen âge, p. 7s, 9a et ii5. 

^^^ Pardessus, Diphmala, t. I, p. 107. 

59 



ItL». 



aïO INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. -^ SUPPLÉMENT. 

Fragment de marbre blanc. 

Nous avons déjà vu, dans la Première Belgique, sur une tombé 
de pierre moins antique que celles de Trêves, la représentation de la 
morte en prière ^^J. 

376 

Hettner, Westd. ZeiUchr., VIII, 276; — Kraus, 11° 16a et pi. XVIF, n*» 3. 

HIC ?ku8(U, . . . 

CIBIJDE 

GtYI VlXif. ... 
AMICIi; 

Débris de marbre blanc. 

Je n'ai pas encore rencontré sur les marbres païens le début Hic 
pausat. Si cette formule a, comme il le semble, été gravée dans notre 
inscription, elle me paraît permettre de la classer parmi les monuments 
chrétiens où figure si souvent le mot pausare (^'. 



377 

Kraus, n° 189. 

N III ET die; XI 
OI,A PATRi; P 

vtxit ann. m et dies xi et ola paires pomerunt 



Fragment de marbre blanc trouvé à Saint-Paulin. 



^'^ Ci-dessus, n' 44. — ^*i BoldetU, p. 899; ItmnpL ekréu d$ la Gauk, n" aSo, «65, 
5ii, 5i4; ci-dessus, n** 359, 356, 4a5. 



PREMIÈRE RELGIQUE. «11 

378 

Sous le n** 1 g 1 , M. Kraus publie douze fragmente d'inscriptions éga- 
lement tirés du cimetière de Saint-Paulin. Dans ce nombre figurent les 
restes d'une tabula lusoria dont le revers avait sans doute porté une épi- 
taphe chrétienne ^^'. On y voit, l'un au-dessus de l'autre, ces deux mois 
formés de six lettres suivant l'usage commun : 

I^YDERE 
ET DARE 

Les autres débris proviennent de marbres chrétiens sur l'un des- 
quels on lit : 

SKmus? 

Quatre de ces épitaphes étaient ornées de colombes dont Tune bec- 
quetait des raisins. 

379 

Kraus, n"* 199. 

yr;io viva; in d^ 

Grande pièce de marbre blanc conservée dans la crypte de l'église 
de Saint-Paulin. 

380 

Idem, u? 193. 

HIC lACET \Sk 

m vixiT iH PACEN m\ 

ANHO; P M XXX rORTIO COIYX 

«•y; doi,en; TTTYi.YM po;yit 

^'J Cf. n* 36o. 

5s. 



y 



fw* 



I i 



^ 



il 



in INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

Marbre trouvé en 1890 près de Saint-Paulin. Il appartient à un 
particulier. 

Sous le n° 19/i, i-i3,M. Kraus a donné plusieurs fragments trouvés 
de 1873 à 188& dans les thermes romains, à Sainte-Barbe. Ten tran- 
scris les moins insignifiants : 

381 

tihy; m 
OHrr 

V 



382 



I HIC lACEt 

I 

I 
4 
/ 

l 

I 



VIXIT ANI 
Au revers d'une inscription païenne. 



383 
HIC Oyiescit in pa 

CE e;e 



38â 

IH PACE 
conlVX tilu 

/«M POXVt 
T 



PREMIÈRE BELGIQUE. 413 

Sur l'un de ces débris, qui ne porte plus qu'une seule lettre, sont 
gravés un vase et un rameau. 



385 

Kraus, n* 95&, &. 

Dans le même Heu a été découvert ce fragment de marbre au bas 
duquel était représenté un agneau et peut-être aussi une colombe: 

;y 

HT 



386 

Wiitheim, LuàUburgeimay p. isa; — Kraus, n"" ig5. 

Dans un manuscrit demeuré inédit jusquen 18/12, le Père Wil- 
theim dit qu'en 1687 on a découvert, au jardin des Jésuites, de 
nombreuses pièces d'argenterie de fabrication païenne. Avec elles se 
trouvaient deux petits bassins d*argent en partie dorés. Sur le bord 
de ces derniers étaient gravées quatre têtes de saints, accompagnées 
des inscriptions PETRV; PAYl^YX lYXTV; HERME;. A l'intérieur, une 
tête radiée que Wiltheim croit être celle du Christ <*'. 



387, 388 

Kraus, n^ 196. 

Sous des décombres, autour des sarcophages de la basilique de 

^*) trCaput radiatom», écrit Wiltheim. erisUana, L III, pi. CLXXI, n* 3, et 

Peut-être ne s'agissait-S là que d'une tête p. 118) figure un buste radié dans lequd 

nimbée. Je noterai toutefois que sur un le savant religieux croit reconnaître celui du 

verre publié par le P. Garrucci {Arte Christ 



414 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

Saint-Laurent, on a trouvé ces deux inscriptions dont la première était 
couverte de mortier : 

REaiY;GlY(" 

.... DI XII fl^ORET 
.... X TETYl^YM 
pomit IH PACE 

HIC CtYIEKIT IN PA 
CE I,EO GlYAE VI 
XIT ANHO; IIII ET 
MEN; 1 ET VI (Ues? 

C'est par une exception bien rare, ainsi que je le dirai plus loin, 
que le féminin qtue est écrit, comme ici, pour le masculin qut^^\ 



389 

Kraiis, n° 197, 1-20. 

Sous le n*' 197, M. Kraus enregistre comme Irouvés au même lieu 
vingt IVagmenls minuscules dinscriplions dont quelques-uns sont mar- 
qués (rune croix; ces marbres appartiennent au musée de Trêves. 



'- llequiesquit fonr requieseit. VoirLupi, CE^OYET. Cf. pour ceUc forme, ci -dessus, 
Epitaph. Sei^erœ , p. 1 a6 , CE^OYAT ; BoldoUi , n* 874. 
Oêservaiioni , p. 36o et 808, CE^GlYE* ^*^ Voir n* 617, et ci-destuis n* «16. 



PREMIÈRE BELGIQUE. 415 

390 

Becker, Aimalen ie» Vtreùujir Na$$am$ehe Aberthtmukunde, t. VU, p. 58 ; 
H&ug, Die rômiiekenDmktteine in Maiihem,f.6i; — Kraa3,D''aosetpl.XVIII, n* i. 

HIC \aeet m p€Ke 
IHA PYE/b quœ? vixil 
AH XII D X ...Vie? 
TORIHA maler titul 

YM po; I 

Pierre venant probablement de Trêves et conservée au musée de 
Manheim. Il en est de même de la suivante. 



391 

Becker, ibid.j p. 60; — Kraus, u*" 3o3. 

TITOl^Y 

hy(;dyi, 
m VI 

X 



Pour Tituhis Hugàu^i^'y vixil? 



392 

Lersch, Centrahnuseum, fasc. III, n"* 76; — Steiner, huer, Danubii el Hheni, 
n° 178&, et Abchristl. Imchrjften^ n^ 3&; — Kraus, n*" ùoh. 

M hic IH PAC» 

AHHOi* ?\u» minus 

Fragment d'origine inconnue. 



<'> Cr. d-dessas, ii* 96&. 



416 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT, 

393 

Kraus, n* aaa et pi. VUI, n" 97. 

PRITI 

ci;;iM 

BATTi; 

Marbre à encadrement, peut-être chrétieD; il appartient, comme 
les suivants, au musée de Trêves. 



394 

Hcttiier, Weitd. Zeitsekr., IV, p. 218; — Kraus, n° asTi. 

HACIiail 

it; i,ac 
ni; et ; 

mATER ET P 
«T 

Débris sur lequel sont gravés un rameau et une colombe. 

395 

Kraus, n"* 337, et pi. VIII, 3. 

; 

1ER 

atiy; 

XXIIII 

N-IMENX 

Il NON HOVEB 

n^; NOVIMB 

Fragment de marbre roupeâtre, trouvé dans le jardin des hospice, 
réunis à Trêves. 




PREMIÈRE BELGIQUE. 417 

396 
Kraus, n" a 38. 

in jHtCl GtYIE^aV 

iiifAN; iMl^i» 

IN 



Marbre blanc de provenance inconnue. 



397 

Iflem, n° 2^9. 

HiC QSllSCU 
AVOREÏ^O 
YMADXY 
MDEO 
CTCl 
Mfl 



Fragment trouvé en t888. 

La troisième ligne donnait peut-être les mots ad supera, témoignant 
de la croyance à l'admission immédiate du défunt dans le ciel. CVsl 
ainsi que nous lisons sur d'autres tombes ces formules analogues : 

HiNC musHS ABiiT mws iyn(;endy; in a;tra 

caetiby; 

recxha xyperna tenet 

AD CAEl^EHIA KÎQ\k TRAN^IVITO 

^'^ Gru!er, 1 169, 3; Inseriptùms chrétiennes de la Gauie, n** 95 ol 353. Cf. n* 59^1. 



iv^aiataïc *ATioiâh«. 



ai8 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 



398 

Schoemana, Jahrtib. d. Geiettteh.Jiir nùtd. Forick., 167^, |i. lia; 
Kraus, a* aSo et pi. VII, n" 1. 

vixtï AH XV menées 

die, XXII TITYI^YM PO«ii«.- 
VHT PATRi; IN PACE 

^ "f te 

Marbre blanc. 

Nous avoDH déjà vu à Trêves le mot paires pour parenten*'^^. 



399 

Kraus, 11* sSi el p). X, n' t^. 

IHE 
Cl 

ORTA 
ARVA 

«mma;' 

MEHTE HE' 

l,YrrRAT 

OK 

ICT 

RIA 

On ignore la provenance de ce débris et celle des marbres qui vont 
suivre. 



' Inier^litHu ekriUeiuM de la Gaule, ii" «64, 3&G, a5o, 358. 37a. eLc. 



PREMIÈBE BELGIQUE. 419 

400 
Kraus, n* aSa, et pL X, n' ai. 

CE 





401 

Idem, n* a33, «l pi. X, n' 96. 

Hic in PACE CtYIE;CIT 

Fragment de marbre à encadrement. 



402 

Idem, n* 387. 

.TIAET 

.;iTIN?.... 
• MEH 

.;iy; 



403 

Idem, n* 93^ 

hiy; oyi 

vixit mn XVIII IH PA 
œ parenl . . S TITY 
hm ponieRYHT 




53 



420 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

àOà 
* Kraus, n° iko. 

CE NO 

* ONAB 

RIAE 




^ 



• 



405 

Idem, n" a&i. 

paY^ANTI 

roHlYCyl HIC-PAY«a/ 

....requ\mi ROMY-I 

C 

Marbre opislographiquc , probabictnent chrétien des deux faces ^'^ 



/»0() 

idem, n° a/i9. 

CREK 

MOC 

PR 

Fragment de marbre blanc arrondi sur les côtés. 



>'> Ci-dewuB, II" Syti. 



mt 



PREMIÈRE BELGIQUE. 421 

407 
Kraus, a* 363. 

1,ADY 

.... ./IDE^g 

Wïïk? 

TY....'. . 



408 

Idem, n** 247. 

HIC pay;A( qui vi 

XIT AH Plyt» minus ti 

TYIJM fosuerunt? 
fklres? 

Marbre trouvé à Trêves, en 1871, dans un passage souterrain, 
près du lieu dit : xies Bains romains d. 



409 

Schneemann, Dos rim. Trier und seine Umgegend, p. 53 et 87; — Kraus, n"* 9^9. 

ri^OREHTINA 

Nom inscrit sur un marbre découvert, en i85â , dans une cave de la 
Pf iitzstrasse , avec quelques objets antiques. 



133 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

410 

KrauH, a* aba. 



Biiltc d'argent Irouvije en 1886 dans la Gilberstrasse. Dans l'inté- 
rieur iiit petit d(''brts provenant peut-être de reliques. 



411 kà\5 

Idem, n* 354, 1-61. 
Suus le ti° a 5 à , M. Kraus donne une série de très petits fragments con- 
sei-vés au musée de Trêves et provenant des divers cimetières de la ville. 
Je reproduis ici les moins insigniHants : 

... .11 rr 

Mii/tiM PO«IT 
. . . .CYHD 

«linl-AHXVl 

....TA MATER 

.... TlTY/«m pûiuit 
«nno. Il M V 
/jfl/c?R TITY/w» posuii 



...VOH 

....IT 

HlCjVicel.i' 
Sur quelques-uns de ces débris étaient gravées des colombes. 



PREMIÈRE RELGIQUE. 423 

dl6 
Heltner, dans Kniu, Addenda, p. G. 

HIC \kcet. . . . q 

VI VlXh titu 

l,VMPO»u 

TER y 




Marbre blanc. Au musée de Trêves. 



417 
LAMPADEN. 

Schoemann,JahresberiektderGe$ettteha/tJiirnÛTtUekeFor$ehungenztt Trier, 1879, 11 9; 
Diel; Die MatthiaJeireke , 178, 3i; — Kraus, n* 7/1, Cf. Addenda, p. ■'>. 

icaviEKi 

E VIXIT ANHYM 

XI, riyo 

iMO Pâtre; 

HT 

Hic quieteel in pace que vivit annum (mt'ntM dies?) jifilio 

dukissfimo patres titulum posuerunt 

• 

Le pronom féminin quœ^ si souvent écrit que^ est parfois, on ie sait, 
remplacé sur les marbres par la forme masculine qui, laquelle a pré- 
valu pour les deux genres dans notre langue; mais la réciproque est 
peu ordinaire, car il est rare de voir Tt prosodiquement long se trans- 
formant en e. Si la lettre initiale de la deuxième ligne a été, comme 
il semble, la dernière du mot que, le fait serait exceptionnel, Tépitaphe 
de I^mpaden étant consacrée à un homme '^). 

t»' Voir n-ai6el 358 



42â INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

418 
WASSERBILLIG. 

Kraus, n* 79 el p!. XVII, n" 7. 



OCEBOVO; 



Inscrit en tête d'un débris de /rans^na de pierre conservé au musée 
de Trêves. M. Kraus a reconnu dans cette légende mutilée les mots du 
livre des Rois : Docebo vos viam bonam el rectam ^^K On sait que des passages 
tirés des textes saints étaient souvent ainsi gravés dans les églises ^'^K 



/il 9 
NE:\]MG. 

Wilmowski, Archàologische Funde in Trier und Umgegeiid, p. 62; — Ladncr, 
Jahresh, d, Gesellsch. fur nùtzi. Forsch,, 1878, 56; — Kraus, n** 69. 

OHOHIJAYIY 

Au musée de Trêves. 

Carreau de terre cuite trouvé près de Nennig (cercle de Saarbourg) 
et timbré de l'acclamation VIVAJ IN DEO si fréquemment inscrite sur 
des objets à l'usage des chrétiens (^'. 

Une brique découverte à Rome dans les fouilles de l'Esquilin et 
que je possède porte les mots : 

t IN NOMI 
NE DEI 

Inscrites sur des matériaux de construction, ces pieuses formules 
recommandaient à la protection divine les demeures et les habitants : 
DOMYM DOMINYMQYE, comme le dit une épitaphe de VaisonW. 



'M, XII, 23. ^^^ Cf. ci-dessus, n" 96, 5o, etc. 

'^^ Voir ma préface. ^*^ Inscript, chrél, de la Gaule, n* /19a. 



PREMIÈRE BELGIQUE. A35 

420 
METZ. 

kraus, Die ahehristHehen Insckrifien der Bhemiandef n* 67. 

titnluvi p?OSVerunt? 




Au musée de Metz. Fragment de marbre d'origine inconnue. 



.5'i 



i«pai%iKit ^*iii«itr. 



&26 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 



SECONDE BELGIQUE. 



•••i 



421 

HERMES. 

En poursuivant ses belles fouilles du mont d'Hernies ^*^ M. l'abbé 
Hamard a trouvé dans une tombe une bague d'argent dont le chaton 
porte ce monogramme où l'on peut lire un nom tel que celui de 
il/am. 




Sur le jonc divisé en cinq facettes sont inscrits les mots VI VA 
S IH |DEO. Je dois au savant ecclésiastique la communication du 
monogramme de cet anneau qui a été acquis par feu M. Samuel 
Savage Lewis, bibliothécaire de l'Université de Cambridge. 



422 
L'ÉCHELLE-SAINT-AURIN. 

Mon savant confrère, M. Michel Hardy, a bien voulu me commu- 
niquer une copie de l'épitaplie suivante trouvée par M. Darly dans les 

^** Voir ci-de96U8, n" 5i et 5a. 



PREMIÈRE BELGIQUE. 427 

fouilles d'un cimetière mérovingien à rÉchelle-Saint-Aurin, près de 
Roye , département de la Somme : 

i^evboricy; 

HIC RE^VIiy 
CIT IN PACE 
VIXIT ANN 

vr-viii 

t t t 

Cette inscription, qui se lit sur un fragment de la face d'un sarco- 
phage, n'est plus en France. Elle appartient maintenant à Sir John 
Evans qui l'a emportée en Angleterre. Les caractères, me dit M. Hardy, 
sont gravés assez profondément; ils présentent, dans le fond, des stries 
transversales régulièrement espacées, produites à Taide d'un ciseau très 
étroit. 



56. 



428 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 







PREMIÈRE GERMAiNIE. 



423 

ANDERNAGH. 

Kraus, Die AltekrùtKeken Itucrifim der Rhemlniuk, n" i-ji. 

EKENT PRE;YI, 
ERINCYI^XVE 
NE MERVIT SLO 
RYM ISSl CON 

...p...aoffici 

VI 

Pierre trouvée en i88i à Martinsberg, près d'Andernacli, dans la 
propriété de M. Schumacher, et maintenant conservée à Remagen, chez 
M. Martinengo. 

C'est avec raison que M. Kraus lit à la troisième et à la quatrième 
lignes : nwt'uit samtot^um esse consors. La preuve en est, pour moi, dans 
ces antiques prières : (t Suscipe, Sancta Trinitas, hanc oblationem quam 
libi otTero pro anima famuli tui N., ut per hoc salutare sacrificium pur- 
gâta sanctorum tuorum consortio coadunari mereatur^^^. t) trPropitiare, 
Domine, supplicationibus nostris pro anima et spiritus famuli tui, ut 
eani sanctorum tuorum consortio sociare digneris'^'. t^ 11 y a là une 

^'^ Uom Martofie, De antiquis Ecclesiœ ritihu, L I, |>. 5io. — '*' Mui*atori, Liturgia ro- 
mana, t. Il, p. *J90. 



PREMIÈRE GERMANIE. 429 

nouvelle marque des rapports que présentent entre elles les forniules 
épigraphiques et les prières de l'Église {^>. 



COBERN. 

Ausm' Wcerlh, Jahrbucher des Venins von Aberthumifreunden im Rheinlande, 
fasc. Lxu, p. 69, et pi. VU, n* 6; — Kraus, n* 363. 

Des fouilles faites en 1879 ^ Cobern, près de Goblentz, ont mis au 
jour vingt-deux sarcophages de pierre à couvercles plats , arrondis ou 
taillés en forme de toit. Sur Tune de ces tombes, assez régulièrement 
orientées, était une plaque de marbre mutilée sur la droite dont 
M. Ausm' Weerth a donné le dessin. Autour d'un cercle contenant une 
étoile à huit rayons sont gravés ces mots : 

Sïï AYTEM DE;IDERYM H w 

Un double cercle les encadre, au-dessus duquel ou lit ICET. 

Il me parait difficile de tirer quelque chose de ces paroles , le mot 
AYTEM indiquant qu'elles contiennent une phrase dont le commence- 
ment fait défaut. S'agirait-ii là d'une sentence rappelant, con?me Font 
fait tant de Pères et comme le répétait sainte Paule, après le grand 
apôtre, que le chrétien doit désirer la mort (''? Ces mots reproduiraient- 
ils, ainsi que la légende inscrite sur le seuil de l'hypogée de Poitiers^, 
quelque texte connu ? D'où venait ce débris gisant sur le couvercle 
d'une tombe? Ce sont là de petits problèmes que j'abandonne à de 
plus avisés. 

^*^ ln$eripùon» ehréUennes de la Gauk, . ^^^ S. Hieron. Episi., CVIII, S 1; S. Am- 

a*' 39a, 673, et préface, p. cm. bros., Expos, Evang. sec. Lucam, Lib. VII, 

(*^ M. Ausm'Weertfa propose avec toute S 36 : «rMors desideranda sapientibus». 

probabilité de lire ici noitntm, ^^^ N* s 5 5. 



A30 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES- — SUPPLÉMENT. 
Sur un second fragment trouvé au même lieu, on a lu : 

ADICTO 

MARI 



425 

GERING. 

Krauss, n*" 968 et pi. IV, n"" 5, 

CARETATE DEfm 

GlYI VIXIT ANNO; 




Fragment trouvé, en 1888, dans l'autel de la chapelle de Gering. 
Il couvrait un vase de reliques placé dans le Hepulcruin de la table 
sainte et portait le sceau d'Egilbert, évoque de Trêves, de 1079 ^ 
1 101. 

A la première ligne, le savant M. Kraus propose de lire CARETATE 
DEI f Y(sca?) La photographie qu'il nous présente et dont je reproduis 
ici les deux premières lignes me paraît donner CARETATE DEffY^ . . . , 
c'est-à-dire, par substitution de \e à l't, caritate diffusa^^K 



f 




CAWTATIDIriFV 
QMV/l/TÂNNOS 

Je m'autorise ici d'une inscri|)tion du sixième siècle où figurent ces 
formules laudatives : VOI^OHTATE \>\iUSk CHARITATE l^ARCxI^XIMA^. 



') Cr. Marangoni, AetaS. Vietorini, p. 68 : I^ARECCEME; Boldetti, OMervantmi, p. 63o; 
BENEM£R£NTE;;£ME. etc. — (') InêcriptioHs çhrêiienne$ 4e la Gauk, n* A06, 



PREMIÈRE GERMANIE. A31 

Bien que, dnus les épitaphes de Trêves, duirùas soit synonyme 
d'ainor et veuille dire craiFection de famille (^) ^, peut-être notre marbre 
apporte-t*il, avec celui que je viens de citer, un exemple antique de 
chariias signifiant libéralité envers les pauvres. Je serais porté à le 
croire si, d'après les relevés connus, une telle acception ne paraissait 
être de beaucoup plus moderne. Notons, toutefois, que la présence de 
i'épithète largm qui, dans tant d'inscriptions, se rattache à Tidée 
de charité, pourrait conduire à la même conclusion (^^ Je rappellerai de 
plus, à ce propos, deux épitaphes célébrant la charité des défunts et 
où le mot profusa me paraît être un équivalent du diffusa de notre 

inscription : IN PAYPERO MEXEROOlYE PROmA(^), IH El,EMO;iNi; 
PROmAW. 

Sous les deux lignes que je viens de transcrire, on en retrouve 
cinq autres en caractères plus petits et fort effacés où M. Kraus a dé- 
chiffré ce qui suit : 

rH^IOI^YJ Pi^S OlYEM EXCO(?) 

l^ABACRO r 

CENTTEIY(?) 

IDiYNEi(?) 

«v EI(?) 

Ces lignes, qui mentionnent un baptême, doivent-elles être ratta- 
chées aux précédentes? Cela me semble douteux, et peut-être s'agit-il 
ici, comme on le voit à Rome, d'une dalle ayant reçu successivement 
deux épitaphes dont Tune a été mal effacée (^). Les dimensions d'une 

^^^ lH$cripiions ehrêUennes ée h Gode, FAYFERIBY^; Ghorier, Recherche mr ies 

D- 933, 989, 309; cf. n" a6i, 3i3 et ci- antiquités de Vienne, p. 399 : KkKCyS PAY- 

dessus, n* 34. PERIBYI; Intcr. chrét. de la Gaule, d* 586 : 

t-> Gniter, 1176, i3 : PAYPERIBY; UR- TACITY; VARÇTOR EÇENTYM. 



CVi; A. Mai, Seriptonm vetermn nom eolr ^^ Inscriptiant chritienneê de la Gauls, 

lôcUù, t V, p. 44t : WVITIA;. . . PAYPERI- n* 708. 



BY; URCA Din^RIBYERE MAHY; Sid. ApoU. ('> Gi^dessas, n* i33. 

Éd. de Sinnond, p. 80 des notes: KKKÇiS ^'^ DeRotâ, Imer^fL, t. I, u* 937. 



432 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

colombe, gravée au bas du marbre et qui parait superposée aux lignes 
du petit texte , répondent à celles des lettres des deux premières. 
La forme des E indique une époque postérieure à la 6n du v* siècle <". 



426 
GIMBAGH. 



Mûntx, Annalen des VereinsJSr NoêtauUche Ahertkunukwide , t. XIII, p. 19&; 

Kraus, n* 58 et pi. VI, n° 5. 

t IH YETE 

TOI,0 REMYI 
E;nT BENE 
MEMORIA R 
oTEI^Di; R 
ODOBER 
To MYl Yl 
T IN PAEE 

anhy; X 

XV 

In [hune) telolo requiescit henemeinoria Roteldvi Rodoberto 

qui vixit in pace annus jxv. 

L'adjectif henememoria pour bonememaria se renconlre souvent sur 
les marbres clir<^tiens de la Gaule. 

lioieldis liodoberto est mis ici pour Roteldis Jilia ou uxor Rodobei^ti^^K 



^'^ Inseript. ehréu de la Gauk, pri^face. manmnenii de' JrateUi Arvaii , p. 166, 176, 

p. XXIV. i83; Ronan, Les Évangiles, p. SSq. En ce 

^*^ Cf. S. HieroD. £]pi«r. cru, ad Lœtam, qiii touche Rodoberto mis ici pour Rodoberti, 

S i3 : rrPaula Toxotiin; Marini, Gii atli e voir n** 96& et A3o. 



PREMIÈRE GERMANIE. 433 



427 
WIESBADEN. 

Kekulë, Atmalen de» Vereuu/ûr Nassauitcke AUerthumtkunde, I. X, p. 366; 
Becker, ibid., t. XIII, p. 189; — Kraus, n" 4 9, et pi. VI, n" 7. 

HICaVIEKl 

e;-xiiietme; 



Pierre trouvée en 1869 et déposée au musée de Wiesbaden, 
comme les quatre épitaphes suivantes. 

Au bas sont gravées quelques lettres d'une inscription plus grande. 



428 

Von Cohausen, Cam$p(mdenzbL d, Ges, Vereinsj 1873, XXI, &8; 
Becker, Annalen det Veremt fir Nasiauiêcke Aberthumikunde^ XIII, 181, n"* 9; 

Kraus, n*" 5o et pL VI, n"" 8. 

HiC oyiu 

«T IN PACE 
RYHACIYI 

* 





Pierre trouvée dans une chambre souterraine avec des tombes, 
un vase de terre noire, une épée de fer et les deux inscriptions qui 
vont suivre. 



ai»U««Ut lATTOlAU. 



434 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 



429 

VonCohausen, Corretpondembl. , i873,&8; — Becker, Na*s. Afm,,X.lll, t8i, a" &; 

Kraus. n° /it et pi. VI, n* U. 

HIC aviE; CI 

T IN PACE GIAI,AQI 

ciYi vix;et ah X 





C'est, comme on le voit souvent, un défaut de la pierre qui a fait 
séparer par le graveur les deux syllabes du mot OtYIEKIT ^^'. 



430 

Von Cobausen, Corre$pondenzbL ^ 1878, AS; — Becker, Nass. Ann., t. XIK, p. 181 ; 

Kraus, n* 5a et pK VI, n* 6. 

HIC ciyie; 

CIT IH PACE 

Ingtldo représente ici le nominatif IngiUus avec suppression de Ys 
6nal et changement de lu en o(^). La forme classique Ingildus se Ht 
sur une épitaphe d'Aoste ^^K 



^^^ Cf. ci-<l6B8U8, D* 67. ^'^ InêcripUonê chréîieme$ de la Gouh, 

<"> Cf. n* a64. ir 893. 



PREMIÈRE GERMANIE. àU 



431 
VonCohausen, Nau. Ann,, XVII, i&3; — Kraus, n° 53, et pi. VI, a* 3. 

HIC lACET 
IH PACE YOT 
RH,0 AH l, 

* 

Pierre trouvée en 1880. 

M. Kraus voit avec raison, dans les trois dernières lettres, les mois 
annorum quinquagisUa^^K 



432 à 435 

MAYENCE. 

Kraus, n* ûo, et pi. IV, n**» 1, 2, 3, û. 

Quatre fragments de pierre à encadrements grossiers. Le dernier ne 
présente que des traces de caractères difficiles à saisir. On retrouve, 
sur les autres, ces restes de lettres: 



IHHYH 








BEHE 


TH,YT 


"*\ 






YOMY 


MYRE 








Yrr 




IT IH PACE 






bU 


ai 


X 





v': 



C(, Inscriptions ehrélieniies de la Gaule, n* 910, etc. 



55. 



•• .r • I» ••^- -*f ■ 



436 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

NEUMAGEN. 

Kraus, n" 357. 

HIC Kequiescit 

VIHIAH . . . qui vtxit 
AHHO^* .... titulum 

po;yi 

;OROR 

Marbre blanc trouvé en i88/i et conservé au musée de Trêves, 



SECONDE GERMANIE. 437 



SECONDE GERMANIE. 



437 

COLOGNE. 

DûDtzer, JaMùdur, dei Vtreùu von Akerihm^ramien im Bhemlande, fasc. xltii, 
xLTiii, p. 119, et VerU. i. rim. Altertk. d. Mut. WaUntf-RiduirU, n' aa&a; 
— Kraus, n* 999 ; — J. Klinkenb«rg, Die rônMcA-eAmtfidUn GraUtu^r^en 
Kotu, p. i3. 

HH: lACIT fY(;H,0 CIYAE 

vixrr AHHo; xv f ide 
g; iH PACE RECc;;iT 

f 



Dalle de granit, haute de o m. 39, large de o m. /i6; son épaisseur 
est (le m. 37, ce qui est rare pour les épitaphes chrétiennes, gravées 
ordinairement sur des plaques minces. Cette pierre, qui . appartient 
au musée Wallraf-Richartz, a été trouvée, en 1868, à Saint-Géréon , 
en -faisant les fondations de la nouvelle bibliothèque du gymnase 
catholique. 



fiZS INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

438 

J. Klinkerbcrg, Die ràmiêch-chrisdichen Grabinschri/ten Kôhu, p. i/i. 

HIC lACET 

yere;e 
my;in 
noce; rv 

HERE CAP 

ty; aYi V 
ixrr AH 
no; XX 

lUI 4^ 

Pierre découverte, il y a quelques années, au cloître de Saint-Géréon 
et déposée dans la cryple.de l'église. 

On y remarquera la transcription du nom de Vemsimus et la chute 
d'un qtiastversus introduite au milieu d'un texte en prose , comme dans 
une autre épilaphe de Cologne W. 

Plusieurs fois déjà dans ce recueil connue, dans celui dont il forme 
la suite, nous avons vu la consonne 71 omise dans certains mots où 
d'autres lettres l'encadrent. A côté de l'adjectif IHHOCE; que donne 
notre inscription, je citerai les noms MA;YETY;, TRA;EMYDY;, les 
mots DOyE;w et ME;1; pour menses^^l 

Ces particularités orthograpliiques témoignent de ce qu'était, pour 

les anciens, dans les conditions dont je parle, le son de l'n; son très 

adouci quand il ne s'effaçait pas entièrement pour l'oreille. C'était 

ainsi que Cicéron crlenitatis causai, dit Velius Longus, prononçait 

foir^ia, megalesitty hœiestay sans faire entendre l'n que comportaient ces 



^*' Ci-dessîis, n"^ 80 : I^EONTIV; INNOCEH; fYNLRE CAPm, et ma préface, p. ixii. — «*^ Ci- 
dessus, n*** 170, 838, 863. — ^^^ Inscr. chréLde laGaule,n*'ù3tiy 98^,398, /^Sg.SoS. 



SECONDE GERMANIE. 



A39 



mots^^l Les textes des bas temps, les formes des langues néo-latines, 
nous montrent larticulation de Vn continuant à s'atténuer, parfois 
même jusqu à disparaître. Certains monuments de Tépigraphie semblent, 
toutefois, accuser une restriction à cette tendance. Quand les inscrip- 
tions chrétiennes apparaissent, alors que Teffacement de In médial 
s affirme nettement, une exception se montre : le titre du consul, 
dont le nom sert de date, cesse subitement d'y être représenté par 
les lettres traditionnelles CO^; on leur substitue la syllabe COH ou 
COHy où reparaît In supprimé depuis tant d'années (*). Dans l'impor- 
tante série de nos épitaphes chrétiennes à dates consulaires, c'est-à- 
dire durant le cours de trois siècles environ, il n'est, en effet, qu'un 
seijd marbre qui présente avec toute certitude l'abréviation CO^^^'; les 
autres donnent uniformément soit le mot COH^Yl^E m extenso^ soit 
son début sans en retrancher l'n. Il y a là, devant la tendance mar- 
quée à effacer cette lettre, une singularité philologique dont la cause 
ne m'apparait pas clairement. 



Lerach , CeiUrabMoewm , fasc. i , n"* 9 7 ; < — Steiner, AUdir. Insekri/ien , fasc. u , d* 9 5 ; 

Kraus, n* 391; — ' J3mJfcmiefgr, op. câ., p. 16. 

t PREXBITER 

devpih;amoi 

HAH IH 



('> De ortkofn^ (Édition d« KeH, 
t. VII, p. 79). De nombreux saTâoto ont 
parié de cet effacement de Yn médial (Voir 
Lupi, EpilapUum Severœ, p. 108; Hagen- 
boch, Epùtoh epign^fkkm, p.-569 etaoi- 
vantea; SeeUnami , Di$ Àu$êfra«k$JUr LêUkf 
p. 983, etc.) 

^^ Corpus ùucr. bU., L I, Imur, bi, «m- 



ftitWi».>n*i97;ele.; Qamtilia, I,tii, «9: 
(tColumna et consales exempta n littera 
legimus». 

<") Inscr. ekrit. de la Garnie, n* 869 : DH- 
(;MTIAH0.AYC • IIU • et mer . CO;. Deax autres 
ÎBforiplioDS, Tune datée de Saa , la seconde 
poalërieareà &ii (n** ^69 et 693) peuvent 
avoir porté COSS et CO^; mais ces épitapiws 



440 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

CvRE(;ii;ex 
by;arcam 
ae;ehex 
he; 

BHATEIONi; 
+ BEf OEI t 

Deux fragmeiils que M. Lersch a vus encastrés dans le porclie de 
l'église de Saiul-Géréon. Je les donne ici sous toutes réserves, ne 
sachant à quel temps ils peuvent appartenir. Peut-être le nom de 
Delphinu» se lisait-il à la seconde ligne. 



MO 

BONN. 

Wollers, Jakrbucher, fasc. lxix, p. 48 et pi. VII, n° 5; — Kraus, n" aSa 




Hic paVSki n ;p 

qui rtXIT AHnos 

Je reproduis à nouveau ce débris déjà enregistré sous le n° tia. 
Dans le signe qui précède les lettres ^P de la première ligne, j'avais 
proposé de voir deux lettres liées, i\^ abréviation du gentilrce Flamus 
ûgurant comme prénom (^). Le dessin que M. Kraus donne du groupe 
dont il s'agit me paraît justifier mon sentiment. 



sont |)orduc8 et nous n en avons qae des noiogique {Inscriptùmeê chrislianœ urins 

copies dont rien ne garantit l'exactitude. Ihmœ êœculo êeptimo antiquiares, t. I", 

M. de Rossi 8*est occupe^ des formes CO^ et p. xxi, \.\ii). 
COH^ au fioint de vue du classement chro- ^^^ Cf. ci-dessus, n* 35. 



GRANDE SÉQUÂNÂISE. Ml 



GRANDE SÉQUANAISË. 



Ml 

AVENCHES. 

« 

Mémoires de VAcad, des inscriptions j \^ sërie, l. XXXIV, p. i/i6; — Cartulaire de 
Noire-Dame-de-Lausanne {Mémoires et documents pubUés par la Société pour F histoire 
de la Suisse romande, t. VI, p. 3i ); — Monod, Études critiques sur les sources de 
r histoire mérovingienne y p. i5o. 

Un texte qui m'avait échappé doit, je pense, être joint à la série 
de nos premières inscriptions chrétiennes; c'est Tépitaphe métrique de 
Marins, évêque d'Avenches, mort en 696. Je la trouve dans le cartu- 
laire de l'église de Lausanne rédigé, en ia35, par Gonon d'Estavayer, 
grand prévôt du chapitre de la cathédrale, après un incendie où 
disparurent beaucoup de titres originaux. Pour former son recueil, 
l'auteur a compulsé les documents échappés au désastre et les an- 
ciennes chroniques, sans négliger les traditions orales. 

Voici cette pièce qu'il nous a seul gardée dans ilne copie peu 
correcte en plusieurs points : 

mor; iHfErrA ryeh; giyamvi; ex ï,eCxE parehti; 
moriby; in;trycti; hyj,i,a hocere poTErr 

HOC ER(;0 MARI! TYMYÏ^AHTYR MEMBRA ;EPYI,CR0 

;ymmi poHTirici; cyi rYiT ai,ma riDE; 
ci^eriçy; orricio primeyi; toniy; ab anhi; 

MIUCIA EXACTA DYX CMQS EC^IT OYE; 

hobi^ta; aEHERi; radiah; et ori(;o re^yi^CxEn; 

DE fRYCTY MERITI HOBI^ORA TENET 

ecci,e;ie orhaty; va;i; f abricahdo ;acrati; 
ET maniby; proprii; predia iyh'a coi,en; 

56 



laraiBtut ■ATievâiK. 



442 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 

iy;ticie cyi^tor civiym fiDi;;iMA virty; 

HORMA ;ACERD0TYM POHTiriCYMQlYE DECYX 
CYRA PROPINQ.YORYM lYHO BONYX ARBITER ACTY 

PROMPTYX IN OmoyWS CORPORE CAHO DEI 
HYMANi; DAPIBYX flXO MODERAMINE ^YI^TY; 

PAKEHDO INOPE; Si BEHE PAVIT OPE 

lEiYNANDO "ciban; a^o; ;ibi parcy; edendo 

HORREA COMPOXYIT aYOMODO PAHOR ABIT 
PERVICylI, IN mmS DOMINI EXORANDO iM^lS 

NYNÇ HABET INDE REQYIEM YNDE CARO iiSSk fYIT 
CIYEM PIETAH PATREM DYl^CEMNIX ARMA TYENTEM 

AMi;;i; terri; credimy; exxe poi,i; 

Le caractère épigraphique de cette pièce me parait ressortir de son 
texte même. 

A c6lé de la formule précise que nous lisons au troisième vers : 

HOC ERCyO MARII TYMYl^ANTYR MEMBRA XEPYI^CRO 

j'y relève, en effel, plus d'une mention particulière aux épitapbes 
métriques des âges mérovingiens. On proclame ici, et en des termes 
que nous trouvons souvent dans ces dernières, l'impuissance de la 
mort sur les justes (^); on y dit la noblesse du défunt, moins éclatante 
que ses vertus'^'; les fonctions qu'il a, dès ses premières années, rem- 
plies dans une église dont il devait être le chef('); la libéralité avec 



^'^ Vers 1 et a : HOW. . . MOKIBY; IN- ^'^ Vere 6 : Cl,EWCYy OfflCIO PRIMEVI^ 

nKYCTi; HYkU HOCERE tOlVl. C£ Gru- lOmS kîKMU. Ci Inêcr.chrii.ii la Gauie, 

ter, 1175, 1 : 1,0ETI NU, lYRA NOCEBYNT; n' 609 : WI TENEKW PMMYM MINIHRYM 

1176. a : NR TIBI MOM HOCYIT; In$er. fy\SllklkMlS\ De Roesi, BulL, i883, 

chrét. de ia Gauk,iï* so5 : YIK CYI DYU p. 16-17, et S. Pnilin de Noie, Natale 

NIHH NOCYERYNT fATA SmKCKl iv, v. 108 ; «tPrimis leclor servivit in an- 

^•> /i«.,n«a6. nis». 



GRANDE SÉQUANAISE. &&3 

laquelle il la dotée de vases sacrés; sa haute sagesse dans Tadminis- 
tration de la justice <*'; les privations qu'il s'imposait pour nourrir les 
pauvres (^); on y affirme la confiance en son admission au séjour des 
bienheureux'^'. 

Je ne m'explique pas l'épithète jiÂSta inscrite au dixième vers et qui 
ny figure peut-être que par quelque faute de copiste; mais le sens 
des autres mots : manibus propriis predia colens me parait clair, si je 
les rapproche de ce passage où Grégoire de Tours parle de saint 
Nizier, évêque de Lyon : tr Aetate quoque tricenaria presbyterii honore 
praeditus, semper manibus propriis operabatur cum famulis ut Apo- 
stoli praecepta impleret dicentis: «? Laborate manibus ut habeatis unde 
frlribuere possitis nccessitatem patienlibus d W. Comme saint Nizier, 
un autre de nos pontifes, saint Hilairc d'Arles travaillait de ses mains 
pour secourir les pauvres, et c'était dans la culture des champs que 
sa charité trouvait des ressources; 

RY^Tia QlYINETIAM PRO XPO MYHIA ;YMEN; 

dit son épitaphe'*'. Ainsi avait fait, si je ne me trompe, manibus pro- 
jrriis^ le célèbre évoque d'Avenches. 



'*' Inscr. chréu de la Gaule , n"* q6 et 
6/i3. 

''' Vers 16, 17 : lEIYNANDO CIBAN; AUO; 
;IBI PARCY; EDENDO. Cf. Gruter, 1167, 7: 
PRODICA PAYPERIBY; NAM HBI PARCA NI- 
MI^; Chorier, Recherche sur les antiquité» 
de la ville de Vienne, p. 3a a : URW PAY- 
PERIBY; PARCY; yiBI ; Inscr. chrét. de la 
Gaule, r. II, p. 18a : PRQOKA PAYPERIBV; 
PARCA mmik yiBI, et ci-dessus, n' 118. 
Ajoutons qu^au seizième vers, ie rappro- 
chement cherche des mots INOPE^ et OPE n'a 
rien que de conforme au goât des Ages mé- 
rovingiens. 



t^) Vers aa : kmSSU TERRIL CREDIMY; 
ÎSSÎ YOKIS. Cf. Nicolai, Délia basilica di S. 
Paolo, p. lAi : OYEM TENET ANCEUCY^ 
COETY^ m ARCE POU; ^nscr- chrét. de la 
Gaule, n* 3ai c : MONHRA; QYIPPE TIBI 
lYRA PÀTERE POU; n' 3/i : OB OyOD PRAE- 
RYTRYM DETINET IP^E POVYM; n* ôga : 
MYNERE MARTYRII QYI COUT AHRA POU ; 
n" 636 : fEUX PWT TYMYW; PO^^IDET IP;E 

POkO;. 

w Vitœ Patrum, c. VIII , S 1 ; cf. , S a. 

t*^ Inscript, chrét, de la Gaule, n* 616; 
cf. Gennadins, De scriptorihus ecclexiastisis , 
c. LXIX. 



56. 



â44 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. — SUPPLÉMENT. 



VIENNOISE. 



M2 
VIENNE. 

BONE MEMO 
RIAE C,k\^\k 
ri^QOSk 

Gomme le suivant, ce débris a été trouvé en mars 1891, dans la 
démolition d'un mur sous le vieux porche de l'abbaye de Saint-Pierre. 
C'est la troisième fois que nous voyons à Vienne le nom d'une reli- 
gieuse ^''. 



443 

ET DIEB- XXIII 

OBIITlPKID-t 

i; <s PC 

. . .et diebm xxni . . . ohiit pridie kalendarum {8eptembr?)ts 

posl consulnttim . . . 

Débris découvert avec le précédent. 



' Inscriptions chrétiennes de la Gauk, n"' i35, 699; cf. ci-dessus, n* i9i. 



VIENNOISE. àà5 



.T IH PACE 

. VI VIXIT ANNO . 
. IE; VIII RE^YR . 
.YM die; DHI ad 



Hic requiescit in pace qui vixit annos. . . dies riii, restureciurus 

cum dies Domini advenerit. 

Fragment découvert dans le sous-soi d'une maison située cours 
Romestang; cette maison, comme celles qui Tavoisinent, est bâtie, sur 
le terrain de Tancien cimetière Saint- Gervais traversé lorsque Ton 
construisit la voie du chemin de fer, et d'où sont sorties tant d'inscrip- 
tions chrétiennes {^). 

La formule finale de notre marbre se retrouve dans une épitaphe 
de Saint-Romain-en-Galle et dans deux autres exhumées à Vienne ^^l 
Cette mention de l'attente de la résurrection est des plus fréquentes 
dans la contrée (*^. 

Gomme ceux qui précèdent, ce débris, m'a été obligeamment 
communiqué par le zélé conservateur du musée de Vienne, M. Cor- 
nillon. 

î*> Inscriptions chrétiennes de ia Gauk, AHACTÂ... EH TH HMEPA XPICTOY ECXA- 

n' lio3 A. MENOY. 

<*> Ibid,, n' 398 : P/KKecturus WE Ckl\f) ^'^ Ibid., n" 893, 4i4, 4i8, 637, 436, 

CYM VENEKIT AYCTOR; n« 4oi : ;yKMC- 489, 446, 45a, 464, 465, 466, 467, 

TYRA CYM dies DNl ADVEHEMT; n" 4i5: 468,470c. 



a«6 IXSCRli'TlIlNS CHIlliTlIiNNKS. — SUPPLÉMENT- 



TREMIEUE INARBONNAISE. 



ddS 
OÉLEYIIA^. 
Tournai, Calithffw ih muik ilt iSfirhmate. iSGù, [). 6ù; — F. I'. Tllifirî,. BitlUiii 
lin In Cominûiioii iirrlirulojrùjup lie ^ariwmc, i8r)i, p. 36i)-'lon. 



«>;;•< ttlÊÊ.t.K- 







SaurUirum mnrlijrum leliijiiiiir lue kuiiI Ciitxinni, Mnreclli . Maiùm. iledicitum nnnu 
wniixlii (W<f«(Mw(l') ail flileino prrubifli'ii) H doniit hiuilifae uinclorum, >d Pal 
Saturnini et MaralU, tbmium tià rofiul poutU pro luminarin mmtorum. 



N4BB0NNA1SE. 



J47 



^ 



Inscription d'un gros bloc de marbre blanc provenant du château 
de Géleyi'an, près de Salies-d'Aiide, au nord-est de Narboniie. Dans la 
face postérieure est creusée une caviti'- ronde, large de 97 ce iitim êtres 
sur 16 centimètt-es de profondeur et enlour<^e de quatre ti-ous ,de 
scellement. 

L'intéressante notice de M. Tliiers rattache aux temps anciens ce 
monument que l'on avait jusqu'à présent classé à une époque voisin** 
du xn" siècle. Les raisons invoquées par l'autenr, et qui me sem- 
blent des mieux fondées, sont tirées de la paléographie. M. Thiers 
s'appuie sur la forme des caractères, sur celle d'un signe d'abréviation 
sorte de Z couché et allongé qui se retrouve, en /i56, dans l'inscrip- 
lion gravée sur l'autel de l'église de Mine4've et sur un autre marbre 
d'une époque voisine''*. 

D'après sa légende, notre monument, dont les similaires se leii- 
contrent plusieurs fois en Espagne ^^K contenait probablement dans la 
cavité du revei's les reliques de trois martyrs. Ce que sont ces person- 
nages, M. Thiers me paraît l'avoir exactement reconnu. Sous le règne 
de Dioclétien, un groupe de chrétiens d'Afrique, dont les Actes très 
précieux sont venus jusqu'à nous, comprend les noms des saints Satur- 
nin, Cassien et Martin*^'. Au même temps, et dans la m^me contrée, 
a péri pour le Chnst un autre fidèle appelé Cassien qui fut décapité 
avec saint Marcel'*'. Les noms inscrits sur le marbre de Céleyran sont 
donc, selon toute apparence, ceux de quatre martyrs africains. 

Un prêtre nommé Hilarius a dédié le monument et donné à la 
basilique placée sous te vocable des saints Saturnin et Marcel une 
maison située ad aipul pontis, maison dont les revenus devront .servir 
à l'entretien du luminaire île cette église. La date de la dédicace est 
indiquée d'une façon aujourd'hui devenue énigmalique. Le fait a eu 
lieu, est-il dit, aimo secundo. 



''' iHierifit. ekrét. de la Gaule, [il. 89, 
n° 5oOi el ci-dessus, n' 39.^. 

''' Hiibner, limer. Hinpaniœ ekrùtiame , 
n"57, 85,88, 89, 111, .a6, iSo, 175. 



>'' Aela sineern, édil. de 
Aetit II. Snturiimi, Daim et 

"' IHd.. p. 3oS. Pn««o 
gilitm marlgrii. 



■jiS. |). ilMr 



/i&H I^scnIPTIo^s chhétiënnes. — supplémem. 

Pour expliquer cette formule, M. Thiers joint au texte principal les 
tetii-e!^ (]ui restent de trois lijpies gravéeid comme en surcharge à gauche 
de la croix ; il y lit ex aWHlS sulS et les réunissant aux mots anno secundo 
il voit ici l'indication de raniiéc qui suivit celle où Hilarius fut élevé à 
ia prêtriBc. Je ne suis en mesure ni d'appuyer ni de contredire cette 
conjecture. Notons toutefois que, comme dans d'autres inscriptions de 
la contrée, les mots aiino senitido peiiveni se rajipurter à une année de 
règne''). 

Le lestainent d'Ei'niinétrude, morte vers l'an 700, le Liber Potiti- 
firaii» et le Poiyptyrjue d'Irminon mentionnent un legs, des fondations, 
des dons fails pour le luminaire des églises et des tombes des saints : 
«Mumolane cum oumi peculiari; suo ingenuara esse prîecipio; iumi- 
naria tantuni in eccicsia Bonisiaca ministrare stodeat. n — r Ipsum 
ainduBi conlulil {Banclus) Germanus ad luminaria ecclesiie sanct* 
crucis sanctique Stephani Vincentii levitaî et mai-tyris i^^. — (Saiictus 
Giegorius II) dimisit ai! luminaria Iteali Pétri apostoli soiidos mille '". " 
Ainsi cst~il dit dans ces tt-xtes el si, comme je le pense, notre iuscri|t- 
liori leur est de beaucoup antérieure, elle présenterait l'une des plus 
iuirieniKs mentions de ces sortes d' œuvres pies. 

(.l'est pour la première fois que nous voyous ainsi rappeler sur un 
du nos marbres des luminaires dont Tliistoire demanderait tout un 
livre. Dans ces lampes pleines d'huile parfumée'*' que sanctifiait le 
voisinage des tombes saintes, nos pères venaient puiser pieusemenl 
quelques gouttes, reliques vénérées à l'égal des plus précieuses et 
remède assuré conlre les maux. Nous possédons, et eu grand nombre, 
des ampoules de terre cuite ou de métal couvertes d'inscriptions et de 
figures qui reçurent de ces eitlogies. Il en est à Monza, on en trouve 
en Egypte, en Asie Mineure, car l'usage d'emporter de l'huile prise 



!'' iiucriftiotu eAiVlKMiM rfr hi Gaule, 
n- 6iii ; m \)\l I MUHOAÎ ACYÎTAf AHHO 
XXI; ci-dcsm. Il' 3o9 ; >YB DiAE III 1ER- 
CIVH ItkK KAlAf IHëK <^C£MA AHNO «XTO- 

-*' Pardessus. Diplomata, U M, p. iâ5, 



Poly]iiyellum IrniinoHÙ abbabi , Ed.Guérard. 
1. 1. p. 117. cf. p. 3 1, 110. 116, i9çt. 

''' Libtr ponti/atlU, Ed. DodiesiK. 
p. Aïo.cf. p. 355, 434. 

'*< S.Paulmi \oliiiti PomtiXIV.v. tott. 



NARBONNAISE. 



449 



devant les tombeaux des saints fut nutrofois commun aux fidèles de 
toutes les contrées W. 

Le signe gravé au bas de la partie gauche de notre légende, et qui 
semble représenter une ancre (^', me cause quelque embarras. Si ce 
n'est dans une épitaphe d'Afrique où l'on incline à la reconnaître'^), 
l'ancre ne figure en effet que sur des monuments chrétiens des plus 
anciens âges W; je ne l'ai encore trouvée en Gaule que sur des marbres 
dont la haute antiquité n'est pas douteuse '^l Peut-être en est-il, toute- 
fois, de ce symbole comme de celui du poisson reproduit dans notre 
pays longtemps après qu'à Rome on avait cessé de le représenter '*). 
Ce serait là une nouvelle marque du retard des usages de la province 
sur ceux de la métropole. 

Il me reste à noter ici ce que M. Thiers nous apprend sur la localité 
d'où provient notre inscription. D'après un diplôme daté de l'an 856, 
le nom de Saint-Saturnin-en-Licie , désignait le territoire auquel appar- 
tient Céleyran'^'. Là se trouvait aussi, vers le début du xv* siècle, 
une chapelle dédiée à saint Gassien et une église placée sous le vocable 
de saint Marcel. Ges noms, inscrits avec celui de saint Martin, sur le 
marbre du prêtre Hilarius, paraissent être également ceux des martyrs 
africains dont nous possédons les Actes. 



^^^ Voir moQ inëmoire iatilulë Note tnir 
une fiole à inscriptions portant Vimage de 
saint Menas, {Revue archéologique, mai 
1878.) 

^'^ La forme domiëe aux branches de 
l'ancre n'est pas meilleure sur quelques 
marbres romains. (Marangoni, Acta S. Vic- 
torini, p. m ; Martigny, Dictionnaire des 
antiquités chrétiennes , q' ëdit. , p. ^0 ; Roller, 
Catacombes, pi. X, n"* qS.) 

^^^ Recueil des notices et mémoires de la 
Société archéologique de Constantine, 1876- 
1877, P* ^^^- ^^^^ ^® p'^^ ^^^ épitaphe 



chrétienne d'Egypte qui me parait avoir 
été attribuée à une époque beaucoup trop 
haute {Revue archéologique, juillet 1887, 
p. lai). 

^^^ De Rossi, De christianis monumentis 
IXeYH exhibentibus. 

^^) Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 
n"533, 5A8a, 55ib. 

^*^ Ibid,, n* a6i et ci-dessus, n'* i36 
et 33/1. Voir, au sujet de cette persistance, 
Inscr, chrétiennes de la Gaule ^ préface , p. iv. 

(^) Gallia christiana, t VI, Instrumenta, 
p. 6 et 7. 



57 



IMrillMKBIl NAriO^il-C. 



m A. 



CORRECTIONS ET ADDITION 

Ad PRÉSENT VOLUME. 



P. 84. L'inscription de Fontaines que j'ai donnée d'après une pho- 
tographie imparfaite doit être transcrite comme il suit : 

.... MIHO DEO HorrRO 

. . . CAHA IH DO 
...RIO 

P. 111, n® 92. C'est par une erreur matérielle que le graveur a 
supprimé sur l'un des vases découverts à Avencfaes le second Z 
du mot ZEZEX. Ce vase doit être reproduit comme il suit : 




P. s 65, note 5, ajouter : Si, comme je suis porté à le croire, 
l'étrange formule inscrite sur la pierre de Poitiers était un phylactère, 
il a pu en être autant de la figure de saint Siméon contenue dans le 
même hypogée (n^ s 5 3). VHistariareligiasa de Théodoret nous apprend, 
en effet, qu'à Rome les artisans attribuaient une vertu préservatrice à 
l'image de ce saint, également fort vénéré en Gaule, et la plaçaient 
comme une amulette à l'entrée de leurs ateliers (c. xxvi). A celles qui 

57. 



452 INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES. 

devaient protéger les tombes, je dois joindre le talisman égyptien 
gravé sur une épitaphe latine trouvée à Auzia en Algérie; [Revue archéo- 
logique ^ i863, t. I, p. 993), ainsi que veut bien me l'apprendre mon 
savant confrère M. Maspéro, il était destiné à défendre , dans ce monde 
et dans l'autre, celui qui en était armé. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 

AU 

RECUEIL DES INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES 

DE LA. GAULE 

ÉDITÉ EN 1856 ET EN 1865. 



Pbbface, page xii, ligne a , au lieu de : 691, lire : 687 (n° /181 a). 

— page XII, ligne 5 et suivantes, rétablir comme il suit les premiers 

mots de la phrase : Le Poisson et l'Ancre figurent sur nos 
marbres et, bien que nous y trouvions la première de ces 
marques en Ayi, etc. 

— page. XIV, ligne 6, à la troisième colonne, au lieu de : At 877 à 

h(jZ^lire: de 8^7 à igS. 

— page xxui, ligne 4, lire: le troisième et le quatrième âges. 

— page XXXI, ligne 7, après: tikij ajouter: k^i. 

— page cxvi, ligne 12 , au lieu de : du cas, lire : des cas. 

Tome 1, pages & et 5. En examinant le second volume des 7n- 
scnptions romaines de Bordeaux^ récemment publiées par M. JuUian, l'un 
de mes savants confrères a reproché au jeune auteur d'avoir tenu pour 
des inscriptions et joint dès lors à son recueil certaines pièces métriques 
de Fortunat : deux épitaphes d'évêques et une légende de la basilique 
de saint Martin, cr Elles ne se trouvent plus, dit-il, sur les monuments 
et il est même assez douteux qu'elles y aient jamais été gravées. 11 me 
paraît d'une saine critique de les laisser dans les œuvres de l'auteur et 
de ne pas en grossir inutilement les recueils épigraphiques. -n [Journal 
des savants, 1890, p. 17 A.) 



454 ADDITIONS ET CORRECTIONS 

Je porte, pour ma part, en cette affaire, une grosse part de respon- 
sabilité, ayant le premier, il y a plus de trente ans, introduit dans un 
recueil d'épigraphie plusieurs des compositions en vers dues au célèbre 
évèque de Poitiers. Que j*aie eu , que j'aie à le regretter, je ne saurais 
le dire, car d'autres sont également depuis entrés dans cette voie 
nouvelle : M. JuUian auquel on le reproche, et M. de Rossi qui écrivait 
Tan dernier : (rFortunat doit être compté au premier rang parmi les 
auteurs d'inscriptions chrétiennes (^). <» L'un des juges les plus difficiles, 
le regretté Jules Quicherat, estime que, selon mon sentiment, l'une 
des pièces métriques de ce poète était l'inscription même d'une é^ise 
de Paris, celle de Sainte-Croix^*^. Après ces deux savants vient encore 
M. Kraus qui, dans ses AltchristUchen Inschrijten der Rheinlande récem- 
ment publiées, enregistre parmi les inscriptions de Mayence deux pe- 
tites poésies de Fortunat intitulées : De btq^tisterto Magantiœ et De basi- 
lica 5. Geargi, pièces débutant par ces deux hexamètres qui, aux yeux 
des épigraphistes, suffisent à en démontrer le caractère : 

(rArdua sacrati bapUsmatis aula coruscat.^ 
trMartyris c^pregii pollens micat auia Geoi^.D 

G est là ce que j'ai voulu établir en montrant ailleurs des débuts de 
même forme dans des légendes murales exécutées en mosaïque ou 
gravées sur le marbre dans les vieux temples de l'Italie. On me per- 
mettra de les reproduire ici , en en augmentant le nombre : 

AYl,A DEl Cl^ARi; RADIAT mClOJA METAl^y;^ 

t liTA DOMY; PRIDEM fVERAT COHfRACTA RYlHi; 
HYNC RYTHMAT lY^TER VARIi; DECORATA METAI^g;^ 

HAEC M)MY; AMPl,A MlCAT YARli; f ABRlCATA METAl^M^' 

IHCl^YTA PRAEfYl^CyENT XANCTORYM ^MINA TEMPM' 

t il, pare I, p. tui. hUoUkèqw it tScoh iti ekmrtm, i86S, 

^' Cnti^ de* deux ftius (mcietmts ciuirtu p. 55o. ) 



AU RECUEIL ÉDITÉ EN 1856 ET EN 1865. 455 

EMICAT Al,MA fORi; RYTIl^OClYE DECORE VEHYrTA 

arca metal,l,orym cemmi; ciyae compta corykat^ 
marmoriby; ;cyi,pti; domy; haec micat yhdigiye pyi^chri;- 

PYI^CHRA PATRi; ;Pl,EHDET BAPTIfTAE MEH;A IOHAHHI;^ 
YIRCylHi; AYl,A MICAT VARIi; f ABRICATA METAl,!,!;^ 
VIRgHi; IH VARli; radiât DOMY; AIJA flCxYRU^ 
EMICAT AYI,A PIA E VARIi; DECORATA METAl^g;^ w 

J'ai dit, en rappelant ces vers, qu'avec des inscriptions d'églises, 
Fortunat a composé des épitaphes métriques. Aux preuves que j'en 
ai rapportées (^/ s'en ajoutent plusieurs autres tirées du texte même 
de ces pièces dont je me bornerai à rappeler quelques-unes. Je les 
relève dans ces formules qui ne me paraissent guère laisser place au 
doute : 

f(Hoc recubant tumulo tenerandi metnbra Leoati.i» 
(tHoc jacet in tumulo venerandus Hilarius aetu.D 
(tCelsus in hoc humili tumulo jacet Atticus iile.7) 
«Qui cupis hoc tumulo cognoscere iector humalum^ 
ff Condita saut tumulo Joliani membra sub'ÎBto t^). y* 

Que l'on ne retrouve plus les monuments sur lesquels les petite 
poèmes de Fortunat ont été gravés, peints ou exécutés en mosaïque, 
je ne saurais m'en étonner, car les invasions des barbares, les guerres 
religieuses, les révolutions ont couvert notre sol de ruines. Que sont 

(^^ Mai, Scriptar, vet. nom eolleetio^ t. V, ûenneenGauleetdans fAJriqueromainey^.ùij. 

p. 93, n* 3 et p. 137 n* 1; Cavedom, Ai- ^^ Fortunat, MUcelL, iib. IV, carm. x, 

mone canonko,f. ^\ De Rossi, fiffcnptKmes v. 5; carm. xii, v. 7; carm. xvi, v. iî; 

ckristianœ whis Romœ sœcuh septimo anti- carm. x?iu, v. 5; carm. xxiii, v. 1. Voir de 

quiores, L II, pars i, p. i5i, iSa, i56, plus carm. i, v. 5; ?, 5; vu, 9; xi, n; 

353, A38, ^39, hho. xin,3; xix, 3o; xx, 1 ; xxii, 1 et 1 1; xxiv. 



(«) 



Mon travail intitule L'Épi^apkie chri- 5 ; xxvm , 6 , et appendix , VIII , 1 . 



456 ADDITIONS ET CORRECTIONS 

devenus, en effet , les marbres où s'inscrivirent les épitaphes composées 
par Sidoine Apollinaire? Que sont devenues, disais-je ailleurs, les pièces 
métriques écrites par Constance et Secundinus pour une basilique de 
Lyon, les épitaphes de saint Gésaire, de saint Jost, de Syagrius et de 
tant d'autres, la légende épigraphique où se lisait Thistoire de saint 
Elie étreignant un païen venu pour violer sa tombe, celles de tous les 
saints lieux que visitait la piété de nos pères (')? La disparition des vieux 
sanctuaires de Tours nous doit-elle faire rejeter l'importante série des 
inscriptions qui les décoraient'^)? 

A mes yeux, et bien que la preuve matérielle n'en existe que pour 
une de ses pièces peinte dans un atrium d'Autun ^^\ Fortunat a écrit 
de nombreuses poésies épigraphiques, comme l'ont fait saint Jérôme, 
Sidoine, Ennodius au sujet desquels le doute n'est pas possible (^^ et 
comme devaient le faire plus tard, à l'imitation de ces prédécesseurs, 
tant de poètes de l'âge carolingien ^^K 

N** 16 (t. 1, p. 4o, ligne lo). Les titres honorifiques de mr prcp- 
torim, vir consularis étaient parfois accordés par l'empereur à des per* 
sonnages qui n'avaient exercé ni le consulat, ni la préture'^^. 

N^ &b (p. 97). La partie manuscrite de l'exemplaire interfolié du 
livre de Spon que j'ai eu la bonne fortune de découvrir en i853, a 
été, sur mon indication, reproduite m extenso par mon regretté con- 
frère, M. Léon Renier et par M. Montfalcon, dans un volume imprimé 
en i858î'\ 

<*) lm$cnpUom$ ekreh$ime€ de k GmUi. (*) Marini, GU hUÎ r momummUi de'Ff- 

préface, p. cxsyiii. leiHArmii, p. 797, 796 , 800. Cf. S. Gregor. 

^*' Ihid. , n** 1 65 il 1 9&. uiagn. . RegtsL ^t, , II , S3 , ad Hoooratum 

^*' Lib, I, Ep. 6 : ï'Hor opère parieli dîaronum. 
conscriplo, pro me ostiario pictura servel ^^^ Reckercket 9wr bi tmtifwitisetemotiêk 

vestîbuluni. « de k pith de Lyom, par Jacob Spon, doq- 

^^ L*E[tigrmpkie ekrkieime en GmUe H velte MitioD augmenta de notes, par I>on 

dmu VAfiifÊe rommme^ p. 69. Renier, et d'une ëtude sur Spon , par Mont- 

'*■ De Roêsi, Inêor,, l. II, p. unn et s, bicon. Lyon, 18S8, in-8\ 



AU RECUEIL ÉDITÉ EN 1856 ET EN 1865. 457 

N» 48 (p. 106, ligne 6). Pour l'expression CvERMAHlTAX fRATRIX 
ATQYE XORORjy, cf. Ruricius. Epist., 1. 1, n" i3 : crRecepi apices 
germanitatis tuaen; 1. II, n*> A : «Diruptum est, fratres carissimi, vin- 
culum germanitatis nostraev. Une inscription que j'ai relevée à la 
catacombe de Prétextât porte les mots : HOC TYMYÏ^O COHTIHETYR 

reU(;io;a cermahita; ca;;iorym. 

N» 50 (p. 108, ligne h). On pourrait lire aussi BONORYM EXEM- 
Pl^YM. Cf. Pontius, Vita et passio S. Cypriani, S xix : «Gyprianus qui 
bonorum omnium fuerat exemplum. v 

» 

N** 57 (p. 126, notes, coi. i). Retrancher des exemples cités : 
CA^JIAE Jy^ fo DYlyCITA Jy^ f. Ces sigles signifient laudabilts fmnina. 

N** 91 (p. 181). M. l'abbé Duchesne a, le premier, signalé la forme 
métrique de l'inscription du Ham'^^. D'après les recherches de 
M. Krusch, ce monument, curieux à plus d'un point de vue, appar- 
tient à l'année 681 ou 682 ^^l 

N** 180 (p. 2/10). Le vers autrefois inscrit sur la tombe de saint 
Martin : 

coNfE;;oR MERiTi; MARTYR CRYCE apo;toj,y; ACTY 

rappelle ce passage de la Missa S. Martini episcopi contenu dans le 
Sacramentarium gallicanum : a Hic vir quem adnumerandum Apostolis, 
martyribus adgregandum proxima ita in rem tempora protulerunt. 
Dubium enim non est ut sit martyr in cœlo qui fuit confessor in 
sœculo ^^\ yt 

Telle était également la pensée exprimée par Sulpice Sévère dans 
sa lettre au diacre Aurélien sur la mort de saint Martin : cr Gloria 
martyris non carebit quia voto et virtute et potuit esse et voluit. . . 



^^^ Bulletin de la Société des Antiquaires de France, 1886, p. 986. — ^'^ Forschungen tur 
deutschen Gesc/Uchte, 188s, p. 488. — ^^^ Muratori, Liturgia rotnana , t. II, p. 891. 

58 



upBiaïaii RâTioiiALr. 



àbS ADDITIONS ET CORRECTIONS 

Implevit sine cruore martyrium, nam quas ille pfo spe aeternitatis 
humaDorum dolorum non pertulit passiones? Famé, vigiliis, nuditate, 
jejoniis, opprobiis invidorum, insectationibus improborum, cura pro 
infirmitantibus, sollicitudine pro periclitantibus (^l ?) 

Accepter noblement ces sacrifices et ces misères, ne reposer, comme 
saint Martin, que sur un lit de cendres, lectus pœnalis^ suivant le mot 
d'un ancien ^^', c'était être martyr cruce, c'était porter sa croix. <rCrux 
Domini, écrit saint Maxime de Turin, non illa tantum dicitur quae 
passionis tempore ligni aOixione construitur, sed et illa quae totius 
vitœ curriculo cunctarum disciplinarum virtutibus coopta tur; de qua 
mihi videtur Salvator dicere : «Qui vult venire post me, tollat crucem 
rsuam et sequatur me. . . tï Tola igitur vita christiani hominis, si 
secundum Evangelium vivat, crux est atque martyrium (*'. -n 

C'est avec le même sens que figure le mot anix dans ces vers com- 
posés pour la tombe de saint Just, évêque de Lyon, et rappelant les 
fatigues, les austérités de sa vie : 

MEMBRA BEATA SkllS GlYAE XEMPER DEDITA CHRIHO 

PER vARio; ;emet cryce coNfixERE j^abore; (*) 

Je viens de parler du lit de cendres où dormait saint Martin, lieu 
vénéré que marquait une inscription en vers^^^ et où venaient prier 
les pèlerins; à l'exemple de notre grand apôtre, c'est sur un lit sem- 
blable, que le pécheur, écrit Durand de Mende, doit être couché 
pour attendre la mort^®^ 

N** 201 (p. 274). Les nombreux graffiti auxquels je compare ceux 
de Montmartre ont été publiés en fac^imilé par M. de Rossi, dans la 
planche XX du deuxième volume de sa Roma sotterranea criêtiana. 

^'^ Sulp. Sever. ëd. De Prato, 1. 1, p. Ay. *' Inser. chrét, de la Gaule, n* 37. 

(') Vita S. Radegundii, 1. H, S 8. (Ma- '') Ihid,, n* 169. 

biUon , Acta êoneL ord, Bened. ^ 1. 1 , p. 3a8 ). ^*^ Rationak, De officio mortnonini , Vil , 

^'' //omiYia Lxxi//, De flanetismarlvribas. ixiin, S 35. 



AU RECUEIL ÉDITÉ EN 1856 ET EN 1865. &59 

N"" 20^ (p. s 8 A). Ainsi que Ta montré M. de Lasteyrie, le nom de 
la défunte est Ghrotrudis, et son épitaphe n'est pas antérieure à la 
renaissance carolingienne '*'. 

N** 209 (p. 3oo). Depuis la publication de mon premier recueil, 
j'ai trouvé dans les papiers de Bouhier, celte copie presque figurée de 
Tépitaphe de Saint*Gloud : 

t ÀRTYB; HYHE TYMYÎ^ CI,H0D0AI,DY; CONJECRAT AJ,MI; 
EDITY; ex RECiYM rTEMMATE PER^PIEYO 

oyi vetity; rec^hi ;aPTRYM retinere eadyci 

ba;h,i[:am hydyit hahe r abricare deo 
aecj,e;iaetye dédit matrici; iyre tenendam 

YRBi; PONTEf in • • • Y^YE f ORET PARIHl (^) 

L'exactitude de cette transcription se montre par plus d'un trait : la 
place qu'occupent les pentamètres, gravés en retraite suivant l'usage 
antique W, le soin avec lequel ont été reproduites les lettres cet g qui 
étaient de forme carrée, l'indication en pointillé de celles des lettres 
qui étaient ruinées sur la pierre : le c et 1'/ de ChlodoMus^ Ym de re- 
ffumy le c de sceptrum et le second u de studuit. En ce qui touche le 
mot sceplrum^ le fait a son importance. La plupai*t des copies nous le 
montraient écrit sans la lettre c et l'on avait vu , daas son absence , une 
preuve de Tassibilation ancienne de cette consonne dont le son se serait 
confondu avec celui de Xs. Il convient donc de retrancher cet exemple 
de ceux que l'on avait produits pour établir que, dès les premiers 
siècles de notre ère, la prononciation du c tendait à s'adoucir (^). 

N** 210 à (p. 3o2). Voir pour le sarcophage de Saint- Piat mon 
recueil intitulé : Sarcophages chrétiens de la Gaule y p. 8. 



^*^ Inscriptions de Ut France, t. V, p. 333. — ^** Bibiiotlièque nationale, ms. du fonds 
français, n* 20871, foL 45 reclo. — ^*^ Cf. ci-deasus, n* 17. — ^^ Cf. n* 87^. 

5S. 



460 ADDITIONS ET CORRECTIONS 

N** 212 (p. Sog). L'épitaphe de saint Corneille dont je n avais eu 
sous les yeux qu une gravure défectueuse porte les mots : 

CORHEI^IY; • MARTYR • 

Ep.d) 

N° 215 (p. 3i2, ligne 7). Les mots de coberiurio désignent proba- 
blement le drap qui recouvrait le corps du saint alors qu'il fut porté 
en terre. J'en crois trouver la preuve dans un texte qui nous apprend 
comment un débris de cette espèce a pu être recueilli, conservé comme 
une relique. L'historien de la vie de saint Hilaire d'Arles dit avec 
quelle ardeur les fidèles, venus en foule aux funérailles du grand 
évoque, se précipitaient pour toucher ses restes et pour emporter 
quelques fragments de son drap mortuaire : (rDum singuli capiunt fim* 
briam decerpere, corpusque contingere, sancti Basilii, tune presbyteri 
nunc ponlificis summi, invenit industria ut maximam partem cooper- 
torii utraque manu discerptam, quo corpus ejus tegebatur, arriperet 
et longius recedens dividendo populis erogaret. Dum percipiendi 
studio IdBtificat eos tanto munere, paululum retrahuntur a se- 
pulchro t^). "» 

N^ 226 (p. 33 1). J'ai, en suivant une opinion ancienne, trop facile- 
ment attribué à l'influence du christianisme certaines façons de dire 
familières à Sénèque et qu'on pourrait croire écrites par la main d'un 
fidèle. En répétant que l'âme n'est pour le corps que l'hôtesse d'un 
moment, le philosophe exprime une pensée courante de son temps 
parmi les sages et que l'on retrouve chez Cicéron (^). C'est ce qu'a fort 
bien fait ressortir M. Boissier^. Quant à la question des rapports 
qu'ont pu avoir entre eux saint Paul et Sénèque, je ne puis mieux 
faire que de renvoyer aux intéressantes observations de M. de Rossi 



') De Ro88i, Roma sotL, t. I, pi. IV. S «^o. (Bollaudus, Acta sanclorum, 5 maii. ) 

''^ Vita sancU UUarti episeopi Areiaten" ^^^ De senectute, xxiii. 

sis, auctort Ilanoraio episcopo Massiliensi, ^^'' Revue des Deux Mondes , ]uin 1886. 



AU RECUEIL ÉDITÉ EN 1856 ET EN 1865. 461 

sur une épitaphe découverte à Ostie et où sont mentionnés deux per- 
sonnages portant à la fois le gentilitium Annœus, qui est celui du 
philosophe, et les noms des apôtres Pierre et Paul'*'. 

N® 248 (p. 354), Ainsi qu'il a bien voulu me l'écrire, le regretté 
Cavedoni voyait, et avec toute raison, dans le mot I^POKUIMHTH, 
l'ethnique d'iepaxcôfti; ^^'. C'est ce qu'a fait justement observer aussi 
M. Salomon Reinach ^^\ 

N** 308 (p. 4i3). Une constitution datée de l'an 376 parle de l'en- 
seignement du grec à Trêves W, 

N** 336 (p. 4/16). Voir pour le sarcophage de saint Nicaise, Sofcch- 
phages chrétiens de la Gaule ^ p. 17. Trois fragments de cette belle 
tombe ont été récemment retrouvés à Reims ^*'. 

N** 354 (p. 471). Cf. pour l'usage de la formule sociata martyribus, 
Ado, Martyrol.^ 7 oct. : «r Virgo Julia, quae sub Marciano praeside mar- 
tyrium consummavit, sociata martyribus sepulta quiescit. -n DeMagis- 
tris, Acta martyrum ad Osiia tiherinay p. lxv : trConcordius presbyter 
noctu levavit corpus (Sabiniani) de puteo et sociavit beatœ Aurae^. 
Greg. Turon., Hist. Franc. ^ I, xl : «rMagistri tumulo (Justus) socialum; 
De Rossi, InscripL, t. II, pars i, p. 2i4 : INDICxHYM ^ANXIT ^E ;0- 

CIARI Pli;. 

Lorsque j'ai proposé de voir dans le moi mariyi^es la désignation d'un 
groupe de chrétiens célèbre à Cologne, celui de saint Géréon et de 
ses compagnons d'armes, j'ignorais l'existence d'un texte que j'ai donné 
plus tard, la J}elle inscription dédicatoire dans laquelle Clematius 



^*^ BuHettino, 1867, p. 6. ^*^ G. ti. De medicis ac professoribuî» 

^*^ Cf. Liv. XXXVIII, a; Plin. v, 33; Steph. {Cod, Theod,, L. XIII, tit. m). 

h. V.; Plol. VI, 7, 36. ^'J L. Demaison, Fragments d'un sarco- 

^'^ Bévue archéologique, i885, t. II, phage chrétien conservés au musée de Reims. 

p. 9a. (Reims, 1887.) 



462 ADDITIONS ET CORRECTIONS 

nomme les. Vierges vénérées dans cette ville ('). La haute ancienneté de 
notre marbre montre qu*au moins dès le début du v^ siècle, leur culte 
était en grand honneur dans la contrée et qu'elles aussi pourraient dès 
lors avoir été désignées par le seul titre de martyres. Remarquons 
toutefois que la défunte dont nous possédons Tépitaphe a été déposée 
auprès des saints, tandis que l'inscription de Glematius mentionne 
l'interdiction expresse d'ensevelir auprès des Vierges martyres. 

N** 374 (t. II, p. 7, ligne 3) au lieu de: affranchis par la mort, lire : 
affranchis par le mort. 

N® 386 (p. 2 3). Les inscriptions païennes et chrétiennes présen- 
tent souvent des génitifs semblables au PAVPERORVM de l'épitaphe 
de Wiïiaric. C'est ainsi que nous y lisons PARENTORYM, MEN;0RYM, 
PONTlflCORYM, VER;0RVM, OMNIORVM, MARTYRORYM. Dire ainsi, 
comme le faisait le vulgaire, n'était pas autant qu'on peut le croire, 
offenser la langue; c'était» de même que bien souvent pour notre lan- 
gage populaire, «rparleV vieux i) plutôt que parler mal, car ces formes 
ou leurs analogues se retrouvent dans les plus anciens auteurs latins. 
J'ai dit ailleurs à ce sujet quelques mots auxquels on me permettra de 
me référer ^^). 

N** A38 (p. m, ligne 23) au lieu de : v*" siècle, lire : vi* siècle. 

N" 458 T (p. i36). VICIT AVARITIAM. Le même éloge est donné 
dans les vers suivants à saint Félix par saint Paulin de Noie : 

Nunc alîam coofessoris cognoscile paimam : 
Vieil avaritiam ^*^. 

N'' 467 (p. 160, ligne 6) au lieu de : au même femps, lire : en 
même temps. 

N** 467 (p. i5i et suiv.). Cf. pour une épitâphe de Rome portant 

^^) N* 67 9 B. — ^'^ L'Épigraphie ehriiienM en Gaule et dam l'Afrique rtmaine, p. 80. — 
(*> Poema XVI, nat. V, v. s55. 956. 



AU RECUEIL ÉDITÉ EN 1856 ET EN 1865. 468 

une formule particulière à celles du nord de Tltalie , Uépigt^aphte chré- 
tienne en Gaule et dans F Afrique romaine ^ p. 5o. 

N** 476 (p. 178). L'équivalent de la formule vague [anno) tantose 
retrouve dans cette épitaphe qu'un ancien écrivit pour sa propre tombe : 
HlfuTiis (ikv èvravOa k&Ttcu, ^lovs (lÀv hv rocrà, Kv<^cls Se hrf èwrà^^\ 
et sur ce fragment d'inscription trouvé aux catacombes de Rome : 

ahho;tot c^). 

N^ 492 (p. QQO, note 1) au lieu de: civitates, Ure : civitate. 

N** 503 (p. 286, ligne 7) lire : n*** 4o9, ûoS, 4o4, 4o5, 407. 

N** 542 A (p. 377). En indiquant comme provenant de Berre l'image 
de la Vierge, j'avais sous les yeux celte note d'un carnet de voyage où 
l'antiquaire Spon écrivait en 167/1 à propos de ce monument : <r Pré- 
sentement en l'église de Saint-Estienne , terroir de Berre. Celuy qui 
l'envoyoit à M. de Peiresc croioit que c'étoit en sicilien ancien, mais 
ie trouve que cest en latin corrompu ... Il y a dessous une image en 
bosse de sainte Marie Magdeleine ^'^ "» La mention d'une tr image en 
bosse 11 montre que Spon n'avait pas vu le monument qui porte une 
Ggure gravée et non sculptée; son correspondant s'était sans doute 
trompé sur le lieu où se trouvait le marbre, car Peiresc, mort en 
1687, en mentionne l'existence dans la crypte où nous le voyons 
encore, c'est-à-dire «rdans la chapelle soubsterraine de Saint- 
Maximin^T). 

Pour les inscriptions n"» 485 (p. 211), 503 (p. 286), 509 
(p. 2/11) et 528 (p. 266), voir p. 16/1, 169, 178 et 192 du présent 
volume. 



('^ Dio Cass. Lxu, ii5. romaines. {Revue de philologie, 1889, 

^'^ De Rosn, Roma sotterranea eriêtiana, p. 5 0-6 5.) 

t. III, p. 93a. M. Gagnât a rëeemment con- ^'^ BiU. nat., ms. lat. 10810, fol. 70 v^ 

sacré one note intéressante aux manuels (*' Bibl. nat., ms.lat.SgSS, fol. 33o. Cf. 

professionnels des graveurs d'inscriptions Lessareophages chrétiens de la Gaule, p. tiS. 



46/1 ADDITIONS ET CORRECTIONS 

N'' 5^6 (p. 3oâ). Un sarcophage de Saint-Maximin représentant la 
résurrection de Tabithe nous montre qu'aux funérailles, quand fut 
sculpté ce monument, Torgue accompagnait les chants des Bdèles ^^K 

N** 548a (p. 3o5). Voir, pour la justiBcation de la lecture CtYI 
VIM ifpiiS ?kSS\ yVNT, une note de mon travail intitulé L'épigraphie 
chrétienne en Gaule et dans P Afrique rofinaine W. 

N° 551 A (p. 3o8). Lire au début de Tépitaphe : Bono requie avia 
(habeat) in diefuturu mmntn meu Menate. La transcription des trois der- 
niers mots m'est suggérée par M. l'abbé Albanès. 

N® 551b (p. 3 11). Plusieurs copies manuscrites et imprimées de 
l'inscription d'Aubagne ont échappé à mes premières recherches. Celle 
que Spou a publiées cr ex Peireskii schediis n donne à la première ligne 
cette transcription qui est la meilleure : Gt* VETINIO- EYNOETO^*'. 

Pour les n**' 596 (p, /ii6)et 597 (p. Û17), voir p. 33o et 332 du 
présent volume. 

N° 609 (p. A/19). I^^puis Ia publication des proscyuèmes que portent 
les autels de Minerve, du Ham et de Saint-Féliu-d'Amont, d'autres 
signatures de visiteurs ont été relevées sur de vieux monuments chré- 
tiens de notre sol. Telles sont les belles colonnes de l'église de Bielle 
(Basses-Pyrénées) dont M. Raymond a reproduit les nombreux ^a^(i^*l 
Tels sont encore et l'autel provenant de l'église de Vouneuil-sous- 
Biard (Vienne) et les fragments trouvés, dans le même département, 
à Saint-Savin (^). Ajoutons que non loin de nos frontières, une autre 

^'^ Les sarcophages chrétiens de la Gaule, ^^' Mémoireê de la Société des Antiquaires 

p. t53. de France, t. XXXV, p. 36. 

(') P. 1 j . (') Barbier de MonUull , Bulletin de la 

^'' Miscellaneaeruditœ antiquilatis,f, tû. Société des Antiquaires de l'Ouest, tSSo, 

Cf. Juliian , Bulletin épigraphique , i 885 , p. q6 , et communication faite au Comité é» 

p. 983. travaux historiques, le i9 janvier 1880. 



AU RECUEIL EDITE EN 1856 ET EN 1865. 



A65 



table sainte également couverte de signatures, existe à Tarasa, près 
de Barcelone W. 

Pour les n^' 611 (p. /i56) et 620 (p. 676), voir p. 35o et 867 
du présent volume. 

N" 623 (p. 487). Une note conservée dans les papiers de Peiresc^*-^ 
donne sous cette autre forme l'épitaphe d'Adjutor dont quelques détails 
m avaient paru singuliers ; 



f 

HIC • IN • PACE CIYIEKET 
ADIYTOR GtYI POXT 
ACCEPTAM PAENITEN 
TIAM • MI^AVIT • AD DNM 

AN • i,xv • men; • VII • die; • xv 
depoxjty; s\> viiii • i=M.; 

lANYAR • ANAiTAXIO VC 

^ con;yj,e <^ 



S'agirait-il là d'une transcription faite d'après le marbre original 
dont celui d'Aix ne donnerait qu'une copie ? 

Pour le n° 631 (p. 5oo), voir p. 387 du présent volume. 

N" 679 (p. 572). D'après des renseignements fournis par les Ar- 
chives du Doubs, l'épitaphe du diacre Attxilius a été découverte, eu 
1711, aux Planches, près d'Arbois (Jura), au bas des rochers do la 
Châtelaine, dans un lieu où se voient les restas d'un cloître (^'. 



'"' Hûbner, Inaeriplionet Hispamœ ehristianœ, n* 1 90. — ''' BiW. nat., m», lai., n* SgSS 
fol. 998. — ''' Bulletin de la Société de* Antiquaires de France, 1873, p. i4o, i4i. 

.19 

IWPRIMIIIIE 0«rit^«tL. 



466 ADDITIONS ET CORRECTIONS AU RECUEIL DE 1856 ET 1865. 

N' 682 (p. 577). Un fac-similé de rinscription que j'ai donnée 
sous toutes réserves a été relevé par M. Quicherat dans les registres 
de lancienne Académie de Besançon ^^^ : ce petit texte avait été fort 
mal transcrit par ses éditeurs dont le dernier est M. Edouard Clerc ^*^^ 
11 est de l'époque carolingienne, et, sauf un nom de lecture incertaine, 
il porte clairement : 

t IN HOC TYMYl^O 
CtYIEXClT 
PECCAT 

N° 708 (p. 596). C'est au 21 mai que l'épitaphe de Cypriana lixe 
la date du martyre de saint Baudèle tué, comme le disent ses Actes, 
dans une fêle païenne ^^K M. Germer Durand pense que cette fêle était 
celle qu'indiquent en ce jour même les calendriers antiques ^^^ Long- 
temps après le triomphe de la foi d'autres violences furent ainsi 
commises par les païens lorsque venaient ces cérémonies. Sans parler 
ici des donatistes qui s'y jetaient pour insulter les idolâtres et chercher 
volontairement ce qu'ils croyaient être le martyre ^*^ je rappellerai les 
furieuses attaques subies par les chrétiens dans une fête célébrée 
à Calame^^), la mort de saint Sisinnius et de ses compagnons tués à 
l'occasion de Ambarvalia auxquels on voulait les forcer à prendre part ^^^ 

N® 608 (notes, ligne 4) lire : arcosolia. 

N** 629 (p. 497). Voir pour le sarcophage de la Gayolle, retrouvé 
par M. le chanoine Albanès, Sarcophages chrétiens de la Gaule ^ p. 167. 

'^'' Bulletin de la Société des Antiqtiaires tionum latinarum, Inscripliones antiquis- 

de France, 1873, p. 1^0, i4i. siinœ, p. 3o5 Pl SgS. 

^*^ Essai sur l'histoire de la Francke- '''^ S. Augusl. Contra GoudoUimn, 1, 

Comté, n' M\L, t. 1, p. 17a. xxviii; Episi, clxxjw, ad Bonifalium, c. III, 

"' Boliand. , ao moi, Acta S. Baudelii, S la. 

S 5; Tilleinont, Hist. eccles., l. IV, "' S, Xu^sL Epist. xct , N<»ctario, S 8. 

p. 1/11. '^ Ruinart, Acta sincera, p. 6o()-Gi5. 

'^' Miinoires de t Académie du Gard, Cf. Tiilemout, /:/ûl. €m/m., t. X, p. 563, el 

1 865-1 866, p. 157. Cf. (lorpuM inscp-ip- tieikien, Aeiafrairttm Arvalium, \ï, k^. 



TABLE DES MENTIONS CHRONOLOGIQUES 



Années. 

347 KYfINO ET EY^EBIO COH^^ (n' 297). 

4o5 FOrr COH;; HOKIO VI (n* 277). 

453? DOM-N-TY (n* 284). 

466 UONE TEK COH; (n* 242). 

467 PC m UEONi; (n- 134). 

479 ou 59a. INDIC ECEMA ANNO XTO (n** 309). 

474 D H kEONE lYHKE V CSS (n* 334). 

485? ;YMMACH0 VC COH (n* 105). 

485 ou plutôt 5o8. ... POrr COH^OUTYM VEKI VEHÀHTI ÔT; C (n' 157). 

487 ou 5a5 INDÎX VII ETERYM W.^YMACI VC Ô, (n" 169). 

49o,493,5390u54o. y pâ . . .N VC . . .NE TE. . . (n* 194). 

491 ou 5qo PC TI CÔN; ONE XIIII (n* 160). 

495 VIÀTOKE VC CÔN; (n* 186). 

5o3 VOWIANO V C (n' 140). 

Après 5o3ou534 NI lYN V CC (n" 117). 

Après 5o4 ONE XII PO^ CITTE (n* 95). 

5o8 POrr CÔN;-ANAn*A;. . . et VENANTI (n* 312). 

5o8? PO; CO;OUTYM-VEKI VENANTI -C?^ C (n* 157). 

5i4 ;eNAT0 NK VIII (n* 147). 

5i6 POn CN; ANTEMI et AOKENTI VV ce (n* 126). 

5i6 P LOKENTI ET ANTIMI V. . . . k CON^ (n" 135). 

5i7 APITO V C C (n* 100). 

5ai ? VAVEKI. . . (n- 296 et 301). 

5a3? MAXIMO V C CON^ (n* 145). 

594? YPIU0NE-VC-C0N;0U (n* 106). 

5a5 PKOBO IVNIOKE VC CÔNk INDICCIONE III (n" 162). 

59. 



468 TABLE DES MENTIONS CHRONOLOGIQUES. 

5q5, 575, "609011610. ANNO XIIII KECNO DOMNI NOnKI (n* 274). 

5q7 MAfY^IO VERO OAKI^^EM CCC (n" 133). 

599 INDICTIONE r.PTIMA PO^ CON^OUTYM ITKYM MAYR..I 

(n*» 180). 

53o INDICTIONE NONA UMPADIO ET OKE^TE vl c"cÔn7 (ii* 164). 

53o INDICÎONE VIII PO; COK DECITI IYNIOKE; V C (n" 182). 

53o ANNO VIIII DECEMO KECiNO Dl NOHRI THODOKICI KE (u' 226). 

53i P0;T CÔN UM OKEITE; VV CÔiï (n» 184). 

534? YNIOKE (nM41). 

536 ou 537 UNI VC INMC XV (n' 128). 

538 OHANNE V-CÔÎND-^ECYNDA (n" 152). 

Après 5/1 1 BA;IU V C C (n- 110). 

Après 5/11 S\\ VCC INDÏC XIIII (n*» 1^0 a). 

543,5/16, 591 ou 6o3. INMCCIONE VIIII m THDTKI (n* 238). 

544 ou 5/i5 XIONE OCTAVA HANNiï-V-CC (n' 142). 

545 T v-Fc IV (n* 15). 

5/18 ou 691 Anno xxxvii regni odmi Chloiarii régis (n* 232). 

55i, 56i, 58i ou 596 ;n, VCC INMC-XIIH (n* 120a). 

55q? I VIRI CURWIM! CON^OU^ IND. . . (n* 6). 

55/1 TREDECIE; PC .... .CON; INDI TER (n* 168). 

555 DIC IIII DNI A DI RECI (n* 23/i). 

559? IHDICT un a¥n V IANACRN UQS {W 320). 

56i vicie; PO; ATO BAHUI IV IKDICXIONE X (n* 325). 

563 vicie; et BI; P?T CÔNATO BAHU VIRI câ iÏÏ XIII («• 131)*. 

56/i V WATER P0;T CÔN; IY;TINI INDIC TERTIA DECIMA (n* 5). 

565 XXV PC IY;TI INDICT XIII (n- 101 ). 

589 INDICTIONE XV ANNO XIIII RECNO DOMNI NOHRI UOVRDI RECi; 

(n- 306). 

Vers 616 ou 660 INDic-III-AN-(;iI-RK;-DÔM-NÔ;T-Cl,OTTARI RECi; (n" 107). 

699? i^XXXII PC (n^ 16). 

63 1 RICNV DOM. . . N0;TRI DACYBERTI RECE; IND WARTA (n* 136). 

636 RKNO DMI DACO CyU (n" 230). 






TABLE DES NOMS PROPRES ' 



Numéros. 

Abaguc ào 

Abbo 34 

AcNAifus 254 

Adalh...arus 76 

Adelfio 343 

Adolûn 95 

Agnericus 125 

Ainrisus? 90 

Alberga 73 

Aldunus 241 

AHovira 223 

Alogia 276 

Amelius 338 

Andréas , 79 

AnsebertuB 47 

Antodonius 158 

Antonina 162 

Antonianus : . 291 

Antoninus 163 

Aprilis 164 

Arbacia 147 

Ariel 32 

Annentarius 67 

Artula 44 

Asclepiodotiis 172 

Asclipius 1 82 

Asellus 165 

Aster 284 A 

Alulfo ? 269 

Anr(elin8) 172 

Avorelo 397 



Numéros. 

Babbo 35 

Badardus 220 

Basilia 3, 277 

Basiiianus 21 

Ba<TO'iav>; 104 

Bauderisima 2 

Baudincus 53 

Baudoleifo 258 

Baulhildis. .' 271 

BeUaliir 166 

Bonenata 167, 211 

Bennin (Peleger qvi et)l 292 

Berancio 67 

Berteildis 49 

Berlichildis 74 

Blandola 175 

Bricciofrida 143 

Britlula 293 

Ca^sarius 190 

Calumniosa 105 

Casaria 298 

Cassianus 445 

Casla? 61 

Cesarius 231 

Chrodobertiis 68 

Claudia 126, 282 

Cl. Lupicinus 286 

Codera 342 

Constantiola 134 

Cypriana 212 



L<'8 noms d^aiigeo, de «ainU ou de |»ersoiiiuig(?8 de rEcriliirc sont pn petites majuseiile». 



470 



TABLE DES NOMS PROPRES. 



Da6niB 370 

DiGMaiL (pur Danid) 93 

Daidiue 93 

Dalm«ltus 106 

Damasius 36A 

Djwiil 45 

Daveldes 272 

Dedamiua 344 

Delphipiwî 439 

Deodatus 6A 

Dbmdisid8 243 

DiuaviruaT ■ ■ ■ ■ 307 

DodolenuB 228 

Doioaredo 259 

Dommîa 19 

DomnoleQtug 272 

Domolina 283 

DonobertiiB 239 

I>r.H-(Wt(.?) 5 

Diwldmde» 295 

Druetacbariue 77 

Daketia 226 

Elbec....) 358 

Elearius 342 

E3eathera ■ 40 

Eiia...) 213 

Emdiio 232 

Emiliaa 130 

Ekiuidbi. 91*. 251 

EpymeDe 157 

Ermeneldes. 302 

Eiiha...ria ' 67 

EulogioB. 169 

E4ff7*x'» '^^ 

Ettteia....) 357 

Eaticianus 36. 341 

Et* 84 

Exoperioa 214 

Espectalui 324 



Faiiilioua. . 



273 



Faastua 273 

Feliciao....) 170 

Ferrodnetiu 2fi0 

Feala 311, 360 

Filicissima 303 

4>X. Ttaalxiu 60 

Floreu....) 58 

Floreotina 409 

Floret....) 387 

FlSp....) 440 

Foriio 380 

Francola 346 

Fugilo 437 

Galla 442 

tiaadîealia 42 

Gau(deiitiii3) V 37 

Geneaia 327 

GeDesiuB 356 

GnuBius 20 

Geronaia 103 

Gerontjus 35 

rwnr/jMw. 60 

Goimodug 227 

Gra([arim 311 

Gulfrelrud 284 

Guoderamno 270 

Gund» S4 

Guodobertbus 59 

HanhavalduB 38 

HariulfuB 38 

Heuriob 254 

Heraclia 290 

HuHBa 886 

Hyerius 445 

Uuf[dulfuB 391 . 

libido 430 

lanoceolia 29 

InnoccDliiH 344 

foa. 83 



TABLE DES NOMS PROPRES. 



471 



loHàNNKS 25^ 

lohannula 171 

lonas 292 

lovina 347 

loviniaous 344 

ipPOLITUS 83 

Isa • 380 

Ismaimalla 244 

bp....? 127 

lalia Victoria 172 

lustina . . 213 

IvsTvs 386 

JLoffmcLvàç 104 

KdKT7a)p 215 

Laritius 254 

Launone? 260 

Laureolius 173 

Lazara 216 

I^ 278 

Léo 300, 388 

Leodenus 50 

Leonidius 174 

Leo...s 306 

Leonlius 86 , 343 

Lepidus 65, 349 

Leubatena 1 40 

Leiminos 63 

Levanius 135 

l^ibefridiis • • • • 69 

Utovir 297a 

Luoidia 221 

Lupa 234 

Lupa(ii)dus 63 

Lapei'ca 367 

LuPERcus 294 

Lupiciniis (Claudius) 286 

Lupus 33 

Madaia 30 

Magnefrude 261 



Ma(n)8ueUi8 175 

Marcellus 445 

Marcus 339 

M. Aurdius Asclepiodotus 1 72 

Maria 224, 421V 

Marins 441 

MarsoHa 176 

Mart...a 177 

Mariinianus 39 

Marlinus 213 

Martinus 254, 445 

Mattheus 254 

Manricius 66 

Maurolenus 107 

Maximus 312 

Mellebaudis 246 

Memorius 360 

Meroflidis 222 

MuDiceIna 81 

Muntana 66 

Neglicta 178 

Nestor 256 

Nicetia 359 

Nonnitn? 294 

Nonnus 70 

Oronlius. 274 

Qi^iHïvos 374 



Paci ) 

Pac. Patrocliis 

Palricius 

Paulina 

Paulinus 

Paolds 82, 182 

Paulus 180 

Pelagia 

Peleger qui et Bennin ? 

Peregrinus 

Prtrus 82, 85. 182 

Petrus 



65 

297 

108 

75 

75 

386 

242 

181 

292 

108 A 

386 

182 



i 



/i72 



TABLE DES NOMS PHOPRES. 



Polyclironiiis 31 

Priectiis 368 

Procula 183 

Projeclus 3/i0 

PrOTA8IU8 20 

Piisena 339 

Qalaqi /i29 

Quietus 296 

Kodelindis 78 

Radog...s 52 

Rafarl 32, 254 

Raoukl 32, 254 

RaU>aWu8 22 

Regnoveus 57 

Reudolfu 89 

Rodoberto 626 

RogaUis 109 

Romaiius 110 

Roleldis /i26 

Rumuliane 110 

Runaqui 628 

Rusiicus 56 

Ruta 338 

Sabin 61, 378 

Sacbrdos 6 

Santolus 131 

Saffarius 281 

Satorminuh. 665 

Scolto 352 

Secolasia 186 

Secundina 313 

Segella 187 

Sevcpa 123, 297 

Severinus .... 296 

Siggecondis 225 

Siggeflidis 266 

Silvia 111 

SiWina 185 



Siiiiofreda 316 

Sofronius 186 

Stefaiius 161 

IrtpHopia 60 

Sd8tijs 83 

Symion 352 

TaurinuB ^ 7 

Taurus 263 

Tecla Segella 187 

Teodovaido 266 

TheudosiuB 331 

Tigris 355 

Tranemudiis 323 

Ovpffwtvoç 376 

Ursiciims 289, 363 

Ursina 25 

UrniniaDus 25 

Ursio 379 

Ursolus 96 

Ureona? 28 

Valeria Severa 297 

ValeriuB 296 

Vora 326 

Veresimus 638 

VetraniiH 151 

Viator 367 

Victoria 172 

Victunis. . 337 

Vinardus 367 

Vindeiniola 368 

Vitalianus 362 

Viventias 305 

Vivianus 279 

Vocalus 366 

Votrilo 630 

• 

WaHi....) 314 

Wiliesinda 307 



/ 



TABLE DES MATIÈRES'". 



tJXm, 



A pour ad, ii* 323. 

Abbas, n' 246. 

Abrëviation marqueté par le signe 

n-115. 
Acclamation Amen, n" 76? 80, 323. 

Ziftraïf, Zeses, n'** 43, 4^ a, cf. 48, 

91, 150. 

lleu,n*n. 

Manu» vbieat, a* 39. 

Pax tecvm, n" 157, 172, 352. 

Pie zezes, n" 43, 48, 48 a, 91. 

Valeat quifecit, n' 51. 

Vincal, n' 39. 

Fiivw, n'"56,278,337. 

Vivas cum tuis, n* 48 a. 

Vivas in œterno , p. xsii et n" 44 a, 

Vivas inDco, n" 43, 48, 91, 273, 

276,379,419. 
Vivas tuis, u* 31. 

Vivat, n- 273. 

Vivat Deo, n" 50, 59, 187. 

Vivat in Deo, n" 26. 

Vivat quifecit, n* 51. 

Accumulations d'ëloges, n* 298, 311. 
Accusatif faisant fonction d'ablatif, n' 292. 

faisant fonction de nominatif, n" 264. 

Achille pro(égcanl les murs d'Athènes , n" 20. 

'Adam et Eve reprësenlés, n* 45. 



Adolescens (Enfant de quatre ans qualifie), 

nM06. 
Affranchie chrëlienne, n" 104. 
Affranchissement par testament, n*" 305. 
Age auquel appartiennent la plupart de nos 

inscriptions chrétiennes, p. ni. 

des prêtres et religieux non noté sur 

les lombes, n" 329, cf. n^ 303. 

des symboles graves sur nos inscrip- 

tions, p. II. 
Agere annos, . ., ii* 297. 
Agneau figuré sur une tombe, n** 324. 
Agrafes h inscriptions, n*" 22, 5i, 57, 93. 
Aigle représenté sur une tombe, n" 257. 

symbohsant saint Jean rÉvangéliste, 

n* 254. 
Albœ, n'ii^ 

Alpha et oméga, n" 248, 249. 
Amelius, nom propre, n"" 338. 
Anathema, n" 247, 333. 
Ancilia Dei, n*» 303. 
Ancre (Symbole de T), p. 449. 
Anges non reconnus par TÉglise, p. xvi et 

n'' 32, 254. 

représentés, n'' 32, 45, 254, 254a. 

Anneau h double chaton, n" 187. 

d'or légué a une église, n" 23. 

Anneaux a inscriptions, n"* 19, 20 a, 20b, 



'" Les chiffres romains indiquent les pages de la préface; les naméros indiquent les notices. 



Go 



lUrVIIICBIK SiTIO^iLI. 



474 



TABLE DES MATIERES. 



23, 24, 50, 55, 56, 57, 59, 

90, 125, 149, 187, 239, 283, 

284 a, 285. 
Aimcaiix a inonograninies , n" 49, 241, 

284 a. 
Années du règne comptées, dans les pays 

conquis, h dater de Tavènenient du 

prince, n* 274. 

du règne indiquées sans mentionner 

le nom du prince, n" 274, 290, 

291,293,309. 
Anie kalemhiH, w" 70. 
Anliquit4*s chrétiennes de Paris, n" 27. 
Àttô x(i)firjs^ nM04. 
Aqueuses, n** 329. 
Archipresbyter, n" 222 a. 
Arbres figurés sur les tombes, n"* 42. 
Argenterie mérovingienne, n** 125. 
Ai-iel (L'ange), n- 32. 
Ariens persécuteurs, n* 308. 
Ascia, n" 30. 
Astutus, u" 102. 
Auctor vitae, u* 130. 
Auretiani, n* 288. 
Autisstodorensis civitas, n*" 287. 
ÀO pour ÀUJ , n- 294. 
AUJ sur des bronzes du xv* siècle, n" 286, 

287, 288. 

Baptême, n''169, 425. 

Basilique de Sainl-Gervais à Paris, n** 23. 

des saints Pierre et Paul h Arles, 

n*» 182. 
Bassin d argent avec inscriptions et figures, 

n" 386. 
Beatus, n'*'64, 86. 

Beauté des défunts vantée, iT 298, 311. 
Benedicta, n** 62. 

Bijoux à inscriptions funéraires, p. ixii. 
B. M. en léle des épitoplies, n* 327. 
Bonememortus , Bcnemeinorius , n" 1 07, 184 , 

291,295,426. 



Bulle d'argent avec le monogramme du 

Christ, n- 410. 
Burgundtonwn ffentis, n" 38. 

C, sa prononciation, p. xix et n* 374. 
Calllculœ sur les vêlements, n* 48. 
Cnlumniosa, nom propre, n* 105. 
Caritas, n" 34 et 425. 
Carreau de terre cuite avec ÎDscription, 

n- 419. 
Calenati, n* 260. 
Cercueil creusé dans une borne milliaire, 

n* 227. 

de saint Paulin de Trêves , envdoppë 

de tissus précieux, n* 39. 

- formé de deux moitiés d'amphores, 

n'215. 
Cethegus, consul',' n" 95. 
Champs lillysées, n" 311. 
Chandelier k sept branches, n*' 284 a, 292. 
Charité, n" 74, 133, 198, 329, 425. 
Chasteté, n- 299, 329, 
Cheval courant vers une palme, n** 203. 
Chrétien mort in albis, n* 112. 

préparant sa sépulture, n" 174. 

Chrétienne gauloise ensevelie en Syrie, 

n- 60. 
Christ (lie) foulant aux pieds le candélabre 
h sept branches, n* 284 a. 

représenté, n" 32, 39, 48,83,284a. 

Christianisme à Nîmes , n* 299. 

Ciel représenté, n** 44 a, 51. 
Cimetière antique à Marseille, n*" 215. 

de Saint-Martin-de-Brives, n* 220. 

Cippe funéraire chrétien, n* 214. 
Civitas Autissioduretisium , n*287. 

Elusalium, n" 294. 

Senonwn, n* 286, 

Clinici, n« 242. 

Colombe becquetant des raisins , n* 278. 
Colombes buvant dans un vase , n*" 234 , 257. 
Commémoration des morts, n"* 317. 



TABLE DES MATIERES. 



475 



Confusion des eas, n*' 347, 26A. 
Constantin le tyran, n* 131 1. 
ConsularU MaxwuB Senoniœ, n* 386. 
Continence dans le maringe, n*' 398, 399, 
Coupe de verre h (igures sur fond d'or. 

n-87. 
Coupes de verre gravé, n** 43, 48. 
•— et bijoux à inscriptions funéraires, 

p. x\n. 
Crainte de la divinité, n** 6. 
CreduliUu, n** 311. • 
Croix dans les inscriptions, p. ii et n*" 308. 

effacée, n* 230, 

illuminée? n* 267. 

- repousse le démon ^ n* 1. 

(Signe de la), n* 331. 

Cuillers d'argent (1 inscriptions, n*" 79, 337. 
CuUe superstitieux des anges, p. xvi et 

n* 354. 
Cnralor cwitatU Elusatium, n" 394. 
Cyclepascal,n'380. . 

D oncial , n* 336. 

Daniel entre les lions représenté, n" 45, 

93,94. 
Date de la mort laissée en blanc, n* 174. 
Dates par le quantième du mois, n*' 343, 

380. 

royales, n" 107, 136, 336, 330, 

331,333,334,336,337,338, 

374,384,390,391,393, 309. 
Décès sans baptême, n*.331. 
Décima écrit XMA , n* 300. 
Detfino écrit XMO , n* 164. 
Dûdicatîo, n**' 345, 381, 392. 
Défaut de conGance dans les héritiers, 

n* 174. 
Défauts de la pierre obligeant le graveur à 

couper les mots, n* 67. 
Dâunt (Le) admis avec les saints, n* 433. 
Démon tourmentant les morts dans la tombe , 

nM. 



Démon répandant les épidémies, u* 1. 

i)cpa«Yio,n"396,303. 

Diaconus, n- 64, 100? 130, 333. 

Diea sabato, n* 3. 

Dies sanetorum, n* 167. 

Dies solis, n* 277, 

Dieux déseHant les viDes, n' 30. 

protecteurs des villes, n** 20. 

Données paléographiqncs , leur incertitude, 

n-395 
Dons aux églises, n" 298, 441, 456. 
Dulcis anima, n* 158. 

E, sa place dans les monogrammes méro- 
vingiens, n*" 49. 
Églises fondées, n" 281, 307. 
EIC pour AiVr, n' 109. 

Élection par le suffirage populaire, n° 167 a. 
ÉAcv^épa,n* 104. 
Élision de Vê final, p. xviii et n*" 243. 
Ehualium avitas, n*" 294. 
Emmanuel, n*' 90 k.ibl. 
Enfants morts sans baptême, n* 331. 
Ensevelissement dans un sanctuaire, n"* 320. 

- près des saints, n* 185. 
Eo pour heuf n"* 311. 

Épilapbe chrétienne gravée sur un bloc. 

nM20A. 
de saint Loup, évéque de Troyes, 

n'33. 

gravée sous le couvercle d'un sar- 

cophage, n* 282. 

gravée sur un marbre non équarri, 

n- 162, 181. 
— - trouvée sous la téta d'un squelette. 

* n" 30 et 302. 
Épitaphes chrétiennes rarement gravées sur 

des cippes. n*381. 

coUecUves, n" 111, 313, 373, 397, 

336. 
Épithètes accumulées, n* 398. 
£ pour I, n'* 89, 316, 331, etc. 

6o. 



/i70 



TABLE DES MATIÈRES. 



Étoiles, u^'hli A, 30ii. 
Eu poar eo, n* 331. 
Evangélisation grecque en Gaule, p. v. 
Kvangëlistes représentés, n* 25A. 
Évéques, n" 6, 243. 281, 441. 

ensevelis dans leurs villes, n* 28. 

Eve représentée, n*' 45, 83. 

Expressions mythologiques, n*' 311, 331. 

f en forme d'E, n* 287. 

Famuia Dei, n" 5, 126, 143, 147, 225. 

Famulus Dei, n" 67, 120 f(?) 

Faux traits des inscriptions masqués avec 

du ciment, n" 184. 
Fécondité estimée par les anciens, n* 305. 
FiVfc/M, n"36,52;437. 
Fidefis in Deo, n" 299. 
Fides, foi chrétienne, n" 63. 

foi conjugale, n* 188. 

Filiation rarement indiquée dans les inscrip- 
tions chrétiennes, n* 21. 

Flavius employé comme prénom, n** 35, 
60,88. 

Fondations d'églises, n" 281, 307. 

Fontaines h la porte des églises, n* 326. 

Formes antiques conservées dans le langage 
vulgaire, p. 46a. 

Formulaires épigraphiques,p. xxu et n*" 233. 

Formule adsanctum martyrum, n"" 185. 

ad supera, n* 397. 

anima dulcis, n* 158. 

aniio tanto, p. 46 1. 

flhrd xthfirjç, n" 104. 

beatissimus, n" 64. 

beatus, n* 86. 

benedicla, n* 62. 

de donis Dei, n- 243, 292. 

deposilio, n" 223 , 274, 277. 

die sanclorum, n* 167. 

ego y n* 247. 

fecerunt inter se annos, n" 299. 

fecit, n" 30, 54, 90, 239, 292. 



Fonnule gerere annas, n* 232. 

hie iacet, vT 116, 211, 216, 297 a. 

hiepausat, n" 376, 440. 

in œternum, p. xxu et n** 4'i à, 157. 

miiftâ, nM12. 

in amore Dei, n* 343. 

i« annis, n* 244. 

in Chriêti nomine y n* 281. 

fiiD«iioiiiûi(f,n'^*80,126,247,253. 

292. 

in diefatinti, n'-339. 

injide probalusy n* 63. 

in nomine Domini, n* 254 a. 

in paee dominiea, n' 242. 

liturgique funéraire dans une épi- 

taphe,n*242. 

nomine y n- 73, 89, 127. 

notavi, n* 224. 

obiii, n* 166. 

pausat, n" 88, 151, 376. 

peceatrix, n* 40. 

pwrtare annoi, vT 66, 224, 226. 

prœcessit in paee, n* 242. 

propter caritatem, n* 34. 

qui et, n- 292. 

^iit7^«, n*'23a, 317. 

reliquil, n" 305. 

requiescat anima, n* 97. 

sanctœ memoriœ, n* 330. 

«ttm,n*'125, 270. 

titulum poêuit, n* 35. 

vafeat quifecit, n* 51. 

vixit in paee, n" 5. 

Formules cabalistiques, n"* 250. 

dédicatoires, n** 39, 243, 245, 281, 

292. 

d'humflité,n-40,247. 

diverses indiquant Page, n*" 39, 243 , 

245,281,292. 
locales, n" 34, 47, 226, 265, 327. 
protectrices de? tombes , n*" 247, 264 , 

333. 



TABLE DES MATIÈRES. 



477 



Formules quo/eeit, ubifeeit, cum/ecerit, 

- n" 238, 245, 279. 
Fortunat , ses poésies ëpigraphiqiies , p. xxiir. 

Ci pour i, n* 180. 
c;, ses formes diverses, n* 192. 
Gerere lustra ... ^ n** 232. 
GermaniUut, n" A8. 

Habacuc représenté, n* 45. 

Hic non suivi d'un verbe, au d(9)ut d*une 

épitophc, n'^' 272. cf. n' 289. 
Hosties dans les lombes , n* 1 . 
Hypogée de Poitiers, p, âSo. 

I inséré, n' 370. 

I pour (?. u" 287, 370, 331, etc. 

Idoles enchaînées dans les temples, n** 20. 

IHM(/e«im),n*2/i7. 

Image de Daniel entre les lions peut-être 

considérée comme un phylactère, 

n'93. 
In Dei nomtne sancto, n** 292. 
' Indiction notée après le consulat, n**' 120 a, 

128, U7, 160,162,194. 

avant le consulat, n" 95, 142, 164, 

169, 180, 182. 

avant la date royale, n'' 238, 309. 

Indignus, n" 247. 

Infantia, u* 107. 
Influence païenne, p. xiii. 
In pace dominica, n"* 242. 
Inscription encastrée dans le couvercle dWe 
tombe, n' 225. 

en lettres superposées, n* 20. 

gravée sur deux dalles séparées, 

n' 298. 
juive, n" 284 a, 292. 

surchargée, n* 211. 

Inscriptions consacrées h un consulaire par 

ses administrés, n**' 286, 287, 
288. 



Inscriptions chrétiennes de la région du 
Rhin, p. m. 

dédicatoires, n" 24 5, 281, 292, 332. 

d'églises, n" 281, 307, 308 et page 

45A. 

grecques, n"' 60, 104,. 150, 215, 

326,374. 

incrustée? do verroteries , n" 247, 2û8 , 

252, 254, 254 a, 255, 326. 

métriques, n*»' 6, 307, 308, 315, 

441 et p. ii53-^56. 

opislographiques , n" 305 , 308 , 328 , 

387, 388, 405. 

peintes, n" 245, 245 a, 253. 

perdues, p. xxiii et n" 1, 20, 30, 

33, 186, 187, 203, 210, 216, 
2/13,279,290,291,313,321, 
336,441. 

restituées, n* 33. 

/MriworcD(?i,n"6,216. 
lêpeluncola, n** 247. 

JeAne, n" 133, 298, 441. 

Job et sa femme représentés, n° 83. 

Jour de la semaine indiqué, n" 2, 277. 

du décès laissé en blanc, nM7/i. 

Langage en Gaule, d'après les inscriptions, 
p. xvn. 

vulgaire conservant des formes an- 
tiques, p. 462. 

Lazare ressuscité, n*' 39, 48. 

Lector, n* 63. 

Lentimun, n" 231. 

Lettres dont la haste dépasse les membres 
transversaux, n" 140, etc. 

- masquées avec du stuc, n* 102. 

sautées par le graveur, n* 374. 

- transposées par le graveur, n® 2. 
Luminaria sanctorum, n" 448. 

M final supprimé, n"' 182, 247, etc. 



A80 



TABLE DES MATIÈRES. 



Sixte (Saint), repn'sentë, n* 83. 
Soleil et lune occostant la croix et le mo- 
nogramme (lu Christ, n** /i4a, 

51. 
SpeeUMliê^n'iU. 
Stylite, n« 352. 
Subdîaconus, n'*110, 131. 
Sujets décorant les objets non i^ligieux, 

n* 125. 
Superi, n* 311. 
Symboles chrétiens, p. xi. 
T final supprimé, u*' 169, 182. 
Tables de bronze h inscriptions, n°* 286, 

287, 288. 

dejeu,n''360, 378. 

Textes de récriture gravés dans les crises, 

p. XIV et n* 418. 
Termes mythologiques dans les. inscriptions 

chrétiennes, n** 311,331. 
riir*orZ)ei, n"6,216. 
Titulus pour iejmlchrum, n®' 7/i, 78, 

433. 
Tombeau de saint Paulin de Trêves, n* 39. 
Tombes rejetant les cadavres , n** 1 . 
Transenna à inscription, n* 418. 
Travail manuel, n"" 441. 
Tribumiê, n' 35. 
Trident? n* 267. 
Tnenta, n* 295. 

Y supprimé dans la finale us, n*"* 22, 83. 

Y pour eo, n* 284. 
Viqttid |>our urque, n* 2^i7. 

Valeal qutfecU, n' 51. 

Vas \}Ouv sepulchrum , n" 185. 



Vases de verre à inscriptions, n*' 43, 44 a, 
48,48a, 91, 92. 

sacrés h inscriptions, n* 243. 

offerts aune église, n*' 243, 441. 

Vasque de pierre h inscription, n"" 26. 
Verres èi pemture sur fond d'or, n" 83 87, 

gravés, n- 43, 44a, 48. 48a. 

Vers rythmiques, n* 243. 

Vhic pour hic, n" 225. 

Villes défendues par les saints , n* 20. 

— r- représentées par une porte, n* 20. 

Vincat, n* 39. 

F%o, n'"44?211. 

Vision d*Ézéchiel représentée, n* 87. * 

Visions, ii''253. 

Vitam ohiit, n* 232. 

riwM,n*' 56, 278,337. 

aum tuis, n* 48 a. 

m Deo, n** 43, 48, 91, 273, 276, 

379,419. 

tuis, n' 31. 

Vivat, n* 273. 

Dco, n-50, 59, 187. 

m Deo, n* 26. 

quifecit, n* 51. 

Vixit in pace, n* 128. 

Vœu accompli, n*' 294, 307. 
Volusianus consul , n' 1 40. « 

XMA pourrfwiîiw, n* 300. 
XMO pourdwimo, n* 164. 
X;iKHirX,u"196,429. 

Z(mw), n*' 4Î, 44 a, 48, 48a, 150. 

UJ tracé h rebours, n* 30. 

(U avant l À dans les sigles AU) , n" 30. 



TABLE DES DIVISIONS DE L'OUVRAGE. 



Prkface 



fBge 



PROVINCES GALLICANES. 



Naméros. 



PREMIÈRE LYONNAISE. 



Vix. . . 
Fenay 
Lyon. 



DEUXIÈME LYONNAISE. 



1 
3.IB 



Rouen 



TROISIÈME LYONNAISE. 



19 



LeMan9(?) 20 

Environs de Craon 20 a 

Angers 20 b 

Nantes 21 

Saunay 22 

QUATRIÈME LYONNAISE. 

Paris 23-27 

Rigny-la-Noneuse 28 

Trancaull 29 

Troyes 30,31 

Gëmigny 32 

Auxerre 33 

PREMIÈRE BELGIQUE. 

Trêves. 34-43, 338-416 

Lampaden 417 



Xamérot. 

1 Wasserbiflig 418 

Ncnnig 419 

! Melz 420 

! Deneuvre 44 

I 

SECONDE BELGIQUE. 

Boulogne-suF-Mer 44 a 

Miannay 45 

Pont-de-MeU 46 

Sains. . , 47 

Verraand 48,48 a 

Entre Travery et Vcndeuil 48 b 

Laon(?) 49 

Compiègne 50 

Hennés 51,52, 421 

Arcy-Sainte-Rcstitue 53 , 54 

Breny 55 

Chouy 56 

Aiguisy 57 

Thuisy 58 

Sëzanne(?) 59 

Ratomagus 60 

Fontaines, n"" 61; cf. p. 45 1. 



PREMIÈRE GERMANIE* 



Andernach 
Cobern. . . 
Gering. . . 



423 
424 
425 



61 



mrUBMI* ■ATIOIAU. 



482 



TABLE 



(limbach 426 

Coblentz 62 

Environs de Coblenz 63 

La-Vieille-Ëglise 64 

Gondorf 65 , 66 

Boppard 67-72 

Kempten 73-75 

Mayence 76-78, 432-435 

Sasbach 79 

Oeslrich 80 

VViesbaden 81, 427-431 



UEUXIÈME GERMàNIE. 

Neuss 82-85 

Cologne 86 , 87 , 437-439 

Bonn 88, 440 

Remagen 89 

Pondrôme 90 

Carignan 90 a 

GRANDE SÉQUANAISE. 

Avenches 91, 92, 441 

Daaiens...: 93,94 



LES SEPT PROVINCES. 



VIENNOISE. 

Genève 95-99 

Bourgoin 1 00 

Trept 101 

Briord 102 

Soint-Roniain-en-Gal 103 

Fienne 104-121, 4^2-444 

Sainte-Cobmbe 122 

Vf^renay 123 

Eyrin 424 

Le Passage 125 

Saint-Sixte 1 26 

Pact > 127 

Saint-Alban-de-Broii 1 28 

Corenc 129 

Andance 130-132 

Pamaus 133 

Saint-Romain-d'Aibon 134-139 

Saint-Valiier. 140-141 

Clërieu 142 

Tournon 1 43 

Soyon 1 4^1 

Bourg-iès-Valeucc 145, 146 

Luc-en-Diois 1 47 

Viviers 1 48 

Saint-Montan 1 'i9 



Coloozelles ; 151 

Bruis * . . 152 

Le Buis , 153 

Vaison 15^ 

Orange 155, 156 

Urban 157 

Avignon 1 58 , 1 59 

Gigondas 160 

Notro-Dame-de-Beauregard 161 

Arles 162-205 B 

Belcodène 206-209 

Marseille 210-219 

PREMIÈRE AQUITAINE. 

Bourges 220-222 

Brives 222 a 

Clîon 223 

Molles. 224 

Saint-Victor 225 

Vicby 226,227 

Le Puy-de-Gaudy 228, 229 

Volvic 230 

Lezoux 231 

Clermont 232-237 

Chamalières 238 



DES DIVISIONS DE L'OUVRAGE. 



/183 



Saiat-^ainant !239 

LePay 240 

Turenne 241 

Sainl^rq-la-Popie 242 

Gahors 243 

Localité inconnue 243 a 

SBGONDB AQUITAINE. 

Douë-la-Fontaine 244 

PoiUers 245-255 

Saint-Cyr-en-Talmondois 256 

Bëruges 257 

Persac 25^ 

Savignë 259 

Anligny 260-269 

Saint-Pieire-ies-Églises 270 

Rom 271-273 

Saintes 274, 275 

Angoiilême 276-278 

Saint-Apre 279 

Përigueux 280 

LeFleix 28i 

Sainl-Vincent-de-Cos3e 282 

Bordeaux 283-284 a 

Gironde 285 

Le Touron 286-288 

NOVEMl'OPOLASilE. 

Auch 289-292 

Peyrebert 293 

Eause 294 



Eaunes 295 

Valcabrère 296,297 

Le Protêt 297 a 

PIIEMIÈRE NABB0NNA1SE. 

Villeneuve-lès-Avignon 298 

Nîmes, 299 

Bellegardf» 300,301 

Toulouse 302-304 

Masassy 305 

Truilhas 306 

Villesèque 307-309 

Gëleyran 445 

Narbonne 310-322 

Mandonrel 323 

Maguelone 324 

SECONDE NARBONNAISE. 

Moutiers 325 

Tourettes 326 

Antibes 327,328 

Aix 329 

Notre-Dame-de-Spëluque 330 

I^ Gayole 331 

ALPES MARITIMES. 

Saint-Donnt 332 

Përuis 333 

Cimiez. 334 , 335 



f.iOcaiit6s inconnues 336, 337 



P«g«. 

CoRREcnoNs BT ADDITION au prëscnt Yolume 45 1 

Additions et Corrections au UecueH des Inacriptiotis chrétiennes de la Gaule 453 

Table des Mentions chronologiques 467 

Table des Noms propres 46c) 

Table des Matiàres 473 

Table des Divisions db l'Ouvrage 48i 



«BU»? 



STANFORD UNIVÊRSITY UBRAfilES 

CECIL H. GREEN LIBRARY 

STANFORD, CALIFORNIA 94305-6004 

(415) 723-1493 

Ail books moy be recalled afief 7 days 

DATE DUE 



ooc Ni%,2l 



« fr,'*t 



_?W;eî = 








3 a □ n 


S^-r^ U 












■^h5-h*< 






















c B o « 








- o-D a 








■C rH O 














w i* c « «II, o 






5," 


"^^^17 m 


mlh)^ 


^CT 1 4 1985 





< 



JflN 24 1S5J 



Pu!* 



* I \ MURMIIIK IIACHETTI', r. I i; 



^lNT-^,fnMAl^ 19.